Celui qui va vers elle ne revient pas
de Shulem Deen, trad. de l'anglais ((États-Unis) Karine Reignier-Guerre, 480 p.

Le texte en anglais
est en ligne ICI

Quatrième de couverture :

Shulem Deen a été élevé dans l’idée qu’il est dangereux de poser des questions. Membre des skver, l’une des communautés hassidiques les plus extrêmes des États-Unis, il ne connaissait rien du monde extérieur, si ce n’est qu’il fallait l’éviter. Il alluma un jour un poste de radio- première transgression. Puis il entra dans une bibliothèque, découvrit Internet, et son système de croyances fut ébranlé à jamais. Il fut exclu pour hérésie par sa communauté. Il nous raconte ce douloureux processus d’émancipation et nous dévoile un monde clos et mystérieux.

Né en 1974, Shulem Deen travaille à Brooklyn, loin de ses cinq enfants. Il anime un blog qui recueille les questions d’autres Juifs hassidiques et écrit pour The Forward, Tablet et Salon. Il a reçu le National Jewish Book Award pour son premier ouvrage Celui qui va vers elle ne revient pas.

Il n'y a pas de table des matières dans le livre :
- Première partie p. 12 : 9 chapitres
(1-9)
- Deuxième partie p. 173 : 6 chapitres (10-15)
- Troisième partie p. 297 : 7 chapitres (16-22)
- Quatrième partie p. 389 : 5 chapitres (23-26 et épilogue)


éd. Globe, 2017, 416 p.


All Who Go Do Not,
Graywolf Press, 2015, 320 p. - Prix 2015 National Jewish Book Award

Shulem Deen (né en 1974)
Celui qui va vers elle ne revient pas
(2015, trad. en français en 2017)

Nous avons lu ce livre pour le 6 mars 2021 ; le groupe breton le lit pour le 13 mars.

Celui qui va vers elle ne revient pas.
Tels sont les mots de la Bible envers la femme adultère.
Tels sont ceux du Talmud envers l’hérésie.

(début de la deuxième partie)

Autour du livre
  Quelques repères
Radio-Télé
Articles et interviews
L'éditrice
La traductrice
Le look hassidique


Shulem Deen, avant et après : "que vous est-il arrivé ?" Telle est la question que me poseraient, bien plus tard, les inconnus qui demanderaient à voir ma pièce d'identité (...) : le cliché qui figurait sur mon permis de conduire montrait un Juif ultra-orthodoxe, mais devant eux se tenait un autre homme, dépourvu de barbe et de papillotes, vêtu d'un jean et d'un tee-shirt. Ils regardaient la photo, puis moi, puis la photo. Et ils me demandaient : "C'est vous, ça ?" (p. 279)

Quelques repères

1974 : Naissance à New York
1993 : Mariage avec Gitty
2003 : Se met à bloguer sous le pseudonyme "Hasidic Rebel"
2007 : Divorce. Ses cinq enfants ont de 6 à 14 ans.
2015 : Publie All Those Who Go Do Not Return: A Memoir

Le site actuel, "professionnel", de Shulem Deen : shulemdeen.com/

Radio-Télé

- Radio : Entretien avec Shulem Deen, Par les temps qui courent, Marie Richeux, France Culture, 7 décembre 2017, 58 min :

En sortant de New Square, Je ne crois pas que je voulais partager ce que j'avais appris là-bas. Je voulais surtout apprendre, ce qu'il y avait en dehors de ce monde-là et puis, depuis tout jeune, j'avais l'ambition d'être écrivain. J'ai commencé d'abord au sein de la communauté ultra-orthodoxe, mais quand j'ai commencé à remettre les choses en question, je me suis demandé ce que ce serait d'être écrivain au dehors...

- Vidéo : Shulem Deen sur RCJ (Radio de la Communauté juive), Invité du 12/13, Laurence Goldmann, 8 décembre 2017, 27 min :

Je n'ai pas le sentiment d'avoir trahi quelque chose, mais d'avoir dit la vérité. Je pense avoir été bienveillant, avoir eu de la compassion pour les personnes avec lesquelles je n'étais pas d'accord, en tout cas j'ai essayé très fort, de trouver la façon de comprendre et de trouver la compassion y compris pour des gens qui m'ont fait énormément de tort, j'essaie de comprendre où ils se placent, d'où ils viennent, je ne crois pas que les gens soient unidimensionnels à part les sociopathes.

