Olivia Rosenthal
que font les rennes après noël ?

Nous avons lu ce livre en juin 2012.


Jacqueline
J’ai tout lu rapidement, ça se lit facilement, cependant il ne m’en reste pas grand-chose. Je n’ai pas compris quels liens il y avait entre les paragraphes. Y a-t-il une progression ? Ce sont plusieurs narrateurs hommes. Je n’ai pas réussi à m’intéresser aux personnages. C’est une écriture moderne, du zapping, mais je n’ai pas accroché. Mais on découvre beaucoup d’information sur des sujets qu’on ne connaît pas.

Monique
J’ai été jusqu’au bout mais j’ai sauté dans les extraits de documents : comment on doit transporter les animaux, installer les loups, etc. Je suis restée totalement insensible à l’histoire de cette personne, c’est trop artificiel. Les histoires d’enfance semblent stéréotypées, de même que l’amour de l’adolescente pour le garçon dont elle est amoureuse et qui se suicide. A la fin, on sent que l’homosexualité va arriver. Ce livre a un côté expérimental, artificiel, qui ne me semble pas nouveau. L’auteure veut montrer comment les humains sont formatés ; ça me rappelle W de Perec, mais chez celui-ci c’est poignant, c’est une nécessité, alors qu’ici c’est gratuit. Son usage du "vous"n’est pas neuf, je ne sens pas d’humour, de vie, pas de désir.

Françoise
Cette histoire de rennes, etc. est venue après, sur une suggestion de titre par une amie, et qui lui a beaucoup plu. Franchement au départ j’avais un a priori négatif, livre Inter, etc. Je sais, c’est nul. C’est comme le Goncourt, je suis souvent déçue, mais il y a des exceptions, comme Les bienveillantes. Donc j’ai abordé ce texte avec circonspection, mais après quelques pages j’ai été conquise. Par la forme, la construction que je ne crois pas avoir déjà rencontrée, cette alternance d’histoire d’une personne (autobiographie ?) et le récit d’hommes qui ont des contacts divers avec les animaux : scientifique, éleveur, dompteur, boucher... ce qui éclaire sur les différents rapports de l’homme avec l’animal et c’est un sujet qui m’intéresse. On apprend beaucoup. Et puis cette façon de scansion avec le "vous" qui clôt chaque paragraphe et donne un rythme, avec de l’humour pour un récit dont le fond n’est pas drôle, j’ai bien aimé. Cependant, parfois on se demande où l’auteure veut en venir, où est le rapport entre cette vie décrite et les animaux ? Le formatage par l’éducation ? Se considère t-elle comme un animal de laboratoire ?

Claire
C’est moi qui ai proposé ce livre car il m’avait énormément plu, surtout à cause de la composition, ces petits paragraphes qui créent un rythme, c’est comme du rap ou du slam. J’ai été intéressée tout le temps. L’auteure fait très bien le pendant avec la fausse sauvagerie des animaux ; ils sont toujours contrôlés et face à cela il y a l’histoire de cette jeune fille qui grandit et dont la sauvagerie est tenue par sa relation à sa mère. Il y a des références qui reviennent, comme ce film La féline, des variations sur ce thème, des jeux de miroirs, et l’usage des pronoms qui bouscule le lecteur. A travers son histoire, avec une mort énigmatique, cette jeune fille s’émancipe. A la fin elle sort de sa gangue et cela renvoie aux personnages qu’on a rencontrés dans les pages précédentes. J’avais entendu un échange que l’auteure avait eu avec Boris Cyrulnik. Dans ses livres, elle joue avec le documentaire. C’est un livre que je trouve maîtrisé et non sans humour.


Une interview de Olivia Rosenthal



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Vous aimez les animaux. Ce livre raconte leur histoire et la vôtre. L'histoire d'une enfant qui croit que le traîneau du père
Noël apporte les cadeaux et qui sera forcée un jour de ne plus y croire. Il faut grandir, il faut s'affranchir. C'est très difficile. C'est même impossible. Au fond, vous êtes exactement
comme les animaux, tous ces animaux que nous emprisonnons, que nous élevons, que nous protégeons, que nous mangeons. Vous aussi, vous êtes emprisonnée, élevée, éduquée, protégée. Et ni les animaux ni vous ne savez comment faire pour vous émanciper. Pourtant il faudra bien
trouver un moyen.