Sue Hubbell
Une année à la campagne

folio

 

Monique, entre et
Bzzzzz... J’étais contente de lire un livre qui s’installait dans les grands espaces, mais j’ai été déçue à cause de l’écriture, entre scientifique et rédaction de nos grand-mères. J’attendais quelque chose de plus incisif. J’ai failli m’arrêter. La fête annuelle du cochon grillé, ras les pâquerettes ! On attend que ça décolle... J’ai tout de même continué et j’ai retrouvé de l’intérêt vers la fin (pas en raison de l’écriture). La femme est intéressante si le livre ne l’est pas. Certaines choses m’ont beaucoup plu : sa tournée de vente de miel, le printemps à la fin. Elle ne parle pas beaucoup des émotions, mais ça lui donne une force. J’ai été déçue de ne pas avoir appris grand chose sur les abeilles. Elle fait un chapitre sur chaque animal systématiquement et elle s’est mal débrouillée car elle a un angle de vue qui annule l’intérêt. J’ai découvert les grands espaces qui me feraient très peur. Les voisins sont étriqués, je ne pourrais pas vivre dans cet entourage humain. J’attendais plus de poésie. À la médiathèque, le livre était dans les réserves ce qui veut dire qu’il a été peu demandé. Je ne regrette pas de l’avoir lu je venais de finir de Faulkner Si je t’oublie Jérusalem avec mocassins, opossums, etc. Une Année à la campagne m’a permis de visualiser l’espace de Faulkner. La vie de cette femme est fascinante, j’aime bien ce qu’elle vit, elle ne se la joue pas au style, pourrait-on dire.

Christine
Je l’ai lu l’été 2005. Biologiste, bibliothécaire : c’est moi ! J’ai trouvé que c’était une lecture très plaisante, avec les mêmes réserves que Monique. Le départ de son mari n’est pas expliqué. Les espaces sont bien américains, pas français : par exemple une ferme avec des abeilles, ici on ne dirait pas ça. Les histoires d’animaux sont très drôles avec le côté américain de la défense de la nature. On a bien la sensation d’une nature américaine. La solitude affective de la narratrice est très grande. Quant à l’écriture, ça fait rédaction en effet. La scène des piqûres pour immuniser son neveu est étonnante. Il n’y a pas de relations réelles. C’est un livre que je donnerais à lire à ma mère, ma grand-mère...

Liliane
Je n’ai pris aucune note, je vais être on ne peut plus méchante. Je me demande pourquoi elle a écrit ce livre. Je fais une hypothèse : elle s’est dit qu’elle allait écrire avec un parti pris original. Elle a écrit en excluant toute affectivité. J’ai été extrêmement déçue car j’étais intéressée de voir comment une femme passait de la vie en ville en couple, à la campagne seule. Elle dit qu’elle ne promène pas ses chiens, ce sont eux qui promènent un humain. Elle se considère comme un animal parmi d’autres, ce qui confirme que c’est un point de vue voulu. J’ai détesté la recette. Je n’ai été touchée par rien, ça ne me parle pas du tout.

Françoise D
J’ai essayé de l’acheter aux USA, et non seulement je ne l’ai pas trouvé, mais je n’en ai vu aucun autre (elle en a écrit 4), et ceux à qui j’en ai parlé ne connaissaient pas. Je l’ai donc lu en français, et heureusement car j’aurais été perdue avec les noms des animaux, des plantes, etc. Tout cela est très intéressant, mais je sais que je ne retiendrai pratiquement rien des détails de la faune et la flore dont elle nous parle, alors que reste-t-il ? L’expérience humaine, mais finalement elle est très discrète et peu diserte.
Quant aux espaces américains, il y a le grand, l’inégalé Jim Harrison ! Sa façon d’insister sur ses difficultés matérielles m’a agacée. Elle n’est pas complètement seule, au détour d’une phrase on découvre qu’elle a une famille (un cousin, un neveu, un fils), qu’elle a une vie sociale (une invitation à dîner, etc.). Je trouve qu’elle donne (est-ce délibéré ou inconscient ?) une fausse image d’elle-même. Je me suis demandé si la traduction ne manquait pas de clarté, parfois je ne voyais pas où elle voulait en venir. Comme vous, je trouve l’écriture plate, du coup par moments je me suis ennuyée, mais je suis tout de même allée jusqu’au bout. La proximité du monde animal est plus ordinaire là-bas : quand j’étais à Houston, les bâtiments de bureaux avaient été construits dans la nature et au lieu de passer le bulldozer largement comme nous, les Américains n’enlèvent que ce qui est nécessaire, si bien que les baies vitrées arrivaient contre l’herbe, les arbres, etc., on pouvait voir par exemple un serpent passer juste contre la vitre... Finalement, j’aurais mieux apprécié ce livre avec des images, des photos, bref, un récit illustré qui m’aurait aidée à mémoriser ; ce n’est pas un roman, ni un essai.

