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MISE EN RELATION avec l'original de 10 TRADUCTIONS
du TITRE DU LIVRE, du TITRE DU PREMIER CHAPITRE, de LA PREMIÈRE PAGE

Penguin Classics, 2012

The Strange Case of Dr. Jekyll and Mr. Hyde
STORY OF THE DOOR
Mr. Utterson the lawyer was a man of a rugged countenance, that was never lighted by a smile; cold, scanty and embarrassed in discourse; backward in sentiment; lean, long, dusty, dreary, and yet somehow lovable. At friendly meetings, and when the wine was to his taste, something eminently human beaconed from his eye; something indeed which never found its way into his talk, but which spoke not only in these silent symbols of the after-dinner face, but more often and loudly in the acts of his life. He was austere with himself; drank gin when he was alone, to mortify a taste for vintages; and though he enjoyed the theatre, had not crossed the doors of one for twenty years. But he had an approved tolerance for others; sometimes wondering, almost with envy, at the high pressure of spirits involved in their misdeeds; and in any extremity inclined to help rather than to reprove. "I incline to, Cain's heresy", he used to say. "I let my brother go to the devil in his quaintly own way." (le texte anglais de STEVENSON de 1886 est en ligne ICI)
Hachette livre/BNF,
2012

Le cas étrange du docteur Jekyll
L'HISTOIRE DE LA PORTE
M. Utterson, l'avocat, était un homme de rude apparence ; son visage ne s'éclairait jamais d'un sourire ; il était froid, sobre et embarrassé dans ses discours, très réservé, maigre, long, poussiéreux, morne, et ayant malgré cela un certain fonds d'amabilité. Dans une réunion d'amis, et quand le vin était à son goût, quelque chose d'éminemment humain éclairait ses yeux, quelque chose qui ne ressortait jamais dans sa conversation, mais qui se faisait sentir non seulement dans la face pleine de béatitude d'un homme qui vient de bien dîner, mais, le plus souvent et le plus fortement, dans les actions de sa vie. Il était austère pour lui-même, buvant du gin quand il était seul, pour mortifier son goût pour le vin. Et quoique aimant le théâtre, il y avait plus de trente ans qu'il n'avait franchi la porte d'aucune salle de spectacle. Mais il avait beaucoup d'indulgence pour les autres, s'étonnant, presque avec un sentiment d'envie, de leurs haut faits, et au besoin plutôt enclin à leur venir en aide qu'à les blâmer. "Je tombe dans l'hérésie de Caïn," disait-il bizarrement, "je laisse mes frères aller au diable comme ils l'entendent."
(1890, trad. de Mme B.-J. LOWE en ligne ici)

Garnier Flammarion,
2013

Librio, 2018

Pocket, 2019


Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde (ou)
Le cas fantastique du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde
HISTOIRE DE LA PORTE
M. Utterson le notaire était un homme d'une mine renfrognée, qui ne s'éclairait jamais d'un sourire ; il était d'une conversation froide, chiche et embarrassée ; peu porté au sentiment ; et pourtant cet homme grand, maigre, décrépit et triste, plaisait à sa façon. Dans les réunions amicales, et quand le vin était à son goût, quelque chose d'éminemment bienveillant jaillissait de son regard : quelque chose qui à la vérité ne se faisait jamais jour en paroles, mais qui s'exprimait non seulement par ce muet symbole de la physionomie d'après-dîner, mais plus fréquemment et avec plus de force par les actes de sa vie. Austère envers lui-même, il buvait du gin quand il était seul pour réfréner son goût des bons crus ; et bien qu'il aimât le théâtre, il n'y avait pas mis les pieds depuis vingt ans. Mais il avait pour les autres une indulgence à toute épreuve ; et il s'émerveillait parfois, presque avec envie, de l'intensité de désir réclamée par leurs dérèglements ; et en dernier ressort, inclinait à les secourir plutôt qu'à les blâmer. "Je penche vers l'hérésie des caïnites, lui arrivait-il de dire pédamment. Je laisse mes frères aller au diable à leur propre façon." (1926, trad. de Théo VARLET en ligne ici)
Pavillons
Poche
, 2016