- Télé : "Itinéraire d'un juif hassidique", TV 5 Monde, 4 déc. 2017, 12 min, avec de images de la communauté hassidiques :

L'écriture m'a tout apporté. Il n'y a rien au monde qui ne me donne plus de plaisir aujourd'hui. Pas forcément l'écriture, mais le fait d'avoir écrit. En fait, le moment où on écrit, c'est difficile, mais le résultat, la production, il n'y a rien qui soit plus agréable au monde qu'il s'agisse d'un livre ou d'un essai plus court. Je ne dirai pas que c'est ma religion..., mais c'est de cela que je tire le plus de satisfaction.

Articles et interviews

-- L'article mentionné dans le livre sur le blog de Shulem Deen, Hasidic Rebel, "The Sharer of Secrets" (Le partageur de secrets), The Village Voice (son nom n'est pas mentionné par précaution), William O'Shea, 15 juillet 2003.

- "Ultraorthodoxes : la communauté des ex", Albertine Bourget, Le Monde, 12 octobre 2015 : un reportage très intéressant avant que le livre soit traduit en France, et une rencontre avec Shulem Deen :

Le livre de Shulem Deen s'inscrit dans une succession de textes autobiographiques récemment publiés par ceux que l'on appelle les off the derech dans la communauté orthodoxe, c'est-à-dire ceux qui se sont éloignés du chemin (derech en hébreu) officiel.

En 2007, Shalom Auslander déboule sur la scène littéraire américaine avec Foreskin's Lament (La Lamentation du prépuce, Belfond, 2008), dans lequel il évoque, avec un humour féroce, ses jeunes années dans la communauté orthodoxe de Monsey, dans l'État de New York.

Mais c'est Unorthodox de Deborah Feldman (Simon & Schuster, 2012, Hlab 2021) qui se hisse dans les best-sellers du New York Times en 2012   le public est fasciné par le portrait au vitriol : que fait la jeune femme de la secte Satmar de Williamsburg dans laquelle elle a grandi.

À son tour, Leah Vincent raconte son parcours chaotique dans Cut Me Loose (Libérez-moi, Plon, 2014). Elle grandit, cinquième d'une fratrie de onze, dans la communauté yeshivish de Pittsburgh, où son père est un rabbin influent. Mais Leah est une adolescente curieuse et déterminée. Devant son envie de poursuivre ses études, sa mère menace de l'envoyer en clinique psychiatrique. Lorsque Leah est surprise en train de correspondre avec un garçon orthodoxe, c'en est trop. Face à l'opprobre des siens, elle les quitte pour Brooklyn, à 17 ans. Désespérément seule, naïve et perdue, elle cherche du réconfort auprès d'inconnus, se scarifie, finit par se prostituer. "Toute mon enfance, le message que j'ai reçu était que ma sexualité était ce que j'avais de plus important, et qu'il me fallait préserver ma pudeur." Lorsqu'elle tente de mettre fin à ses jours, ses parents refusent d'entendre son appel au secours. Grâce à la rencontre avec un professeur et à une volonté acharnée, la jeune femme s'accroche. Libérez-moi se termine alors qu'elle apprend qu'elle a été acceptée à Harvard.

- "Les tribulations d’un juif impur", Bernadette Sauvaget, Libération, 1er mars 2017 :

Car ce n’est surtout pas un énième témoignage au cœur de l’extrémisme religieux. Encore moins un reportage au milieu de curiosités désuètes et inquiétantes.

- "Shulem Deen, le prix de la liberté", Clémence Houdaille, La Croix, 24 avril 2017 :

Aujourd’hui, Shulem Deen vit à Manhattan de son métier d’écrivain. S’il achète encore de la viande casher, lui qui se dit incroyant, c’est pour sa petite amie, juive libérale.

- "Une saga hassidique", propos recueillis par Kerenn Elkaïm, L'Arche, 9 novembre 2017 (L'Arche est le magazine trimestriel du judaïsme français publié par le FSJU, le Fonds social juif unifié) :

Il ne s’agit pas d’une exploration, mais d’une narration. Je voulais devenir écrivain, or il se trouve que mon histoire forte valait la peine d’être racontée de l’intérieur. Ce projet littéraire incarnait un défi. Celui de relater le récit d’un choix et de ses conséquences. En Occident, on valorise énormément la liberté, mais elle comprend un prix. Que se passe-t-il une fois qu’on choisit une voie ?

- "Portrait : Shulem Deen, converti à l’hérésie", Albertine Bourget, Le Temps, New York, 24 avril 2017 :

La première fois, qu’adulte, il pousse la porte de la bibliothèque du coin et apprend qu’il peut emprunter des livres : "c’était comme de s’entendre dire qu’on peut avoir tous les beignets du magasin de beignets, et soudain ne pas savoir quoi faire de tous ces beignets."

