Julien Gracq
Le rivage des Syrtes

Nous avons lu ce livre en mars 1993.

Claire BC
J'avais beaucoup aimé il y a dix ans Un beau ténébreux. Je m'étais servie d'Un balcon en forêt pour des ateliers, avec une scène d'amour dans la forêt en chaussettes de laine... Je n'ai pas réussi à lire Le rivage des Syrtes malgré dix tentatives...

Henri-Jean
Pour moi, c'était un livre mythique. Un copain de jeunesse adorait ce livre, mais je m'étais toujours senti rebuté par le volume et... par le prix. Pour le groupe, j'ai lu trois livres Un beau ténébreux, Le château d'Argol, et Le rivage des Syrtes. Mais je n'en lirai plus. Je n'aime pas trop, je sens une irritation. J'ai aimé par moments. Des chapitres sont incompréhensibles. Je n'ai pas aimé ce livre car j'adore Le désert des Tartares. J'ai aimé ce qui m'a fait penser au début de ce livre, cette mer morte... Je n'ai pas aimé les mots en italiques. Bref, je suis donc très mitigé...

Marie-Christine
Je n'ai pas lu jusqu'au bout, et j'ai dû m'y reprendre à dix fois... Tout à coup, je me suis sentie prise à la lecture, mais le temps m'a manqué. Je pense quand même aller jusqu'au bout. J'ai aimé couper les pages, séduite peu à peu par l'écriture.

Monique
J'adore ce livre, mais je ne peux pas le lire... J'ai commencé deux ou trois fois. Le manque de temps ? J'ai lu 51 pages. J'adore ce livre, un livre sur l'attente. Si on aime cette atmosphère, c'est gagné ! J'aime beaucoup le style, les images ; l'apparition de Vanessa, la description du jardin. Cela me fait penser au blues, une musique dans laquelle on se sent bien, sans début ni fin, une présence à côté de soi. Je me sens bien dans ce livre...

Dominique
J'avais un très bon souvenir de ce livre. Je me souvenais d'une atmosphère étrange. Je suis retombée sous le même charme... des métaphores, des descriptions saisissantes, par exemple, la lettre de la Seigneurie. Il y a un démontage de systèmes, une atmosphère prenante, des personnages vivants. Je suis absolument séduite. C'est un livre merveilleux, un auteur essentiel. Quelle maîtrise de la narration, avec cette interrogation : "qu'est-ce que je suis dans l'histoire ?"

Danièle
J'avais adoré il y a dix ans. Pour le groupe, je me suis remise à lire les nouvelles de La presqu'île, avec un doute dans mon esprit, puis j'ai essayé vainement de lire. Gracq aime les lieux que j'aime, j'aime sa géographie : une beauté qui ne se donne pas. Chez Gracq, les lieux sont des confins, des frontières, des passages. L'architecture humaine entre en osmose avec la végétation, dans les lieux de mer, la mer est mélangée à la terre dans la lagune ; ce sont des lieux d'attente, des lieux imaginaires, métaphysiques. J'aime les ambiances, tactiles, épaisses, par exemple la fête chez Vanessa ; on est pris dans une ambiance comme dans une gelée.
J'ai été choquée par les personnages, inconsistants, avec des rôles d'allégorie. Je trouve que Gracq est nul pour choisir les prénoms de ses personnages, par exemple Vanessa qui va pour un roman de gare... Il n'y a pas d'épaisseur de personnage. Le vocabulaire rare est choisi, parfois forcé ; il y a des bonheurs d'expression extraordinaires, mais une surcharge métaphorique fait qu'on finit par se perdre dans des phrases très longues. Des morceaux de phrases sont extraordinaires, puis ça tombe à plat : un pas dans le ciel, un pas dans le caniveau.

Renée
C'est une des plus belles écritures que je connaisse. Je me roule dans la métaphore, une sensualité de l'humide prodigieuse. Je vais m'y replonger. C'est un livre qui se goûte pas à pas, à savourer sans fin.

Claire B
Je l'avais lu et complètement oublié. Je me souviens juste que je l'avais énormément aimé. Je me souviens aussi d'un petit livre Les eaux étroites, une promenade sur une rivière parasitée par des réminiscences artistiques, littéraires. Je n'ai pas eu le temps de relire Le rivage des Syrtes, j'ai lu des petits bouts. Mais on ne peut pas picorer ce livre. J'ai une impression pénible de frustration...
(Claire lit p.109 :"Il y a dans notre vie des matins privilégiés où l'avertissement nous parvient, où dès l'éveil résonne pour nous, à travers une flânerie désœuvrée qui se prolonge, ne note plus grave, comme on s'attarde, le cœur brouillé...") J'ai aimé le choix des mots mis en italiques, je trouve que ça crée une espèce de mystère.

Christine
Je me sens nulle car je ne suis pas rentrée dans ce livre. Certaines choses m'émeuvent puis ça retombe. Je ne supporte pas. Je suis mal l'histoire. C'est ennuyeusement beau. J'aurais préféré qu'il n'y ait pas d'histoire. Ca fait très Donjons et Dragons. Un seul personnage, Marino, m'a touchée. Aldo est fantoche, sa relation à Vanessa n'est pas intéressante. J'ai la même réaction au livre que le personnage à la réception de la lettre administrative...

Brigitte
J'avais lu Le rivage des Syrtes et avait été contente d'aimer ce livre... qu'il fallait aimer. Je n'ai pas eu le temps de le lire en entier. Je n'avais plus à me demander si c'était bien. J'ai pu prendre à n'importe quelle page, au milieu, dans une lecture en toute liberté... J'ai trouvé extraordinaire l'aspect psychanalytique. L'importance des mots est différente selon les personnes. Le moment ou le Redoutable passe la limite entre les Syrtes et le Farghestan est un moment où l'on franchit une limite. Ce livre, une œuvre d'art, ayant une énorme richesse, a plusieurs entrées à plusieurs niveaux.

Elisabeth
J'ai adoré. C'est un livre sur l'interdit, la censure, la règle, l'obéissance, l'importance de son désir propre ou manipulé par le désir de la société. J'ai aimé le style, les portraits, la relation entre Marion et Aldo, paternelle, conflictuelle.

Anne-Marie
J'ai eu du mal à démarrer, j'ai presque terminé cette lecture difficile. J'aime bien les personnages, en particulier Aldo, sincère, bien analysé. Je n'aime pas l'ambiance, je suis mal à l'aise par rapport à cette ambiance de sorcellerie.




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