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Alfred de MUSSET, La Confession d'un enfant du siècle, éd. Sylvain Ledda, GF, 368 p.

Quatrième de couverture : Tout commence par une trahison amoureuse. Octave, trompé par sa maîtresse, se jette à cœur perdu dans les bras de la débauche. Mais quand survient un nouvel amour, la passion prend le goût amer de la jalousie : pour Octave, marqué au fer rouge de la désillusion, aimer, c’est souffrir, et surtout faire souffrir…
Autel de douleur dressé par Musset à George Sand au lendemain de leur rupture, la Confession (1836) dépasse pourtant le seul cadre de l’expérience personnelle. Cherchant à toucher du doigt ses blessures et à trouver dans la fiction une vérité consolatrice, Musset, enfant du siècle, chante la désespérance de toute une génération en proie au mal de vivre.



La confession d'un enfant du siècle, éd. Frank Lestringant, Le Livre de poche, 441 p.

Quatrième de couverture : Après le désastre de Waterloo, l’ennui s’installe avec la paix : "Alors s’assit sur un monde en ruines une jeunesse soucieuse." Mais l’enfant du siècle ne s’attarde pas longtemps à son époque et, de manière assez désinvolte, raccorde à la grande sa petite histoire : celle d’un homme qui se console de la trahison de sa maîtresse par une vie de fête et de débauche à laquelle l’arrache brutalement la mort de son père. Après quoi l’amour, traversé par la tentation du suicide et du meurtre, ne le conduira qu’à la solitude.
La Confession que Musset fait paraître en 1836 est ainsi un roman qu’il faut lire bien au-delà de la liaison avec George Sand qui vient de dramatiquement se dénouer à Venise. A vingt-cinq ans, Musset n’offre pas ici une simple esquisse prometteuse, comme le croyait Sainte-Beuve, mais un testament littéraire qu’il ne dépassera pas, un livre où il devient le héraut d’une génération dont la leçon amère est que, face à l’absurdité de vivre, l’irrésolution est la seule attitude lucide.




La confession d'un enfant du siècle
, préface Claude Roy, éd. Gérard Barrier, Folio classique, 384 p.

Quatrième de couverture : Dans ce roman autobiographique, Musset mêle l’imprécation des enfants du siècle, en deuil de la liberté, orphelins de Napoléon, et la confession sentimentale d’un jeune homme trahi par sa maîtresse, tombé dans la débauche, mais que la passion, pour une femme plus âgée, emportera à nouveau. La perte de l’espoir révolutionnaire se mêle à l’abandon des illusions sentimentales. Face à l’Histoire comme à l’amour, c’est la fin de l’enfance. Musset le poète sensible et tourmenté, le dramaturge sincère, se fait ici romancier féroce. Publié en 1836, à vingt-six ans, cet unique roman de Musset, qui transpose sa relation avec George Sand, est un chef-d’œuvre du romantisme.




La confession d'un enfant du siècle
, préface Claude Duchet, édition Maurice Allem, Garnier, 1968, 347 p.



La confession d'un enfant du siècle
, texte abrégé par Boris Moissard, École des loisirs, "Classiques abrégés", 2011

Alfred de MUSSET (1810-1857)
La Confession d'un enfant du siècle (1836)

Nous avons lu ce livre en octobre 2026 : groupe breton, puis ancien groupe. Le nouveau groupe le lira pour le 27 novembre.

Nous avions lu l'an dernier Indiana de George Sand. Il était temps de lire un livre d'un de ses amants... Au fait, sait-on ce qu'a pensé Musset d'Indiana ? Mais oui ! Il a même fait un poème, que Voix au chapitre =>met en ligne romantiquement... et qui figurait dans une lettre à George, peu avant qu'ils ne tombassent dans les bras et plus vu les affinités...

De nombreuses éditions sont disponibles :
- La Confession d'un enfant du siècle, présentation, notes, chronologie et bibliographie de Sylvain Ledda, Flammarion, coll. GF, 2020, 368 p.
- La confession d'un enfant du siècle, édition Frank Lestringant, Le Livre de poche, 2003, 441 p.
- La confession d'un enfant du siècle, préface Claude Roy, édition Gérard Barrier, Folio classique, 1973, 384 p.
- La confession d'un enfant du siècle, préface Claude Duchet, édition Maurice Allem, Garnier, 1968, 347 p.
- La confession d'un enfant du siècle, BNF-Hachette : aucune note, aucune préface.
- La confession d'un enfant du siècle, texte abrégé par Boris Moissard, École des loisirs, "Classiques abrégés", 2011.

Nous avons pu visionner une ou plusieurs adaptations du roman :
- La Confession d'un enfant du siècle de Claude Santelli (1974), avec Sami Frey, Marie Christine Barrault, Michael Lonsdale, Catherine Hiegel... en ligne sur le site de l'INA en deux parties : Le Bruit de la vie (1h50), puis Le Silence (1h32).
-
Confession d'un enfant du siècle de Sylvie Verheyde (2011), avec Pete Doherty et Charlotte Gainsbourg (2h05) en vod (sur Arte)
- Les Enfants du siècle de Diane Kurys (1999), avec Juliette Binoche, Robin Renucci, Karine Viard, Denis Podalydès (2h15) en vod (sur Orange).

Les deux Confession d’un enfant du siècle sont des adaptations du roman de Musset, tandis que Les Enfants du siècle de Diane Kurys présente plutôt l’histoire réelle de Musset et George Sand qui a inspiré en partie le roman.


