Colm Tóibín, Brooklyn, trad. de l'irlandais Anna Gibson, Livre de poche, 2024, 384 p.

Quatrième de couverture :
Enniscorthy, Irlande, années 1950.
Comme de nombreuses jeunes femmes de son âge, Eilis Lacey ne parvient pas à trouver du travail. Par l’entremise d’un prêtre, on lui propose un emploi en Amérique, à Brooklyn. Poussée par sa famille, Eilis s’exile à contre-cœur. D’abord submergée par le mal du pays, elle goûte ensuite, loin du regard de ceux qui la connaissent depuis toujours, une sensation de liberté proche du bonheur. Puis un drame familial l’oblige à retraverser l’Atlantique. Une fois de retour au pays, Brooklyn se voile de l’irréalité des rêves. Eilis ne sait plus à quel monde elle appartient, quel homme elle aime, quelle vie elle souhaite. Elle voudrait ne pas devoir choisir, ne pas devoir trahir.

Un tableau magistral et sensible du Brooklyn des années 1950. Un roman qu’on lit d’une traite, sur l’exil, l’identité, la rupture avec une communauté. Josyane Savigneau, Le Monde des livres.


Éditions précédentes
Laffont, 2010

10-18, 2012

Pavillons, 2016,
après la sortie du film

La dernière édition : Livre de poche, 2024

Colm Tóibín, en 2013, Le Monde

Colm Tóibín (né en 1955)
Brooklyn (2009, traduction 2010)

Nous lirons ce livre pour le 4 décembre 2026. Le nouveau groupe l'aura lu pour le 9 octobre.

Nous visionnerons ensemble le film Brooklyn, adapté du roman en 2015 par John Crowley. On peut aussi le voir sur ›youtube en vod pour 3,99€.

DES INFOS AUTOUR DU LIVRE
•Repères biographiques
•Livres publiés en français
•La traductrice
•Presse

•Écrivains irlandais déjà lus

REPÈRES BIOGRAPHIQUES

Enfance
- Né en 1955 à Enniscorthy, dans le comté de Wexford, quatrième de cinq enfants.
- Père : professeur à l'école des Christian Brothers d’Enniscorthy. Mère : publie des poèmes dans la presse locale.
- Famille marquée par l’histoire politique irlandaise : grand-père engagé dans l'Insurrection de Pâques 1916, interné au Pays de Galles, oncle impliqué dans l’Irish Republican Brotherhood pendant la guerre civile, famille proche du parti Fianna Fáil après 1922. Cet héritage politique imprègne l’arrière-plan de La Bruyère incendiée et Nora Webster.
- Maison modeste mais où les livres tiennent une place importante. Il a du mal à apprendre à lire, ne sait pas lire avant 9 ans. Alors qu’il a 8 ans, son père est hospitalisé pour un anévrisme cérébral à Dublin ; Colm et son frère restent trois mois chez une tante, sans contact avec leurs parents. Au retour, Colm développe un bégaiement et connaît des difficultés scolaires. Son père meurt alors qu'il a 12 ans.


Formation et débuts littéraires
- Études à St Peter’s College à Wexford.
- Débuts poétiques encouragés par un prêtre professeur d’anglais.
- Découverte de son attirance pour les hommes qu'il garde secrète.
- En 1972, entrée à l’University College Dublin : histoire, anglais.
- Bachelor of Arts en 1975. Commence un troisième cycle, mais qu'il
abandonne.
- Lectures formatrices : Joyce, Beckett, Henry James, Elizabeth Bowen.
- Premiers textes critiques.

Voyages et journalisme
- Il part pour l'Espagne en 1975, nourri par la lecture de Hemingway, et s'y installe jusqu'en 1978, enseignant l'anglais, pendant la transition démocratique post-franquiste. Cette expérience inspire son essai Homage to Barcelona (1990) et son roman où est situé en partie son romanThe South (Désormais notre exil).
-
Voyages en Amérique du Sud (Argentine, Chili, Pérou), qui nourrissent ses premiers reportages et son intérêt pour les sociétés en transition.
- En 1978, retour en Irlande : journaliste pour In Dublin, puis pour le Sunday Tribune, et enfin pour le magazine Magill dont il est rédacteur en chef de 1982 à 1985. Il publie des critiques littéraires, des reportages politiques et des essais.

Reconnaissance
- Auteur de romans, nouvelles, essais.
- Contribution à des journaux et revues (The New York Review of Books, The London Review of Books, The Irish Times, The Guardian).
- Lauréat de nombreux prix.
- Nommé en 2022 poète lauréat pour la fiction irlandaise (Laureate for Irish Fiction) pour trois ans.
- Enseigne la littérature dans plusieurs universités, notamment Columbia University à New York. A été Chancellor de l’University of Liverpool de 2017 à 2022.

