Jane Austen
Orgueil et préjugés

10/18

 

Claire
Mon avis se résume en un mot : « délice »... Pourtant, tout au long de ma lecture je me suis demandée « mais pourquoi ça m’intéresse ? ce n’est rien du tout ». La préface de Virginia Woolf me rassure : « le lecteur est ému comme s’il avait été témoin d’un événement de grande importance ». Le style est fait de circonvolutions, on se régale. C’est passionnant jusqu’au bout cette histoire d’amour. J’ai lu le livre en sachant que j’irai voir l’adaptation au cinéma et je prévoyais ce que le metteur en scène allait pouvoir enlever étant donné le volume du livre : au moins une sœur en moins, Lady Catherine on la garde, j’enlève les promenades en forêt, est-ce que je garde Wickham... en fait, tout y est ! Avec quelques traits seulement souvent, à telle enseigne que je me demande ce que le spectateur qui n’a pas lu le livre peut saisir dans certains cas. Ce qui m’a totalement surprise, ce sont les poules et les canards – sans grippe aviaire - tout l’arrière-plan rural : je ne voyais que salons et froufrous ; quant au bal genre bourrée, je ne le voyais pas comme ça, alors qu'il est pourtant certainement conforme au contexte. Dans le film on voit très vite que ça va marcher entre Darcy et Elizabeth, dommage. Darcy est parfait. Collins est niais à souhait. Moi qui ne me souviens jamais des noms des personnages, je les ai tous en tête, incredible, isn’t it ? Quant à la postface de Jacques Roubaud, on a droit à un dessert également délicieux.


Françoise D
Je n’avais jamais lu Jane Austen auparavant et je suis contente de l’avoir proposé (à cause de la sortie du film). J’ai commencé le livre, puis je suis allée voir le film, puis j’ai repris le livre, si bien que j’ai dû réajuster ma lecture ; mais bien que connaissant l’histoire, j’ai accroché. L’écriture m’a intéressée, c’est un style très précieux et alambiqué, avec des tournures telles que j’ai dû relire certaines phrases pour être sûre d’en avoir bien compris le sens (en anglais), et c’est justement ce qui m’a plu. A part quelques petits détails (Collins est grand dans le livre, petit dans le film), le film est fidèle au roman, avec bien sûr des raccourcis inévitables. On mesure mieux dans le film la différence de niveau social entre les Bennet et les Darcy et Bingley. Je vais peut-être vous choquer, mais après Être sans destin, et malgré le plaisir de lecture, je ne peux pas l’ouvrir en grand.

Claude
J’ai eu du mal à le lire, je me suis forcée. Les dialogues sont vieillots, on a du mal à penser que ce sont des jeunes gens qui parlent. Le ton est plus juste dans le film. Elizabeth est une personne vive, intelligente, elle pense même à l’éducation de ses sœurs, alors que la mère est insupportable et le père ne s’intéresse pas beaucoup à ses filles. Les filles n’ont aucun avenir hors du mariage. Elizabeth est très moderne, elle ne veut pas se marier sans amour, elle est libre. Darcy est très orgueilleux, il fait sa demande en mariage persuadé qu’Elizabeth ne peut dire non. Je suis surprise par cette vie de rentiers. Le film insiste sur la différence de richesse entre Darcy et les Bennett.

Christine
J’ai adoré ! Je l’avais déjà lu en 82 et l’avais aussi aimé. Le début n’est pas très intéressant, mais les 150 pages suivantes sont extraordinaires, délicieuses. Mrs Bennett est très caricaturale, c’est un personnage faible. Mr Bennett est plus intéressant, égoïste, méprisant vis-à-vis de sa femme et ses filles. Les scènes de bals sont bien vues (et aussi dans le film), l’histoire Lydia/Wickham inattendue malgré tout. La mère qui envoie sa fille à cheval sous la pluie pour qu’elle tombe malade et reste chez Bingley... étonnant. Darcy et la Sœur de Bingley sont opposés aux petits nobles de campagne. Les dialogues sont très construits, mais passent bien, j’ai pensé à Goethe. Les gens parlaient-ils ainsi ? Le film est trop rapide. Je m’attendais à une issue malheureuse, ce qui a retardé ma lecture vers la fin, mais bonheur ! ça se termine bien, merveilleux !!!

Marie-Jo
Je n’avais pas d’a priori ; je n’avais jamais lu Jane Austen. J'ai commencé ma lecture en me disant « quelle frivolité ! », puis petit à petit je me suis attachée aux personnages, surtout aux filles si modernes. Le personnage de Darcy qu’on contourne petit à petit avec Elizabeth et qu’on découvre peu à peu. J’ai aimé aussi les raccourcis temporels, on arrive très vite à l’événement annoncé, il y a une grande vivacité, au milieu de cette grippe aviaire, c’est rafraîchissant, et cette fin heureuse... comme ça fait du bien ! Le film m'a plu aussi. J’ai passé un bon moment, mais je n’ai pas envie de lire d’autres romans de Jane Austen.