Les 7 cotes d'amour du groupe breton réuni le 15 octobre 2026

•Édith
•Annie
•Marie-Thé
•Brigitte T •Chantal •Marie-Odile •Philippe


Brigitte T
J'ouvre ¼.
J'ai lu l'édition du Livre de poche. Je bute sur la préface de Frank Lestringant, universitaire auteur d'une biographie sur Musset.
Par contre, les trois premiers chapitres m'emballent. L'écriture me plaît. Véritable cours d'Histoire ; je prends plaisir à lire les notes de bas de page. L'analyse du mal-être de la jeunesse napoléonienne est passionnante et je ne peux que faire des liens avec notre actualité et les problématiques au cœur des interrogations de la jeunesse : quel héritage et quel avenir ? Où trouver sa place ? La place de l'amour et la relation à l'autre ?
Mais la suite… Le contexte de la relation tumultueuse de Musset avec George Sand est connu avant la lecture. Je dois avouer que très vite il m'agace profondément, ce jeune adulte immature Octave (Alfred), jeune dandy moraliste sans nul doute débauché. Il se sent trahi par sa maîtresse. Il s'écoute tel un homme terrassé comme il dit, sur un lit de douleur. Il le dit, redit, répète… gémit, pleure, maltraite. Il est limite pathologique. Il ne se remet pas en cause. Soi-disant il réfléchit : "j'ai dans l'esprit, une propension singulière à réfléchir à tout ce qui m'arrive, même aux moindres incidents." Je n'aurais pas voulu croiser la route de cet homme. Combien de fois j'ai fermé le livre : agacée.
Sûr de lui, il joue avec sa relation aux femmes. Ce jeune homme égocentrique se veut séducteur. Manipulateur ? Insupportable… mais je dois dire que certains passages me font sourire. J'ai du mal à apprécier le romantisme du XIXe.
Je n'ai pas terminé ma lecture avant notre réunion… ni le ferai après, sans regret. Par contre, je lirai une pièce de théâtre : On ne badine pas avec l'amour.
Marie-Odile
J'ouvre en grand le chapitre 2, exposant le contexte historique, opposant passé et futur, et expliquant par là la morosité et la dérive de toute une génération plongée dans le malaise de l'entre-deux. J'en ai aimé l'écriture, le jeu des antithèses, le style déclamatoire, l'absence de "je".
Passé ces premières pages, je laisse fermé tout le reste, indifférente ou agacée que je suis par ce jeune homme nombriliste. Je n'ai pas aimé son rapport aux femmes, son regard presque inexistant sur la société de son temps.
Trop facile d'excuser son comportement maladif par le mal du siècle, le contexte, la jeunesse déboussolée... Très peu convainquant pour moi. Et tous les enfants de ce siècle ne se ressemblent pas. Il s'agit ici d'un jeune homme oisif et non dénué d'argent. "Il est doux de se croire malheureux, lorsqu'on n'est que vide et ennuyé", dit Octave.

