Tracy Chevalier
La jeune fille à la perle

folio

Vous pouvez regarder les tableaux de Vermeer évoqués dans le livre à l'adresse du site de l'auteur

 

Sandrine
J'ai été saisie d'emblée par la puissance évocatrice de l'auteur : des phrases courtes, un vocabulaire précis, un décor rapidement campé, une action rondement menée … un polar historique dont l'action se déroule au XVIIe siècle. M'est venue aussi à l'esprit l'idée d'un remake d'Oliver Twist à la sauce hollandaise, une description de la condition d'une jeune fille pauvre, la dureté de sa vie et la non maîtrise de sa destinée.
Ce texte a pour moi une réelle force poétique dans l'omniprésence de l'évocation des sens (sang du marché à la viande, pigments pour la peinture, nettoyage du linge, épluchage et tri des légumes selon leur couleur…), des sensations (ce qu'évoque pour la narratrice la salle de la crucifixion), un rythme musical (répétition de cette phrase:"Il n'y a que les enfants et les voleurs qui s'enfuient"). Ce roman psychologique, sous la forme de carnet intime (à chaque chapitre se rapporte une année), est aussi un roman d'initiation, où une enfant devient femme du fait de l'action de son entourage sur elle. Sans oublier la portée philosophique de ce texte, les questions qu'il soulève sur les relations entre l'art et la vie, la passion, le jeu des influences… Ce roman est pour moi multiple et insaisissable, il est comme un kaléidoscope, il semble différent selon l'éclairage qu'on veut lui donner.
Une autre force de mouvement émane de cette œuvre, c'est celle de ces parallélismes et ces rencontres impossibles. Les vies des personnages sont parallèles : ils vivent bien dans le même espace-temps-culture, mais ces vies sont cependant marquées de rencontres impossibles. Les deux exemples les plus significatifs sont les rapports entre Vermeer et son épouse ou entre Catharina et l'héroïne. J'ai beaucoup aimé l'évocation de Vermeer et son épouse, ce parallèle entre la création de la vie (enfantement) et la création de l'artiste (œuvre d'art), l'action (lui peignant, elle s'occupant de la maison), fortement empreinte d'immobilisme (la lenteur de progression du peintre et la vie au ralenti de l'épouse alitée).
Une autre mise en parallèle est celle des deux femmes choisies par le peintre : son épouse et son assistante, dont les rôles et les univers restent entièrement imperméables l'un pour l'autre et dont la confrontation finale subie par les antagonistes n'aura lieu qu'après la mort du peintre. Un autre parallèle est celui de l'artiste Vermeer et de l'artisan, le père de l'héroïne qui dessine la porcelaine de Delft. Ces deux hommes ne se rencontreront jamais, pourtant l'œuvre du maître sera le lien entre le père et sa fille, pourtant se seront les deux figures masculines qu'aimera l'héroïne. Les barrières sont d'ordre social, mais est-ce la société et l'ordre établi qui créent des barrières ou les individus eux-mêmes qui se créent leurs propres barrières (cf. Les identités meurtrières d'Amin Maalouf). Si l'identité est liée à l'image qu'un individu a de lui-même, si porter une perle, montrer ses cheveux ne sied pas à une jeune servante, transgresser ces barrières mentales agit sur sa perception d'elle-même et influence son action. Rien ne laisse percevoir si cette action du peintre est innocente ou délibérée. La seule chose dont on soit sûr est la visée esthétique de son acte, comme si l'objectif esthétique avait tué ou transgressait toute considération humaine. Roman kaléidoscope, roman de parallèles, et en même temps roman structuré "à la manière de poupées russes". La mise en abyme du tableau "La jeune fille à la perle" dans le roman La jeune fille à la perle est comme une mise en abyme de l'œuvre d'art dans la vie, comme la vie dans la vie, montrant comment ces deux univers se côtoient, s'influencent et s'interpénètrent. De même, la perle mise en abyme évoque l'intemporalité de l'œuvre d'art, la recherche de perfection avec l'évocation de cette limite si ténue, si puissante, si évidente entre une œuvre et une œuvre d'art.
Je cherche un roman ayant poussé aussi loin le rapprochement entre la vie et la vie créée par l'art … mis à part Proust … C'est un roman de mouvement, ou l'idée de création est perçue, par les personnages eux-mêmes mais aussi dans l'œuvre elle même dans sa forme la plus absolue, jusqu'au boutiste … la mort. La finalité de l'art est elle la négation de la vie?

Loana
J'ai adoré. J'ai gardé une impression, celles des tableaux reproduits dans le livre de Todorov L'éloge du quotidien sur la peinture hollandaise. J'ai adoré. Je n'ai pas envie d'analyser.
J'ouvre tout grand le livre pour glisser dedans le livre de Todorov.

