Bouvard et Pécuchet
Dictionnaire des idées reçues
, GF, éd. avec dossier, 2011, avec une interview d'Éric Chevillard

Quatrième de couverture : Deux copistes retraités entreprennent une série d'expériences visant à embrasser l'ensemble des connaissances humaines. Ultime roman de Flaubert, spirale encyclopédique et farcesque restée inachevée, Bouvard et Pécuchet est avant tout une histoire universelle de la bêtise. "Ça, ce sera le livre des vengeances !" aurait un jour affirmé l'auteur, selon son ami Maxime Du Camp. Définition qui pourrait tout aussi bien s'appliquer au singulier Dictionnaire des idées reçues, fragment du second volume projeté pour Bouvard et Pécuchet, et où s'exprime, de manière plus drôle et fulgurante que jamais, la rage de Flaubert contre les préjugés et les lieux communs de son temps.

Le film de 1989 : ICI

Gustave Flaubert
Bouvard et Pécuchet

Nous avions lu ce livre 20 ans auparavant en mars 1996. Nous avons failli lire ce livre pour le 14 octobre 2016, puis il a été sauvagement déprogrammé... Il conservait peut-être une chance pour plus tard... Oui ! Il sera reprogrammé en 2021.

Deux articles motivants en 2016
La dernière réédition de Bouvard et Pécuchet comportait une interview de l'écrivain Éric Chevillard... : "Pourquoi aimez-vous Bouvard et Pécuchet ?" Réponses de groupie ICI.
Frédéric Berthet avait écrit en 1996 Le retour de Bouvard et Pécuchet : Éric Chevillard - à nouveau lui - salue sa réédition en 2014 ("Bouvard et Pécuchet réactivés", Le Monde, 23 octobre 2014)
 
Consolons-nous avec le début du livre
Comme il faisait une chaleur de 33 degrés, le boulevard Bourdon se trouvait absolument désert.
Plus bas, le canal Saint-Martin, fermé par les deux écluses, étalait en ligne droite son eau couleur d’encre. Il y avait au milieu un bateau plein de bois, et sur la berge deux rangs de barriques.
Au delà du canal, entre les maisons que séparent des chantiers, le grand ciel pur se découpait en plaques d’outremer, et sous la réverbération du soleil, les façades blanches, les toits d’ardoises, les quais de granit éblouissaient. Une rumeur confuse montait au loin dans l’atmosphère tiède ; et tout semblait engourdi par le désœuvrement du dimanche et la tristesse des jours d’été.
Deux hommes parurent.
L’un venait de la Bastille, l’autre du Jardin des Plantes. Le plus grand, vêtu de toile, marchait le chapeau en arrière, le gilet déboutonné et sa cravate à la main. Le plus petit, dont le corps disparaissait dans une redingote marron, baissait la tête sous une casquette à visière pointue.
Quand ils furent arrivés au milieu du boulevard, ils s’assirent, à la même minute, sur le même banc.
Pour s’essuyer le front, ils retirèrent leurs coiffures, que chacun posa près de soi ; et le petit homme aperçut, écrit dans le chapeau de son voisin : Bouvard ; pendant que celui-ci distinguait aisément dans la casquette du particulier en redingote le mot : Pécuchet.
— Tiens, dit-il, nous avons eu la même idée, celle d’inscrire notre nom dans nos couvre-chefs.
— Mon Dieu, oui, on pourrait prendre le mien à mon bureau !
— C’est comme moi, je suis employé.
Alors ils se considérèrent.
 
Un autre extrait

(Bouvard entre en portant de gros sacs)

Bouvard : Nous y voilà... Tu viens ?

(Il dépose les sacs. Pécuchet traîne une malle)

Pécuchet : J'arrive... Waaaaah !

Bouvard : On y est enfin ! Comment trouves-tu... ?

Pécuchet : Magnifique, magique, divin... Enfin je peux respirer et les oublier !

Bouvard : Oublier quoi ? (Pécuchet lui parle à l'oreille en montrant la malle) Comment ? Tu portes encore ces horreurs ?

Pécuchet : Non non, je te jure, je les ai abandonnées il y a longtemps, un peu après notre rencontre. Sur tes conseils d'ailleurs.

Bouvard : Il faisait plus de 300 le long du canal Saint-Martin, tu étais habillé comme en hiver.

(Ils commencent à déballer. Pécuchet sort deux ou trois crucifix ; il en place un bien en vue puis cherche les endroits où mettre les autres. Finalement, il les enferme et continue. Bouvard sort un cadre avec un personnage qui lui ressemble vaguement.)

Pécuchet : Je ne sais plus. Mais le principal fut de se rencontrer... non ?

Bouvard : Bien sûr !


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