Le succès de son livre, récompensé par le National Jewish Book Award, a dépassé ses espérances. Il a été surpris par l’intérêt de la communauté juive dans son ensemble. "Bien sûr, il y a eu des livres sur les communautés ultra-orthodoxes avant le mien. Mais j’ai vraiment essayé d’emmener le lecteur au cœur de ce monde, dans le ventre de la bête, si j’ose dire." Il travaille actuellement sur un roman "qui se passe dans le monde ultra-orthodoxe". C’est par là qu’il aurait voulu commencer, mais il savait "qu’un récit autobiographique, cet enfant bâtard de la littérature, aurait plus de chance d’être publié", glisse-t-il avec une franchise déconcertante. Son frère, dont il est resté proche et qui vit toujours à New Square, se refuse à lire son livre. "C’est pour lui une manière de se protéger. Et je le comprends."

- "Shulem Deen, confessions d'un rebelle hassidique", Capital, 29 décembre 2017 :

Sans surprise, son histoire intéresse des producteurs et il a déjà reçu plusieurs propositions pour l'adapter sur grand écran. "On discute mais ça ne m'emballe pas du tout. Écrire ce livre correspondait à un projet artistique. Ce n'était pas par besoin de raconter mon histoire au monde entier". Pour ça, "j'ai des amis et un psy !", conclut-il en bon New-Yorkais.

L'éditrice

Le livre a été publié en France par une maison d'édition, Globe, qui ne publie que de la non-fiction littéraire, créé en 2013. Voir :
- l'intéressant entretien en 2017 avec sa directrice, Valentine Gay, "La non-fiction littéraire pour défricher le monde" par Addict-Culture en 2017.

L’ambition de Globe, c’est aussi de montrer les coulisses des choses, et que cela soit porté par des plumes, par une écriture.

- son portrait et son parcours d'éditrice dans Livres Hebdo en 2018 "L'art du pas de côté", évoquant ses "multiples vies".

Celui qui va vers elle ne revient pas de Shulem Deen. "Ce livre illustre ce qui sous-tend ma ligne éditoriale : la littérature comme manière de connaître et de comprendre le monde".

Nous avons lu dans le groupe un seul livre paru chez cet éditeur, en 2019 : Ami de ma jeunesse d'Amit Chaudhuri.

La traductrice

Voici une présentation et la liste d'une trentaine de livres qu'elle a traduits ICI.
Contactée, Karine Reignier-Guerre a accepté de répondre à toutes les questions que Claire avait rassemblées (compte rendu à venir avec nos réactions au livre...)

Le look hassidique
- Pour les femmes
Jupe au-dessous du genou, collants opaques, pas de décolleté et, surtout, pas de cheveux apparents pour les femmes mariées, une perruque (sheitel) avec l'usage de se raser les cheveux.
- Pour les hommes

Shulem Deen, à 16 ans (Collection Shulem Deen)
› tenue noire : long caftan (habit traditionnel des rabbins hassidiques depuis le 18e siècle, inspiré des vêtements alors à la mode dans la haute société polonaise) et chapeau noirs
› toque de fourrure (schtreimel)
› des papillotes le long du visage
› une barbe
cette coutume vient de l'interdiction de se tailler les cheveux "en rond" (Lévitique 19, 27), interprétée comme une interdiction de raser les tempes
› châle de prière (talit)
› téfilines reçus lors de sa bar-mitzvah : ce sont des boîtiers en cuir renfermant des parchemins écrits à la main par un scribe et comprenant la même prière, reliés à des lanières ; les hommes ont l'obligation d'en entourer leur bras gauche et leur front tous les jours lors de la prière matinale, sauf le shabbat, à l'aide de lanières de cuir.
Un mode d'emploi
pour mettre les téfilines
ICI avec schémas

et mieux encore : un tutoriel !

- Un article très intéressant : "Histoire, rites… Ce qu'il faut savoir sur le hassidisme avant de regarder Unorthodox", par Macha Fogel, Le Monde, 5 mai 2020. La bande-annonce ICI.
- Outre la série Unorthodox, un documentaire, sorti en 2017 : One of us (L'un des nôtres), de Rachel Grady et Heidi Ewing : le film suit la vie de trois anciens membres de la communauté hassidique de New York. Bande-annonce ICI.


Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :
                                        
à la folie
grand ouvert
beaucoup
¾ ouvert
moyennement
à moitié
un peu
ouvert ¼
pas du tout
fermé !

 

 

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