Thèmes majeurs de ses livres
- L'exil, le départ, le retour
- La famille, le deuil, le silence
- L’identité sexuelle et la vie queer
- La politique irlandaise et l’histoire.


ŒUVRES DE COLM TÓIBÍN TRADUITES EN FRANÇAIS

Les 14 livres publiés en français sont tous traduits par Anna Gibson, publiés chez Flammarion (4 livres), puis Denoël (1), Robert Laffont (7), puis Grasset (2), presque tous réédités en poche.
La date indiquée est celle de la première publication en anglais, suivie de la première édition française.
- Bad blood : pérégrination le long de la frontière irlandaise (Walking along the Border, 1987 ; Bad Blood : A Walk Along the Irish Border, 1994), Flammarion, 1996 : récit de voyage.
- Désormais notre exil (The South, 1990), Flammarion, 1993.
- La Bruyère incendiée (The Heather Blazing, 1992), Flammarion, 1996.
- Histoire de la nuit (The Story of the Night, 1996), Flammarion, 1997
- Le Bateau-phare de Blackwater (The Blackwater Lightship, 1999), Denoël, 2001.
- Le Maître (The Master, 2004), Robert Laffont, 2005 : consacré à Henry James.
- L'Épaisseur des âmes (Mothers and Sons, 2006), Robert Laffont, 2008 : recueil de nouvelles.
- Brooklyn (2009), Robert Laffont, 2010 : son œuvre la plus connue
- La Couleur des ombres (The Empty Family, 2010), Robert Laffont, 2014 : recueil de nouvelles.
- Le Testament de Marie (The Testament of Mary, 2012), Robert Laffont, 2015.
- Nora Webster (2014), Robert Laffont, 2016.
- Maison des rumeurs (House of Names, 2017), Robert Laffont, 2019.
- Le Magicien (The Magician, 2021), Grasset, 2022 : consacré à Thomas Mann.
- Long Island (2024), Grasset, 2024 : la suite de Brooklyn.

En 2024, Colm Tóibín, finaliste pour le Prix Femina du roman étranger 2024, n'a pas eu le prix pour Long Island, mais a été décoré d'un prix spécial du jury pour l'ensemble de son œuvre.


LA TRADUCTRICE

Anna Gibson a traduit tous les livres de Tóibín sur 30 ans, du premier en 1994 au dernier en 2024.
Elle est traductrice littéraire de l'anglais et du suédois vers le français. Elle a publié un roman, Cet été (Balland, 1997).
Née en 1963 à Lisbonne de parents suédois, elle vit à Paris. Diplômée de l’ENS de Sèvre et titulaire d’une maîtrise de philosophie, elle a débuté sa carrière de traductrice en 1990 avec le polar :

"Je n’avais pas d’attirance particulière pour le genre. Tout a commencé avec Mankell. Quand il est passé au Seuil, après le premier titre publié, on m’a demandé de le traduire. À l’époque, nous n’étions pas nombreux à traduire du suédois.
Mes parents étaient originaires de Suède, d’où le suédois pour moi, langue qui m’a été amenée sur le versant de l’intime. Devenir traductrice était mon destin ! Dès la naissance, j’ai été amenée à jongler entre plusieurs langues. J’ai appris le français plus tard. Je ne traduis que vers cette langue, manière de la réinvestir. Traduire répond à une exigence : comment réussir à faire entendre dans cette langue qui a une personnalité écrasante, une telle histoire, autre chose, une autre musique ? Ce n’est pas évident, mais c’est possible, parce que la langue française est pleine de ressources cachées.
" (Suite sur ›le site de l'ATFL, l'Association des traducteurs littéraires de France)

Nous avions lu un livre traduit par elle : Les Chaussettes italiennes de Mankell (voir ›ses traductions du suédois).


À PROPOS DU LIVRE DE COLM TÓIBÍN

Radio
Entretien avec Colm Tóibín autour de Brooklyn :
- avec Kathleen Evin, L’Humeur vagabonde, France Inter, 11 janvier 2011, 54 min
- avec Tewfik Hakem, À plus d'un titre, France Culture, 24 janvier 2011, 27 min.

Vidéo
- Voir et écouter Colm Tóibín sur Brooklyn, son adaptation et sa suite : sur youtube, 22 mai 2024, 19 min.

Presse écrite
- "Brooklyn, de Colm Tóibín : une Irlandaise à New York", Le Monde des Livres, 3 février 2011

Bien qu’il décrive avec une minutie extrême la nouvelle vie d’Eilis, Tóibín ne fait pas un roman naturaliste. Comme l’a écrit un critique du Times, "on a l’impression de regarder un artiste peindre une toile touche après touche, jusqu’à ce que soudain le tableau achevé surgisse, bouleversant, sous nos yeux".

