
en ligne en anglais ICI
Quatrième
de couverture :
Personne n'a connu Gertrude Stein comme
la fidèle Alice Toklas qui vécut à ses côtés,
jour après jour, mais qui n'eut jamais le loisir de raconter sa
vie ni d'écrire ses Mémoires. Par un curieux renversement
des choses, c'est Gertrude Stein qui, au début des années
30, se substitue à elle pour le faire et, du même coup, pour
se raconter à travers ce témoin.
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Gertrude Stein
Autobiographie d’Alice Toklas
Nous avons lu ce livre en février
2012.
Et vu la passionnante exposition "Matisse,
Cézanne, Picasso... l'aventure des Stein" au Grand Palais.
Manuel
Le témoignage de Gertrude Stein malgré la mauvaise traduction
est passionnant. C'est épique et plein de rebondissements !
L'expo m'a comblé et le livre en tête était comme
un guide dans l'histoire des œuvres. Une expo qui m'a réconcilié
avec Matisse.
Monique
Merci Claire pour cette proposition car j'ai ainsi pu découvrir
ce personnage et surtout, cela m'a donné envie d'aller voir l'expo.
Le livre est un documentaire sur la vie des artistes qui allaient faire
l'art du 20ème siècle, mais vue par la lorgnette de Gertrude :
une femme peu agréable, très égotiste, qui se met
en avant, pour se faire mousser comme auteur et artiste. Elle parle peu
de ses frères, qui ont une autre sensibilité (une sensibilité
tout court), elle ne raconte que des anecdotes insignifiantes sur les
grands artistes (un chapeau, une colère...) : cherchant à
mettre sous cloche leur "génie" ? Aucune notation
sur des points picturaux, sur des doutes, des projets, des rêves
d'artistes...
Et le traitement de la pauvre Alice ! On écrit pour elle,
trop bête pour le faire. Pire que le machisme du couple bourgeois
de l'époque : elle n'est tellement occupée par la cuisine,
les courses, le secrétariat, le soin les plantes. Et quand on est
en réunion d'artistes, Gertrude parlemente avec les grands (dont
on ne saura rien...) pendant que la pauvre Alice se tape les compagnes,
les pouffes, de ces grands hommes... Sur les photos de Nadar, on voit
Gertrude, posée assise, monumentale à l'avant, et derrière
à plusieurs mètres en arrière-plan, debout, maigre,
en noir, Alice.
Il faut beaucoup aimer l'art, pour avancer dans ce livre, et entrevoir
entre les papotages quelques images d'artistes, comme des ombres chinoises
plates, et réinventer la vie quotidienne d'un Picasso, ou d'un
Matisse, jeunes et sans le sou. Et puis aussi se balader, comme avec une
caméra, dans la vie de l'époque, dans Paris, dans le sud,
en Angleterre.
Quant au style ? Misère... J'avais d'abord cru que l'auteur,
malhabile en écriture, passait outre ses difficultés, pour
fournir un témoignage... Mais non ! Les répétitions
n'étaient pas brouillonnes, mais voulues. Se voulaient même
l'émergence de l'écriture moderne américaine, en
parallèle à l'art cubiste...
Pourquoi cela ne marche-t-il pas ? Dans l'exposition du grand Palais,
on voyait sur une vidéo Gertrude Stein en train de lire un extrait
de sa production littéraire. Je n'accroche pas du tout.
On y apprend aussi que dans son testament, Gertrude léguait sa
collection à Alice, chargée avant tout de faire éditer
ses écrits, quitte à vendre les tableaux si nécessaire.
Cette information m'a confirmée dans mon impression que Gertrude
était avant tout soucieuse de se faire connaître comme écrivain,
et que les relations qu'elle entretenait avec les artistes en achetant
leurs tableaux étaient surtout motivées par un besoin de
reconnaissance en temps qu'artiste.
J'ai beaucoup aimé l'expo et découvrir la collection des
différents membres de la famille. Et les photographies des appartements,
des ateliers et des amis de l'époque.
J'ouvre ce livre à moitié : comme un document sur la
complexité de l'âme humaine et sur la vie de l'époque.
