›Taiyô MATSUMOTO, Tokyo, ces jours-ci, traduit et adapté par Thibaud Desbief, Tome 1, éd. Kana, 2024, 220 p.

Quatrième de couverture :

CRÉER, ÉDITER, DÉMISSIONNER… CRÉER.

Ce jour-là, Shiozawa, éditeur de mangas, a démissionné de son poste pour raison personnelle après trente années passées au sein de la même maison d’édition.

Mais cet homme, qui vit seul dans un petit appartement loin de l’agitation de Tokyo et qui parle à son moineau de Java, ne parvient pas à laisser tomber les mangas.

Le voilà qui part retrouver les dessinateurs dont il s’est occupé par le passé.

Taiyô Matsumoto (né en 1967)
Tokyo, ces jours-ci (2024)
Nous avons lu ce livre en décembre 2025.
Des infos autour du livre ›en bas de page.

19 cotes d'amour parisiennes et bretonnes
ClaireEtienne
Brigitte LChristelle Mégane
EntreetCatherine
Brigitte T Fanny Suzanne
AnnieChantal Édith FrançoiseJérémy
Marie-OdileMarie-Thé
Monique L Philippe
Rozenn

Nous avons lu très peu de BD, il a fallu attendre que le groupe soit majeur, après 20 ans d'existence, pour en programmer une première... :
- en 2006 : Là où vont nos pères de Shaun Tan (album sans texte !)
- en 2019 : L'Arabe du futur de Riad Sattouf
- en 2023 : Et à la fin, ils meurent Lou Lubie
- en 2024 : Tamara Drewe de Posy Simmonds.
C'est notre premier manga, au bout de 39 ans...

Les cotes d'amour du 19 décembre 2025
(séance dite de Noël, champagne et cie)
ClaireEtienne
BrigitteChristelle Mégane
EntreetCatherine
Fanny
FrançoiseJérémyMonique L
Rozenn

Mégane (avis transmis)
Commençons par un constat clair : outre les shônen populaires et agréables à lire, je ne suis pas une immense lectrice de mangas, loin s'en faut. J'ai donc découvert l'univers des mangas pour adultes avec Tokyo, ces jours-ci. Alors, sans ambages, les dessins ne m'ont pas emballée. Ils sont à la fois trop anguleux à mon goût (mais c'est aussi ce qui me rebute généralement dans la BD pour adulte, alors visiblement c'est une tendance internationale) et en même temps trop flous, avec cette abondance de tracés griffés sur les visages. Ceci étant, je suis contente d'avoir réussi à m'extraire de cette sensation car l'intrigue des deux premiers tomes de cette trilogie m'a beaucoup plu.
Dans une ambiance mélancolique diffuse, on suit un personnage principal tout en retenue, en écoute mais aussi en détermination. Démissionner parce que sa publication est un échec oui, certes, mais renoncer à créer le manga idéal, très peu pour Shiozawa. Il va donc nous faire rencontrer une galaxie de mangakas sur le déclin ou ayant carrément abandonné depuis des lustres, tous plus ou moins paumés, malheureux ou noyés dans leur quotidien, de dessinateur ou non. Nous sensibilisant à une industrie particulièrement rude, intense et... bourrée de testostérone - la seule éditrice du roman s'étant vue comme par hasard octroyer le cas difficile et ne recevant bon an mal an aucun soutien de sa hiérarchie (la veinarde), l'auteur nous embarque dans un monde pluvieux, terne et sans couleurs (figurativement et littéralement tiens). Blague à part, j'ai ressenti ce même malaise diffus que lors de mon premier visionnage de Blade Runner, vous voyez l'idée ?
Plus philosophiquement (allons-y, lâchons-nous les amis), je vois en cette trilogie - qu'il me reste à finir - un questionnement sur l'humain, l'art/le beau et le profit (j'avais prévenu, c'est du lourd, et pas le droit à la calculatrice). Je m'explique : dans un monde en crise - monde pouvant être entendu à diverses échelles, de l'industrie du manga aux périmètres de l'ONU -, l'art est ce qui nous permet de continuer à exister (par opposition, toute existentialiste, à survivre). Cela étant, comment continuer à faire du beau lorsqu'on vit dans le moche, qu'on a perdu son élan artistique, qu'on doute de soi ?
Certains fuient leur talent (Arashiyama), mais conservent cette tristesse des artistes sans création ; d'autres reviennent à leur art pour fuir leur monotone réalité (Kiso), d'autres encore se débattent avec leurs contradictions et finissent par se rebeller contre leurs donneurs d'ordres (Aoki), d'autres enfin acceptent péniblement de crayonner des productions dénuées de sens et de valeur à leurs yeux, bien que populaires (Chosaku).
Dans cet univers impitoyable et gouverné par le profit, c'est-à-dire ici le choix des masses (me voilà devenue marxiste le temps de cette chronique), Shiozawa incarne un idéal pur, qu'envieux et pragmatiques taxeront d'irréaliste. Certes. Cela étant, cette possibilité de beauté onirique qu'il recherche, à contre-courant du modèle en place, est ce qui le rend admirable et profondément humain.
Parce que, soyons honnêtes, qui souhaiterait vivre dans un monde sans Shiozawas ?
Merci pour ce choix, je n'aurais jamais découvert cette trilogie autrement et je serais passée à côté de quelque chose !

Rozenn (qui a déjà par ses allusions laissé entendre un avis négatif)
C'est merveilleux d'avoir pu voir tout cela dans ce livre !

Claire
C'est ironique ?

Rozenn
Non, pas du tout ! J'admire vraiment
.
Monique L
J'avoue mon manque de goût pour les mangas, malgré mes essais liés à l'intérêt que leur portent mes petits-enfants. J'en avais feuilleté avant de me lancer dans celui-ci, mais je pense que je n'en avais pas lu un du début à la fin.
L'objet lui-même m'a déçu par la qualité du papier et je n'ai pas apprécié la plupart des dessins. Quelques exceptions tout de même dont ceux des pages 56, 186, 204.

