Eduardo Mallea
Chaves

Autrement

 

Muriel
Ca m'a barbée. Je ne suis rentrée dans l'histoire à aucun point de vue, histoire que je trouve invraisemblable. Le thème est le langage, la démarche est intéressante, mais je n'y ai pas cru. Je l'ouvre trois pages...

Jackie
J'ai été surprise par la lenteur. Le décor est posé comme au théâtre. J'ai eu du mal à y rentrer. Pour moi ce n'est pas une histoire de langage. Le langage = la vie. Chaves arrive à la scierie, il est mort. Je me demande cependant si c'est un personnage possible.

Fanfan
Il n'est pas mort pour moi. C'est un livre sur la solitude des êtres, que ce soit vraisemblable ou non. Il y a des choses extrêmes à la sud-américaine. Pour moi, il utilise les mots pour vaincre sa peur.

Françoise D
Je suis plus nuancée ; j'ai eu du mal à entrer, d'autant que j'ai fait la grave erreur de lire la postface. On a de toute façon tout compris dès le départ : la petite fille, la mère qui meurt... Il y a beaucoup de délayage (la scierie). Quand il parle, c'est là qu'il n'est pas normal. L'épisode de l'étudiant me semble tout à fait superflu. J'ai aimé l'épisode de la femme de Girosi.

Jacqueline
J'ai été prise par la situation, les lieux, je voyais la scène. Je trouve Chaves magnifique. Je le voyais sous les traits d'un Indien ou le héros de Vol au-dessus d'un nid de coucou. Il y a une justesse d'expression, rien de convenu : c'est inattendu, imagé. Il y a une tension. Mais j'ai lu trop vite. C'est un livre très fort, bien que très court. Le non de Chaves me fait penser à Bartelby (I prefer not).

Jean-Pierre
La quatrième de couverture m'a inquiété : tout serait écrit dans la nature humaine, cela me choque. C'est l'histoire d'un destin individuel, mais sans portée universelle. Les fils se nouent comme dans une tragédie grecque. Chaves parle quand il est heureux. Cela me fait penser à un western. La postface me gonfle. Quant aux toubibs, ils sont dingues.

Lil (qui a proposé le livre)
C'est pour moi un livre sur le temps. (Lil lit le sonnet de Borges, " Limites ", envoyé par Claire pour ses 50 ans... :
" Il y a une ligne de Verlaine dont je ne dois plus me ressouvenir,
Il y a une rue toute proche qui est défendue à mes pas,
Il y a un miroir qui m'a vu pour la dernière fois,
Il y a une porte que j'ai fermée jusqu'à la fin du monde.
Parmi les livres de ma bibliothèque (je les ai devant mes yeux),
Il doit y en avoir un que je n'ouvrirai jamais plus.
Cet été, j'aurai cinquante ans ;
La mort me rogne, incessante. ")
Je l'ai lu deux fois. C'est un livre sur l'incommunicabilité, sur l'intolérance qui exclue les différences. La nature est très présente. Le langage est présent quand il y a anxiété.

Marie-Laure
Je rejoins Lil. Dans la solitude, les mots ont perdu leur sens. Je vois Chaves sous les traits du Che : il reste la vie, la nature. Les différences créent de la fureur. Il a le pouvoir de dire non.

Marie-Thé
J'en ai lu la moitié. La quatrième de couverture promet l'ennui. C'est très beau. Où cela se passe ? Ce pourrait être ici. C'est contemplatif, dans une nature impassible : " Vivez froide nature et revivez sans cesse. " (Vigny)

Michèle
Je me suis endormie à la 10ème page. Je me suis réveillée avec l'arrivée de Pure. Chaves n'a pas de pot : il perd sa mère, sa fille... Je regrette presqu'il ne soit pas lynché pour que le tableau soit complet... Je suis déçue par ce livre.