Sabine
Quant à la perle (pour faire court), ce fut aussi une lecture rapide comme pour Marie-Claire, mais bien plus envoûtante. En fait, le tableau de Vermeer m'envoûte et je n'ai pas cessé de regarder la première de couverture durant toute ma lecture. La traduction est agréable, il est difficile de juger le style ; j'ai senti une ambiance, une atmosphère, mais en deçà de celle du Parfum de Süskind par exemple. L'épisode de la peste m'a beaucoup plu. Tout est assez téléphoné, les évènements s'enchaînent sans grande surprise, néanmoins ça fonctionne. Ce n'est pas de la grande littérature, mais on passe un très bon moment.


Marie-Christine
Je me suis plongée, mais n'ai pas terminé. C'est vrai que le livre est dans la lignée de Marie-Claire que nous venons de lire, sauf que cette jeune Griet a sans doute une histoire moins lourde et un destin plus léger, même s'il apporte des scandales. Elle a également davantage de défenses…

Muriel
J'ai été complètement accrochée et suis admirative pour le formidable travail d'imagination. Les personnages sont tous intéressants, crédibles, avec une toute petite réserve pour la (trop) grande maturité de l'héroïne. Mais le livre m'a passionnée.

Régine
Griet est une fille modeste, mais déjà encline aux choses de l'art. Elle est lucide, elle sait qui elle est, la place que la société lui voue. Je souligne l'érotisme voilé de la scène de la perforation de l'oreille. Un couteau revient aussi, au début, à la fin. J'aime le côté toujours elliptique. Il n'y a pas un mot de trop. Comme la peinture de Vermeer.

Claire
Ce livre me semble une espèce d'ovni. Une écriture très tenue. Un personnage à la force de caractère impressionnante. Et cette fascination pour la création.
A partir du site de l'auteur sur qui j'avais très envie d'en savoir davantage, j'ai imprimé les reproductions des tableaux de Vermeer qui sont décrits dans le livre et je l'ai relu, les tableaux devant les yeux. Cela ne m'a rien apporté en ce qui concerne mes propres visions à partir du livre. La seconde lecture était un peu la même, palpitante, douloureuse aussi.
Tracy Chevalier raconte qu'étendue sur son lit elle se demandait ce qu'elle allait écrire, avec devant les yeux depuis l'âge de 19 ans le poster " Girl with a pearl earring ". Contemplant le visage, elle a soudain pensé qu'elle pourrait écrire sur elle. En trois jours, elle avait toute l'histoire ; elle pouvait la voir dans le visage. Vermeer, dit-elle, avait fait tout le travail pour elle. Quand La jeune fille à la perle a été finie, deux semaines après son fils est né… J'imagine -mais elle n'en dit mot- qu'elle a fait un travail de documentation considérable pour reconstituer la vie d'alors.
Tracy Chevalier a participé à des ateliers d'écriture en Angleterre où elle vit, notamment un long d'une année, avec pour tuteurs les écrivains Malcolm Bradbury et Rose Tremain. Elle dit que quand elle écrit, il lui faut essayer de se sortir de la tête le succès de ce livre, sinon elle est paralysée par la peur des attentes des lecteurs. Elle se sent comme une novice.
Son site est géré par sa sœur qui vit en Ardèche et fait des sites, notamment pour l'Ariège, c'est rigolo.