Je n'ai pas compris le passage à la couleur au début du chapitre 4. Est-ce que cela a un sens ?
J'ai eu du mal à apprendre à lire des mangas et comme je ne les pratique pas souvent, j'ânonne encore pour ne pas me tromper dans l'ordre de lecture des cases. J'ai eu du mal avec les passages écrits à cause de la taille et de la forme des caractères.
Je pense néanmoins avoir suivi le déroulement de l'histoire de Shiozawa, un éditeur qui vient de démissionner et qui parle à son oiseau, qui reste passionné par sa collection de mangas dont il n'arrive pas à se défaire et qui va nous faire rencontrer des mangakas divers qu'il a connus en nous montrant les difficultés qu'ils ont rencontrées.
Je dois reconnaître ne pas avoir pris de plaisir à cette "lecture".
Je n'ai pas aimé le dessin, très différent de ceux que j'ai entrevus précédemment.
Je suis peu réceptive à toutes les onomatopées et bruits divers présents dans ces pages.
Pour apprécier, il faut sans doute être initiée et se familiariser avec des codes spécifiques.
Je suis allée voir l'exposition au musée Guimet qui m'a intéressée et qui m'a montré les divers genres de manga.
Mes petits-enfants vont essayer de me faire aimer des mangas en me proposant des dessins différents. À suivre...
J'ouvre ¼.
Catherine entre
et
Je n'ai jamais été une grande lectrice de mangas alors que j'ai toujours lu des BD. J'ai fait plusieurs tentatives sans vraiment accrocher, peut-être en partie à cause du format souvent petit, et du noir et blanc très fréquent. Sans doute aussi des thèmes et des sujets abordés. Dans mon entourage, pas mal de gens lisent des mangas, notamment mon fils et mes petits-enfants, garçons comme filles - ce qui m'a longtemps donné l'impression de "rater quelque chose".
J'aime pourtant beaucoup certains animés japonais, les grands classiques tout au moins, tels que Le Tombeau des lucioles, Le Voyage de Chihiro, Silent Voice ou Le Château ambulant et j'aime énormément les estampes japonaises.
J'étais donc plutôt contente de refaire une tentative avec Tokyo, ces jours-ci de Taiyô Matsumoto, un manga dont les critiques étaient très bonnes et qui a reçu le prix du musée Guimet.
J'ai aimé la couverture avec le canari en couleur au premier plan et la ville en arrière-plan. À la lecture, j'ai été sensible à certaines planches, notamment les grands formats : les paysages urbains, les angles de vue originaux, parfois obliques, les gros plans sur les visages, les yeux, les lunettes... J'ai aussi été intéressée par le personnage principal, que j'ai trouvé attachant mais très en retenue. On sait peu de choses de lui ; il parle à son canari, mais on ne connaît pas grand-chose de son histoire personnelle. Cette discrétion m'a parfois laissée sur ma faim, mais elle participe sans doute à l'atmosphère générale du récit.
Le récit nous propose toute une galerie de personnages secondaires, un mangaka à succès tourné vers le commercial, un autre un peu perché et alcoolique, qui vit avec ses chats, assez attachant, une mangaka devenue caissière pour faire vivre sa famille, qui se remet à dessiner en s'inspirant de ses clients, un ancien mangaka reconverti en homme de ménage et qui a tourné le dos à cet univers et enfin une jeune éditrice plutôt maltraitée par son entourage. Le sujet ne m'a pas toujours passionnée, mais c'est une manière intéressante d'entrer dans le monde des mangakas et dans cet univers très particulier.
Je suis restée un peu sur ma faim à la fin du tome 1, j'ai donc acheté les deux autres, j'en suis à la moitié du tome 2 qui creuse davantage les personnages, ce que j'ai trouvé appréciable.
J'ouvre le tome 1 et le demi-tome 2 à moitié voire aux 2/3. Je ne regrette pas mais je ne pense pas devenir une lectrice assidue de mangas.
Par ailleurs, j'ai vu l'exposition du musée Guimet, que j'ai beaucoup aimée, surtout l'historique des mangas.
Françoise

J'avais feuilleté des mangas, mais n'en avais jamais lu. Par ailleurs je dois préciser que j'aime beaucoup certaines BD (pour ne pas passer pour une vieille has been).
Ma lecture n'a pas été agréable pour ce qui concerne la forme, et ses renvois en bas de page… Pourquoi avoir choisi celle-ci en particulier ? Le sujet ne m'a pas plu. J'aurais été plus intéressée s'il s'était agi d'un phénomène social. C'est vrai que le manga en est un.
Celui-ci ne m'a pas donné envie de lire les deux suivants.
J'ai eu du mal avec le dessin, assez rébarbatif. C'est vraiment noir, à tout point de vue (certaines pages carrément entièrement). Exception peut-être quand il s'agit du chat et de l'oiseau. Et l'univers, un vase clos entre mangakas, ça m'a paru très nombriliste..., mais sans doute qu'au Japon la perception est différente. Pourtant ce n'est pas inintéressant.
Belle couverture dont on attend un dessin plus clair et léger à l'intérieur.
J'imagine qu'il y en a d'autres qui m'auraient plus intéressée. Et j'ouvre ¼.
Claire

Je n'avais lu qu'un seul manga, découvert dans un autre groupe de lecture, Bride Stories de la mangaka Kaoru Mori, avec un univers très différent de notre manga, dans des villages en Asie centrale. Le point commun, est que j'ai enchaîné les trois tomes...
J'ai beaucoup aimé le dessin, et j'ai aimé m'y attarder : les cadrages, plongées, contreplongées, les zoom avant et les des morceaux de visage, d'oiseau dans sa cage ou regardant - zoom arrière - le vol de grues dans le ciel, un gros plan sur des fleurs envahissant la case, et zoom arrière avec les vues de la ville : des régals. Régals par exemple 21, 22.
J'ai aimé le noir et blanc avec tout à coup un peu de couleur pastel :

