Céline Minard
Olimpia
Nous avons lu ce livre en novembre 2011.

Katell 
Des mots ! Des mots ! Des mots ! C’est une logorrhée, je ne comprenais rien, c’est affreux, c’est affreux cette langue, juste de la langue, je lisais sans comprendre, sans savoir de quoi on parlait. C’est juste un exercice de style. Elle a écrit ça en résidence, y en a qui ont de la chance. Des mots, des lares, des larrons, la place Naconne... La 2ème partie me raconte enfin l’histoire de cette femme, mais je suis désolée, ok on voit un petit peu, le sujet y est, c’est un sujet génial, mais c’est mal écrit, on comprend rien, pourquoi elle est assoiffée de pouvoir ? Ok c’est vrai que grâce au groupe lecture je l’aurai lu, mais je ne le conseillerai à personne.

Claire
Heureusement j’ai commencé par la 2ème partie..., intéressante, et quand j’ai commencé à lire la 1ère partie, ça m’a un peu gonflée, mais après j’ai été très contente, le style est très original. J’ai apprécié le mélange entre le vulgaire et l’érudit, le destin extraordinaire raconté d’une façon brillante, mais je comprends Katell. Les mots m’ont intriguée, les éléments syntaxiques que je ne connaissais pas.

Brigitte
J’ai trouvé que son nom était plat, quand on entre dans un livre comme ça on s’attend à un peu de délire et un peu de poésie. Je suis allée voir sur Internet et tout est exact, de A à Z et je me dis que la référence au tableau de Manet est un peu bizarre. C’est pas mal de se mettre dans son délire intérieur, avec ce discours baroque. Heureusement que ça ne dure que 76 pages, mais ça m’a intéressée de découvrir cette auteure ; peut-être que le fait d’avoir un nom si banal lui donne envie d’avoir cette écriture baroque, touffue. La dernière tirade c’est dans Corneille, les Horaces et les Curiaces... Et elle ne reprend pas « et mourir de plaisir », et pourtant c’est ce qu’elle veut faire, cette Olimpia...

Françoise D
Comme je suis disciplinée, j’ai lu ce livre dans l’ordre, pour effectivement découvrir que la 2ème partie éclaire la 1ère, et je trouve ce parti-pris malhonnête ; on se sent floué. Cette logorrhée, on n’en peut plus, on se demande où veut en venir l’auteure, on ne comprend rien car il n’y a aucun éclairage ; ça m’a fait penser à Céline, sauf que lui a inventé son écriture alors qu’ici ça fait procédé. Pour moi, Céline Minard est plus chercheuse qu’écrivaine. J’ouvre quand même 1/4 pour la découverte.

Monique
Céline Minard revient souvent comme un auteur femme d’aujourd’hui. Le Matricule des anges lui a consacré un dossier et c’est comme ça que je l’ai découverte car j’adore découvrir de nouveaux auteurs, même si in fine je n’aime pas. Outre celui-ci j’ai lu aussi So long, Louise. C’est vrai que ça aide de savoir la fin, mais ça se discute, ne rien savoir permet d’être surpris, on se laisse prendre. On se plonge dans le texte, et ça fait quelque chose ; c’est pas gagnant, pas commercial, Céline Minard n’écrit pas pour plaire, elle est dans son monde. Elle travaille sur une façon d’utiliser la langue. Dans So long, Louise, elle part sur le langage notarial et c’est une histoire d’amour, puis un testament, un conte de fée. Ici, elle fait le choix de l’imprécation, de l’anathème, il y a une énergie folle, elle vitupère, vomit, elle utilise une forme performative du langage, c’est une parole magique qui n’est plus utilisée. J’ai aimé ce qu’elle fait de Rome (où elle était en résidence à la Villa Médicis), le côté magnifique et horrible et les problèmes de l’Italie aujourd’hui : un côté beau et un côté envie de vomir.

La représentation de personnages d'Olimpia... : dans un article de 2010 sur Olimpia avec des reproductions de tableaux sur le site de Mediapart : ICI

Une interview-fleuve de Céline Minard en 2011 : dans Chronic'art :

 

Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :

à la folie, beaucoup, moyennement, un peu, pas du tout

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Quatrième de couverture :
Le peuple m'a suffisamment comblée en m'appelant Pimpaccia et impia et putain de pape et suceuse d'Innocent et vamp, vampiria et femme à sceptre et Didi un chasse-mouches, il m'a assez conchiée pour que je puisse lever une armée de Pasquins tout en merde et remplir d'un bout à l'autre le pont Saint-Ange et couper ainsi cette ville de hâbleurs de la bulle vide du Saint-Siège désormais vide d'où l'on veut me chasser.
Olimpia Maidalchini (1592-1657) fut l'égérie du pape Innocent X, son beau-frère, à tel point qu'on disait au milieu du XVIIe siècle, que l'Église catholique était gouvernée par une papesse.