Sa jalousie, son cynisme, sa cruauté, ses changements d'humeur me sont insupportables !!!
Brigitte le dit malade et sait que son amour est totalement impuissant à le changer, mais elle reste prisonnière de cette relation toxique. L'auteur tente à la fin de lui faire jouer les héroïnes tragiques... Mais j'ai trouvé ça maladroit.
Certes, il n'est pas nécessaire d'aimer le personnage pour aimer le roman. Et l'originalité réside peut-être dans le fait que le narrateur fait un portrait extrêmement négatif de lui-même, ce qui n'est pas si fréquent.
Mais je n'ai pas aimé non plus la façon dont progresse le récit.
Je trouve lassants les innombrables détails, les larmes répétitives, et la monotone chronologie sans surprise.
Que de longueurs de larmes et de langueurs ! Léger suspens dans la partie 5 avec l'arrivée de Smith, mais tout cela tourne en rond toujours !!
Interminable jeu : partiront partiront pas ensemble en Suisse ? Interminable confession de Brigitte ! Interminable monologue d'Octave qui envisage de tuer Brigitte finalement sauvée par le Crucifix sur sa poitrine. Alors miraculeusement et invraisemblablement, il choisit une séparation en toute amitié ! L'enfant serait devenu un homme !!!! Peu crédible !
Et ce titre : Confession au singulier avec sa connotation religieuse et son pesant de culpabilité. Idée d'une littérature qui rachète de ses fautes ? Voir la fin où Octave s'adresse à lui-même de façon insupportable pour se maudire avant de voir le "sein blanc et nu" de Brigitte !!
Petite indulgence pour le début de la troisième partie, faisant suite à la mort du père et évoquant la rencontre avec Brigitte (beau passage sur le mystère de l'amour). Plus loin, je me suis amusée des pages où ils cherchent leur destination de voyage, passant en revue les différents pays et les éliminant....
L'écriture me reste agréable, bien sûr.
Combien plus j'ai préféré le théâtre de Musset qui a su m'émouvoir et me toucher ! Peut-être parce que l'auteur s'efface devant ses personnages, peut-être parce que l'œuvre théâtrale est plus resserrée, peut-être parce qu'on y trouve amour, cruauté, mais aussi parfois une certaine fraîcheur, innocence... ?
J'ouvre ¼.
Philippe
La lecture de La confession d'un enfant du siècle de Alfred de Musset, qu'il a publié en 1836, à l'âge de 26 ans, m'a été très pénible. Octave, le héros, âgé de vingt ans, est le double de Musset. Il ne fait pas semblant d'avoir une activité professionnelle, il connaît déjà tout de la vie et des sentiments amoureux. Il est vrai qu'à l'époque la vie était courte, avec une espérance de vie de quarante ans. Surtout, les soixante pages de note de l'éditeur, dans l'édition Folio classique, nous font comprendre que Musset n'a fait que transposer dans son roman sa relation amoureuse avec George Sand. Allant même jusqu'à reprendre in extenso des extraits de lettres échangées entre les deux amants.
Dans le roman, Octave est insupportable : et il souffre, et il souffre, et il souffre ! Alors il pleure, et il pleure, et il pleure ! Puis il resouffre, et il repleure. Même par temps de sécheresse, cela fait beaucoup. Octave n'est pas un dépressif mélancolique, mais selon moi un pervers narcissique et Brigitte est sa victime. Il fait d'elle un objet, un faire-valoir, qu'il manipule sans arrêt, dévalorise, isole de son environnement familial et amical en prétextant un voyage lointain, en alternant les phases de séduction et de crises. Séduite et sous emprise, Brigitte ne fait que subir en lui conservant son amour.
Octave menace sans arrêt d'en finir, de se suicider seul ou avec elle, mais je ne suis pas inquiet pour lui d'un passage à l'acte. "Il me semblait que je souffrais, et cependant j'y prenais plaisir." Comme Octave, l'auteur a le plaisir triste. Et si on n'a pas bien compris, il dit encore : "Comment se fait-il qu'il y ait ainsi en nous, je ne sais quoi qui aime le malheur." Octave a une vision de ce trouble de la personnalité qui lui cause son mal-être.
Ses deux maîtresses successives le trompent comme il se doit, tellement il est invivable, pour échapper à son emprise, ce qui engendre pour lui une jalousie pathologique, qui complexifie ses relations. Dans l'avant-dernier chapitre, on passe très près du féminicide, sa main est arrêtée par le crucifix que porte Brigitte autour du cou.
Pour Voix au chapitre, je garde cette grande œuvre du romantisme ouverte au quart, pour la qualité de l'écriture de Musset, et pour sa fin heureuse : "Restons amis et adieu pour jamais." qui n'allait pas de soi à la lecture des trois cents premières pages. Trois cents pages pour prendre la fuite, j'ai trouvé le temps très long.
Marie Thé
N'ayant encore lu que la moitié, je n'ai pas pu trop me prononcer.
Pour ce que j'ai lu j'ouvre à moitié, en attendant d'aller jusqu'au bout.
J'ai beaucoup aimé le chapitre 2 de la première partie. Ensuite j'ai eu beaucoup de mal à supporter Octave geignant. J'ai beaucoup aimé la mort du père quand tout se fige et enfin la rencontre avec Brigitte Pierson, mais il paraît que ça va vite se gâter. J'enverrai mon avis peut-être différent à la fin de ma lecture.
Annie
Quelle densité dans ces écrits ! Entre le texte et les notes extrêmement riches et abondantes, il y aurait de quoi se décourager. Et pourtant...
J'ai trouvé que la lecture de ce roman était parfois très fluide, parfois plus ardue et qu'elle demandait en tout cas de rester concentré. Il y a peu de personnages, ce qui facilite la compréhension et on retrouve entre les lignes notre George Sand qui nous a occupés cette année.
Quelles belles phrases, quels beaux mots pour exprimer finalement ce qui est, à mon avis, intemporel : l'amour fou, la tromperie, la jalousie ! Tout est très bien décrit très bien écrit pour un homme finalement très jeune. Musset nous montre ici une maîtrise parfaite de la langue française avec quantité de références (trop parfois). J'ai aimé les envolées lyriques, le vocabulaire recherché, les phrases longues et expressives, tout ce qui fait l'ADN du romantisme. Tout cela parce que ce n'est pas mon quotidien de lectures et quand je reprends un livre d'auteur contemporain, je mesure la perte de vocabulaire de notre époque.
L'ennui, la perte de sens, le désœuvrement, le doute, la peur du lendemain, le désenchantement, l'incertitude : que de thèmes actuels ! J'ai vu dans ce roman beaucoup de parallèles avec ce que vit notre jeunesse aujourd'hui.
Tout ce qui a trait aux sentiments (ses descriptions, ses doutes, ses peurs de l'abandon, ses idéalisations) est, je pense, universel et cependant probablement réservé à une certaine élite qui a le temps de réfléchir et de faire un peu d'introspection.