Les inévitables onomatopées m'ont fait sourire : clam, ding, dong, clap, tatam, clap, tatam, tic. Et le numéro de la page dissimulé sous le dessin ou les bulles, comme ci-dessus. J'étais contente de ne pas retrouver les grands yeux et autres conventions.
Le dessin oblige à être très actif, par exemple avec ses deux pages où le point de vue change à chaque case :

ou encore, plus esthétique :
J'ai aimé retrouver des différences, comme les salutations :
ou la table basse et les gens assis par terre aux funérailles, la pratique aux oiseaux en cage...
Le sujet-intrigue, l'arc narratif (comme on dit maintenant...) m'a intéressée, qui permet de rencontrer éditeurs (Shiozawa, Hayashi), mangakas divers (le gros Chosaku, Aoki et ses chats, Reiko Tachibana qui est morte, Shim Arashyama), un assistant (Kusakari), un bouquiniste, la dimension culte ("Dossard 15", évoqué deux fois, est le tome 15 de Demon Slayer), des nemus donnés à voir, des exemples classiques de combats par Arashyama, tranchant complètement avec le style de ce manga :

J'ai été sensible aussi à la question de la flamme, côté créateur, mais aussi côté tanto, qui cherche à l'entretenir, la ranimer : le manga n'est pas un hobby, mais l'affaire d'une vie.
J'ai aimé les procédés narratifs, qu'ils soient critiqués (excès d'explications, narrateur envahissant, flashbacks banals, phrases trop longues) ou utilisés : une morte avec qui l'on dialogue, des changements de lieu et de temps sans prévenir car il n'y a aucun récitatif et aucune explication donc, c'est uniquement du dessin et du dialogue. Et j'ai aimé retrouver le sommaire et les têtes de chapitres :

Et ce parapluie qu'on retrouvera bien plus tard au-dessus de la ville à la fin du tome 3, en une boucle close.
J'ai bien aimé les animaux dans cet univers uniquement urbain. Et les citations (Goethe, Shakespeare dans le tome 1, puis Victor Hugo, Corot...).
J'ouvre aux 3/4 pour le tome 1, car je suis restée sur ma faim en termes d'intrigue, attendant la suite. Mais après avoir lu les deux autres tomes, avec grand intérêt, fascinée par les dessins, j'ouvre en grand.

J'ai regardé trois autres albums de cet auteur, empruntés en bibliothèque : son fameux Amer Béton, Zero, et Éveil : c'est ce dernier qui l'a emporté sur les autres ; à partir d'une pièce de théâtre préexistante, Matsumoto en a effectué l'adaptation, la transposition graphique, très belle.
Pour me déniaiser, j'ai lu avec grand intérêt le documentaire "pédagogique" L'art du manga, très bien fait, et j'ai visité la belle et riche exposition "Manga. Tout un art !". J'ai commencé aussi à regarder la série documentaire en quatre épisodes de 30 min Animé, une épopée japonaise : un historique et panorama de l'animation japonaise, très liée au manga, en ligne actuellement sur ›France TV. Tout m'est inconnu et je suis bien contente d'"entredécouvrir".
Brigitte(à l'écran)
Malgré les critiques très louangeuses entendues sur France Culture, j'avais prévu de faire l'impasse sur ce manga. Je ne connaissais pas les mangas et je n'avais pas envie de faire l'effort de m'y intéresser.
Grâce à Monique, j'ai changé d'avis et j'ai commencé à le lire.
Pour nous, c'est une lecture un peu laborieuse. Nous ne sommes pas habitués à lire de la droite vers la gauche. Du coup j'ai mélangé les textes, je ne les ai pas toujours lus dans le bon ordre.
L'histoire est intéressante : un éditeur de mangas, déçu par l'évolution mercantiliste du monde des mangas, décide de le quitter. Nous connaissons ses états d'âme par ses conversations avec son moineau de Java. Il commence par dire adieu à ses anciens collègues, puis décide de vendre à un bouquiniste son énorme collection de mangas. Mais… il ne réussit pas à quitter le monde du manga. Le manga, c'est sa vie !
À travers ce livre, j'ai découvert l'univers des mangas, les arrière-plans, les nemus, l'étape de crayonnage. Le créateur fou, l'éditrice très consciencieuse, la grande auteure qui vient de mourir, et celle qui est caissière de supermarché et imagine les répliques de ses personnages à travers les propos qu'elle échange avec les clients.
J'ai été frappée par la ressemblance de la vie à Tokyo avec celle des citadins français. Mais aussi par les différences de culture : les saluts, pliés en avant, les rites funéraires.
Je relève la qualité du dessin. Tous les détails de la vie quotidienne sont très présents. J'ai particulièrement apprécié le dessin des mains, par exemple p. 70 en bas :

À travers tous ces détails prosaïques une vraie réflexion sur la création artistique se fait jour.
J'ouvre aux ¾.
Christelle

Je n'ai jamais lu de manga ! Et pour en avoir feuilleté ou regardé par-dessus une épaule, je n'étais vraiment pas sûre d'en lire un jour. Trop de préjugés, et sûrement des doutes sur ma capacité à lire à l'envers...
J'avais tort car j'ai fini avec plaisir le premier tome de Tokyo, ces jours-ci. J'ai trouvé le graphisme remarquable, tant le trait que le découpage, les gros plans et les vues des villes... J'ai aimé le noir et blanc, qui convenait bien à l'ambiance (j'ai toutefois apprécié les quelques plages en couleur), les titres et la présentation des chapitres...
Pour une découverte du manga, le thème de celui-ci était parfait pour apprendre sur les mangakas, les relations avec leurs éditeurs, la dure concurrence, les modalités de publication...
Le thème de la création est également largement abordé à travers la carrière de plusieurs mangakas, qui n'arrivent malheureusement plus à produire.
Enfin, j'ai trouvé extraordinaire une des premières scènes, celle où il quitte son lieu de travail depuis 30 ans. À la fois son motif de démission (un échec) et ses adieux (toute en retenue) m'ont complètement embarquée au Japon (où en tout cas dans un univers bien éloigné du mien).
Bref, j'ai mis les deux autres tomes dans ma valise !
Ravie de mon expérience (même si je ne suis pas sûre d'attaquer pour autant un jour des séries de 20 tomes).
J'ouvre aux ¾.
Jérémy

Avant la lecture : Je n'avais lu que deux mangas que mon copain m'avait rapportés du Japon, des pornos gays...

