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Alfred de MUSSET, La
Confession d'un enfant du siècle, éd. Sylvain
Ledda, GF, 368 p.
Quatrième
de couverture :
Tout commence par une trahison amoureuse. Octave, trompé
par sa maîtresse, se jette à cur perdu dans les bras
de la débauche. Mais quand survient un nouvel amour, la passion
prend le goût amer de la jalousie : pour Octave, marqué
au fer rouge de la désillusion, aimer, cest souffrir, et
surtout faire souffrir
Autel de douleur dressé par Musset à George Sand au lendemain
de leur rupture, la Confession (1836) dépasse pourtant
le seul cadre de lexpérience personnelle. Cherchant à
toucher du doigt ses blessures et à trouver dans la fiction une
vérité consolatrice, Musset, enfant du siècle,
chante la désespérance de toute une génération
en proie au mal de vivre.

La
confession d'un enfant du siècle,
éd. Frank Lestringant, Le Livre de poche, 441 p.
Quatrième
de couverture :
Après le désastre de Waterloo, lennui sinstalle
avec la paix : "Alors sassit sur un monde en ruines une jeunesse
soucieuse." Mais lenfant du siècle ne sattarde
pas longtemps à son époque et, de manière assez
désinvolte, raccorde à la grande sa petite histoire :
celle dun homme qui se console de la trahison de sa maîtresse
par une vie de fête et de débauche à laquelle larrache
brutalement la mort de son père. Après quoi lamour,
traversé par la tentation du suicide et du meurtre, ne le conduira
quà la solitude.
La Confession que Musset fait paraître en 1836 est ainsi
un roman quil faut lire bien au-delà de la liaison avec
George Sand qui vient de dramatiquement se dénouer à Venise.
A vingt-cinq ans, Musset noffre pas ici une simple esquisse prometteuse,
comme le croyait Sainte-Beuve, mais un testament littéraire quil
ne dépassera pas, un livre où il devient le héraut
dune génération dont la leçon amère
est que, face à labsurdité de vivre, lirrésolution
est la seule attitude lucide.



La confession
d'un enfant du siècle, préface Claude Roy, éd.
Gérard Barrier, Folio classique, 384 p.
Quatrième
de couverture :
Dans ce roman autobiographique, Musset mêle limprécation
des enfants du siècle, en deuil de la liberté, orphelins
de Napoléon, et la confession sentimentale dun jeune homme
trahi par sa maîtresse, tombé dans la débauche,
mais que la passion, pour une femme plus âgée, emportera
à nouveau. La perte de lespoir révolutionnaire se
mêle à labandon des illusions sentimentales. Face
à lHistoire comme à lamour, cest la
fin de lenfance. Musset le poète sensible et tourmenté,
le dramaturge sincère, se fait ici romancier féroce. Publié
en 1836, à vingt-six ans, cet unique roman de Musset, qui transpose
sa relation avec George Sand, est un chef-duvre du romantisme.



La confession d'un enfant du siècle, préface Claude
Duchet, édition Maurice Allem, Garnier, 1968, 347 p.

La confession d'un enfant du siècle, texte abrégé
par Boris Moissard, École des loisirs, "Classiques abrégés",
2011
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Alfred de MUSSET (1810-1857)
La Confession d'un enfant du siècle (1836)
Nous
avons lu ce livre en octobre 2026 : groupe
breton, puis ancien groupe. Le nouveau groupe le
lira pour le 27 novembre.
Nous
avions lu l'an dernier Indiana
de George Sand. Il était temps de lire un livre d'un de ses amants...
Au fait, sait-on ce qu'a pensé Musset d'Indiana ? Mais oui
! Il a même fait un poème, que Voix au chapitre =>met
en ligne romantiquement... et qui figurait dans une lettre à
George, peu avant qu'ils ne tombassent dans les bras et plus vu les affinités...
De nombreuses éditions sont
disponibles :
- La
Confession d'un enfant du siècle, présentation,
notes, chronologie et bibliographie de Sylvain Ledda, Flammarion, coll.
GF, 2020, 368 p.
- La
confession d'un enfant du siècle, édition Frank
Lestringant, Le Livre de poche, 2003, 441 p.
- La
confession d'un enfant du siècle, préface Claude
Roy, édition Gérard Barrier, Folio classique, 1973, 384
p.
- La
confession d'un enfant du siècle, préface Claude
Duchet, édition Maurice Allem, Garnier, 1968, 347 p.
- La
confession d'un enfant du siècle, BNF-Hachette : aucune
note, aucune préface.
