Cycle 1





Cycle 2






Cycle 3






Cycle 4

 
Aki Shimazaki
Nous avons lu pour le 9 janvier un livre au choix, ou mieux encore, un cycle de 5 romans courts. Le groupe breton se réunit le 21 janvier. Tous les échanges ont lieu à distance...
16 ROMANS EN 20 ANS, tous publiés chez Léméac au Québec et Actes Sud.
Premier cycle
Deuxième cycle
Troisième cycle
Quatrième
cycle
(un titre publié actuellement)
- 1999 : Tsubaki
- 2000 : Hamaguri
- 2001 : Tsubame
- 2003 : Wasurenagusa
- 2004 : Hotaru
- 2006 : Mitsuba
- 2008 : Zakuro
- 2010 : Tonbo
- 2012 : Tsukushi
- 2013 : Yamabuki
- 2014 : Azami
- 2015 : Hôzuki
- 2016 : Suisen
- 2017 :
Fuki-no-tô
- 2018 :
Maïmaï
- 2019 : Suzuran



Voir en bas de page la présentation de chacun des romans courts

DES INFOS
à propos d'Aki Shimazaki
et ses 16 romans en 20 ans
(de 1999 à 2019) :

Quelques repères biographiques
À propos de son écriture
Ses influences littéraires
Son Japon d'aujourd'hui
Presse et analyses
Ses 16 œuvres publiées


Le Devoir, 2018

Nos 20 cotes d'amour (auxquelles s'ajouteront celles des Bretons)
Annick LClaire Marie-Christine RenéeRozenn
 DanièleFannyMonique SMuriel
 FrançoiseGenevièveKatell
LisaMonique LNathalieSéverine
Entreet CatherineEtienne
JacquelineLaura

