Passages cités par Edith



Page 176, quand Hayduke réfléchit à son action de groupe et que tout sera détruit "quand le Kremlin et le Pentagone auront été transformés en maison de retraite pour généraux présidents et autres têtes de nœuds du même genre" et plus loin, le retour de la liberté "des femmes libres et des hommes farouches en liberté dans le pays des canyons et des buissons de sauges (…) se repaître de viandes saignantes et de putains d'abats etc (…) jusqu'à ce que survienne le prochain âge de glace et que naisse le prochain âge de fer et que les ingénieurs et les agriculteurs et, d'une manière générale, tous les emmerdeurs réapparaissent".

Puis des propos sur la conception linéaire du monde ou plutôt conception cyclique et "bordel qu'est-ce qu'on en a à foutre (…) De la bière à s'inonder les dents, à se bourrer le bide à vous révulser toute vessie. Cet homme est sans espoir : vous n'en tireriez rien". Ainsi commente l'auteur Edward Abbey. Réflexion profonde et fugace du héros, apport de profondeur à la thèse héros et auteur confondus, j'en conviens et cela à plusieurs reprises dans le roman.

Autre diatribe p. 274 provenant des réflexions du Doctor à propos des pipe-lines destructeurs : tout ça pour quoi ? Enumération des dommages engendrés par ces installations, "phosphorescence de gloire en putréfaction"...

Puis je relève page 398 une description méticuleuse de Hayduke caché dans une faille rocheuse, en position délicate et risquée et qui raconte ce qu'il voit du monde minuscule, là, tout près de son regard : "Poussière. Toiles d'araignées. Buissons allergènes ramenés juste devant son visage. Sous son ventre, le sol était couvert d'une couche de brindilles de genévriers et de bouts de cactus parsemée de minuscules crottes, laissées là par quelque rat prévoyant, bien des années auparavant" ; il observe des fourmis qui montent sur son canon de revolver... quel sang-froid me dis-je, à moins que le message ne soit le témoignage de l'auteur qui regarde à hauteur de bestioles ces immenses espaces. Regard de l'auteur aussi et à de nombreuses reprises (barbant pour moi) témoignant de son admiration pour la géographie du Colorado. Il les connaît presque comme un voyageur avec des cartes d'état-major.

Page 359, l'auteur utilise à nouveau son héros Hayduke, dialoguant avec le Docteur, pour nous dire l'horreur de la guerre du Vietnam, dénoncer la cruauté du Viet-Cong. Hayduke est vétéran et il n'est pas difficile de comprendre la critique cette guerre des USA, elle est faite par la voix de son héros.

 

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