Claire
Je n’ai pas lu ce livre comme vous. Une autre lecture est possible. C’est un délice permanent. Elle ne pause pas, elle ne cherche pas à se faire plaindre. Moi j’ai vu la campagne, je n’ai pas vu de grands espaces. Elle fait tout elle-même, elle est seule, mais entourée. Je l’ai admirée. Elle est un animal parmi les autres, c’est formidable. J’ai relu le début et immédiatement j’ai été de nouveau subjuguée. Elle est entièrement dans la sensation, par exemple quand elle sent qu’elle vibre et fait partie de l’essaim ; c’est puissant. Le rapport à la nature me fascine ; elle est de plus scientifique ; moi dans la nature, je broute, mais je me sens ignorante, elle, elle connaît le dessous des feuilles, c’est passionnant. Elle a de l’humour, vous n’en avez pas parlé, par exemple quand elle découvre une grenouille près d’elle, elles se dévisagent, elle ouvre sa bible... la grenouille qu’elle trouve dans sa grange et qu’elle finit par laisser là, en la nourrissant, c’est rocambolesque, trépidant. Quant à l’écriture c’est vrai que je suis sensible aux rédactions de quatrième et là je n’ai vu que du feu. Pour moi c’est un grand livre, à part, comme celui de Fabienne Verdier.

Françoise O
Je ne viendrai pas, je suis incapable de parler de la qualité littéraire de ce livre. Mais pour les moments de bonheur qu'il m'a donnés, je l'ouvre en grand.

Sabine
Étonnamment, ce livre qui avait tout pour ne pas m'accrocher (je n'aime pas les bestioles, je ne connais pas le nom des arbres, j'ai la main morte et non verte), eh bien j'ai lu avec intérêt ce voyage au cœur d'une Amérique "modeste", dans un bruit d'abeilles plutôt sympathique (même si je suis éberluée devant tant de masochisme - je pense aux piqures innombrables que subissent les apiculteurs), au fil des quatre saisons. L'écriture est vraiment « terre à terre », pour faire un jeu de mots facile : c'est du "descriptif lambda", on ne peut pas faire plus plat (si, JMG Le Clézio !) et pourtant, ça marche ! Je pense que l'aspect autobiographique y est pour beaucoup : on est sensible au courage de la narratrice, coupeuse de bois, réparatrice de camions et de scies en tous genres...

Lil
Livre culte pour la nostalgique que je suis, d'une immersion totale dans la nature, loin de tout voisinage humain. Cet ouvrage, je l'ai lu dès sa parution et relu, très régulièrement, lorsque le besoin urgent d'une évasion hors du monde " civilisé ", se faisait sentir. Je l'ai, également, beaucoup prêté (il n'est d'ailleurs plus chez moi, en ce moment). Étrangement, il est adoré par les rurales dans l’âme, dont je suis certes (vivant dans un hameau de six feux). L'expérience de S. H. me fascine : il faut un sacré culot pour vivre, seule, en quasi-autarcie, à 10 kilomètres du premier voisin, dans un environnement sauvage que d'aucuns qualifieraient d'hostile et que son talent de biologiste/écrivaine nous rend non seulement accessible, mais profondément attachant. Au diable les artifices, elle nous ramène à l'essentiel, au bonheur de la pleine conscience du lien qui nous unit à la terre, à la vie végétale et animale, à l'eau... Ce livre nous remet à notre juste place d'humain : un maillon unique, certes, mais totalement dépendant de tous les autres maillons de la longue chaîne de la vie sur la planète.

Katell
Je viens de passer une journée à la campagne avec Sue Hubbel, ses abeilles, ses araignées, ses opossums, ses chiens etc., et ce fut ma foi fort agréable ! Bien sûr, ce n'est pas un chef d'œuvre mais elle distille les petites histoires sur les insectes, les oiseaux, les plantes, jamais pédante et assez savante, toujours intéressante. Elle ne tombe pas dans le travers " new age retour aux sources. " Elle bosse, elle bricole, elle est attentive à son environnement, des serpents aux termites mais elle n'oublie pas les hommes (son fils et sa belle-fille, ses voisins). C'est vraiment un charmant bouquin, pas prétentieux pour un sou.
PS : Il y a des apiculteurs qui viennent au marché à côté de chez moi, je ne les regarderai plus de la même manière...

Nicole
Jai lu et relu ce livre, il y a très longtemps et l'ai prêté maintes fois. Ce récit d'une expérience essentielle a toujours été à mes côtés lors de mes nostalgies d'immersion dans la nature.
Depuis j'ai lu d'autres récits de ce genre, mais aucun n'a pu effacer l'émotion ressentie à la lecture de ce livre.





 

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Une année, quatre saisons, dans une région sauvage du Missouri, avec une femme "biologiste dans l'âme" qui vit seule et élève des abeilles.