J'ai trouvé ce roman plein de psychologie.
Musset voulait-il nous avertir en nous faisant part de sa propre expérience ?
Devrions-nous être attentifs à ne pas reproduire les souffrances que l'on redoute, ne pas trop interpréter ni trop idéaliser l'amour sous peine d'être malheureux à vie ?
Voulait-il nous donner une leçon, nous avertir de ne pas confondre rêve et réalité ?
Quant au libertinage dont il parle et qui ne semble pas le satisfaire, est-ce là la confession par peur d'une punition divine ? Une confession au sens propre du terme dans le but de recevoir l'absolution ? Je l'ai lue dans ce sens.
J'ai aimé lire ce roman surtout pour le plaisir de retrouver de beaux textes, même si j'ai trouvé des longueurs, et pour son côté immuable ; le cœur de l'histoire (amour, jalousie...) se joue depuis la nuit des temps.
J'ouvre aux ¾.
Edith
Ce choix me plaisait : il m'a permis de lire un texte dont je ne connaissais que le titre. Ce choix m'a permis de conforter le goût que j'ai pour les textes du XIXe siècle ET… surtout, me ramenait, par la pensée, à George Sand et mes souvenirs de cet été.
Je continue par ce que j'ai aimé aussi : la découpe en cinq parties et particulièrement la première partie qui évoque les guerres napoléoniennes, les jeunes hommes sacrifiés à l'ogre, la guerre comme horizon… : "Et quand bien même on aurait dû mourir, qu'était-ce que cela ? La mort elle-même était si belle alors (…) elle ressemblait si bien à l'espérance". Je comprends que, pour Musset, la guerre est comme une raison de vivre et d'espérer ; ce n'est pas la sienne, il naît trop tard (1810) : "Alors il s'assit sur un monde en ruines une jeunesse soucieuse".
Me voilà avertie : Musset recherchera durant les trois ans, le temps de son récit (il l'annonce dès les premières lignes) une raison d'espérer, de se comprendre, de choisir une direction de vie, une fixation amoureuse et va décrire - avec force digression "savantes" - son état, ses doutes, ses irrésolutions.
J'ai donc aimé la trame de son histoire ; et le roman ne m'a pas paru long. Il s'agit, d'après les notes de l'édition, ainsi que par les renvois de bas de page, d'un roman autobiographique dont sa relation à George Sand en est le récit à peine modifié. C'est la raison du plaisir de ma lecture.
Les emprunts aux textes anciens ne m'ont pas gênée, ni même les états d'âmes des protagonistes, Octave et Brigitte, ainsi que les amis environnant le couple et si abondamment et minutieusement décrits.
En psychologie moderne, je traduirais ce jeune homme comme un jeune excessif en amour qui fut "trompé" (deuxième chapitre) et qui se "fracture totalement", au point de ne plus pouvoir vivre autrement ses amours que doutant de l'autre et de lui-même. "Ce que je ne pouvais concevoir, ce n'était pas qu'elle eût cessée de m'aimer, mais c'était qu'elle m'eût trompé". Jaloux maladif, dépressif et puéril, tourmenté par l'idée d'absolu, le recherchant dans la débauche et n'y trouvant que dégout, recherchant le remède au mensonge amoureux par des amours licencieuses, sans lendemain - étourdissement vain mais douloureux - et par là-même une auto-analyse aussi fouillée parfois, qu'elle pourrait en être ennuyeuse. J'ai aimé la scène de la pièce musicale composée par Brigitte qui ne dit pas tout de suite qu'elle en est l'auteure mais un compositeur connu ! Et aussitôt, la bascule dans la conscience d'Octave du doute irrévocable et "douloureux" - jalousie maladive et destructive.
Freud et sa psychologie des profondeurs, depuis ce XIXe finissant, théorise l'origine du trauma, à rechercher dans l'enfance et à apaiser par le langage… Refoulement et transformation. Je n'ai pas eu réellement désir de lire les "transes" de Musset avec un regard diagnostiquant "une névrose" ; j'ai accepté ses longues digressions tout en m'amusant de ses références dont j'ignorais souvent l'origine (je ne suis pas latiniste). Sa recherche implorante s'appelle "romantisme", courant littéraire que j'apprécie.
J'ai aimé ces états du corps, les fièvres, les évanouissements, les endormissements - bien à propos ! Ainsi, c'est quand Brigitte, l'amour fusion de Musset, dort, pour donner un repos à un moment conflictuel avec Musset, que ce dernier se résout à l'aimer sans crainte de trahison, ne voyant que le bonheur partagé… Brigitte se réveille : et à nouveau le doute implacable. J'ai bien aimé ce long monologue. La fin du roman n'apporte, pour les deux amants, aucune satisfaction. Chacun s'en va vers des horizons différents, se donnant pour chacun l'illusion, très réfléchie, d'un acte "héroïque" : illusion partagée au nom de l'amour de l'autre ? Pour moi ce n'est ce n'est que l'impossibilité d'échapper, pour Musset, à ses doutes perpétuels, son manque de foi dans l'avenir (pas de sens) et pour Brigitte, celui de ne pas choisir, méconnaissant l'amour de Smith : Brigitte, femme de son époque soumise à l'homme. Par contre, si Brigitte est sensée évoquer Sand, il y a un hiatus. Sand dominée par la passion de Musset ? Je le crois.
Roman de l'insatisfaction, de la recherche d'une consolation impossible, consolation par Dieu et son message d'espérance que Musset athée ne peut même pas espérer.
Nous avons lu Les souffrances du jeune Werther que j'avais aussi bien aimé. Le seul recours envisagé pour Werther sera le suicide. La tentation du suicide parcourt le roman.
J'ai aimé lire les lettres de Musset à George Sand dans le dossier de mon édition de Frank Lestringant. Je ne m'imaginais pas Sand traversée par des idées de suicide. Ni comme je le disais par une passion dévorante et déstabilisante. Le roman Indiana roman est un roman sage, La petite Fadette aussi.
Dans mon édition Livre de poche, p. 267, je relis la longue tirade de Octave évoquant sa jalousie, je "craquerais" aussi.
Bref, un roman que j'ouvre en grand, qui m'a habitée pendant sa lecture. J'ai même eu plaisir à déclamer. Ouvert en grand pour la satisfaction d'aller plus avant dans les "secrets" de Sand. Un visage nouveau de cette grande dame lucide sur tant de choses de son époque machiste et qui vit des amours insatiables avec, je le pense autant de sincérité et de déceptions que son amant Musset.
J'en redemanderais : les romans actuels ne sont-ils pas toujours dans ce va-et-vient des sentiments, des aspirations au bonheur et du plaisir du mal. Méandres de la littérature, que chaque époque invente, un style, une époque, une syntaxe... Et avec le recours aux mythes antiques et les grands personnages que Musset évoque abondamment pour soutenir ses réflexions - nous avons perdu cette culture classique.
Les 10 cotes d'amour du groupe parisien réuni le 16 octobre 2026