Que dit donc Ruth Scurr sur Brooklyn (Times Literary Supplement, avril 2009) ?

Reading Tóibín is like watching an artist paint one small stroke after another until suddenly the finished picture emerges to shattering effect.

- "Loin de son île", Eric Neuhoff, Le Figaro Littéraire, 3 février 2011. Extrait :

Colm Tóibín raconte une trajectoire ordinaire, décrit la banalité avec des mots de tous les jours. Sa prose ne roule pas des mécaniques. C'est le bon moyen de toucher au cœur de la cible. Il réussit un superbe portrait de femme.

- "À la recherche du bonheur", Sabine Audrerie, La Croix, 17 février 2011. Extrait :

Il y a des livres dont on aimerait, plus encore que d'autres, conseiller la lecture aux aspirants écrivains. Parce que leur apparente simplicité, qui dissimule une puissante technique et mille ressorts romanesques, pose la question de la magie et du mystère de la littérature.

- Télérama, 19 février 2011. Extrait :

Brooklyn ne serait qu'un bel et classique exercice romanesque, si on n'y retrouvait ce qui fait tout le prix des livres de Colm Tóibín : la minutie du regard, une hypersensibilité, une façon d'approcher au plus près l'intimité des êtres qu'il met en scène, d'ausculter leurs pensées, leurs émotions, trahies par des gestes imperceptibles, des silences audibles de lui seul.

- Rencontre : "Brooklyn : le thème de l'exil, cher à l'Irlandais Colm Tóibín", La Voix du Nord, 3 février 2011. Extraits des propos de l'auteur :

"Je suis parti d'un souvenir précis, raconte Colm Tóibín. Quand j'étais jeune, une femme est venue chez nous : elle nous a raconté Brooklyn en trois phrases. Elle s'était mariée là-bas et de retour en Irlande, ne l'avait pas dit. Ça m'avait frappé, se souvient l'auteur. À partir de 2005, 2006, j'ai fait beaucoup d'allers et retours entre les États-Unis et l'Irlande. Peu à peu, j'ai commencé à ressentir cette situation d'éloignement, de se sentir étranger dans un autre pays."

Il s'est souvenu de cette Irlandaise immigrée à Brooklyn, s'est glissé dans sa peau avec d'autant plus de facilité que "ma mère avait deux jeunes sœurs, et moi-même, deux sœurs aînées. La maison était remplie de conversations féminines, je n'avais pas le choix, je les écoutais."

"On n'écrit pas pour donner une information mais un mystère attaché à ce qui est donné dans l'écriture, une aura poétique, c'est un rythme qui est donné".

L'auteur prend même le soin de placer son récit dans les années cinquante précisément "parce que rien ne bouge à cette époque, pas de changement de mode, de morale, de musique. On peut alors se concentrer entièrement sur la psychologie du personnage, avec beaucoup plus d'intensité."

Ainsi complètement plongé dans les pas, le cœur, la respiration et l'esprit d'Eilis, on assiste à la lente mais irréversible transformation qui s'opère en elle. "Ce qui m'intéresse, c'est comment le changement d'espace opère un effet sur vous, je voulais réussir à dramatiser ça. Quand on quitte son espace personnel, quelque chose bouge en nous. Prenons l'exemple de vacances aux Canaries où vous seriez tombé amoureux. De retour à la maison, la personne vous appelle mais c'est un peu comme si cette expérience n'avait pas existé... Le déplacement créé une sorte de duplicité. Quand vous rentrez, vous n'êtes plus le même. C'est vrai en particulier sur les questions de l'amour, de la loyauté, du souvenir. Et cela crée une sorte de malaise."


ÉCRIVAINS IRLANDAIS LUS DANS LE GROUPE

- Laurence STERNE : Vie et opinions de Tristram Shandy (1995)
- Patrick McCABE : Le Garçon boucher (1999)
- Joseph O'CONNOR : Desperados (2002)
- Colum McCANN : Les Saisons de la nuit (2005) et Danseur (2007)
- Oscar WILDE : Le Portrait de Dorian Gray (2011)
- Sheridan LE FANU : Carmilla (2014)
- James JOYCE : Gens de Dublin (2018)
- Sebastian BARRY : Des jours sans fin (2019)
- Claire KEEGAN : Ce genre de petites choses (2025)

Et lors notre voyage littéraire en Irlande, nous avons rencontré : 
-
John BANVILLE
- Paul LYNCH

- Dermot BOLGER.


Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :
                                        
à la folie
grand ouvert
beaucoup
¾ ouvert
moyennement
à moitié
un peu
ouvert ¼
pas du tout
fermé !


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