Vladimir Sorokine
Journée d'un Opritchnik

Points

Manuel
Je n'ai fini le livre. Il m'a fait penser à Orange Mécanique et du coup je n'avais pas d'effet de surprise.

Monique
Mais il y a tout de même le côté politique

Manuel
C'est le même processus : l'invention d'un langage. Je me suis perdu dans la journée.

Françoise D
Oui c'est une journée bien remplie !

Manuel
Je vais peut-être le finir... Mais il y a trop de procédé, je n'arrive pas à rentrer dans le livre. Le langage inventé donne une distance. C'est glaçant mais trop abstrait. Il raconte des choses horribles, mais on n'a pas l'impression que c'est horrible. La quatrième... Je n'ai pas compris.

Monique
Il faut transposer.

Manuel
Je me suis perdu dans les images, les descriptions. Par exemple, c'est quoi la taupe coupée en deux ?

Monique
Il se projette en 2028.

Manuel
Je ne le conseille pas.

Françoise Dubeillon
Je n'ai pas grand-chose à dire. Je n'ai pas accroché. C'est gore et gratuit. Je n'y ai trouvé aucun humour. Je n'apprécie pas cette espèce de science fiction. Il parle de féodalisme éclaté mais il y a des progrès. Je trouve le livre naïf. On ne croit pas à ce qu'il veut démontrer avec une image de la société partinienne. Il perd de la pertinence avec des inventions primaires ; les têtes de chiens. Une espèce d'outrance qui enlève de la force. Les scènes de violence sont gratuites. C'est too much. Je suis quand même allé jusqu'au bout mais je le ferme. Je ne le recommanderai à personne. Il a des obsessions que confirment les interviews. Il rate son coup. Les références à Wells n'en font pas pour autant un bon livre de science fiction. Peveline c'est autre chose ! Il balance tout à la figure, c'est rare que je sois aussi rebutée !

Monique
Je l'ai lu à la bibliothèque. En lisant la quatrième, je me suis dis que c'est mal barré. Les personnages m'ont happée et j'avais du mal à lâcher le livre. Il y a une création, un univers. Le côté science fiction est assez marrant, par exemple les images téléportées. En général, je n'aime pas la science fiction. Mais ça ne m'a dérangée pour ce livre. Ivan le Terrible est par moment transposé : les noms, les événements, les chinois, la crainte de l'Asie.

Jacqueline
Il a joué le rôle de Louis XI

Monique
Je suis étonnée qu'il ne parle pas de musulmans. Je trouve cela effrayant, il décrit tout par le menu avec un je tellement convaincu, ça marche et c'est insupportable ; le gendre qui baise dans les incendies. On voit bien le fonctionnement d'une dictature.

Françoise D
C'est comme Ben Ali

Monique
Je ne sais pas si c'est une oligarchie ou le népotisme. Il y a une dimension religieuse.

Manuel
C'est le film d'Eisenstein

Monique
Il y a un retour du religieux en Russie. Son livre a été brûlé. Je l'ouvre au trois quart car c'est un livre très fort. C'est un auteur qui va au bout de son projet. Je ne connais pas la Russie d'aujourd'hui mais entre Nice et Cannes, il y a des russes pétés de thunes. Ça ne m'a pas paru étranger au livre.

Jacqueline
Je vous remercie car je ne l'aurai pas lu sans le groupe lecture. Je l'ai lu jusqu'au bout et j'ai relu des passages pour voir ce qu'il mangeait. J'étais contente de lire ce que Claire à envoyé. Il se réclame du post modernisme et Bret Easton Ellis.

Claire
On n'a jamais lu !

Jacqueline
Ça n'a rien à voir en dehors du trash. Je me suis plongé dans Bret Easton Ellis !

Claire
Et ça t'a plu ?

Jacqueline
Je n'aime pas mais c'est intéressant  ! Il y a une forme d'humour que je ne dois pas saisir. J'aime plus Pelevine, la mise en boîte de la littérature avec l'histoire de la soupe au poulet qui faisait référence à Makarenko. Je suis d'accord avec Monique. C'est plein de références.

Claire
Il y a même Derrida !

Jacqueline
Je n'ai pas vu.

Monique
T'a sauté des pages.

Jacqueline
J'ai vu Ivan le Terrible d'Eisenstein. Le livre m'a permis d'avoir plus de distance (il tut son fils) avec ce film ; le livre ne m'a pas plu.

Claire
Mais tu nous remercies !

Jacqueline
Je ne le recommanderai à personne. Il faut avoir les références. Est-ce que c'est une critique de Poutine ? Ou une interrogation ? Quand j'ai vu le film, j'ai repensé à plein d'épisodes du bouqin (les ballets Mosseiv, les plans sur les visages des gens du peuple ; Sokorine parle des beaux visages russes). Je ne sais pas ce qui est de la pensée de l'auteur. Si l'auteur est autant facho que le narrateur, il pose plein de questions car il a un côté très ambigu.

Claire
Je suis partagée. Je suis contente d'avoir transmis les textes. Je trouve ça extrêmement gênant. C'est un livre qui nous donne à comprendre un tyran. L'auteur se permet d'exprimer sa perversité par exemple p. 84 : un discours dégueulasse. Pour moi, l'auteur est dingue. Mais il y a l'invention d'un langage. J'ai trouvé les poèmes chargés. Le côté science fiction m'a plu. Mais il ya aussi de la magie : les petits poissons, le côté sectes. Les articles m'ont rassurée : l'auteur se présente comme un artiste. Ça donne un autre éclairage au livre. J'ai quand même envie de feuilleter ses autres livres. Ce qui va dans le sens du côté vraiment horrible, c'est que l'auteur admire Sade. Je n'arrive pas à croire que l'auteur n'en joui pas. L'auteur est dingue mais DSK ce n'est rien à côté cf. p166



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Entre le farceur Gogol et le visionnaire Orwell, voici Vladimir Sorokine, l’un des auteurs les plus en disgrâce de la Russie contemporaine. Pourquoi ? Ouvrez Journée d’un opritchnik et vous comprendrez...