Liliane
J’avais passé un bon moment aussi en lisant Raison et sentiments et dans Orgueil et préjugés j’ai retrouvé exactement les mêmes histoires, la même société anglaise. C’était difficile de lire ce roman après Kertesz. C’est une lecture futile, je n’ai pas osé proposer à un copain de venir au groupe, je ne me voyais pas lui dire : « on est surtout un groupe de femmes, et on lit Jane Austen ». Les conventions sont tellement fortes qu’on ne peut pas croire au happy end. La langue utilisée par Austen correspond à la façon de s’exprimer de l’époque. Je suis gênée par le côté moral de l’histoire « l’amour triomphe de tout ». En ce moment je lis un livre de Crébillon fils dans lequel au moins il y a de l’humour.

Jacqueline
J’ai d’abord lu la préface de Virginia Woolf qui m’a agacée. Puis j’ai commencé le récit que j’ai trouvé tout de suite très intéressant. J’ai perçu aussitôt la différence de milieu entre les Bennett et les Bingley/Darcy. J’ai beaucoup aimé le père aux remarques acides sur sa femme et ses filles ; j’ai été sensible à l’humour et au regard sur les personnages. Mais j’ai décroché vers la moitié du livre. Dans La Foire aux vanités, la fin heureuse était une convention. Il existe une série policière qui met en scène Jane Austen comme détective ; le style est beaucoup moins intéressant.

Annick
Je n’avais jamais lu Jane Austen, et j’étais donc très contente de combler cette lacune. Au début, la lecture est difficile et ennuyeuse, et puis j’ai été progressivement captivée jusqu’à plonger dedans complètement. J’ai lu 300 pages sur l’autoroute sous la pluie battante, ce n’était pas moi qui conduisais... sans décrocher un instant. Mais qu’est-ce qui marche dans ce livre ? L’exotisme, le suspense des histoires amoureuses, on se demande jusqu’à la fin ce qui arrivera à Darcy et Elizabeth. Celle-ci est un personnage magnifique, très intéressant, avec beaucoup d’épaisseur comme Darcy ; avec une forme de liberté dans leur tête. Jane Austen décrit avec beaucoup de finesse une jeune fille qui ne se révolte pas, mais qui a un regard acide sur son entourage. Elle reste dans le moule de sa famille tout en trouvant des marges de liberté ; c’est très subtil. C’est un plaisir de lecture innocent, l’intérêt se cristallise peu à peu autour d’Elizabeth, il y a aussi un intérêt documentaire avec cette galerie de personnages parfois caricaturaux.

Françoise O
J'ai lu le livre en entier, même si la fin m'a semblée bien longue. J'ai aimé, chez Jane Austen, tout ce qui relève d'une étude de société : clairvoyance, lucidité, maturité étonnante... Par contre, je n'ai pas aimé ce qui relève de l'étude des sentiments amoureux (ce qui fait la moitié du livre !). Là, tout me semble convenu, artificiel, mièvre et bien peu réaliste.

Katell
Jane Austen fut longtemps pour moi cette auteure citée dans des romans anglais, incontournable, mais qui était sans doute barbante et assez obscure. Jusqu'à ce que, il y a quelques années, 10/18 entreprenne de rééditer l'œuvre et je suis tombée dedans ! Je ne me souviens plus si j'avais commencé par O & P ou R & S, toujours est-il que j'ai adoré d'emblée ce ton : " Il est une vérité universellement reconnu qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier... " ou encore " Emma Wodhouse, belle, intelligente, dotée d'un heureux caractère, semblait jouir des dons les plus précieux de l'existence... " Franchement, c'est un délice de se plonger dans ces histoires sur fond de cottage et de bal de la bonne société. Mais il ne faut pas s'y fier, derrière cette apparente légèreté, se profile la cruauté des rapports humains et de la condition des jeunes filles de la bonne société. Pour moi, ses romans sont des contes qui permettent de mieux appréhender l'existence, les rapports humains. Avec Jane Austen, je m'identifie instantanément avec les héroïnes et avouez, c'est délicieux ! Je pense que les jeunes filles - et les jeunes hommes - doivent avoir lu au moins un de ses romans.
Charlotte Brontë n'aimait pas Austen : " Les Passions lui sont parfaitement étrangères. Et même aux sentiments, elle ne daigne accorder qu'une reconnaissance charmante mais occasionnelle. Un commerce trop fréquent avec eux nuirait à l'élégance de son récit. (...) Je me suis procuré Orgueils et Préjugés. Qu'y ai-je trouvé ? Le parfait daguerréotype d'un visage banal ; un jardin soigneusement clôturé, dont chaque centimètre carré serait cultivé de fleurs délicates entourées de bordures nettement dessinées ; mais pas la moindre trace d'une description vive et lumineuse, pas de larges paysages, pas d'air frais, de collines bleues, ni de joli ruisseau. Je pourrais difficilement supporter de vivre avec ces dames et ces messieurs, dans leurs maisons élégantes mais étouffantes. "
Je trouve cependant cette appréciation très intéressante. Même si je ne la partage pas vraiment. J'aime moins la (seule) adaptation au cinéma que j'ai vu (la dernière, mais en anglais, pour m'exercer !) qui en donne quand même une vision un peu caricaturale. J'ouvre en grand, pour toute son œuvre.




 

Nous écrire
Accueil | Membres | Calendrier | Nos avis | Rencontres | Sorties | Liens

Elizabeth Bennett qui n'est pas riche, aimera-t-elle le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l'épousera-t-elle ?