Alain Rémond
Chaque jour est un adieu

Points

 

Chantal
C'est l'émotion totale. J'ai vécu à 10 km de Trans. Tout me parle. C'est un beau livre dont il n'est pas possible de parler car c'est mon enfance : je ne veux pas en dire davantage.

Fanfan
J'ai bien aimé, bien qu'un peu gênée par l'écriture, mais au point de fermer le livre. Le décalage une fois qu'il a quitté la campagne est bien décrit. La confession, c'est très drôle. Je suis touchée et ça rattrape l'écriture.

Nicole
La première partie, musicale, est semblable à un conte. Puis l'histoire du père est très lourde, avec une différence de style. J'ai apprécié les souvenirs de guerre, qui me font penser à une bande dessinée. Et la librairie catholique, à distinguer de la laïque ! Le malheur est raconté de façon pudique. C'est personnel, mais cela fait revivre plein de choses.

Françoise D
J'ai bien aimé le début, léger, agréable à lire, plaisant, comme une bouffée d'oxygène. C'est intéressant le passage où l'on s'arrête de jouer. Je préfère la première partie. La nostalgie nous ramène à Annie Ernaux dont il n'a pas le talent.

Jackie
J'ai beaucoup aimé. Je suis séduite par le début. J'ai aimé l'humour (la messe qui se jouait " à guichets fermés ").

Jacqueline
Le début est agréable. C'est une belle histoire bien racontée et je n'en ai pas davantage à dire.

Jean-Pierre
Je suis très embêté car j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans le livre que je trouve très mal écrit, plein de répétitions, par exemple " Pas grande certes, mais très encombrée, la cour ". Le style est lourd, avec des expressions convenues. Je me suis donc heurté à la forme. Je trouve aussi artificiel qu'il parle d'abord du bonheur, puis du malheur. Il n'y a pas d'humour, ça ne m'a pas intéressé.

Lil
Merci, Marie-Thé. C'est le livre qui m'a le plus chamboulée entre Annie Ernaux et Chaves, même s'il est moins ambitieux qu'Annie Ernaux. Les livres sont sa seule ouverture sur le monde. Il fait entrer dans l'intimité.

Muriel
C'est exotique pour moi qui suis née rue de la République à Paris. Mais c'est très bien, plaisant, intéressant, avec ce mélange d'émotion et d'humour, sans être cucul.

Yolaine
Je propose que tout le monde revienne sur Annie Ernaux pour reconsidérer son avis après avoir lu Rémond... Il apporte une résonance en chacun. C'est un bon témoignage d'une culture disparue, c'est surtout ce qui m'a fait vibrer. L'écriture est facile.

Marie-Thé (qui l'a proposé)
Je l'ai lu en 2000, je me souvenais de tout. J'ai beaucoup aimé. Tout est dit simplement, avec beaucoup de fraîcheur et d'émotion. Je pense à ma propre enfance. Je suis allée à Trans. Je l'avais rencontré à Saint-Malo et l'avais remercié. Il a la religion gaie. Sa sœur Agnès est un enfant-symptôme.

Michèle
J'en ai pleuré. Il y a beaucoup de non-dits, pas de tendresse. Le style est journalistique, très sympa.

Jessica
Ce qui m'a plu, ce sont les vieux métiers, la vie d'autrefois. C'est très beau l'univers enchanteur, puis l'épisode du père m'a déstabilisée. La fin m'a beaucoup touchée. C'est très bien raconté.

Claire
Comme dit Yolaine, c'est un bon témoignage d'une culture disparue, et comme dit Michèle, l'écriture est journalistique ; le style " parlé " est un parti-pris, il annonce la couleur à la première page : " Je ne sais même plus quand est-ce qu'elle a été vendue, la maison ". C'est pour moi un documentaire, très intéressant à ce titre. Je n'ai guère ressenti d'émotion. Je préfère de loin Le Journal d'un paysan bas-breton, qui est pour moi un grand livre. L'auteur est très sympathique, à lire et à écouter (http://www.dailymotion.com).
J'ai lu le texte qui suit Un jeune homme est passé, tout aussi intéressant sur l'itinéraire de l'auteur. Ce livre n'est pas sans rapport avec celui d'Annie Ernaux, sauf qu'il n'a pas son talent. Je me demande si c'est un livre pour le groupe lecture. D'ailleurs, vous ne parlez pas du livre, mais de vous, et pour moi, ça l'enfonce...

Marie-Laure
Je vais l'enfoncer encore davantage. Cela me parle totalement : nous étions 8 enfants et je suis l'ainée. Les rites, les jeux sont une protection et remplacent les mots qu'on n'a pas. L'univers magique de l'enfance protège de tout et surtout des adultes. A 7 ans, j'allais chercher l'eau, on chaulait les murs. On reniait le monde des adultes. L'enfer c'est les adultes. Aujourd'hui, on est 30 aux anniversaires. Agnès me parle : un frère à moi a porté le malheur. En pension, au dortoir, je laissais ma tribu. Le livre rend très bien la tribu.

Monique
C'est toute ma vie : on était 5, le bonheur de la fratrie, la perte de la mère, le décalage ville/campagne... C'est très réussi. La mort du père est magnifiquement racontée, ainsi que la découverte du corps de la sœur ou encore l'insondable mésentente des parents. L'écriture, débraillée, est bancale, car la deuxième partie nous découvre ce qui nous était caché et se pose sur la syntaxe. C'est comme un diptyque paradis/enfer. C'est un projet magnifique, une proximité très réussie, mais sans univers d'artiste.



 

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La maison a été vendue. Une maison mal foutue, qui tenait par les papiers peints. C'était la maison du bonheur, la maison de l'enfance, la chaleur de la tribu, les jeux dans la cour, au milieu des poules et des lapins. Mais c'était, aussi, la maison du malheur...