Louis Calaferte
Requiem des innocents
Nous avons lu ce livre en juin 2010.

Manuel
Je remercie Rozenn d'avoir proposé ce livre. Oui c'est plombant, certains épisodes sont épouvantables (la mort d'un chien) mais ce livre vous prend aux tripes ! Les personnages ont des gueules, ils sont très bien campés, on les voit. Des descriptions sont magnifiques comme celles de ciels. L'auteur a le sens de la formule, il tombe juste. J'ai aimé la construction du livre, avec ses différents flashbacks. Il y a d'ailleurs une incohérence à la fin du livre : Roméo ne peut pas avoir connu Lobe. On mélange un peu tous les personnages. Je me suis dit que ce n'était pas vraiment important. L'amitié du directeur m'a beaucoup touché même si c'est un peu téléphoné. J'ai beaucoup pensé à ce qu'on a dit sur F. Aubenas et comment son livre serait perçu dans 40 ans... Le monde de Calaferte n'existe plus. Parfois, je me suis demandé si ce n'était un bon bouquin de gare car le but de l'auteur est d'emmener le lecteur. Parfois le langage est sarkosien.

Jacqueline
Il n'y a aucun cliché...

Manuel
Le lupanar dans le wagon : on y est ! J'ai eu beaucoup de mal à lire le meurtre du chien... Faut s'accrocher ! En fait j'aime ce livre pour l'écriture, le style efficace.
Françoise O
Je ne peux pas dire que j'aime un livre pour le style ou la construction. Je l'ai en partie lu il y a deux mois et d'habitude je relis pour le groupe de lecture mais là je n'ai pu aller qu'au deux tiers. J'ai avancé pour voir s'il y avait de l'espoir et je tombe sur l'épisode du viol de la petite fille qui se termine par "c'est ça ?" là je n'ai pas pu continuer... Je mets un quart pour ce qu'a dit Manu. Un quart aussi parce que le livre m'a rendue malade et enfin un quart pour le mal qu'il m'a fait.
Jacqueline
J'ai commencé sans connaître l'auteur. Je croyais que c'était un roman étranger traduit. J'ai eu un peur du titre et j'ai lu auparavant des nouvelles un peu kafkaïennes, un peu surréalistes, très prenantes, un peu philosophiques. Et je lis Requiem que je n'arrive pas à prendre au premier degré. Au début, il n'y a pas une once de tendresse, ce qui me déplaît profondément. Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. La manière dont c'est écrit ne me plait pas. Il parle de son père, la haine et la violence sont invraisemblables. Le personnage de Lobe est bien. Je ne trouve pas Calaferte très sympathique. J'avais une amie dont les parents avaient vécu dans la zone. Ça m'a rappelé des souvenirs.
Françoise D
J'avais lu La Mécanique des femmes que je n'avais pas appréciée. C'est un livre érotique : genre que je n'aime pas. Ce livre ne lui ressemble pas. Ce livre m'a insupportée. Il m'a fait penser à Céline et à Genet... Mais en moins bien. La descente aux enfers : c'est trop. Du coup, il n'y a pas d'espoir. Il en rajoute et c'est répétitif ! Il y a Lobe qui est comme une parenthèse et quelques pages agréables à lire. C'est autobiographique. Je l'ouvre un quart pour la partie spécifique. Il y a une espèce de complaisance et du coup, je ne le conseillerai à personne ! Je reconnais qu'il y a une écriture. De temps en temps, on passe de l'apnée à quelques moments où l'on respire. Ce n'est pas possible que tout soit aussi noir, il n'y a pas d'entre aide entre ces gens.
Claire
Je me sens assez proche de Manuel. Le meurtre du chien est bien plus terrible que le viol !... J'ai mélangé tous les personnages. Je ne les ai pas identifiés : c'est gênant. Il nous donne à comprendre la violence. Même si c'est daté, ça peut très bien être une bande d'aujourd'hui. J'ai été sensible à l'écriture qui n'est pas affectée. Le mélange du style avec toutes ces horreurs : c'est réussi. Parfois, c'est complaisant : le viol. Est-ce qu'il y a le sentiment du crime ? Le livre donne à voir l'immoralité de l'intérieur.

François D
Ils savent ce qu'ils font, il y a la volonté de faire du mal, il y a du sadisme.

Claire
Il n'y a aucune remise en question, aucune condamnation. C'est ce qui est choquant. Entre l'adulte qui écrit et l'enfant, il n'y a pas de recul. Le passage de Lobe est magnifique. La relation aux parents est vraiment gratinée.
La zone : je ne vois pas où c'est. Où est la ville par rapport à la zone ? Je ne me représente pas l'école ni les intérieurs. Il y a des passages marrants : l'épisode des poux par exemple ! Je n'ai pas vu la construction. Il y a l'histoire du directeur abominable : quand un livre parle d'école ça me plait... On peut comprendre la difficulté des enseignants... Je n'ai pas trop de sympathie pour le narrateur. C'est assez répétitif. C'est un drôle de livre, je me sens partagée parce qu'il met mal à l'aise. Mais il vaut la lecture !



Nous écrire
Accueil | Membres | Calendrier | Nos avis | Rencontres | Sorties | Liens

La zone d'une grande ville, des baraques, le terrain vague, les cris, les coups, la crasse, l'alcool, la sexualité, la brutalité et l'ignorance, la perversité, les jeux cruels des enfants désoeuvrés, tout est vrai.