Extrait de wikipedia

La quatrième
de couverture

"Han Kang ou Han Gang est une écrivaine sud-coréenne.
Elle est la fille de l'écrivain Han Seung-won. Elle débute sa carrière avec sa nouvelle L'Ancre rouge qui remporta le concours printanier du quotidien Seoul Shinmun. Depuis lors, elle a remporté le prix Yi Sang en 2005, le Prix de l'artiste d'aujourd'hui, et le Prix de littérature coréenne."

Le début du livre

"Avant qu'elle ne commençât son régime végétarien, je n'avais jamais considéré ma femme comme quelqu'un de particulier. Pour être franc, je n’avais pas été attiré par elle quand je l’avais vue pour la première fois. Ni grande ni petite, des cheveux ni longs ni courts, une peau jaunâtre qui desquamait, des paupières lourdes, des pommettes un peu saillantes et une tenue aux couleurs ternes qui semblait dénoter un souci de fuir toute marque d'originalité. Chaussée de souliers noirs du modèle le plus simple, elle s’était approchée de la table où je l’attendais, d'un pas qui n'était ni rapide ni lent, ni énergique ni indolent.

Si je l'avais épousée, bien qu'elle fût dépourvue de tout charme remarquable, c’était parce quelle n’avait pas non plus de défaut notable. La banalité qui caractérisait cette créature sans éclat, ni esprit ni sophistication aucune, m'avait mis à l'aise. Je n'avais pas eu à faire semblant d'être cultivé pour l’impressionner, à me précipiter pour ne pas être en retard à nos rendez-vous, à nourrir des complexes en me comparant aux mannequins des catalogues de mode. Devant elle, je n'avais pas honte de mon ventre, qui avait commencé à se bomber dès l'âge de vingt-cinq ans à peu près, ni de mes bras et de mes jambes, que je n’arrivais pas à muscler malgré mes efforts, ni même de mon sexe, dont les modestes proportions m’avaient toujours inspiré un sentiment d'infériorité que je prenais soin de dissimuler.

Je m’étais toujours gardé de ce qui me paraissait trop bien pour moi."

L'affiche du film
adapté du livre par Lim Woo-seong

Han Kang
La végétarienne

Le groupe breton lit ce livre pour le 4 mai 2017.
Et le groupe parisien pour le 5 mai.

Repères biographiques
Han Kang, née en Corée du Sud en 1970, est la fille de l'écrivain Han Seung-won (dont aucun livre n'est traduit en français). Chez eux, tout, sauf la fenêtre et la porte, était couvert de livres, raconte-t-elle...
Elle a étudié la littérature coréenne à l'université. Après ses études, elle a travaillé pendant trois ans dans la presse, a voyagé lors de ses missions. Elle a publié poèmes et nouvelles à partir de 1993, son premier livre en 1995. En 1998, elle a bénéficié du programme international d'écriture de l'université d'Iowa.

Elle a remporté de nombreux prix en Corée (notamment le prix Yi Sang que son père avait reçu aussi…) et le prix international Man Booker en 2016 pour La Végétarienne, à la suite d'auteurs que nous avons lus : Ismail Kadaré, Alice Munro, Philip Roth, l'emportant sur Elena Ferrante et Orhan Pamuk (voir l'écho dans Le Figaro).
Depuis 2013, Han Kang enseigne l'écriture créative à l'Institut des arts de Séoul tout en poursuivant sa carrière d'auteure.
Durant la présidence de Park Geun-hye (de 2013 à 2017 où elle est destituée puis emprisonnée), Han Kang figure sur une liste noire comportant près de 10 000 noms, permettant aux autorités de surveiller les artistes défavorables au gouvernement et les priver de subventions.

Les œuvres d'Han Kang
•en coréen : Un amour à Yeosu (1995), Le Cerf noir (1998), Bébé bouddha (1999), Le Fruit de ma femme (2000), Ta main froide (2002), Mon nom est Fleur de soleil (2002), L'histoire d'une fleur rouge (2003), Chanson douce (2007), Des gamins tonnerres, des fées éclairs, des gamines fées (2007), La végétarienne (2007) qui est donc son dixième livre, Boîte à larmes (2008), Pars, le vent se lève (2010), Leçons grecques (2011), Éternel motif jaune (2012), Le garçon arrive (2014)
• traduites en français
:
- Nouvelles publiées dans un recueil collectif : "Les Chiens au soleil couchant", Cocktail Sugar et autres nouvelles de Corée, éd. Zulma, 2011 ; puis "Neuf épisodes", Nocturne d'un chauffeur de taxi, Philippe Rey, 2014
- Pars, le vent se lève, Decrescenzo, 2015
- La végétarienne, éd. Serpent à plumes, 2015 ; Le livre de poche, 2016
- Celui qui revient, éd. Serpent à plumes, 2016.