L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde
HISTOIRE DE LA PORTE
Mr Utterson, notaire, avait un air rébarbatif que n'éclairait jamais le moindre sourire. Il parlait avec une concision froide, et sans aisance ; ses sentiments étaient lents à s'extérioriser ; efflanqué, long, poussiéreux, triste, il savait néanmoins se rendre sympathique. Dans des réunions d'amis, et quand le vin lui plaisait, ses yeux rayonnaient de quelque chose d'éminemment humain ; ce quelque chose, s'il ne le traduisait jamais par des mots, s'exprimait du moins non seulement par ces symboles muets que l'on lit sur un visage après un bon dîner, mais aussi (et plus souvent, plus positivement) par les actes de sa vie. Il était sévère pour lui- même, buvait du gin quand il était seul afin de mortifier son penchant pour les grands crus, aimait le théâtre bien que depuis vingt ans il n'y fut pas allé une fois. Mais à l'égard d'autrui il manifestait une tolérance éprouvée ; il s'émerveillait parfois, presque avec envie, de l'ardeur et de l'entrain dépensés dans un méfait ; en règle générale il se sentait plus disposé à secourir qu'à condamner. "J'incline à l'hérésie de Caïn", disait-il assez bizarrement. "Je laisse mon frère aller au diable par ses propres voies."
(1960, trad. de Robert LATOUR)
Folio Junior textes classiques, 2018

L'étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde
LA PORTE MYSTÉRIEUSE
M. Utterson, avoué de son état, était un homme au visage sévère qu'aucun sourire n'éclairait jamais. D'où venait cependant la sympathie qu'il inspirait malgré son aspect froid, renfrogné, son élocution embarrassée, et son long corps morne et maigre ? À l'occasion de quelque réunion d'amis, quand il avait trouvé le vin à sa convenance, ses yeux brillaient d'un doux éclat ; le personnage s'humanisait, mais cette humanité ne transparaissait pas seulement dans l'expression de sa physionomie aux heures de détente qui suivent les bons repas, mais plus souvent encore et avec plus de force dans certains actes de sa vie. Il s'infligeait une discipline austère. S'il buvait du gin lorsqu'il était seul, c'était uniquement pour contrarier son penchant aux bons vins. Depuis vingt ans et malgré un goût très vif pour le spectacle, il n'avait pas mis les pieds dans un théâtre. Pour autrui, cependant, il se sentait des trésors d'indulgence. Qu'il fallût aux autres tant de vitalité pour commettre le mal, ne laissait pas de l'étonner quelquefois ; et il avait tendance à secourir plutôt qu'à accabler ceux qui se livraient aux excès de la chair. "Je partage, disait-il drôlement, l'hérésie de Caïn. Je laisse mon frère aller au diable si cela lui chante !"
(1963, trad. de Charles-Albert REICHEN en ligne ICI)
Libretto, 2010

Dr Jekyll & Mr Hyde
HISTOIRE DE LA PORTE
M. Hutterson, le notaire, était quelqu'un dont la mine rébarbative ne s'éclairait jamais d'un sourire. Froid, rare et gêné dans la conversation, réservé dans le sentiment, maigre et long, triste et terne, et pourtant sympathique on ne sait trop pourquoi. Qu'il fût avec quelques amis, et pour peu qu'il trouvât le vin à son goût, on voyait dans ses yeux s'allumer quelque chose d'éminemment humain, une chaleur qui certes n'allait jamais jusqu'à s'exprimer à travers ses paroles, mais qui, traduite évidemment par les muets symboles d'un visage d'après-dîner, s'exprimait beaucoup plus éloquemment et bien plus fréquemment encore par ses actions dans la vie. Il se montrait austère envers soi-même ; et ce goût qu'il avait pour les vins fins, il le mortifiait en buvant du gin lorsqu'il était seul ; quant au théâtre, son grand plaisir, il y avait vingt ans qu'il n'y était plus allé. Il se montrait, par contre, capable pour autrui d'une indulgence qui admettait tout. Il s'étonnait parfois, l'admirant presque avec envie, de l'extraordinaire explosion de vitalité qu'il fallait supposer aux méfaits de certains ; et devant tout excès, quel qu'il fût, il se sentait enclin plus à porter secours qu'à déverser le blâme. "J'ai plutôt un penchant pour l'hérésie de Caïn, se plaisait-il à dire de façon drolatique : je laisse mon prochain aller tout à sa guise au diable !" (1968, trad. d'Armel GUERNE)