Monique
C'est un livre sur le temps. Mais le récit est trop explicatif, ce qui l'alourdit. L'écriture est trop classique, trop lourde, ainsi que les images. Le langage est présenté comme un mensonge et je ne suis pas d'accord avec cette " thèse " dont il prouve d'ailleurs le contraire. Je ne me suis pas ennuyée, mais je n'ai pas été émue. Je suis d'accord avec la différence, ça ne pardonne pas. C'est un livre sur le sens de la vie, la communication et ça, j'aime bien.

Nicole
C'est un livre très étrange. Je l'ai lu il y a longtemps. J'avais gardé une impression forte en ayant oublié toute l'histoire. Je l'ai relu et j'oublie à nouveau l'histoire, ce qui me semble être une force du livre.

Yolaine
J'ai trouvé ce livre extraordinaire, magnifique (je l'ouvre à 360°). Les thèmes sont communs avec Annie Ernaux, mais de façon sensuelle, ça prend aux tripes. Quelle poésie, quelle beauté ! Je vois Chaves plutôt sous les traits d'un travailleur immigré. Il s'agit d'une fable. Je me sens proche de cet être qui souffre. Il est malade, d'une maladie sociale.

Claire
Ce livre à l'ennui prometteur a certes un thème intéressant, et sa structure, avec un entremêlement passé/présent est elle aussi intéressante. Mais ça m'a barbichonnée. La postface est catastrophique. Je trouve aussi qu'on peut songer à un western, mais je préfère Lucky Luke. Je n'ai pas envie d'en lire un autre étant donné que tous ses livres sont du même tabac, comme le montrent les présentations suivantes du magazine Lire :
"Après Chaves et Dialogues des silences, les éditions Autrement publient Cendres. Considéré comme le chef-d'œuvre de l'écrivain argentin, ce roman a pour décor le nord de la Patagonie, où l'auteur naquit en 1903. Une terre riche de promesses pour les aventuriers affamés de nouveaux horizons et propice au silence pour Agata, l'héroïne du roman. "Quelle est la valeur des mots ?" s'interroge-t-elle. "Ils ne sont pas faits pour que nous nous expliquions, ni même pour que nous nous comprenions. C'est pour cela que certains saisissent ce que l'on appelle la poésie, parce qu'elle, elle ne s'adresse à personne. La poésie, ce sont des mots qui sont sur le point de renoncer. S'ils sont sauvés, c'est parce que, auparavant, ils ont renoncé à être eux-mêmes." Amer constat que celui de cette femme de trente-cinq ans, en butte depuis l'enfance à ses propres ténèbres et à un destin qu'elle ne comprend pas. Jeune fille solitaire et mutique, elle épouse Nicanor Cruz, non par amour mais parce qu'il lui ressemble, et qu'il lui paraît possible de construire une paix à partir de deux infortunes". Mais le seul dialogue que parviennent à ébaucher ces deux exilés du royaume des mots est un dialogue fait de silences, lourd d'amertume, de rancœur et bientôt de haine. " (Article Lire)
" Depuis quelques années, les éditions Autrement ont entrepris de tirer de l'oubli Eduardo Mallea (19031982), qui fut avec Victoria Ocampo l'un des membres fondateurs de la revue Sur. Après Chaves, Dialogues des silences et Cendres, elles publient deux nouvelles de l'Argentin. "Je dois absolument voir les Rembrandt !" s'écrie le narrateur du premier texte en débarquant à Amsterdam. Nous sommes en 1928 et le jeune homme a été envoyé en Hollande par son journal, à l'occasion des jeux Olympiques. Plus versé dans les arts que dans le sport, il s'est mis en tête de profiter du voyage pour aller visiter le Musée royal où sont exposées les toiles des maîtres flamands. Ivre d'enthousiasme, comment pourrait-il imaginer que son voyage puisse se solder par une double frustration, celle d'un rendez-vous manqué avec Rembrandt et celle d'une histoire d'amour avortée avec l'étrange Mona. Mona... personnage malléen s'il en est, figé dans un mutisme que rien ne semble pouvoir rompre ". (Article Lire)


 

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Au nord de la Patagonie, front pionnier, "débarque", un beau matin, un individu étrange muré dans son silence : Chaves.