Des infos sur le livre, l'auteure et son œuvre
Littérature et plantes...
- L'on dit que Han fut obsédée durant ses années universitaires par la poésie de Yi Sang, poète et romancier coréen (1910-1937), que la critique a pris pour habitude d'appeler "le Rimbaud coréen" parce qu'il fut à la fois très novateur quant au langage et aux thèmes littéraires, et qu'il mourut très jeune ; il est publié par Zulma. Ce vers notamment l'aurait marquée : "Je pense que les humains devraient être des plantes".
- Han Kang est-elle végétarienne ? Elle l'a été à la vingtaine : "tout le monde autour de moi se faisait une mission de me nourrir de viande. Vous savez comment cela se passe dans la société coréenne. C'est une société très collective. Il était difficile pour moi d'être la seule à manger différemment ; quoi qu'il en soit, j'ai continué jusqu'à ce que le médecin s'inquiète de ma santé et me disent de réintroduire un peu de viande dans mon alimentation. Mon expérience personnelle a certainement influencé La végétarienne."
- Un autre texte déjà : "La Végétarienne a des racines encore plus directes dans une petite histoire intitulée Fruits de ma femme (2000), publiée à l'âge de vingt-six ans. Les personnages principaux sont un homme et une femme, et un jour où l'homme rentre du travail, il voit que sa femme est devenue une plante. Alors il la transforme en pot, l'arrose et prend soin d'elle. À mesure que les saisons changent, la femme crache ses dernières graines dures. En sortant les graines sur le balcon, il se demande si sa femme sera capable de fleurir à nouveau au printemps. Dans l'ensemble, l'histoire n'est pas si sombre et est également magique, mais après l'avoir écrit, je voulais l'écrire à nouveau dans une perspective différente. J'ai réfléchi pendant des années à comment l'écrire. Dès la première page, La végétarienne est sortie très sombre et différente." (World Literature Today, janvier 2016)

Littérature et autres arts : Han Kang est musicienne et son œuvre reflète souvent cette passion. A propos des arts visuels, quand elle était jeune, sa tante qui étudiait l'art, a vécu dans sa famille pendant un temps ; sa chambre était toujours pleine de son travail en cours et j'ai souvent servi de modèle aussi.

Littérature et bouddhisme ? Toujours dans sa vingtaine, elle a cherché une réponse dans le bouddhisme, en s'en éloignant seulement quand elle a été abattue, à la trentaine, par des problèmes articulaires mystérieux qui ont rendu ses mains si douloureuses qu'elle pourrait à peine les utiliser. Pendant trois ans, elle ne pouvait qu'écrire en tapotant un stylo sur son clavier. "La plupart des gens se tournent vers la religion quand ils sont malades", dit-elle, "mais c'était le contraire pour moi".

Une forme littéraire coréenne ? La traductrice en anglais de La végétarienne, Deborah Smith (à qui a été attribué, ô exception, le prix Man Booker en même temps qu'à l'auteur), a commencé à apprendre le coréen quand elle a découvert l'œuvre de Han Kang : "Ce qui m'a intéressée était quelque chose que vous pouvez vraiment dire des livres de Kang : les romans qu'ils écrivent en Corée ne sont pas vraiment pas semblables à ceux des États-Unis ou du Royaume-Uni, car en Corée, tout le monde fait officiellement ses débuts en écrivant des histoires courtes. Vous faites quelques recueils puis vous passez au roman. Le roman lié est considéré comme une forme littéraire à part entière. La végétarienne était un de ces romans liés, initialement écrit comme trois romans distincts. (The Guardian, 5 février 2016)

Dans la presse, surtout en anglais :
- sous-titrée en anglais, une interview filmée par K-Literature-Writers (2014) : "Comment êtes-vous devenue écrivain ? Comment La végétarienne a été conçue ? Quel message avez-vous transmis à travers ce roman ? Qui est votre personnage préféré dans ce livre ? Si vous pouviez choisir une phrase qui représente le mieux Young-Hye ?" (la retranscription écrite des réponses est en ligne sous le film).
- "Violence et humanité : une conversation avec Han Kang" (par Krys Lee, World Literature Today, janvier 2016.
- "Écrire à propos d'un massacre était une lutte. Je suis une personne qui ressent de la douleur lorsque vous lancez de la viande sur un feu", Claire Armitstead, The Guardian, 5 février 2016
- une interview en français dans la revue en ligne consacrée à la littérature coréenne Keulmadang (par Jean-Claude de Crescenzo, 18 mars 2016)

La littérature coréenne : le point par un article de fond, "La littérature coréenne en France : une reconnaissance tardive ?" à l'occasion du Salon du livre 2016 où la Corée était l'invitée, extrait de La Lettre du BIEF (3 p.) :
- La faible présence de la littérature coréenne en France (nous avons lu un seul livre coréen dans le groupe : Notre héros défiguré de Munyol Yi
- La génération hangeuil (la langue coréenne écrite)
- Un vent de liberté
- La littérature foisonne
- La revue Keulmagdang, passerelle vers la lointaine Corée.

Littérature et cinéma : deux des livres de Han Kang ont été adaptés au cinéma : Bébé Bouddha et La Végétarienne, film de Lim Woo-Seong qu'on peut voir ICI, avec des sous-titres en anglais (1h 40).



photo
extraite du site Kobiz





 

 

 

 

 

 

 

 

 

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