Rozenn (avec enthousiasme)
Voilà ce qu'on aurait dû lire !

Jérémy
Mais ce qui est drôle c'est que les images pornos étaient... floutées ! Je n'avais donc pas approfondi le sujet.
Même si le manga n'est pas un genre vers lequel je me dirige spontanément, la couverture, que je trouve très belle, m'inspirait bien.
Après la lecture : Mais j'ai finalement été un peu déçu par le dessin. Je rejoins Catherine car à la fin je reste sur ma faim et Françoise car je suis resté extérieur à l'histoire qui ne m'a pas particulièrement intéressé. Dans le tome 1, on comprend bien qu'il finit par revenir sur sa décision de quitter le milieu du manga après que l'une de ses publications a échoué, et qu'il essaie de rassembler soit d'anciens mangakas qui se sont "reconvertis", soit des mangakas sur le déclin/en perte de vitesse/plus vraiment dans l'air du temps, tous étant certainement la représentation du mangaka à l'ancienne, du mangaka "pur" en lequel l'éditeur croit et qu'il a envie de continuer à faire vivre. Pour autant, dans ce premier tome, on ne sait pas vraiment quel est son projet.
Et puis j'aimerais bien savoir ce qu'ils ont de plus ou de si différent par rapport aux autres. On sait que Chôsaku avait un trait très fin, mais on n'a pas beaucoup plus d'informations. Si ce n'est sur la dernière, Kaoruko, qui dessine des mangas dans le style péplum, que même son mari n'arrive pas à lire jusqu'au bout...
De plus, on passe d'un mangaka à l'autre, mais cela manque de liant.
Et puis, par rapport à un roman, je n'ai pas réussi à m'attacher et à m'intéresser aux personnages. On n'en sait pas assez sur eux. On ne connaît pas grand-chose du personnage principal, Shiozawa, et on ne s'y attache pas.
Les onomatopées m'ont particulièrement gonflé : cui cui fait l'oiseau, miaou fait le chat, waf waf fait le chien, frsh frsh quand on ferme un parapluie, slurp quand on boit, clic clic quand on se coupe les ongles, tout y passe ! Cela m'a fait penser à ses livres d'éveil pour enfants qui font du bruit quand on tourne les pages ! C'est peut-être un incontournable du genre, mais moi je n'accroche pas du tout, je trouve que cela finit par parasiter le reste et que c'est une béquille, une facilité.
Il y a quand même un moment où j'ai été presque ému quand le mangaka loser perd son chat puis pleure quand il le retrouve. On a tous connu ça non ?!
Et il faut reconnaître que certains encarts sont beaux, en fait j'ai assez souvent pensé à un storyboard, je trouve qu'il y a un côté très cinématographique avec les gros plans, les contre-plongées...
Enfin, j'ai été obligé de l'acheter, ne le trouvant pas en bibliothèque et je ne le garderai pas.
J'ouvre ¼ pour le passage sur le chat.
Fanny
Je suis mitigée. Ce n'est pas mon premier manga. Je n'avais donc pas d'appréhension concernant le genre. J'avais lu par exemple Les années douces de Jirô Taniguchi, très joli, très poétique (adapté du roman Les années douces de Hiromi Kawakami).
J'ai bien aimé la réflexion sur la création que j'ai trouvé intéressante. Il n'y a pas d'explication ? Si, à propos de la narration.
Les onomatopées, ça fait partie du genre.
Quand on parle avec les animaux, j'ai trouvé ça plutôt joli.
Je me suis perdue dans l'histoire, j'ai perdu le fil de l'intrigue.
Quant aux dessins, oui pour ce qui est du découpage ou des vues sur la ville. La couleur, on s'interroge pourquoi elle arrive par rapport au noir et blanc.
L'intrigue s'enkyste à mon avis, il n'y a pas assez d'espace dans les dessins.
J'ouvre à moitié.
Rozenn

J'ai vu cette jolie couverture. Je me suis dit chic, je vais découvrir un manga. Quelque chose de nouveau, de différent ! Enfin, je saurai ce que c'est !
Mais je ne sais pas lire les bandes dessinées, ni les romans graphiques, je ne regarde pas ce qui est dessiné. Je lis seulement le texte. Et là, il n'y a pas de texte, juste cui cui, grat grat…
D'accord, quand les autres le disent, oui, j'ai regardé les villes... Mais je me suis vraiment emmerdée. Ma petite-fille a commencé à me rééduquer. Elle me montre ce qu'elle aime dans les dessins. Des albums qu'elle lit sont très colorés et très violents (
Les Légendaires) et il y en a des tas, ça ne finit pas, je pensais que les mangas ressemblaient davantage à ça.
J'ouvre moins ¼ à cause du passage sur le chat qui m'a prodigieusement agacée. Donc, je le ferme. J'aime bien quand je lis un livre me demander à qui je le donnerai, j'ai d'abord pensé le donner à ma petite-fille pour qu'elle le colorie. Mais il paraît que mon gendre lit des mangas, c'est donc lui qui l'aura. Et je lui demanderai de m'en faire lire un autre… suite de la rééducation…
Etienne
(à l'écran)
Comme Claire, j'ouvrirai ¾ pour le premier tome, mais je suis aux deux tiers du troisième et j'ouvre en grand.
J'ai lu beaucoup de mangas. Sans être un fanatique absolu. J'en achète régulièrement, ma femme en lit aussi, nous ne lisons pas les mêmes ; elle apprend le japonais d'ailleurs.
Le manga est un monde. Aimer le manga ne veut pas dire grand-chose, parce qu'il y a tant de sous-genres ! C'est comme si on parlait DU roman en général.
Ce mangaka a été très influencé par la BD franco-belge, par Moebius notamment. Je parlais de Matsumoto que je lisais à une amie japonaise qui me disait qu'il n'est pas si connu que ça au Japon. On pourrait dire que c'est un mangaka plus accessible pour les Européens.