- La
confession d'un enfant du siècle, texte abrégé
par Boris Moissard, École des loisirs, "Classiques abrégés",
2011.
Nous
avons pu visionner une ou plusieurs adaptations
du roman :
- La
Confession d'un enfant du siècle de Claude Santelli (1974),
avec Sami Frey, Marie Christine Barrault, Michael Lonsdale, Catherine
Hiegel... en ligne sur le site de l'INA en deux parties : Le
Bruit de la vie (1h50), puis Le
Silence (1h32).
- Confession
d'un enfant du siècle de Sylvie Verheyde (2011), avec Pete
Doherty et Charlotte Gainsbourg (2h05) en vod (sur
Arte)
- Les
Enfants du siècle de Diane Kurys (1999), avec Juliette
Binoche, Robin Renucci, Karine Viard, Denis Podalydès (2h15) en
vod (sur
Orange).
Les deux Confession dun enfant du siècle sont des
adaptations du roman de Musset, tandis que Les Enfants du siècle
de Diane Kurys présente plutôt lhistoire réelle
de Musset et George Sand qui a inspiré en partie le roman.
Les
7 cotes d'amour du groupe breton réuni le 15 octobre 2026
Brigitte T
J'ouvre ¼.
J'ai lu l'édition du Livre
de poche. Je bute sur la préface de Frank Lestringant, universitaire
auteur d'une biographie sur Musset.
Par contre, les trois premiers chapitres m'emballent. L'écriture
me plaît. Véritable cours d'Histoire ; je prends plaisir à
lire les notes de bas de page. L'analyse du mal-être de la jeunesse
napoléonienne est passionnante et je ne peux que faire des liens
avec notre actualité et les problématiques au cur des
interrogations de la jeunesse : quel héritage et quel avenir ? Où
trouver sa place ? La place de l'amour et la relation à l'autre ?
Mais la suite
Le contexte de la relation tumultueuse de Musset avec
George Sand est connu avant la lecture. Je dois avouer que très vite
il m'agace profondément, ce jeune adulte immature Octave (Alfred),
jeune dandy moraliste sans nul doute débauché. Il se sent
trahi par sa maîtresse. Il s'écoute tel un homme terrassé
comme il dit, sur un lit de douleur. Il le dit, redit, répète
gémit, pleure, maltraite. Il est limite pathologique. Il ne se remet
pas en cause. Soi-disant il réfléchit : "j'ai
dans l'esprit, une propension singulière à réfléchir
à tout ce qui m'arrive, même aux moindres incidents."
Je n'aurais pas voulu croiser la route de cet homme. Combien de fois j'ai
fermé le livre : agacée.
Sûr de lui, il joue avec sa relation aux femmes. Ce jeune homme égocentrique
se veut séducteur. Manipulateur ? Insupportable
mais je
dois dire que certains passages me font sourire. J'ai
du mal à apprécier le romantisme du XIXe.
Je n'ai pas terminé ma lecture avant notre réunion
ni
le ferai après, sans regret. Par contre, je lirai une pièce
de théâtre : On
ne badine pas avec l'amour.
Marie-Odile
J'ouvre en grand le chapitre 2, exposant le contexte historique, opposant
passé et futur, et expliquant par là la morosité et
la dérive de toute une génération plongée dans
le malaise de l'entre-deux. J'en ai aimé l'écriture, le jeu
des antithèses, le style déclamatoire, l'absence de "je".
Passé ces premières pages, je laisse fermé tout le
reste, indifférente ou agacée que je suis par ce jeune homme
nombriliste. Je n'ai pas aimé son rapport aux femmes, son regard
presque inexistant sur la société de son temps.
Trop facile d'excuser son comportement maladif par le mal du siècle,
le contexte, la jeunesse déboussolée... Très peu convainquant
pour moi. Et tous les enfants de ce siècle ne se ressemblent pas.
Il s'agit ici d'un jeune homme oisif et non dénué d'argent.
"Il est doux de se croire
malheureux, lorsqu'on n'est que vide et ennuyé",
dit Octave.
Sa jalousie, son cynisme, sa cruauté, ses changements d'humeur me
sont insupportables !!!
Brigitte le dit malade et sait que son amour est totalement impuissant à
le changer, mais elle reste prisonnière de cette relation toxique.
L'auteur tente à la fin de lui faire jouer les héroïnes
tragiques... Mais j'ai trouvé ça maladroit.
Certes, il n'est pas nécessaire d'aimer le personnage pour aimer
le roman. Et l'originalité réside peut-être dans le
fait que le narrateur fait un portrait extrêmement négatif
de lui-même, ce qui n'est pas si fréquent.
Mais je n'ai pas aimé non plus la façon dont progresse le
récit.