•Catherine •Jacqueline
entre et •Jérémy •Mégane •Monique L
•Christelle •Claire •Fanny •Renée
•Katell


On a failli avoir l'avis de Rozenn
et Françoise


Françoise l'a laissé tomber en route et par conséquent n'est pas venue... Elle était cependant présente quand nous avons regardé les deux adaptations de Claude Santelli et Sylvie Verheyde, qui l'ont renvoyée à des livres que nous avons lus : Les souffrances du jeune Werther et Sarah et le Lieutenant français, ainsi que Chéri de Colette.

Rozenn, au contraire...
Je comptais venir alors que je n'avais pas lu le livre.
Seulement les premières pages.
Je ne peux même pas avoir d'avis.
Seulement une impression de douceur et de lenteur qui m'aurait donné envie de continuer si j'avais eu le temps.
Je regrette. Beaucoup.
Katell(avis transmis)
Oulàlà... Presque 400 pages à disséquer une déception amoureuse... Le premier chapitre, qui est déjà un véritable pensum, prétend parler de toute une génération (en réalité celle d'une infime élite masculine, cultivée et privilégiée) à travers un vaste diagnostic historique : chute de Napoléon, désillusions politiques, disparition des idéaux héroïques. Puis, tout se rétrécit jusqu'à la blessure sentimentale d'Octave. Certes, c'est le principe même du romantisme : faire de l'introspection intime la clé de compréhension du monde. Mais que c'est complaisant ! Que c'est daté ! La vision des femmes est particulièrement agaçante : une femme l'a trompé ? Donc les femmes sont trompeuses... Les rapports amoureux sont envisagés à travers une succession de généralisations, de projections et de postures victimaires qui ont beaucoup vieilli. Franchement, il vaut mieux lire George Sand.
Je ferme.
Fanny

Je suis proche de ce qui vient d'être dit. À aucun moment, je n'ai pu distinguer l'auteur du narrateur ; il n'y a aucune distance dans ce qui est écrit, ou en tout cas je ne l'ai pas vu.
Il est prétentieux, ne connaissant rien de la vie.
Misogynie, clichés, stéréotypes imprègnent son discours. Même si l'on tient compte du contexte, les femmes en prennent pour leur grade. Et également les campagnards : "Ce qui fait la vertu des campagnards, c'est que leurs femmes sont des machines à enfantement et à allaitement, comme ils sont, eux, des machines à labourage. Ils n'ont ni faux cheveux, ni lait virginal ; mais leurs amours n'ont pas la lèpre ; ils ne s'aperçoivent pas, dans leurs accouplements naïfs, qu'on a découvert l'Amérique."
Ou encore : "Nous pleurons comme des femmes, nous souffrons comme des martyrs".
Les deux derniers chapitres de larmoiement à la fin sont insupportables.
Cela m'a rappelé
Les souffrances du jeune Werther qui m'avaient aussi profondément ennuyée, je pourrais faire un copier-coller de mon avis.
En revanche, cela m'a intéressée de découvrir une part des coulisses de son histoire avec George Sand.
J'ai aussi bien aimé la mise en contexte historique. Et j'ai relevé au début cette citation : "Quand la passion emporte l'homme, la raison le suit en pleurant et en l'avertissant du danger ; mais dès que l'homme s'est arrêté à la voix de la raison, dès qu'il s'est dit : c'est vrai, je suis un fou ; où allais-je ? la passion lui crie : et moi, je vais donc mourir ?". Je trouve le style ampoulé comme trop souvent dans ce roman, mais le sujet m'intéresse sur cette dualité entre la raison et la passion.
J'ouvre 1/4 pour le contexte. C'est daté et ça a très mal vieilli.
Catherine
Je vais le défendre un peu ce livre. Je ne connaissais que les pièces que j'ai pour la plupart beaucoup aimées, surtout Lorenzaccio.
J'ai aimé la première phrase : "Pour écrire l'histoire de sa vie, il faut d'abord avoir vécu ; aussi n'est-ce pas la mienne que j'écris." Et la comparaison dans le paragraphe suivant entre la maladie morale qui gangrène sa vie et un membre gangrené qui passe de main en main dans un amphithéâtre de médecine.
J'ai été très intéressée par les deux premiers chapitres, tout le contexte historique, la chute de l'Empire, les rêves de gloire et d'héroïsme réduits à néant, le sentiment de vide, de désenchantement, la perte de la foi et de l'espérance, tout ça a des résonnances très actuelles (cf. "alors il s'assit sur un monde en ruines une jeunesse soucieuse", "si le pauvre, croyant à lui et à ses deux bras pour toute croyance, s'est dit un beau jour : Guerre au riche ! à moi aussi la jouissance ici-bas, puisqu'il n'y en a pas d'autre ! à moi la terre, puisque le ciel est vide ! à moi et à tous, puisque tous sont égaux !" Il y en a plein comme ça. Et j'ai aimé le romantisme et le style de ces deux chapitres, il y a du souffle !
Il y a aussi un certain humour : "Quant aux liens qui existent entre les hommes, l'amitié consiste à prêter de l'argent ; mais il est rare d'avoir un ami qu'on puisse aimer assez pour cela. La parenté sert aux héritages : l'amour est un exercice du corps ; la seule jouissance intellectuelle est la vanité."
On passe ensuite à l'histoire intime du narrateur, le moment où il est frappé par la maladie du siècle. On s'attend à quelque chose de dramatique. Pas du tout, c'est plutôt cocasse. Lors d'un souper, en plein extase amoureux, il fait tomber sa fourchette, et en se baissant pour la ramasser, il s'aperçoit que sa maîtresse fait du pied à son meilleur ami.
On plonge ensuite dans le drame, le désespoir, un duel, des pages d'apitoiement sur lui-même. Un peu trop romantique pour moi. Ça m'a rappelé bien sûr Les Souffrances du jeune Werther ! On ne peut pas s'empêcher de se dire que s'ils étaient moins oisifs, ils auraient un peu moins de temps pour s'apitoyer sur eux-mêmes...
Il tente ensuite une plongée dans le libertinage, sur les conseils de son ami Desgenais qui a une conception de la vie beaucoup plus réaliste : "la perfection, ami, n'est pas plus faite pour nous que l'immensité. Il ne faut la chercher en rien, ne la demander à rien, ni à l'amour, ni à la beauté, ni au bonheur, ni à la vertu ; mais il faut, pour être vertueux, beau et heureux, autant que l'homme peut l'être"... C'est long, beaucoup de considérations sur les femmes, je passe !
Ensuite, la rencontre avec Brigitte, il est de nouveau transi d'amour, puis ça tourne au vinaigre. Il se roule à ses pieds, il la maltraite, elle lui pardonne, ça recommence, elle n'en pleut plus, et nous non plus.
J'ai néanmoins tout lu. Il y a un souffle, une écriture mais avec 200 pages de moins, ça aurait été beaucoup plus lisible. Je me suis ranimée à la toute fin, il y a un rebondissement (peu crédible...), les deux pages sur la dernière nuit m'ont plu, le dialogue avec sa conscience, il y a une vraie réflexion de sa part sur l'amour.
J'ouvre à moitié : ça méritait quand même d'être lu.
Jérémy entreet
J'ai, j'étais content de lire un classique et puis il s'agit d'amour, c'était donc vraiment un livre pour moi.
J'ai aimé les deux premiers chapitres qui sont cependant ardus et j'ai dû les relire.

