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"Bois sauvage : un roman bouleversant",
Andrée LeBel, La Presse, Québec, 23 février
2013
Cet excellent roman de l'Américaine Jesmyn Ward a été
couronné par le National Book Award 2011. La traduction française
est plutôt pénible, mais l'histoire est si captivante qu'on
finit par oublier les anglicismes et les phrases boiteuses. Le langage
direct et l'écriture crue sont portés par le rythme. Et
on se passionne pour cette chronique familiale dans un village du Mississipi,
Bois Sauvage.
L'atmosphère dans cette Amérique noire et pauvre n'est pas
sans rappeler William Faulkner. Le père vit seul avec ses quatre
enfants et boit pour noyer son deuil. Sa femme est morte en donnant naissance
au petit dernier.
Esch, 14 ans et enceinte, raconte la lutte de chacun pour survivre dans
cet équilibre instable alors que Katrina menace un peu plus chaque
jour. Randall veut décrocher une bourse pour jouer au basket, Skeet
est obsédé par sa chienne pitbull tandis que Junior cherche
l'attention.
C'est un monde brutal, avec des pointes de tendresse, qu'Esch essaie de
comprendre en se référant à Médée,
la figure de la tragédie grecque.
C'est un roman bouleversant, un cri déchirant qui continue de résonner
longtemps après qu'on a refermé le livre.
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