Je trouve lassants les innombrables détails, les larmes répétitives,
et la monotone chronologie sans surprise.
Que de longueurs de larmes et de langueurs ! Léger suspens dans la
partie 5 avec l'arrivée de Smith, mais tout cela tourne en rond toujours
!!
Interminable jeu : partiront partiront pas ensemble en Suisse ? Interminable
confession de Brigitte ! Interminable monologue d'Octave qui envisage de
tuer Brigitte finalement sauvée par le Crucifix sur sa poitrine.
Alors miraculeusement et invraisemblablement, il choisit une séparation
en toute amitié ! L'enfant serait devenu un homme !!!! Peu crédible
!
Et ce titre : Confession au singulier avec sa connotation religieuse
et son pesant de culpabilité. Idée d'une littérature
qui rachète de ses fautes ? Voir la fin où Octave s'adresse
à lui-même de façon insupportable pour se maudire avant
de voir le "sein blanc et nu" de Brigitte !!
Petite indulgence pour le début de la troisième partie, faisant
suite à la mort du père et évoquant la rencontre avec
Brigitte (beau passage sur le mystère
de l'amour). Plus loin, je me suis amusée des pages où ils
cherchent leur destination de voyage, passant en revue les différents
pays et les éliminant....
L'écriture me reste agréable, bien sûr.
Combien plus j'ai préféré le théâtre de
Musset qui a su m'émouvoir et me toucher ! Peut-être parce
que l'auteur s'efface devant ses personnages, peut-être parce que
l'uvre théâtrale est plus resserrée, peut-être
parce qu'on y trouve amour, cruauté, mais aussi parfois une certaine
fraîcheur, innocence... ?
J'ouvre ¼.
Philippe
La lecture de La confession d'un enfant du siècle de Alfred
de Musset, qu'il a publié en 1836, à l'âge de 26 ans,
m'a été très pénible. Octave, le héros,
âgé de vingt ans, est le double de Musset. Il ne fait pas semblant
d'avoir une activité professionnelle, il connaît déjà
tout de la vie et des sentiments amoureux. Il est vrai qu'à l'époque
la vie était courte, avec une espérance de vie de quarante
ans. Surtout, les soixante pages de note de l'éditeur, dans l'édition
Folio classique, nous font comprendre que Musset n'a fait que transposer
dans son roman sa relation amoureuse avec George Sand. Allant même
jusqu'à reprendre in extenso des extraits de lettres échangées
entre les deux amants.
Dans le roman, Octave est insupportable : et il souffre, et il souffre,
et il souffre ! Alors il pleure, et il pleure, et il pleure ! Puis
il resouffre, et il repleure. Même par temps de sécheresse,
cela fait beaucoup. Octave n'est pas un dépressif mélancolique,
mais selon moi un pervers narcissique et Brigitte est sa victime. Il fait
d'elle un objet, un faire-valoir, qu'il manipule sans arrêt, dévalorise,
isole de son environnement familial et amical en prétextant un voyage
lointain, en alternant les phases de séduction et de crises. Séduite
et sous emprise, Brigitte ne fait que subir en lui conservant son amour.
Octave menace sans arrêt d'en finir, de se suicider seul ou avec elle,
mais je ne suis pas inquiet pour lui d'un passage à l'acte. "Il
me semblait que je souffrais, et cependant j'y prenais plaisir."
Comme Octave, l'auteur a le plaisir triste. Et si on n'a pas bien compris,
il dit encore : "Comment
se fait-il qu'il y ait ainsi en nous, je ne sais quoi qui aime le malheur."
Octave a une vision de ce trouble de la personnalité qui lui cause
son mal-être.
Ses deux maîtresses successives le trompent comme il se doit, tellement
il est invivable, pour échapper à son emprise, ce qui engendre
pour lui une jalousie pathologique, qui complexifie ses relations. Dans
l'avant-dernier chapitre, on passe très près du féminicide,
sa main est arrêtée par le crucifix que porte Brigitte autour
du cou.
Pour Voix au chapitre, je garde cette grande uvre du romantisme
ouverte au quart, pour la qualité de l'écriture de Musset,
et pour sa fin heureuse : "Restons
amis et adieu pour jamais." qui n'allait pas de soi à
la lecture des trois cents premières pages. Trois cents pages pour
prendre la fuite, j'ai trouvé le temps très long.
Marie Thé
N'ayant encore lu que la moitié, je n'ai pas pu trop me prononcer.
Pour ce que j'ai lu j'ouvre à moitié, en attendant d'aller
jusqu'au bout.