Le romanesque est restreint dans la première partie.

Je t'aime moi non plus, c'est éreintant au bout d'un moment, vraiment usant.
Il ne se donne pas le beau rôle. Brigitte, elle, a le beau rôle.
C'est ampoulé. Grandiloquent : "un sanglot sortit de mon cœur", oh la la, il en fait des caisses. Et la scène de l'évanouissement, c'est kitch !

Jacqueline
Elle fait semblant ! Effectivement, autrefois, les femmes qui en avaient le temps s'évanouissaient beaucoup… Mais là, il revient et la trouve en train de se parer pour un autre. C'est une coquette, comme la Célimène du Misanthrope…

Jérémy
Et si on reformule avec le vocabulaire d'aujourd'hui, c'est un pervers narcissique et une relation toxique.

Fanny
Oui une relation d'emprise. Il la rabaisse et la méprise, puis revient en larmoyant et pour finir inverse le processus en lui faisant croire que tout est de sa faute à elle.

Jérémy
Brigitte et passive, elle le suit, même si elle aime un autre.
Octave m'a fait penser au Misanthrope : pur, il ne supporte pas l'hypocrisie et la corruption. Il tombe de sa chaise : sa maîtresse la trompée, il faut donc en revenir !
Oui, elles peuvent être hypocrites.
Desgenais m'a fait penser à Philinte, "sage avec sobriété". Sa philosophie m'a bien convenu.