Rozenn
Un peu comme Les Légendaires ?

Etienne
Il y a des Japonais influencés par la BD européenne, mais aussi l'inverse, c'est un manga à la française.
Influencé aussi par la ligne claire, c'est Jirô Taniguchi avec Le Sommet des Dieux qui a crédibilisé le manga auprès du public européen ; il y a aussi le magnifique Quartier lointain.
De Matsumoto, j'ai dans ma bibliothèque
Amer Béton et Ping-pong. Pour ce qui est de son trait, j'en étais familier. Ici je le trouve plus souple que dans d'autres mangas.
Le livre m'a beaucoup plu : j'admire, j'adore le découpage, avec des angles improbables, des images de travers qui donnent presque la nausée, des angles de vue que je n'ai pas retrouvés ailleurs, c'est une prouesse, ça me touche beaucoup.
Par exemple, au début du troisième tome, on est chez deux frères, dans cette case du bas de page 6, il y a une richesse des détails :

l'appareil à vinyles que les Japonais apprécient, la pochette de Coltrane dont ils sont fanatiques, comme ailleurs l'est le rock. Il y a plein de choses sur la société japonaise ; on voit à plusieurs reprises des kei-truck, typiques camionnettes japonaises, ici p. 90 dans le tome 1 :

Quant au sujet, il y a une rigidité des rapports, un vide émotionnel, propres à l'univers du manga. Le manga est un phénomène : une industrie, mais aussi un côté artisanal, et avec parfois une abnégation, car le mangaka fait tout, différemment des écrivains français de BD où il y a souvent un scénariste et un illustrateur.

Claire
J'ai vu que comme les peintres de la Renaissance avaient un atelier avec plein d'apprentis, les mangakas célèbres ont des assistants spécialisés pour tenir les délais de production.

Etienne
Oui. Et il y a l'éditeur qui a une relation particulière avec le mangaka.
J'ouvre en grand.
En ce qui concerne un genre que nous n'avons jamais lus, il y a les comics : je pense à Chris Ware, et notamment à Rusty Brown.

Les cotes d'amour du groupe breton réuni le 11 décembre 2025
Brigitte Suzanne
AnnieChantal ÉdithMarie-OdileMarie-Thé Philippe