J'ai beaucoup aimé le chapitre 2 de la première partie. Ensuite
j'ai eu beaucoup de mal à supporter Octave geignant. J'ai beaucoup
aimé la mort du père quand tout se fige et enfin la rencontre
avec Brigitte Pierson, mais il paraît que ça va vite se gâter.
J'enverrai mon avis peut-être différent à la fin de
ma lecture.
Annie
Quelle densité dans ces écrits ! Entre le texte et les notes
extrêmement riches et abondantes, il y aurait de quoi se décourager.
Et pourtant...
J'ai trouvé que la lecture de ce roman était parfois très
fluide, parfois plus ardue et qu'elle demandait en tout cas de rester concentré.
Il y a peu de personnages, ce qui facilite la compréhension et on
retrouve entre les lignes notre George Sand qui nous a occupés cette
année.
Quelles belles phrases, quels beaux mots pour exprimer finalement ce qui
est, à mon avis, intemporel : l'amour fou, la tromperie, la jalousie
! Tout est très bien décrit très bien écrit
pour un homme finalement très jeune. Musset nous montre ici une maîtrise
parfaite de la langue française avec quantité de références
(trop parfois). J'ai aimé les envolées lyriques, le vocabulaire
recherché, les phrases longues et expressives, tout ce qui fait l'ADN
du romantisme. Tout cela parce que ce n'est pas mon quotidien de lectures
et quand je reprends un livre d'auteur contemporain, je mesure la perte
de vocabulaire de notre époque.
L'ennui, la perte de sens, le désuvrement, le doute, la peur
du lendemain, le désenchantement, l'incertitude : que de thèmes
actuels ! J'ai vu dans ce roman beaucoup de parallèles avec
ce que vit notre jeunesse aujourd'hui.
Tout ce qui a trait aux sentiments (ses descriptions, ses doutes, ses peurs
de l'abandon, ses idéalisations) est, je pense, universel et cependant
probablement réservé à une certaine élite qui
a le temps de réfléchir et de faire un peu d'introspection.
J'ai trouvé ce roman plein de psychologie.
Musset voulait-il nous avertir en nous faisant part de sa propre expérience ?
Devrions-nous être attentifs à ne pas reproduire les souffrances
que l'on redoute, ne pas trop interpréter ni trop idéaliser
l'amour sous peine d'être malheureux à vie ?
Voulait-il nous donner une leçon, nous avertir de ne pas confondre
rêve et réalité ?
Quant au libertinage dont il parle et qui ne semble pas le satisfaire, est-ce
là la confession par peur d'une punition divine ? Une confession
au sens propre du terme dans le but de recevoir l'absolution ? Je l'ai lue
dans ce sens.
J'ai aimé lire ce roman surtout pour le plaisir de retrouver de beaux
textes, même si j'ai trouvé des longueurs, et pour son côté
immuable ; le cur de l'histoire (amour, jalousie...) se joue
depuis la nuit des temps.
J'ouvre aux ¾.
Edith
Ce choix me plaisait : il m'a permis de lire un texte dont je ne connaissais
que le titre. Ce choix m'a permis de conforter le goût que j'ai pour
les textes du XIXe siècle ET
surtout, me ramenait, par la pensée,
à George Sand et mes souvenirs de cet été.
Je continue par ce que j'ai aimé aussi : la découpe en cinq
parties et particulièrement la première partie qui évoque
les guerres napoléoniennes, les jeunes hommes sacrifiés à
l'ogre, la guerre comme horizon
: "Et
quand bien même on aurait dû mourir, qu'était-ce que
cela ? La mort elle-même était si belle alors (
) elle
ressemblait si bien à l'espérance". Je comprends
que, pour Musset, la guerre est comme une raison de vivre et d'espérer
; ce n'est pas la sienne, il naît trop tard (1810) : "Alors
il s'assit sur un monde en ruines une jeunesse soucieuse".
Me voilà avertie : Musset recherchera durant les trois ans, le temps
de son récit (il l'annonce dès les premières lignes)
une raison d'espérer, de se comprendre, de choisir une direction
de vie, une fixation amoureuse et va décrire - avec force digression
"savantes" - son état, ses doutes, ses irrésolutions.
J'ai donc aimé la trame de son histoire ; et le roman ne m'a pas
paru long. Il s'agit, d'après les notes de l'édition, ainsi
que par les renvois de bas de page, d'un roman autobiographique dont sa
relation à George Sand en est le récit à peine modifié.
C'est la raison du plaisir de ma lecture.
Les emprunts aux textes anciens ne m'ont pas gênée, ni même
les états d'âmes des protagonistes, Octave et Brigitte, ainsi
que les amis environnant le couple et si abondamment et minutieusement décrits.