Les notes sont trop développées en Folio. En plus elles sont interprétatives.
J'ouvre entre ¼ et ½, car c'est quand même c'est beau, c'est bien écrit ; mais ça tourne en rond et il y a des longueurs. C'est quand même autre chose qu'Un bref moment de splendeur...
Christelle
J'ai été rapidement sous le charme de La confession grâce aux deux premiers chapitres, qui dépeignent l'état d'esprit de la France à l'issue des guerres napoléoniennes. Le style alerte et classique a participé à mon enthousiasme initial. J'ai lu la version éditée par Le Livre de Poche. Les notes proposées en bas de page, ce qui est pratique quand elles sont aussi nombreuses, m'ont été utiles en éclairant le contexte historique. Par la suite, elles m'ont paru moins intéressantes et je m'en suis détachée.
C'est donc avec entrain que j'ai abordé les tribulations d'Octave et la peinture sociale de la jeunesse dorée de l'époque. J'ai été prise de compassion pour cet homme encore vraiment jeune qui sombre dans le désespoir après avoir tant idéalisé sa relation amoureuse ; la débauche dans laquelle il se laisse entraîner par Desgenais ne l'aide pas à sortir de sa tristesse. Cependant, les monologues intérieurs, les réflexions égocentrées sont bien trop longues ; comme Octave, on ne s'en sort pas, et l'intérêt diminue ! C'est peut-être un peu trivial, mais je n'ai pas pu m'empêcher de penser que la souffrance d'Octave est en grande partie une conséquence de son oisiveté.
J'ai fini par lire en diagonale une bonne partie du livre, à partir de sa rencontre avec Brigitte. Cette seconde partie ne m'a pas paru plus attrayante et ce que j'ai perçu de la relation des deux personnages ne me l'a pas rendue intéressante, le tout noyé dans de longues introspections.
Je ne regrette absolument pas cette lecture qui m'a permis de replonger dans cette période historique et le romantisme, mais une
version abrégée m'aurait probablement suffi !
Mégane entreet
Les premiers chapitres sont magnifiques : le style est sublime ; tout en ne cachant pas une subtile ironie, l'analyse de la société en général et du mal-être de la jeunesse post-napoléonienne en particulier est ciselée, d'autant plus quand on apprend que l'auteur n'a que 25 ans.
Ça se dégrade sensiblement au fur et à mesure du roman.
La deuxième partie, la débauche, m'a évoqué Le Portrait de Dorian Gray (la drôlerie et l'autodérision de Wilde en moins).
Le style reste flamboyant et exalté avec petites piques contre les religieux et autre Victor Hugo, certes, et la frontière entre exaltation et toxicité devient de plus en plus floue. L'agacement se fait sentir, trop de sentiments tue les sentiments. L'art de se créer des soucis pour le plaisir. Aujourd'hui on parlerait d'adulescents émos, hier ils étaient les romantiques.
Dernière chose : beaucoup trop de notes de bas de page dans l'édition que j'ai lue.
Renée
(à l'écran)
J'ai lu le début avec plaisir car il aborde, malgré la différence de siècle, les luttes de pouvoir et le désenchantement de beaucoup de jeunes, la perte de l'espoir d'un monde meilleur. Rien n'a changé.
De même, comment ne pas penser à Poutine lorsqu'il écrit au sujet de Napoléon : "Chaque année la France faisait présent à cet homme de trois cent mille jeunes gens ; et lui, prenant avec un sourire cette fibre nouvelle arrachée au cœur de l ' humanité, il la tordait entre ses mains"
...
Pour l'histoire d'amour, elle m'a profondément ennuyée même si je sais que Brigitte est Georges Sand. Oui je sais, on compare toujours Sand et Musset. Pour ma part, j'aime les pièces de Musset et pas ce texte, alors que c'est le contraire pour Sand, ses pièces sont faibles mais, à part quelques longueurs, j'aime beaucoup ses romans. J'ai d'ailleurs lu récemment Jacques, un roman épistolaire très moderne et très vivant, j'ai eu beaucoup de plaisir à le lire.
J'ouvre au 1/4.
Claire
Très contente de lire ce livre, avec le blanc-seing de Thomas qui exagère de sécher la séance.
Le début m'a emballée avec, à la première page, le bras pourri sectionné dans un amphithéâtre et le tableau historique avec toutes les notes éclairantes de l'édition GF : je dis bien le début. Je me suis lassée de cette longue introduction sur le désenchantement, avec des notes qui faiblissent, et j'ai fini par sauter : allez, l'intrigue, s'il vous plaît (qu'a fait l'éditeur) !
J'ai marché à fond avec ce genre de rococo tragique où l'amant ressent une volupté quand les clous qu'il a fixés sur le portrait en miniature de sa maîtresse dans un médaillon lui entrent dans la poitrine à chaque mouvement : c'est presque drôle. Ça l'est aussi quand l'ami Desgenais évoque "des femmes que leur bon naturel et la sincérité de leur cœur empêchent d'avoir deux amants à la fois" ou le fait que selon les plaisirs avec les femmes "il y en a à qui vous donnez le tiers de votre cœur, à une autre le quart, à une autre la moitié" - on se croirait à Voix au chapitre... Ne parlons pas de la vierge sage qui "cache un roman sous un crucifix" et des romans licencieux "catéchismes de libertinage"...
Des dénonciations sont fortes : "La prostitution n'est pas autre chose que l'esclavage" ; friserait-on le féminisme : "quel est l'homme qui croit avoir vécu, s'il nie la puissance des femmes ?". L'anticléricalisme se dépense avec Mercanson, mais Dieu n'est point mort.
Des formules sont prometteuses : "Mon corps aimaient le sien ; j'étais pris de beauté comme est pris de vin." Ou encore cette jolie balance : "Si elle est touchée, pourquoi tant de réserve ? Si elle n'est que coquette, pourquoi tant de liberté ?". Et tout à coup, il nous sort un dialogue intérieur incisif entre l'esprit et la conscience 305, moderne comme tout.
Bref ce roman avait tout pour me plaire, et m'eût tenue si... s'il ne fallait pas se farcir une prose aussi dégoulinante, des répétitions aussi pénibles, une action mourrante qu'il faut attendre entre les longs discours si fréquents. Bon, il y a des avancées : il fait des rencontres à Paris, le père meurt, et Brigitte qui se pointe. Et voilà le danger narratif à l'horizon : le pauvre Musset va devoir m'intéresser à ces je pars/je reviens, je t'aime/et plus du tout, je te veux/tu me quittes, qui en soi peuvent vraiment m'intéresser s'il parvient à me projeter dans cette relation sado-maso ; hélas tout le sirop du discours cloche, et je ne ressens pas de compassion vis-à-vis de ses lamentations (t'étais sympathique, dommage tu deviens emphatique...) ; son mal-être je n'y crois pas, je le trouve affecté. Un lyrisme bienvenu aurait pu accompagner le tout, mais hélas confine pour moi parfois au ridicule : il faut gober sans rire "un ruisseau de larmes coula de mes yeux" ; les allusions à la mort accompagnent une grandiloquence sans retenue qui fait pour moi flop. Et la fin, avec les alliances, m'a paru peu crédible.
Les notes, notamment avec le parallèle avec la liaison avec Sand, m'ont exaspérée, même celles qui renvoyaient aux autres œuvres, je m'en fichais. En feuilletant le livre, je vois de loin en loin dans la marge, mes tags rageurs : "blablabla". Le héros déconne complètement à certains moments, et ça m'embête pour lui que le narrateur soit quand même un peu l'auteur...
Bon j'ouvre au 1/4 et j'ai fini par lire le livre par-dessus la jambe. Je rejoins Brigitte du groupe breton et son avis d'aller vers le théâtre de Musset, ainsi que Christelle : m'aurait aussi sans doute suffi
, de l'édition de l'École des loisirs dans la collection "Classiques abrégés", a priori idéale pour moi (j'apprends à l'occasion de la découverte de cette collection créée par Bernard Noël le mot d'abrégeur).

J'ai lu après le dossier de Sylvain Ledda en GF : j'ai été intéressée de rencontrer à nouveau Thomas de Quincey, dont j'avais découvert l'existence lors de notre lecture de La Nonne-soldat de Catalina de Erauso et qui avait écrit un roman à son sujet ; eh bien Musset a traduit son roman L'Anglais mangeur d'opium à 18 ans, ça pique la curiosité - roman traduit ensuite partiellement par Baudelaire, retraduit en Imaginaire Gallimard.
La présentation du spécialiste est vraiment en phase avec Musset et il se lâche : "Musset revisite les genres poétiques, dramatiques, arrache à sa lyre des chants mélodieux et des cris inquiets." oh la lyre... "Les voix intérieures confluent qui voient naître plusieurs chefs-d'œuvre, frappés du sceau de la déréliction" : fffttt...
J'ai été étonnée d'apprendre que le chapitre II a été publié isolément comme prépublication annonçant le roman, en guise de publicité quoi, dans La Revue des Deux Mondes. J'admets qu'en version abrégée je n'aurais point eu ces petits plaisirs...
Monique entreet
J'ai fini le livre ce soir d'où cet avis rapide.
C'est un classique du romantisme qui coche toutes les cases : mal de vivre, solitude, passion amoureuse, quête intérieure, mélancolie, ennui, désespoir, errance de l'âme, souffrance, drame, exaltation du sentiment amoureux, évasion dans la nature.
Octave est un homme hypersensible, écrasé par son imaginaire, prisonnier de ses angoisses. Son intransigeance et le fait qu'il soit trop centré sur lui-même le rend invivable. Dans sa relation aux femmes aimées, il est submergé par la jalousie et de difficulté à faire confiance après une trahison. Son idéalisme le rend invivable.
Ce livre est une tentative de compréhension et de mise en mots d'un désarroi intérieur généralisé. L'analyse du mal-être de la jeunesse et la description d'une génération désabusée qui se retrouve face à un vide existentiel, à une perte de repère et privé de transcendance est intéressante.
Malgré tous mes efforts, je n'ai pas vu George Sand dans Brigitte.
J'ai trouvé l'écriture magnifique.
Le ton est tour à tour lyrique, douloureux, sarcastique et désespéré.
Les extraits des films que j'ai vus m'ont fait prendre conscience que ce qui m'a intéressée dans cette lecture ce sont les réflexions et les pensées du narrateur, difficiles à rendre à l'écran.
J'ai trouvé cela beaucoup trop long et me suis lassée à plusieurs reprises.
J'ouvre entre 1/4 et 1/2.
Jacqueline
J'étais ravie de lire Musset. Mon grand-père s'était abonné en 1906 aux œuvres complètes de Musset en petits livrets à 60 c (le livre de poche n'existait pas encore !). Pré-ado, je les lisais avec délices et, bien plus tard, ma mère les a fait relier. Pour ce qui est du livre d'aujourd'hui, il ne m'avait guère laissé de souvenir, mais c'était 6 fascicules, depuis reliés en 2 tomes…
 (Nous admirons les gravures de ces livrets datant d'un siècle.)
      