Françoise
Évocation historique qui sonne juste, mais je me demande jusqu'où va la vraisemblance ? Y a-t-il des anachronismes ? Par exemple, les filles de Vermeer ne vont pas à l'école, il devait bien y avoir des écoles, mais seulement pour les garçons peut-être ?…J'aimerais bien avoir l'avis d'un spécialiste du XVIIème.
En tout cas, l'idée de construire une vie à cette jeune fille est géniale. L'auteur a dû tirer beaucoup d'excitation et de satisfaction de ses recherches. La vie quotidienne est très bien évoquée, très présente. L'évolution de la position de Griet dans la maison est bien amenée : de simple servante, elle devient l'assistante du maître, une place privilégiée que même sa femme n'a pas puisqu'elle a accès à l'atelier. On peut imaginer que si elle avait été un garçon, il serait devenu son apprenti, au lieu de quoi elle est obligée de se cacher. Et il y a ses relations avec les membres de la famille et surtout avec Maria Thins, la belle-mère qui semble plus complice de son gendre que de sa propre fille, et qui entretient avec Griet une relation assez ambiguë, elle la soutient, elles ont une sorte de respect mutuel, mais qui a ses limites. En revanche, je ne vois pas très bien quel est le rôle de Cornelia, sa jalousie et ses attaques semblent parasitaires même si c'est vraisemblable, je la vois comme un double de sa mère qui reste en retrait, occupée à pondre sans arrêt (14 enfants !).
Ce livre est à propos du regard. Griet et le peintre voient ce que les autres ne voient pas : le père aveugle -idée géniale- qui permet à Griet de décrire les tableaux, savoir remettre les objets exactement à leur place, l'évocation de la chambre noire, etc.
Et à propos de l'amour et de l'érotisme, même très retenus, on y retrouve les thèmes universels : les rapports maître/servante, homme/femme, l'évocation des cheveux de Griet qu'elle ne veut pas montrer mais qu'il fini par voir, et surtout l'histoire des perles pour lesquelles il exige qu'elle se perce les oreilles -les deux !- : c'est évidemment une défloration qui lui cause beaucoup de souffrance. Il exige, peu importent les conséquences, il n'y songe même pas. Cependant, la fin est émouvante et somme toute agréable : Vermeer se rachète, il ne l'a jamais oubliée…
Ce livre m'a fait penser à La demande de Michèle Desbordes. Ce fut un grand plaisir de lecture, non seulement sur l'instant, mais ce plaisir perdure ; il est renforcé par le site web de Tracy Chevalier qui permet de voir tous les tableaux évoqués dans son récit. Et le forum de discussion est très sympa.


Madeleine
J'ai aimé la couverture. J'ai lu sans pouvoir m'arrêter. J'ai dû mal à juger de la qualité du livre, parce que je suis fascinée par les tableaux de Vermeer. J'adore voyager dans les tableaux. L'auteur est respectueuse de la vie de Vermeer et de sa vie. Elle a " agrandi " le tableau à la ville, car on est dans la ville dans l'ambiance du tableau. On marche avec tous les personnages. J'aime le monde proposé par Vermeer. Tracy Chevalier n'est pas une artiste qui crée un univers, elle s'appuie sur les tableaux de Vermeer. Je comprends la fascination de Griet pour le travail de son maître. L'histoire du boucher, le sang sur les ongles… m'ont gênée. Parfois le livre est un peu trop bavard, sur le conflit avec les enfants, sur les relations avec la famille. Griet est souvent chiante car elle a tout compris et elle fait la lessive mieux que tout le monde !

Roselyne
J'ai été prise dans l'histoire, mais je n'ai pas aimé la quatrième de couverture. On devine trop à l'avance ce qui va arriver.
Ce personnage arrive en fait à sortir du milieu où elle est née. De par son sens artistique, elle aura, après cette expérience, une autre vison du monde, un autre regard sur les choses. Beaucoup d'égoïsmes sont en présence : les parents, le maître ; mais c'est la vie !
J'ai donc trouvé le livre intéressant, bien qu'un peu trop prévisible.

Jacqueline
Ce livre est un cadeau qu'on m'a fait par le passé, bien apprécié. A cause de Vermeer. Aujourd'hui, je suis plus sensible aux aspects téléphonés. Et puis cette histoire est trop morale. Avec cette soumission…

Marie-Jo
J'aime beaucoup Vermeer et j'ai passé un moment agréable. Tracy Chevalier nous fait passer " de l'autre côté du miroir ". J'ai beaucoup aimé cela. De même, elle fait vivre le personnage, elle nous fait toucher du doigt la réalité : le portrait est du Vermeer et on oublie la servante ; ici on voit la personne qui pose.
Ma réserve vient du fait qu'on ne retrouve pas la densité de Vermeer dans le livre qui n'est pas assez implicite. Des phrases tombent à plat, sans suffisamment d'échos.

Liliane
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt. J'ai eu une expérience en tant que prof à propos de Vermeer en préparant un voyage en Hollande avec des élèves de 4ème. J'avais tapissé les murs de la classe de reproductions de Rembrandt et de Vermeer et je les ai fait écrire. J'ai été étonnée par la qualité des textes : Vermeer est très porteur.
Imprégnée des tableaux de Vermeer, je ne sais pas quel aurait été l'effet de ce livre si je n'avais pas connu les œuvres.
Pour moi, Griet est trop mûre pour son âge : on sent pointer l'auteur dont les propos ne collent pas avec la vision d'une jeune fille.

