EXPOSITION "Jean Echenoz : roman, rotor, stator"
à la BPI (Bibliothèque publique d'information) du Centre Pompidou
du 29 novembre 2017 au 5 mars 2018

Sur le site de L'Obs :
un diaporama de
11 photos de l'expo


L'exposition est construite en trois parties
- Partie 1 : La fiction et ses rouages
Dès Le Méridien de Greenwich apparaît donc cette métaphore où peut se lire le noyau profond des fictions de Jean Echenoz, et qui sert de titre fédérateur et de principe organisateur à l’exposition. C’est l’expérience trompeuse et parfois décevante du mouvement dont le premier temps du parcours tracera l’évolution à travers la fiction, en partant certes de l’apologie première d’une kinésie (que l’on pense à la place majeure que tient dans l’œuvre le cinéma) pour aller vers le désenchantement progressif de l’aventure. On suivra donc ce mouvement, qui part du rassemblement scrupuleux de la documentation par Jean Echenoz et nous entraîne vers les dérivations et les dérives créatives de la fiction. Les archives de l’auteur comportent d’épais dossier documentaires, témoignant de l’importance de cette étape dans l’élaboration de la trame romanesque : photographies, livres, archives audiovisuelles, retranscriptions d’archives de presse ou d’archives d’individus, indiquent le souci du détail "qui fait effet de réel", et témoignent des recherches préalables à l’écriture. La récurrence, dans les romans, des références au cinéma, (que ce soit sous forme d’emprunts aux techniques cinématographiques, d’éléments de langage, de références directes aux actrices et acteurs, d’allusions à des scènes de films), vient se superposer à l’ordre du récit et convoquer des images populaires, liées à d’autres histoires, et d’autres récits.
- Partie 2 : La diction et ses jeux
D’où le défi que constitue alors le maintien d’un intérêt romanesque, et la possibilité d’échapper à ce leitmotiv. La réussite tient sans doute à la diction même du roman, à laquelle sera consacré le deuxième temps du parcours, après le premier temps de la fiction. C’est ce discours du roman et la panoplie exceptionnellement riche de ses jeux verbaux qui définissent la richesse du style de Jean Echenoz (humour, fantaisie verbale, comique des personnages ou des scènes, changement de registre de langue, toutes inventions dont le second volet proposera un échantillonnage) et constitue le meilleur moyen de divertir le lecteur de l’ennui ou du vertige ; et de le perdre à nouveau. L’identité de Jean Echenoz étant moins dans ce seul aspect comique que dans la relation complexe entre un univers souvent grinçant, et un art de conter proprement jubilatoire. Au cœur de cette mise en scène du langage, une lecture de Ravel, par l’écrivain et ami Olivier Cadiot, vient éclairer de manière totalement subjective – et assumée – la fabrique de l’écriture.
- Partie 3 : Sur la scène du roman
L’aperçu de l’univers d’Echenoz se terminera par un regard sur la scène du roman : personnel de la fiction d’abord, consacré à quelques personnages types, inventeurs ou vagabonds, artistes ou comptables, pigeons ou autres représentants du bestiaire, en tout cas tous projections symboliques des thèmes principaux de l’œuvre. Des animaux de toutes sortes peuplent les romans, qu’il s’agisse des pigeons, des poux ou des rats, des antipathiques chiens de traineaux (Je m’en vais), de Topsy l’éléphante et sa fin tragique (Des éclairs), de la savoureuse biographie du perroquet Morgan, beau parleur volé au docteur Spielvogel et retrouvé par hasard par le pseudo-détective Georges Chave (Cherokee). Les lieux des romans, en l’occurrence le territoire parisien arpenté de long en large par les personnages, laissent transparaître le goût de l’écrivain pour la capitale et plus largement pour les territoires urbains. Personnel de la diction ensuite, centré autour des manifestations diverses du narrateur et de son lien discursif avec le lecteur potentiel. Personnalités du monde littéraire enfin, qui nous renvoient au monde réel, aux personnes vraies et aux amitiés sincères. Et l’exposition saluera pour finir l’exceptionnelle complicité entre l’auteur et son éditeur, Jérôme Lindon, dont Jean Echenoz fera le récit dans le très bel ouvrage Jérôme Lindon.
=> Le dossier de presse de l'exposition, très détaillé : ICI

De nombreux événements apportent des éclairages
 - Visites guidées de l'exposition : visites découvertes brèves (1/2 heure) sans réservation tous les jours à 18h.
- Rencontre entre Jean Echenoz et Giorgio Pinotti, son traducteur italien, autour de la traduction de l’œuvre de Jean Echenoz dans le monde le 18/12/2017 à 19h. Animation : Sandrine Treiner, directrice de France Culture.
-Ateliers d'écriture autour de l'œuvre de Jean Echenoz (2h) du 12/01/2018 au 08/02/2018 à 19h30. La Bpi organise, en partenariat avec le Labo des histoires, des ateliers d’écriture autour de l'univers de Jean Echenoz. Les participants seront invités à écrire autour des images, des figures de style et des jeux sur la langue de Jean Echenoz, afin d’explorer son œuvre sous un angle à la fois ludique et créatif.

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À plusieurs voix, analyses croisées de l'œuvre de Jean Echenoz le 26/01/2018 à 14h : lors d’une après-midi de rencontres autour de l’écriture de Jean Echenoz, des universitaires viendront approfondir et compléter les thématiques de l’exposition, avec alternance de communications et de dialogues entre spécialistes :
•Intervention de Bruno Blanckeman, Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3
•"L’insoutenable légèreté de la vie : les fictions biographiques d’Echenoz (Ravel, Courir, Des éclairs)" par Agnès Castiglione, Université Jean Monnet Saint-Étienne, et Stéphane Chaudier, Université de Lille 3
•Intervention couplée de Christelle Reggiani et Florence Leca-Mercier, Université Paris-Sorbonne
•Ouverture et clôture par Gérard Berthomieu, Université Paris-Sorbonne : "Sur un jeu d'écriture : la métalepse chez Jean Echenoz"
- Lectures de romans de Jean Echenoz, par les élèves du Conservatoire national supérieur d’art dramatique (CNSAD) du 11/01/2018 au 25/01/2018 à 18h : ces lectures seront suivies de la soirée de clôture suivante.
- Soirée de lectures théâtralisées, en présence de Jean Echenoz, par les élèves du Conservatoire national supérieur d’art dramatique (CNSAD) le 05/02/2018 à 19h : sous la direction du comédien et metteur en scène Robin Renucci, cette soirée reprendra sous une forme théâtralisée l’ensemble des lectures des romans Lac, Courir et Envoyée spéciale par les élèves de la promotion 2017 du CNSAD, avec la participation de Jean Echenoz.
- Master Class Jean Echenoz et les figures de style le 14/02/2018 à 18h : Gérard Berthomieu, commissaire scientifique de l’exposition, professeur de langue et littérature françaises à l'Université de Paris-Sorbonne proposera un parcours dans l'écriture, le style et la langue de Jean Echenoz, dans une configuration intimiste, invitant au dialogue avec le public. (Réalisé en 2017 : entretien en vidéo entre Jean Echenoz et Gérard Berthomieu, conseiller scientifique de l'exposition)

La presse sur l'expo
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Echenoz s'expose : "Écrire, ce qu'il y a de plus divertissant", interview par Frédérique Roussel, Libération, 8 décembre 2017
- Le monde d'Echenoz à livre ouvert, Sophie Joubert, L'Humanité, 13 décembre 2017
- Avec Jean Echenoz dans son labyrinthe, Raphaëlle Leyris, Le Monde, 5 janvier 2018