Livre de poche classiques, 1988

Livre de poche jeunesse, 2015


Dr Jekyll et Mr Hyde (ou) L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde
HISTOIRE DE LA PORTE
M. Utterson exerçait la profession d'avoué. Cet homme possédait un visage sévère, que n'éclairait jamais un sourire. Il était froid, s'exprimait avec difficulté et d'ailleurs parlait peu. Avec cela, maigre, long, poussiéreux, ennuyeux et d'une modestie extrême. Il lui arrivait pourtant d'inspirer la sympathie.
Dans les réunions amicales, quand il avait trouvé le vin savoureux, une lueur s'allumait dans ses prunelles. Elle donnait à son regard quelque chose d'humain qu'on apercevait rarement dans ses propos, mais qu'on retrouvait dans l'expression de ses traits après dîner, et plus encore dans les actes de sa vie. Si elle s'épanchait rarement dans ses propos et ne le rendait pas plus bavard, elle se reflétait, le repas terminé, dans l'expression de ses traits et imprimait à ses gestes une force inattendue.
Très exigeant pour lui-même, il ne buvait que du gin quand il était seul pour se punir d'aimer les bons vins.
Bien qu'il fît grand cas du théâtre, il n'avait pas, depuis vingt ans, franchi une seule fois le seuil d'une salle de spectacle.
Il montrait pour autrui une indulgence infinie et il lui arrivait de s'étonner, presque avec envie, de la fougue avec laquelle ses semblables se laissaient entraîner à de mauvaises actions. Mais, devant une faute, quelle qu'elle fût, il était toujours prêt à aider plutôt qu'à blâmer. Souvent, il disait en plaisantant : "Je suis un peu comme les Caïnites, ces hérétiques qui vivaient au deuxième siècle de notre ère et qui avaient tendance à laisser le pécheur prendre en toute liberté le chemin de l'enfer !" (1975, trad. de Jean MURAY)

Livre de poche Libretti, 1999

Livre de poche bilingue, 1988

Livre de poche classiques, 2000


L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde (ou)
L'étrange cas du docteur Jekyll et de Mr Hyde

L'HISTOIRE DE LA PORTE
M. Utterson, notaire de son état, était un homme à la mine sévère, qu'aucun sourire ne venait jamais éclairer. Il était d'une conversation froide, sèche et embarrassée. Peu porté au sentiment, cet homme grand, mince, triste et morne plaisait pourtant à sa manière. Dans les réunions entre amis, et quand le vin était à son goût, son regard se signalait par quelque chose d'éminemment humain, quelque chose qui à vrai dire ne transparaissait jamais dans sa conversation mais qui s'exprimait, non seulement par ce muet symbole qu'est le visage après un bon repas, mais plus souvent, et avec plus de force encore, à travers les actes de sa vie. Austère envers lui-même, il ne buvait du gin qu'en solitaire, afin de mortifier son penchant pour les bons crus, et bien qu'amateur de théâtre, n'y avait pas mis les pieds depuis vingt ans. Cela ne l'empêchait pas de se montrer d'une extrême tolérance envers les autres, au point de s'étonner parfois, avec une pointe d'envie, devant la dépense d'énergie qui leur était nécessaire pour commettre leurs méfaits. En dernier ressort, il se sentait plus disposé à secourir qu'à réprouver. "Je partage l'hérésie de Caïn3", répétait-il, curieusement. "Je laisse mon frère aller au diable comme bon lui chante." (1988, trad. de Jean-Pierre NAUGRETTE)