Paul
J’ai ouvert ce livre sans vraiment savoir de quoi il parlerait, ce qu’il raconterait, tout au plus j’avais lu son résumé. Mes trajets quotidiens dans les transports m’ont permis de dévorer cet ouvrage. L’idée est très ingénieuse, et j’espère laissera la porte ouverte à d’autres initiatives de ce genre. C’est un moyen extraordinaire pour découvrir la peinture. C’est comme si nous passions de l’autre côté, dans les coulisses. Nous entrons dans la vie du peintre, ce qui l’a influencé. Même si tout cela est pure fiction, la description des tableaux nous fait vivre les moindres détails de ces œuvres. Les couleurs et la lumière prennent alors une part essentielle, Tracy Chevalier restitue avec justesse les moindres subtilités des œuvres de Vermeer.
L’histoire paraît somme toute banale, une famille bourgeoise, une jeune servante qui s’éprend de son « maître », des sentiments jamais dévoilés. Mais voilà, Tracy Chevalier, réussit à transformer ce quotidien en rêve. La peinture permet le rêve, les couleurs transportent, la lumière éblouit notre jeune Griet.
Jamais plus je ne regarderai un tableau comme avant.

Lil de Plum'
J'ai beaucoup aimé.
Efficacité du style pour poser le cadre : on y entre d'emblée.
L'immuabilité des destins : celui des servantes, des épouses, des maris, etc., fait froid dans le dos ! Gare à celle qui donne l'illusion de vouloir s'en écarter.
Talent de l'écrivain qui réussit à faire planer l'ombre omnipotente du maître à chaque page, en ne le mettant réellement en scène que de temps à autre, et qui nous maintient en haleine, très habilement, par petites touches, jusqu'au dénouement final.
Donne envie de lire une biographie de Vermeer et d'aller voir son oeuvre de plus près!!

Nicole de Wicklow
J'ai beaucoup aimé : le style sobre, la force des personnages.
J'ai eu l'impression de voir un tableau vivant qui s'élaborait sous mes yeux couche par couche.
La réussite : la formidable présence de Vermeer tout au long du récit simplement induite par la suggestion.
La réflexion : le destin de Griet, jamais à sa place. Est-ce une pure fiction ? Une Griet a-t-elle vraiment existé ?
A très bientôt pour le prochain livre.

Manuel
J'étais heureux de lire ce livre sur Vermeer dont la biographie est mystérieuse et dont il ne nous est parvenu que 35 œuvres qui comptent parmi les plus grandes toiles au monde. La démarche de l'auteur est inventive.
Malheureusement, je me suis ennuyé pendant une bonne partie de ma lecture. Autour de l'intrigue principale gravite une constellation de petites histoires qui mettent en scène des personnages plus ou moins captivants. Les plus: le père aveugle (excellente idée de la description des tableaux), le frère. Les moins: la famille Vermeer. Le livre aurait gagné en concision, nous aurions été au plus près de la gestation des œuvres sans les anecdotes. Je ne suis pas sûr de m'être beaucoup intéressé à l'histoire.
Le récit est narré dans une langue délicieuse et précise. Les métaphores sont exquises. J'ai eu un vrai plaisir de lecture malgré les temps morts.
C'est un livre que je conseillerai à mes amis tout de même.

Christine Cornuel
Je suis allée sur le site de Tracy Chevalier où j'ai pu admirer pour la xième fois certains tableaux de Vermeer. Au 17ème siècle, seuls les enfants mâles allaient à l'école et donc il n'est pas étonnant que les filles de Vermeer restent à la maison (confirmation par mon historien de mari). Pour ma part, même si j'ai beaucoup apprécié le livre (je l'ai lu deux fois et toutes les semaines en ce moment je vais écouter des conférences sur la peinture flamande du 13 au 17ème siècle, je me régale), ce qui m'a frappée est ce don inexpliqué de la jeune servante dans le domaine de la peinture, et notamment cette audace de sa part de changer la disposition des objets sous prétexte qu'ils donneraient un effet plus esthétique.Vu son absence totale de formation quelle qu'elle soit, il me semble un peu invraisemblable non seulement qu'elle ait cette qualité mais que de surcroît elle s'en serve pour modifier une mise en scène faite pas Vermeer dont la réputation de peintre extraordinaire n'est plus à faire. Voilà mon impression sur le moment. Si vous avez vent d'un autre roman qui porte sur la peinture de la même période, faites-moi signe, j'en redemande !

Katell
La lecture des avis m'a convaincue. J'achète La Jeune Fille à la perle. Lecture très agréable, simple, facile. Joli livre qui fait agréablement revivre la Hollande du 17ème. L'atmosphère est bien rendue, semblable à la vision que j'ai des tableaux de maîtres hollandais. Cependant, l'itinéraire de cette jeune fille manque parfois de relief, sans doute est-elle imprégnée par ce côté puritain. À aucun moment, mon coeur ne s'emballe vraiment. Elle reste tellement sage. Je préfère les héroïnes un peu plus échevelées ! Mais, une fois refermé, je l'ai tout de suite prêté. Et, je me suis rendu compte que je prêtais toujours les livres que j'avais (bien) aimé...


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La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse des ses prérogatives.

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