Bret Easton Ellis
American Psycho

Points

Manu
Ce livre m’a intéressé. Il y a beaucoup d’idées. Le style m’a fait penser à Zola, avec cette accumulation de consommateurs. C’est très répétitif. C’est une étude de comportement, c’est une anthropologie du monde des traders. C’est simple, efficace du point de vue du style. Les scènes de tortures sont très déprimantes, j’en ai sauté certaines (Bethany). Il y a une bonne description de New York : comment avoir une place dans les restaurants en vue... J’y vois la dénonciation d’un système. C’est une parabole d’un monde qui existe vraiment. C’est un brûlot qui ne montre aucun personnage sous son meilleur jour. Pour moi c’est un pamphlet.

Françoise
Franchement, ça m’a « gavée ». Passé les premières pages, on a compris dans quel monde on est et le cumul et l’insistance à citer toutes les marques de vêtements. Au secours ! Oui, ce monde existe, mais quel est le projet de l’auteur ? Ensuite, arrivent les meurtres, tortures, etc. : je me suis demandé si ce n’était pas purs fantasmes, car il y a des invraisemblances. Bref, sur la longueur, j’ai calé, mais je suis tout de même allée jusqu’au bout (en survolant) dans l’espoir qu’il allait se faire prendre ou que l’auteur nous éclairerait (cf. le passage où intervient le détective privé) : mais le doute subsiste jusqu’au bout et on n’est pas plus avancé.

Annick A
Je n’ai jamais rien lu de pareil. Au début j’ai failli abandonner mais j’ai fait l’effort de continuer et je suis complètement entrée dans le livre. C’est une bonne peinture d’un groupe assez particulier, et d’une terrible solitude. Les personnages n’ont pas d’individualité, ils se parlent sans s’écouter. Ils se montrent : leur fric, leurs fringues, leur corps, tout est dans l’image. Les scènes de clochards et de tortures ne m’ont fait ni chaud ni froid car les personnages sont inexistants. Le lecteur est observateur. Le livre est bien écrit, bien construit. Il y a un moment d’émotion quand il parle de Jean, il dit combien le monde n’a pas de sens, ça devient plus émouvant, quelque chose d’authentique passe. Il fait tout pour se faire prendre mais la société ne réagit pas. La scène chez les blanchisseurs chinois est très étonnante. Il est totalement fou et dans l’angoisse. Je suis très inquiète pour l’auteur ; qui écrit cela à 34 ans ? Quelle peut-être sa santé mentale ?...

Geneviève
J’ai saisi l’occasion de livre ce livre dont j’avais beaucoup entendu parler. Au bout de 15 pages, j’ai commencé à zapper et, à ce prix, j’ai continué. C’est extrêmement répétitif et ça fini par créer un univers. C’est pour moi le même effet que Houellebecq : il crée un univers à valeur anthropologique.
J’ai pensé aussi aux Choses de Pérec. Pour moi, ce livre décrit des fantasmes : quand il raconte ses meurtres, c’est comme si personne n’entendait. Et cette obsession de rendre les vidéos... C’est dans la scène avec Jean qu’apparaît un début de vrai dialogue. La réservation dans les restaurants correspond à une obsession de signes de reconnaissance. C’est un livre qui me tombe des mains, mais dont il reste pas mal de choses. C’est un livre qui fait référence. C’est une expérience intéressante, mais que je n’ai pas aimée.

Claire
Je me retrouve dans les paroles des uns et des autres. Je suis impressionnée par les descriptions de tous les signes de l’obsession du paraître. Mais comment le lecteur peut-il tenir la route ? J’ai sauté des passages au fur et à mesure et je ne suis même pas allée jusqu’au bout. L’auteur connaît bien cet univers aux piètres valeurs ; il a un talent de documentariste ; est-ce que ce sont ses propres valeurs ? Si c’était un court roman de 100 pages, je n’aurai pas ces soupçons de complaisance, voire de jouissance, y compris dans les scènes de torture – c’est cette jouissance qui me révulse. J’ai de la pitié pour le héros et l’auteur. Ce livre est un best-seller : qui sont ses lecteurs ?

Jacqueline
J’avais déjà lu des livres de cet auteur. Celui-ci m’a intéressée, j’ai accroché. J’ai même trouvé que c’était drôle, sauf à partir de la scène chez les blanchisseurs chinois où il commence à sortir du réel. Les meurtres sont-ils ou non des fantasmes ? Comment les cadavres ne sont-ils pas découverts ? Et la scène de la poursuite avec les flics où on se tire dessus ? Et le taxi qui le reconnaît ??? C’est ça les serials killers ? C’est une sorte de parabole sur l’absence complète des sentiments, sur un monde qui existe, qui soulève des tas de choses, une impression de malaise. C’est très bien fait.

Brigitte
Katell m’avait dit que je ne le lirais pas. J’ai pensé à Katell tout le long de ma lecture, comme un surmoi... Je suis déçue qu’elle ne soit pas là... Je ne savais pas où on allait mais supposais que c’était horrible, et je n’ai pas été déçue en cela. Sur les marques et les changements de tenues, je ne croyais pas que ce type d’univers existait. C’est réussi. Quelquefois il y a des moments sur la musique : le chapitre sur Whitney Huston, de belles pages qui permettent de souffler : cette sensibilité musicale, c’est étonnant. Je me souviens aussi de la scène des cartes de visite et celle où ils prennent tant de temps pour aller au restaurant... C’est pénible à lire, mais sur le plan littéraire, c’est une certaine réussite. Je ne l’oublierai pas.



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Patrick Bateman est un jeune homme riche, beau et intelligent. Un golden boy de Wall Street à qui tout réussit. Il est par ailleurs parfaitement au fait des techniques de nettoyage et désincrustage de la peau les plus efficaces, il s'applique les meilleures crèmes pour le visage, ne porte que des vêtements de grands couturiers, utilise les derniers gadgets technologiques et passe ses soirées au Tunnel, la boîte branchée du moment. Bien sûr, tous ses amis sont comme lui.