Folio classique, 2003

Folio bilingue,
1992

Pléiade,
2001


L'étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde
HISTOIRE DE LA PORTE
M. Utterson, notaire de son état, était un homme à la mine austère que jamais n'éclairait le moindre sourire ; froid, le verbe rare et embarrassé, conservateur par conviction, maigre, long, poussiéreux, sinistre, et pourtant attachant à sa manière. Lorsqu'il retrouvait ses amis, et si le vin était à son goût, une lueur de profonde humanité s'allumait dans son regard qui, sans jamais trouver le chemin de ses propos, s'exprimait non seulement par ces messages muets de son visage de convive satisfait, mais aussi, plus fréquemment encore et de façon combien plus éloquente, dans les actions de sa vie. Il s'imposait une discipline sévère, buvant du gin lorsqu'il était seul, afin de mortifier son amour des grands crus, et, bien que très amateur de spectacle, n'avait pas franchi les portes d'un théâtre depuis une vingtaine d'années. Envers ses semblables, en revanche, il faisait preuve d'une indulgence sans limites, s'émerveillant même parfois de l'extraordinaire énergie qu'ils dépensaient pour commettre leurs méfaits. Et en toute extrémité, il était tenté de secourir plutôt que de censurer. "J'incline vers l'hérésie de Caïn1, disait-il bizarrement : Si mon prochain choisit de se damner, je le laisse libre d'aller son chemin à sa guise." (1992, trad. de Charles BALLARIN)
Pocket, bilingue, 2009

L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde (ou)
L'étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde

L'ÉPISODE DE LA PORTE
Maître Utterson, notaire, dont le visage, aux traits irréguliers, n'était jamais éclairé par le moindre sourire, était un homme froid, chiche de ses paroles, emprunté dans sa conversation, réservé dans ses sentiments, maigre, long, terne, morose, et malgré tout sympathique. Au cours de réunions entre amis, et lorsque le vin était à son goût, une flamme éminemment humaine s'allumait dans ses prunelles, quelque chose en fait qu'il n'arrivait pas à faire passer dans sa conversation, mais qui se traduisait, non seulement dans ces jeux muets de physionomie après le dîner, mais plus souvent et de manière plus éloquente dans les actes de sa vie. Il se montrait austère envers lui-même, buvait du gin lorsqu'il était seul, exercice de mortification contre son penchant pour les grands vins ; et bien qu'il aimât aller au théâtre, il n'avait pas franchi les portes d'un seul de ces établissements depuis vingt ans. Mais vis-à-vis des autres, il faisait preuve d'une tolérance voulue, s'étonnant parfois, avec une nuance d'envie, de la grande énergie qu'ils dépensaient à mal faire ; et dans les pires situations, il était enclin à leur venir en aide plutôt qu'à les condamner. Il déclarait souvent, avec originalité : "Je me sens assez porté vers l'hérésie des caïnistes, et laisse mon frère se damner à son gré."
(1994, trad. de Georges HERMET)

Babel ,
1997


L'étrange affaire du Dr Jekyll et de Mr Hyde
HISTOIRE DE LA PORTE
Mr Utterson, le notaire, était un homme à l'air bourru qu'aucun sourire ne venait jamais éclairer. Il était peu disposé au sentiment, d'une conversation froide, sobre et embarrassée ; maigre, grand, poudreux, ennuyeux, et cependant il avait on ne sait quoi d'aimable. Dans les réunions entre amis, et lorsque le vin était à son goût, quelque chose d'éminemment humain sourdait de son regard, quelque chose qui, au vrai, ne trouvait jamais le moyen de s'exprimer dans ses paroles, mais qui parlait non seulement dans ces symboles silencieux qui caractérisent le visage d'après-dîner, mais plus souvent et plus expressément encore dans les actes de sa vie. Il s'imposait à lui-même l'austérité, buvant du gin quand il se trouvait seul, afin de mortifier son goût des grands crus ; et bien qu'il y prît plaisir, il n'avait pas franchi le seuil d'un théâtre depuis vingt ans. Il était en revanche résolument tolérant envers les autres, s'étonnant parfois, quasi avec envie, de l'incroyable tension d'esprit libérée dans leurs méfaits. En outre, il était enclin, dans les situations extrêmes, à venir en aide plutôt qu'à réprouver. "Je penche pour l'hérésie de Caïn" était sa curieuse devise : "Je laisse mon frère aller au diable à son gré."
(1997, trad. de Guillaume PIGEARD DE GURBERT et Richard SCHOLAR)
 
 
   

Quand Voix au chapitre lit Stevenson : http://www.voixauchapitre.com/archives/2019/stevenson_dr_jekyll.htm