Jacqueline
pour le livre d’Alice,
pour celui de Gertrude
Gertrude Stein, moderne, cultivée et indépendante d’esprit
vivait à Paris au début du XXe siècle. Comme elle
était très moderne, elle a écrit son autobiographie
en écrivant celle de son amie Alice T. Elle était amie de
Picasso qui a fait son (auto ?) portrait – peut-être
masqué – et de Matisse avec qui elle partageait le goût
des potins. Alice tapait les manuscrits de Gertrude, faisait la cuisine,
cassait les bibelots de Gertrude, éditait ses livres (de Gertrude),
travaillait au jardin et discutait avec les femmes de tous les peintres
et poètes amis de G. (qui elle, parlait avec les artistes eux-mêmes).
J’ai lu Ma vie avec Gertrude Stein d’Alice elle-même :
c’est la même chose, mais raconté avec beaucoup plus
de fraîcheur. Le style du livre de Gertrude ne m’a pas gênée,
mais je trouve celui d’Alice meilleur !
Claire 
Gertrude a un MOI incroyable, qui n’apparaît pas tout de suite.
Son œuvre se développe dans la deuxième partie, et
ce narcissisme devient lassant. Mais c’est une bonne entrée
en matière pour l’exposition L’aventure des Stein,
au Grand Palais. J’ai bien aimé aller d’anecdote en anecdote.
Ce qui pourrait être pris pour des maladresses de traduction, c’est
ce qui caractérise son style, appliquant à l’écriture
ce que les cubistes appliquent à la peinture. J’y vois de
l’humour, un appétit de vivre des deux femmes, elles s’amusent
et – oui... – je m’amuse avec elles. Il parait
que son style apparaît mieux en anglais qu’à travers
la traduction en français. Je suis un peu mal à l’aise
quant à ce qui s’est passé pendant la seconde guerre
mondiale : elles ont été protégées – tant
mieux pour elles – par le traducteur du livre que nous avons
lu, un collaborationniste antisémite – elles étaient
juives – qui les adorait...
Je ne boude pas le très grand plaisir que j’ai eu à
entrer dans les coulisses de l’art du début du XXe siècle,
il y des scènes formidables : le diner avec Apollinaire...,
la peinture des fruits de Matisse qui se les gèle... et visiter
l’exposition après cette entrée en matière...
c’est grandiose !
Rozenn 
Gertrude est une grande admiratrice de Trollope. Je me suis arrêtée
à la page 94 ; je m’ennuyais, j’étais agacée,
alors j’ai laissé tomber. Elle est trop infatuée d’elle-même :
au lieu de nous parler de tous ces gens passionnants qu’elle a rencontrée,
elle ne parle que d’elle (à travers la pauvre Alice), elle
méprise l’autre de façon insupportable ; on se
fait avoir et c’est emmerdant.
Françoise D 
Je ne sais pas pourquoi je l’ai lu en français, alors que
d’habitude je lis les livres anglophones en VO ; et là
j’ai trouvé la traduction très mauvaise, mais il semblerait
finalement que c’est vraiment la façon d’écrire
de Gertrude Stein. Cependant, je suis persuadée que si l’on
faisait maintenant une nouvelle traduction (ce qu’à dieu ne
plaise !), elle serait très différente. Quand à
la substance, je dois dire que j’ai été d’emblée
très mal à l’aise du fait de savoir que ce n’est
d’Alice mais de Gertrude qui parle. Quelle prétention !
Quel mépris ! Quel ennui ! Je ne l’ai pas terminé,
quelle perte de temps. On n’apprend rien, c’est du sous-people.
Heureusement que j’avais vu l’expo, bien plus intéressante.
Je plains ceux qui ont lu le livre sans voir l’expo, qui en elle-même
suffisait. On en apprend beaucoup plus, avec les tableaux en plus. Elle
ne parle pas de ses frères, ni de sa belle-sœur Sarah qui
a joué un grand rôle et surtout avec Matisse, c’est
elle qui a monté son école. Pas étonnant que la sortie
du livre ait jeté un froid sur la relation des frères et
de la sœur... Il n’y a qu’elle ! Quant à la
façon dont elle parle de la guerre de 14-18, c’est choquant
et édifiant : certes elles ont contribué (elle et Alice),
mais elles se sont bien amusées, point. Rien d’autre à
dire... Rien sur la fin d’Apollinaire, par exemple. Outre les lourdeurs
et répétitions, quelques exemples de son ego surdimensionné :
Durant toute sa vie, GS n’éprouva jamais
de plaisir plus vif que celui que lui causa la traduction de The
Making of Americans, elle le dit franchement : "c’est
un livre magnifique en anglais, mais aussi en français" (p. 64)...