Marie-Odile
Je savais qu'il fallait commencer par ce qui est d'habitude la fin. Mais je ne savais pas s'il fallait lire de gauche à droite ou de droite à gauche, de haut en bas ou de bas en haut, si le parapluie s'envolait ou tombait. Pendant un certain temps les pages m'ont semblé réversibles, lisibles dans les deux sens, mais rapidement je ne comprenais plus...
Après m'être renseignée sur l'ordre de lecture, je ne comprenais pas davantage. J'ai toujours beaucoup de mal avec la lecture d'image, j'ai besoin de texte. Je confonds les personnages et le noir et blanc ne m'aide pas... Je me sens à l'étroit dans les vignettes encombrées. Je ne me représente pas la chronologie.
Et qu'un manga parle de manga n'a rien arrangé. Je n'aime pas les mises en abyme de cette sorte : les romans qui parlent de roman, les films qui parlent de films, la radio qui parle de la radio, etc.
En écoutant ou lisant quelques émissions ou articles, je me dis que c'est un beau manga qui aborde des questions intéressantes (la création, l'édition...). Mais je ne suis pas du tout sensible à sa forme et je n'ai pas du tout perçu l'émotion apparemment contenue dans cet ouvrage.
Je n'ai aimé que l'oiseau qui, lui au moins a l'air de comprendre ce qui se passe. Bref, après plusieurs tentatives laborieuses, j'ai abandonné p. 78, sans avoir compris grand-chose.
J'ouvre ¼ pour la première (ou quatrième) de couverture.
Annie
J'avais déjà essayé de lire des mangas sans grand succès, bien qu'il y en ait beaucoup à la maison. Cette nouvelle tentative s'annonçait bien puisque la couverture colorée m'avait interpellée quand j'avais acheté le livre. Mais mon défaut visuel ne m'aidant pas, j'ai vu beaucoup de noir, de traits partout (visages, bâtiments, décors …), des lignes parallèles et des lignes qui se croisent si bien que j'ai fini par ne plus y voir grand-chose !
J'ai fini par lire ce manga en entier mais comme du travail davantage que par plaisir et seulement le premier tome ! L'histoire ne m'a guère intéressée. La quête de Shiozawa est certes louable mais j'ai trouvé l'ensemble triste, terne, mélancolique et je n'ai pas réussi à y adhérer. L'ambiance générale est grise et pas seulement par l'utilisation quasi générale du noir et blanc. J'ai trouvé que le moineau mettait une toute petite touche de couleur, de gaieté. J'ai trouvé également une atmosphère très (trop ?) masculine (est-ce que les amateurs de mangas sont plutôt masculins ?). Je reconnais des talents de dessinateur à Matsumoto mais cet univers ne m'a pas séduite et cela m'a confortée dans l'idée que le temps que j'ai à passer à lire ne sera pas consacré aux mangas.
J'ouvre au quart.
Brigitte
Grâce au groupe de lecture je fais un premier pas dans la lecture de mangas.
J'ai commencé par me documenter sur l'histoire des mangas, ce mode d'expression relativement récent avec un succès notable en France. Intéressant. A priori, l'auteur Matsumoto est un maître de l'art manga. Les mangas sont la lecture essentielle de jeunes adultes que je connais et si j'ai feuilleté des mangas, je n'en ai pas lu. Les raisons ? Sans doute le sens de lecture, sans doute les dessins le plus souvent en noir et blanc ne m'attirent guère. Et de plus, je n'ai pas de passion particulière pour le Japon mais de la curiosité.
Je dois dire que l'histoire d'un éditeur de mangas qui démissionne, mais s'aperçoit vite que le monde des mangakas, le monde de l'édition, lui sont vitaux, me laisse indifférente. Je dirais que pour lui : créer c'est exister. Le sujet ne m'a pas vraiment conquise et je ne trouve pas d'accroche au fil des pages, même si je me suis intéressée autant au dessin qu'au texte.
Les dessins sont le plus souvent très sombres. Pourquoi de la couleur pages 84-85 ? Les traits des personnages sont presque caricaturaux : tour à tour excentriques, désabusés, nostalgiques. Je pense qu'il me manque des codes pour comprendre voire apprécier. Je note la présence du chat domestique chez plusieurs des mangakas contactés par l'éditeur. Faut-il y voir l'importance du chat qui aurait au Japon des pouvoirs de prospérité, de chance, de protection contre les mauvais esprits ? L'éditeur de manga est souvent accompagné d'un oiseau : le moineau de Java. Symbole de résilience et d'adaptabilité ? Oiseau messager de joie… Il a du travail avec l'éditeur que je trouve bien taciturne !
Pour conclure, je suis contente d'avoir lu un manga. Pas attirée par les tomes 2 et 3 cependant. J'ouvre ½ car je pense que je m'en souviendrai et pourquoi ne pas en lire d'autres sur des conseils d'initiés ?
Chantal
Qu'en pensé-je ?
- Sur la forme : j'ai eu du mal au début. Commencer le livre par la fin, oui, je savais. Mais j'ai eu du mal à savoir, pour chaque page, l'ordre de lecture de chaque planche. J'ai fini par y arriver.
Autre difficulté : les noms, prénoms des personnages. J'ai lu une première fois sans me rappeler, celui-là c'est qui ? Et comme je voulais comprendre l'histoire, obligée de le relire, de prendre des notes pour chaque chapitre. Voilà pour la forme.
- Pour le fond : tout au long du livre, grande impression de tristesse. Même à la relecture. Tristesse de ce monde des mangas, de tous les personnages, éditeur, mangakas, scénaristes, dessinateurs… : la rentabilité prime. Produire, produire à tout prix. Vendre à tout prix. On ressent tout le temps les tensions, la pression… Conséquence : pour ces personnes proches, qui se connaissent à fond, travaillent ensemble, il y a la compétition, l'envie, la jalousie. . . des prises de bec, des paroles dures, et sur fond d'alcool, de drogue, jusqu'à des bagarres !
Le personnage principal, Chiozawa, veut quitter ce monde des mangas, après un échec professionnel, par manque de désir, et pour prendre le temps de vivre… eh bien il n'y arrive pas ! Il veut vendre tous ses mangas, fait la démarche et recule ! Il démissionne, puis revient ! C'est une drogue ! Triste…
Un peu de légèreté cependant, dans ses dialogues avec l'oiseau de Java (symbole au Japon... ?) Un peu de sentiment aussi quand Chiozawa essaie d'apaiser Liliko qui ne peut pas gérer Aoki. De l'émotion également quand il se confie à Reiko, manga morte qui lui parle aussi de ses souffrances. . .
Les dessins sont remarquables, si précis, pleins de détails, pas toujours visibles au premier abord : quelle somme de travail !
Mais… ai-je envie de lire les deux autres tomes ? Non, je ne crois pas. J'ai besoin de "texte".
Peut-être devrais-je lire un manga "pour jeunes" ? Pour comprendre cet engouement en France des mangas (deuxième pays de vente après le Japon !) ? Grand mystère pour moi.
Donc, expérience intéressante, mais pas très emballante.
Je l'ouvre ¼.
Marie-Thé
J'ouvre ce livre au 1/4 et je me demande pourquoi : quel ennui ! Quelle monotonie ! Je reste perplexe, c'est ça un manga ?
Les dessins sont loin d'accrocher mon regard, on est loin de nos beaux romans graphiques (cf. par exemple Catherine Meurisse avec ses Grands espaces) Quant à "l'intrigue"... Suivre Shiozawa, cet homme au profil d'oiseau, dans sa quête de talents, ne m'a vraiment rien apporté ; dès le début sa rencontre avec l'antipathique Chosaku donnait le ton. Et toutes ces considérations sur les éditeurs, les créateurs, les lecteurs, ne nous apprennent rien de nouveau.
Je retiens le moment où Shiozawa met en vente tous ses mangas, avant de changer d'avis : "Ils m'ont soutenu tout au long de ma vie." (J'éprouve un peu la même chose avec mes livres).
J'ai aimé qu'apparaisse comme un fantôme la femme disparue, un peu comme dans certains films japonais. Dans un autre genre, en voyant Shiozawa laver régulièrement le sol, je pense à ce qu'on m'a dit du film Perfect Days de Wim Wenders.
Une image différente du Japon nous est donnée avec ce dessinateur admiré devenu gardien de nuit, les incivilités et la violence.
Plus j'approchais de la fin du bouquin, plus j'avais l'impression que ça délirait (les gants), qu'on passait du coq à l'âne, le chat perdu et retrouvé, le grand magasin, le coût de la vie, la cellule familiale, les soldats romains dessinés au pays des Samouraïs, les études, un vrai bazar.
Autre chose, pourquoi la plupart des personnages ont-ils des lunettes ? Un style occidental ?
Finalement, le seul attrait est dans la couverture.
Les deux tomes suivants (lus par Suzanne), n'apporteraient apparemment rien de plus, ouf ! On y a échappé.
Quelques-uns de mes petits-enfants lisent et aiment les mangas : pas sûre que celui-ci leur plairait, je vais voir...
Philippe
La lecture de ce premier manga ne sera pas pour moi un choc littéraire. L'apprentissage de la technique de lecture de droite à gauche, est finalement assez simple.
Les dessins sont sombres, avec souvent des personnages en gros plan. Les décors intérieurs et extérieurs sont dessinés très précisément. Malgré le titre, ce n'est pas un guide touristique de Tokyo. On y voit surtout le métro, quelques rues dans les quartiers d'habitation et au loin les tours.
Les titres des 8 chapitres résument parfaitement les contenus, quasiment pas de surprise. Dans le scénario de ce tome 1/3, j'ai retrouvé la lenteur emblématique de la civilisation japonaise et les rapports respectueux et policés, tels que je les imagine. L'énigme se passe dans le microcosme des éditeurs et des mangakas. On finit par comprendre que Shiozawa, qui a démissionné de son poste sans raison claire, cherche des auteurs de son choix pour les publier, en utilisant ses indemnités de licenciement. Je donnerai volontiers pour titre à ce tome : "L'énigmatique Monsieur Shiozawa".
Y aura-t-il des révélations dans les 2 autres tomes ?
Quelques éléments m'ont amusé :
- le seul confident de SHIOZAWA est un oiseau apprivoisé (un moineau de Java de 25 g, qui s'apprivoise, mais ne parle pas dans la vraie vie)
- les 4 pages de dessins colorisés des pages 85-88
- la rencontre avec la mangaka décédée dans le bureau de celle-ci.
- la façon de désigner qui parle dans une bulle par la silhouette du personnage quand il est absent de l'image, en l'occurrence Iga, p. 164