Le début m'a beaucoup déçue : je ne retrouvais pas le style enlevé pour parler avec légèreté de choses sérieuses que je croyais être celui de Musset ...
Un enfant du siècle ? Il est question de l'enthousiasme pour Byron (je ne connais que de réputation) et Goethe (nous avions lu Les souffrances du jeune Werther et c'est aussi Faust…) mais, au milieu d'une longue tirade, je suis arrêtée par : "la cervelle homérique du grand Goethe avait sucé, comme un alambic, toute la liqueur du fruit défendu" ; là, je me représente mal !
Le souvenir de Napoléon et le poids du cléricalisme, ça m'évoque Julien Sorel ! La Confession de Musset c'est 1836 alors que Le Rouge et le noir (sous-titré "chronique de 1830") est paru en 1832, mais c'était autre chose pour décrire la Restauration et un roman autrement palpitant !
Pourtant, les réflexions sur une jeunesse privée des idéaux de la génération précédente m'amènent à évoquer la mienne, le "Nous sommes tous des Juifs allemands" de 68 ou bien, à peine auparavant, les enfants de parents qui s'étaient confrontés au nazisme et qui, eux, défendent l'indépendance de l'Algérie… D'autres peuvent sans doute y trouver d'autres résonances plus actuelles...
Plus loin, dans une note p. 130 de l'édition GF, visuellement plus facile à lire que celle de mon grand-père, j'apprécierai beaucoup la critique de Sainte Beuve : "D'où vient cette soif dévorante de métaphores (Ah oui ! Trop c'est trop !) Qui ne s'arrêtent pas au calice sacré ?" (Tiens ! Il y aurait des choses sacrées ! Et pas les mêmes pour tout le monde ?)
À partir de l'arrivée de Brigitte, je me suis prise d'intérêt pour ce jeune homme que son passé pousse à détruire tout ce qui pourrait être un bonheur… Quant à Brigitte, quand elle apparaît, son côté "bonne dame de Nohant" m'a fait penser à l'héroïne du Lys dans la vallée paru en 1836 (la même année !)
Aujourd'hui, ici, il a souvent été question d'antiféminisme, parfois en le rattachant à l'époque pour l'excuser… Antiféminisme de l'auteur ? Des personnages ? Octave, à propos de la tristesse de la société et des voies nouvelles à préparer, est assez prémonitoire : "peut-être était-ce l'ange avant-coureur des sociétés futures qui semait déjà dans le cœur des femmes les germes de l'indépendance humaine, que quelque jour elles réclameront." Desgenais a des accents terribles pour constater la condition des femmes. Après une série de clichés sur le caractère inhérents à leur nationalité et après avoir dépeint la femme détruite par le premier enfant et l'amour paysan (son prosaïsme m'a évoqué Begaudeau !) il dénonce la condition des jeunes filles : "la civilisation fait le contraire de la nature. Dans nos villes et selon nos mœurs, la vierge faite pour courir au soleil, pour admirer les lutteurs comme à Lacédémone, pour choisir, pour aimer on l'enferme et on la verrouille cependant elle cache un roman sous son crucifix. Pâle et oisive, elle se corrompt devant son miroir, elle flétrit dans le silence des nuits cette beauté qui l'étouffe et qui a besoin de grand air".
L'auteur ? On n'entend jamais sa voix. Musset se garde d'intervenir comme pourraient le faire Balzac, Sand ou Stendhal. Se cache-t-il derrière un titre ambigu, "Confession", qui, en fait, est la confession, mea culpa, d'Octave ? Libre à moi de penser qu'il est quelque part entre les propos de ses personnages et qu'il a prêté un peu de lui à Octave comme à Desgenais…
Avant de venir, j'ai quand même été voir rapidement Les deux maîtresses, le premier fascicule de mes œuvres complètes, et j'y ai trouvé un style très différent, beaucoup plus léger. J'ai envie de relire Mimi pinson et Histoire d'un merle blanc et j'ai très envie de retrouver au théâtre le personnage de Perdican dans On ne badine pas avec l'amour que j'ai tellement aimé... Désolée pour Musset que je continue à aimer, mais ce roman, je n'ouvre qu'à moitié, son style m'a fatiguée...


Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :
                                        
à la folie
grand ouvert
beaucoup
¾ ouvert
moyennement
à moitié
un peu
ouvert ¼
pas du tout
fermé !


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