Elliot Paul dit un jour qu’il était sûr que GS pouvait
devenir un auteur populaire en France. Il semble probable que cette prédiction
va se réaliser. (p. 65)... GS a basé sur ce
thème quelques-unes de ses distinctions psychologiques les plus
durables (p. 74)... Elle sait que dans la littérature
anglaise contemporaine elle est la seule. (p. 86) !!!
J’en passe et des meilleures...
Katell 
J’ai commencé à lire, étonnée par le
point de vue de Toklas/Gertrude, j’ai lu les disputes Picasso, Fernande,
Matisse, puis je me suis rendu compte que ça m’emmerdait.
C’est mal écrit, plein de répétitions. Ma mère
l’a lu et ça l’a intéressée...
Brigitte 
Justement c’est ce que vous n’avez pas aimé qui m’a
intéressée, comme ce qui est dit de la guerre de 14. Je
ne comprenais rien au titre. Le début m’a amusée, avec
la rue de Fleurus que j’ai imaginée avec plus de jardins que
maintenant ; l’atelier de Zadkine me rappelle l’ambiance ;
la description de l’atelier m’a plu, ce rappel du début
du siècle... J’ai aussi aimé l’ambiance de Montmartre,
et Matisse quai Saint Michel. Ce livre donne de la chair à tous
ces grands noms, en redonnant leur histoire. Au bout d’un moment
j’ai en effet trouvé cela lassant. A la guerre de 14 c’est
intéressant, elle a un rôle, elle porte secours. Ce qu’elle
dit de cette Américaine est intéressant, avec un autre angle,
renouvelant ce qu’on connaît. L’expo m’a permis de
découvrir Sarah, Michael, Léo. Dans le livre jamais elle
ne nous dit comment ils font pour être là où il y
a le modernisme, sur quoi repose leur intuition. Elle découvre
Picabia, Juan Gris...
Rozenn
J’ai l’impression que c’était surtout l’intuition
de Léo, Sarah et Michaël...
Sandra, internaute
J'ai fini L'autobiographie d'Alice Toklas et lu les avis, où
j'ai retrouvé certaines pensées.
Nous savons bien qu'un seul livre ne suffirait pas pour décrire
toute la vie, les rencontres et les réflexions de Gertrude Stein,
mais je suis "restée un peu sur ma faim" comme on dit.
Je m'attendais à davantage de réflexions sur les courants
picturaux et littéraires, à des ressentis sur les rencontres
avec toutes ces personnes évoquées, à des descriptions
sur ces fameux samedis soirs, et plus de détails sur la vie quotidienne
avec Gertrude Stein, son frère et Alice.
A l'inverse, il y a trop de mentions de ses deux autres ouvrages The
Making of Americans et Three
lives : c'est étrange, c'est comme si leur promo était
faite...
Le titre ne semble pas coller avec le contenu, puisqu'il y a cette impression
de "manque".
Quant à la forme, oui il y a un style particulier qui dénote
une qualité d'écriture, et qui correspond bien au personnage
de Gertrude Stein. Cependant, les nombreux allers-retours dérangent
parfois dans la lecture.
Le fait qu'elle se "substitue" à Alice est un procédé
intéressant, mais je ne vois pas finalement l'intérêt
puisqu'en fait elle ne révèle pas forcément des choses
compromettantes ou trop personnelles, qu'elle aurait voulu dire indirectement.
Dans les avis lus, certains disaient qu'il y aurait une mauvaise traduction,
ça je ne sais pas.
Au final, peut-être que la quatrième de couverture suppose
trop de choses...
Dans tous les cas, il y a quand même de très bons passages
avec des anecdotes, des descriptions, etc. De plus, cela n'entache en
rien mon intérêt pour cette période de créativités,
de rencontres et de discussions d'artistes, à laquelle Gertrude
Stein a fortement participé.
Ainsi, cela m'a fait penser à une trilogie de Dan Franck sur les
Aventuriers de l'art moderne que j'ai adorée, dont le premier tome
évoque ces années début XXe siècle à
Montmartre : Le
temps des bohèmes (1900-1930), avant Libertad !
(1931-1939) et Minuit
(1940-1945).
Nos cotes d'amour
pour le livre, de l'enthousiasme au rejet :
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à
la folie
grand ouvert
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beaucoup
¾ ouvert
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moyennement
à moitié
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un
peu
ouvert ¼
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pas
du tout
fermé !
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