- Kiso, la dessinatrice de manga péplum, et virile
- le haïku du livre de Kusatao Nakamura (1901-1983) :

Fins cheveux d'hiver
J'ai été tant déçu
Par la littérature

Pour toutes ces raisons, je garde ce manga ouvert au quart pour Voix au Chapitre, et je n'aurai pas la curiosité de lire les autres tomes.
Edith
Deux choses m'animent au moment de faire le "récit" de mon aventure MANGA et sa lecture.
Comme chaque proposition de Voix au chapitre, je suis heureuse de constater que la curiosité l'emporte sur mon propre choix. J'en ai toujours été ravie et merci au groupe : j'ai eu de belles découvertes. Il en a été de même pour ce choix : découverte certes, c'est la première remarque.
La seconde que je m'empresse d'écrire, c'est le "pensum" que cette "découverte" a produit, m'interdisant presque de me mettre à une autre lecture avant que je n'aie "achevé", au sens de "tuer", la découverte.
J'ai été bloquée dans mon élan pour d'autres livres choisis et pour lesquels je ne me sentais pas disponible. La résistance à ce manga me faisait vivre une pression désagréable, celle de ne pouvoir m'en dégager afin de passer à une autre lecture, comme si je me devais de réussir !
En fait, je n'en ai tiré aucun plaisir ni de découverte de l'intrigue (si peu dense), ni d'images. J'ai rapidement pris la mesure de la façon de lire. Là, pas de difficultés, mais à aucun moment le souhait de prendre le temps de regarder l'image. J'ai remarqué que les traits des visages étaient plutôt européens. La couleur p. 85-88 : pourquoi ? Visite du bouquiniste ? Est-ce un code cette apparition de la couleur ? C'est peut-être le chapitre qui m'a le plus concerné j'y ai plaqué mes propres sentiments si je me départais de ma bibliothèque.
Je ne vois pas Shiozawa avoir vraiment une relation complice avec son moineau, fût-il de Java !
Et pourtant la couverture est alléchante. C'est un beau livre souple double jaquette, papier mat, images nettes dans leurs divers formats, dessins impeccables et bulles en français, je n'ai pas saisi le sens des différentes formes de bulles.
Les sons apparaissent sous des "gribouillis" de la p. 163 à 186, "le chat de Aoki disparaît" est le titre du chapitre. Je ne vois pas le lien avec l'histoire de cet éditeur. Et le dernier chapitre m'a donné le sentiment d'une nouvelle histoire. Je sais que ce livre n'est que le premier tome ; peut-être est-ce l'introduction d'une nouvelle dimension de l'histoire.
Si je ne lisais que des mangas, je pense que je n'aurais pas pu attribuer de psychologie aux différents personnages. Le dessin ne suffit pas et le texte est sans aucune nuance, le dialogue pauvre.
Maintenant que je viens de "jeter" ces lignes juste après cette unique lecture, je vais me faire violence et reprendre la lecture. Peut-être vais-je en découvrir des aspects ignorés ? Je vais me contraindre à mieux déchiffrer l'image et la construction de ces dernières.
J'ouvre ¼ pour la "découverte". Pas de désir d'autre manga, avec l'énigme de ce goût de certains lecteurs pour cela. Je ne demande qu'à être sensibilisée.
Suzanne a lu les trois tomes, mais reste orale et ne passe hélas pas à l'écrit...


Le groupe breton a lu en plus du manga un roman islandais : La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson : voir ›les avis.



AUTOUR DU LIVRE
Le manga que nous lisons
l'auteur,
les trois tomes, l'éditeur,
le traducteur, la presse, deux prix

En savoir un peu plus sur le manga
une exposition, les genres du manga,
le lexique, à la Bnf

LE MANGA QUE NOUS LISONS

Son auteur
Voir sur ›wikipédia la présentation de Taiyo Matsumoto.

Ses livres traduits en français :
- Amer Béton, Tonkam (fusionne avec Delcourt en 2014, devenant une collection), 3 vol., 1996 ; éd. intégrale 1 vol., 2007, 2019
- Frères du Japon, Tonkam, 2000
- Printemps Bleu, Tonkam, 2001
- Ping-pong, Delcourt, 5 vol., 2003-2004 ; éd. intégrale 2 vol., 2019
- Number Five, Kana, 8 vol., 2004-2006 ; éd. intégrale 2 vol., 2018-2019
- Gogo Monster, Delcourt, 2005
- Le Samouraï bambou (dessin), avec Issei Eifuku (scénario), Kana, 8 vol., 2009-2011
- Sunny, Kana, 6 vol., 2014-2016
- Les Chats du Louvre,
coédition Futuropolis / Musée du Louvre, 2 vol., 2017-2018
- Zero, Pika, 1 vol., 2018
- Éveil, Kana, 2019
- Le rêve de mon Père, Kana, 3 vol., 2018
-
Tokyo, ces jours-ci, Kana, 3 vol., 2024.

En 2019, au Festival de la BD d'Angoulême, une exposition lui est consacrée, avec près de 200 œuvres originales : =›le catalogue et =la présentation de l'expo et =›une interview par France Info.

Nous lisons le premier tome d'une série de trois 

Si on étale la première et quatrième de couverture, on voit qu'elles sont d'un seul tenant :





À la fin de chaque tome, on peut lire :

Ce manga est publié dans son sens
de lecture originale, de droite à gauche.