En psychologie moderne, je traduirais ce jeune homme comme un jeune excessif
en amour qui fut "trompé" (deuxième chapitre) et
qui se "fracture totalement", au point de ne plus pouvoir vivre
autrement ses amours que doutant de l'autre et de lui-même. "Ce
que je ne pouvais concevoir, ce n'était pas qu'elle eût cessée
de m'aimer, mais c'était qu'elle m'eût trompé".
Jaloux maladif, dépressif et puéril, tourmenté par
l'idée d'absolu, le recherchant dans la débauche et n'y trouvant
que dégout, recherchant le remède au mensonge amoureux par
des amours licencieuses, sans lendemain - étourdissement vain
mais douloureux - et par là-même une auto-analyse aussi
fouillée parfois, qu'elle pourrait en être ennuyeuse. J'ai
aimé la scène de la pièce musicale composée
par Brigitte qui ne dit pas tout de suite qu'elle en est l'auteure mais
un compositeur connu ! Et aussitôt, la bascule dans la conscience
d'Octave du doute irrévocable et "douloureux" - jalousie
maladive et destructive.
Freud et sa psychologie des profondeurs, depuis ce XIXe finissant, théorise
l'origine du trauma, à rechercher dans l'enfance et à apaiser
par le langage
Refoulement et transformation. Je n'ai pas eu réellement
désir de lire les "transes" de Musset avec un regard diagnostiquant
"une névrose" ; j'ai accepté ses longues digressions
tout en m'amusant de ses références dont j'ignorais souvent
l'origine (je ne suis pas latiniste). Sa recherche implorante s'appelle
"romantisme", courant littéraire que j'apprécie.
J'ai aimé ces états du corps, les fièvres, les évanouissements,
les endormissements - bien à propos ! Ainsi, c'est quand
Brigitte, l'amour fusion de Musset, dort, pour donner un repos à
un moment conflictuel avec Musset, que ce dernier se résout à
l'aimer sans crainte de trahison, ne voyant que le bonheur partagé
Brigitte se réveille : et à nouveau le doute implacable. J'ai
bien aimé ce long monologue. La fin du roman n'apporte, pour les
deux amants, aucune satisfaction. Chacun s'en va vers des horizons différents,
se donnant pour chacun l'illusion, très réfléchie,
d'un acte "héroïque" : illusion partagée au
nom de l'amour de l'autre ? Pour moi ce n'est ce n'est que l'impossibilité
d'échapper, pour Musset, à ses doutes perpétuels, son
manque de foi dans l'avenir (pas de sens) et pour Brigitte, celui de ne
pas choisir, méconnaissant l'amour de Smith : Brigitte, femme de
son époque soumise à l'homme. Par contre, si Brigitte est
sensée évoquer Sand, il y a un hiatus. Sand dominée
par la passion de Musset ? Je le crois.
Roman de l'insatisfaction, de la recherche d'une consolation impossible,
consolation par Dieu et son message d'espérance que Musset athée
ne peut même pas espérer.
Nous avons lu Les
souffrances du jeune Werther que j'avais aussi bien aimé.
Le seul recours envisagé pour Werther sera le suicide. La tentation
du suicide parcourt le roman.
J'ai aimé lire les lettres de Musset à George Sand dans le
dossier de mon édition de
Frank Lestringant. Je ne m'imaginais pas Sand traversée par des
idées de suicide. Ni comme je le disais par une passion dévorante
et déstabilisante. Le roman Indiana
roman est un roman sage, La petite Fadette aussi.
Dans mon édition Livre de poche, p. 267, je relis la longue tirade
de Octave évoquant sa jalousie, je "craquerais" aussi.
Bref, un roman que j'ouvre en grand, qui m'a habitée pendant sa lecture.
J'ai même eu plaisir à déclamer. Ouvert en grand pour
la satisfaction d'aller plus avant dans les "secrets" de Sand.
Un visage nouveau de cette grande dame lucide sur tant de choses de son
époque machiste et qui vit des amours insatiables avec, je le pense
autant de sincérité et de déceptions que son amant
Musset.
J'en redemanderais : les romans actuels ne sont-ils pas toujours dans ce
va-et-vient des sentiments, des aspirations au bonheur et du plaisir du
mal. Méandres de la littérature, que chaque époque
invente, un style, une époque, une syntaxe... Et avec le recours
aux mythes antiques et les grands personnages que Musset évoque abondamment
pour soutenir ses réflexions - nous avons perdu cette culture classique.
Les
10 cotes d'amour du groupe parisien réuni le 16 octobre 2026
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