Ici, vous êtes donc à la fin.

L'éditeur
L'éditeur, Kana
, est la maison d'édition filiale du groupe Dargaud créée en 1996 comme un label spécialisé dans l'édition de mangas.

Le traducteur
Thibaud Desbief est l’un des traducteurs français les plus importants du manga contemporain.
ll fait partie de la première génération de traducteurs de mangas en France, ceux qui ont accompagné l’arrivée d’œuvres majeures comme Akira ou Appleseed dans les années 1990.
Il a traduit des auteurs majeurs : Naoki Urasawa, Inio Asano, Hiro Mashima, Yoshihiro Togashi, Aoyama Gosho... Une interview de lui ›ici, 10 min.
Il vit au Japon et a fondé en 2021 Le Petit Renard, la seule librairie française de bande dessinée européenne à Tokyo.

Réactions dans la presse : qu'y dit-on sur Tokyo, ces jours-ci ?

France Culture
- Marie Labory, dans Les midis de culture, anime la critique mangas : "Tokyo, ces jours-ci de Taiyo Matsumoto, une histoire sublime sur l'édition de mangas", 6 décembre 2024, 26 min.

Presse généraliste

- Livres Hebdo, Anne-Claire Norot, 26 novembre 2024.
- Télérama, Stéphane Jarno, 2 décembre 2024.
- Le Monde, Pauline Croquet, 21 décembre 2024 puis 22 novembre 2024.
U
ne fois les trois tomes sortis :
- La Croix, Christophe de Galzan, 27 février 2025.
- L'Humanité, Kareen Janselme, 15 mai 2025.
- Actualitte.com, Cécile Mazin, 5 juillet 2025.

Presse manga
- Kazoku, Skendolero, 1er décembre 2024.
- Gaak, Balin, 25 avril 2025.
- Ines Scarlet, journaliste portant le hidjab, excellente chroniqueuse de mangas, commente notre livre sur instagram, 12 décembre 2024. Par ailleurs, elle consacre sa chaîne youtube aux mangas
- Commentaire en vidéo de notre manga par Vincent Louis et Frédéric Kilfiger, P'tit case à Bulles, 22 mars 2025, sur youtube, 3 min en feuilletant le livre.

Deux prix attribués à Tokyo, ces jours-ci (tome 1)

- Pour sa 8e édition, le Prix Émile Guimet de littérature asiatique s'associe avec l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales) pour créer le Prix étudiant Inalco pour le manga qui a été décerné pour la première fois cette année. On peut visionner en une courte vidéo ›sur Instagram la remise du prix, présidé par Laure Adler.

- 19e Prix Asie ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) 2025, voir sur le site Ligne claire.

EN SAVOIR UN PEU PLUS SUR LE MANGA

Nous comptons hélas les initié.es dans le groupe sur les doigts d'une main... Il est temps de s'y mettre.

Une exposition

Au Musée Guimet, l'exposition "Manga. Tout un art !" présente la naissance et l’évolution de la bande dessinée japonaise. Des traditions millénaires aux premières influences occidentales, de la presse satirique aux premiers pas du dessin animé, de la créativité des maîtres mangakas des 20e et 21e siècles, jusqu’à leur influence sur la mode et la haute couture..., et ce à
travers des planches et des revues originales, mises en regard avec des objets et des œuvres graphiques du Musée Guimet, du 19 novembre au 9 mars 2025.

Le genre du manga

Les néophytes souhaitant mieux appréhender le genre, peuvent :
- écouter et regarder le dynamique exposé en images de Maxime Gendront, jeune conférencier spécia
lisé en manga, fondateur de la chaîne Youtube l'Archipel Otagee : "l'histoire du manga : la genèse d'un art", illustrée, 2021, 15 min
- écouter, de façon plus classique, France Culture : "D'Hokusai à Dragon Ball, la longue histoire du manga", Xavier Mauduit, Le Cours de l'histoire, avec deux universitaires spécialistes, 16 mai 2024, 59 min
- ou encore plus classique, lire la fiche wikipédia "manga".

Quelques précisions lexicales

Les genres traditionnels du manga :
- Kodomo : pour un public d'enfants, quel que soit son genre.
- Shônen : pour un public masculin jeune.
- Shôjo : pour un public féminin jeune.
- Seinen : pour un public masculin jeune et adulte.
- Josei : pour un public féminin jeune et adulte.
- Seijin : pour un public adulte et plus.

Le lectorat réel est beaucoup plus fluide : un shôjo peut séduire des hommes, un seinen des femmes. Ainsi, Tokyo, ces jours-ci est un seinen et Voix au chapitre comporte une majorité de nanas.

Le ou la mangaka est l'auteur de manga, à la fois scénariste et dessinateur.

Le nemu, terme utilisé dans notre manga, c'est le storyboard, les planches préparatoires d’un manga, permettant à l’auteur de présenter un chapitre construit au responsable éditorial, le tanto, pour validation, avant d’entamer les planches définitives.

Un animé est une série d'animation ou un film d'animation adapté d'un manga. Voir la série en quatre épisodes de 30 min de Colas Tran (journaliste, auteur et réalisateur, spécialisé dans les pop cultures asiatiques), Animé, une épopée japonaise, historique et panorama de l'animation japonaise, en ligne actuellement sur ›France TV.

La culture otaku désigne une passion intense et souvent exclusive pour les mangas, les anime, jeux vidéo, figurines, cosplay (=se déguiser en personnage) et autres aspects de la pop culture japonaise.

Pour des nuances et d'autres termes, voir "Petit lexique du manga" sur actuabd.com ou sur wikipédia.

•À la Bibliothèque nationale de France

Dans la merveilleuse salle Ovale de la BNF :

de nombreuses séries de mangas en accès libre et Taiyo Matsumoto s'y trouve :

(photo moche prise par Claire)

Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :
grand ouvert
¾ ouvert
½
¼
fermé !

passionnément

beaucoup
moyennement
un peu
pas du tout

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