Annick L(avis transmis)
Je regrette beaucoup de ne pas partager ce moment avec vous, d'autant que j'ai un véritable coup de cœur pour cette œuvre romanesque singulière. J'ai dévoré les dix premiers tomes des deux coffrets (Le poids des secrets, Au cœur du Yamato) et je viens d'acheter les cinq derniers que je suis impatiente d'ouvrir. Cette Japonaise qui a quitté son pays pour vivre au Japon y a consacré 20 ans de sa vie : le premier tome est paru en 1999 et le dernier en 2019 ! Et cette fresque balaie presque tout le 20e siècle : la première histoire remonte aux années 1920 avec ces Coréens qui ont fui leur pays colonisé par le Japon. La composition de cette saga est tout à fait originale, chaque coffret de 5 titres a une unité thématique et se lit comme la reconstitution d'une histoire à travers les points de vue contrastés des différents protagonistes ou témoins. Le premier autour des traumatismes liés à l'histoire belliqueuse et impérialiste du Japon, à l'extérieur et à l'intérieur de ses frontières. Le second, qui se situe après-guerre, est centré sur les contraintes que subissent les individus de la part de leurs entreprises, ou de la société plus largement, au détriment de leur vie personnelle et familiale. Mais ces thèmes ne sont jamais développés de façon abstraite : ils sont illustrés par des récits de vie. Et j'adore cette façon de nous raconter toutes ces histoires individuelles, dont les pièces s'imbriquent comme un puzzle. Tout cela constitue en soi déjà une initiation très vivante et contrastée (puisque les personnages se positionnent de façon différente) à la culture et à la société japonaise.
Mais ce qui m'a fait plonger de façon addictive dans cette série de petits romans faciles à lire c'est le talent de l'auteure. J'adore cette façon de raconter des histoires, toujours d'un point de vue subjectif, d'un Je à l'autre, d'un protagoniste à l'autre, sans interférence de commentaires ou d'analyses surplombant le récit. Si bien que le lecteur, en quête de sens sur les enjeux historiques ou sociétaux, progresse pas à pas, volume après volume, dans une sorte de compréhension intime des drames évoqués. Un art de la polyphonie vraiment remarquable !
Et puis j'aime ce genre d'écriture dépouillée, fluide, mais jamais désincarnée qui me fait penser à Annie Ernaux. Une simplicité apparente qui est le fruit d'un travail littéraire indéniable. Avec une petite note exotique, très japonaise dans l'évocation de la nature, du passage des saisons, de la symbolique poétique des fleurs et des plantes qui a donné naissance aux titres des romans, rattachés aux personnages. Saluons d'ailleurs au passage la beauté de ces coffrets et des couvertures… qui feront de jolis cadeaux !
Ce que je trouve extraordinaire enfin, c'est la portée universelle de ces histoires humaines, qui dépasse le contexte spécifique de ce pays : tensions entre la vie professionnelle et la vie familiale, entre le désir et l'habitude dans le couple, hypocrisie et pression des conventions bourgeoises, etc.
Peut-être cela tient-il à la distance qu'a prise Aki Shumazaki pour observer son pays d'origine depuis le Québec. Sans oublier la langue française qu'elle a choisie pour écrire son œuvre.
Trois fois ouvert !!!
Je vous souhaite des échanges passionnants autour de cette pépite.
Et je remercie le groupe pour cette découverte.
Nathalie (avis transmis)
J'ai lu les deux premiers textes de la série du Poids des secrets. J'ai aimé lire le premier. J'ai poursuivi avec plaisir. L'écriture transmet à petites touches, la douleur, le manque et la perte. Elle sait nous donner accès à l'intime sans développement. Elle est pour moi toute de grâce et de légèreté et laisse voir plus qu'elle ne dit. C'est très suggestif et cela permet facilement à la lectrice que je suis de "voyager" à l'arrêt. J'ai été très émue par ces personnages, par l'alternance des duos, des trios, par ces vies mêlées, entremêlées et ces alliances qui se forment ou ne se forment pas, au gré des interdits sociaux (la jeune mère à laquelle on refuse le mariage parce qu'elle est d'origine douteuse, l'amour impossible entre le frère et la sœur..., le rapprochement des deux familles par le biais des maisons mitoyennes), par l'évocation de la catastrophe nucléaire. J'ai réalisé que ma fille était née exactement 50 ans après l'explosion de Nagasaki. Je me suis dit que ce jour-là, j'avais sûrement dû entendre parler de ce terrible anniversaire, mais je ne m'en souviens plus. Le parti pris du changement de points de vue donne terriblement envie de se procurer les trois autres de la série (ce que je ne manquerai pas de faire dès que j'aurai du temps de libre).
J'ai également beaucoup aimé l'évocation de l'intimité des couples (les scènes sont très pures et très visuelles). La beauté des corps enlacés, la blancheur des peaux, la précision des gestes amoureux. Il y a quelque chose de l'ordre du conte dans ce texte. Les apparences ne sont pas ce que l'on croit, les transgressions sont nombreuses (amour incestueux, présence des témoins silencieux qui épient et accèdent à des informations interdites..). Bref, c'est une belle découverte.
Katell
Sur les conseils de Claire, j'ai lu cet été trois ou quatre (je ne me souviens plus...) livres du cycle Le poids des secrets. J'ai profité d'un séjour à Arles pour aller les acheter dans la librairie Actes Sud : ce sont de jolis objets avec des couvertures très réussies. Mais à plus de six mois de lecture, hélas, il ne m'en reste pas grand chose... Je me souviens d'une écriture simple mais pas simpliste, assez fluide, étonnante même dans sa simplicité. Que chaque roman prenait le point de vue d'un.e protagoniste et que l'action se situait pendant Hiroshima. Au même moment, Arte diffusait un documentaire sur Hiroshima, qui me permettait de mettre des images sur les événements du livre. Je me souviens d'avoir apprécié ma lecture et que j'ai pu la recommander et/ou prêter les livres. Mais ce sont les seuls souvenirs qu'il me reste. Alors j'ouvre à moitié.
Fanny (avis transmis)
Voici mon avis histoire de vous accompagner à distance. Bel échange à vous en attente de vous lire.
J'ai lu les trois premiers du cycle 1 : Tsubaki, Hamaguri et Tsubame. Au tout début de ma lecture, je dois dire que j'ai eu un peu de mal à entrer dans le roman. Ce n'est pas la première fois que je constate cet effet avec la littérature japonaise, comme si pour moi le décalage culturel venait freiner ma capacité à m'imprégner de récit, à me sentir en quelque sorte concernée par l'histoire. Ce premier mouvement est assez limitatif j'en ai conscience, pourquoi faudrait-il se sentir culturellement proche pour éprouver de la curiosité, de l'intérêt, et de l'empathie ?
Assez vite cependant j'ai été prise par ma lecture, et j'ai d'ailleurs lu le troisième quasiment d'une traite.
La lecture a été pour ma part instructive sur l'histoire du Japon et de la Corée, avec une vue de l'intérieur mêlant les différents protagonistes dans une vision qui m'est apparue comme n'étant pas manichéenne.
J'ai été touchée par les différents personnages, peut-être en particulier par la mère de Yukio à travers son dilemme et son choix de taire ses origines. J'ai trouvé très émouvante sa rencontre avec la vieille dame à qui elle se confie.
Enfin sur le plan de la construction, j'aime bien cette composition en mosaïque où les histoires au fil des générations viennent s'imbriquer. Il y a l'effet de surprise à chaque commencement, de qui va y-on découvrir l'histoire cette fois-ci ? Tout comme dans Le quatuor d'Alexandrie, j'aime aussi ce procédé qui permet de découvrir une même trame à travers le regard singulier de chacun des protagonistes.
J'ouvre aux ¾. Je vais me plonger dans André Breton pour les jours à venir, mais avec l'envie de revenir ensuite sur la fin de ce premier cycle.
Marie-Christine (avis transmis)
J'ai lu Zakuro... délicat et magnifique.
Quelle découverte cette Aki Shimazaki !
Une immersion dans un Japon de tradition et de modernité..., j'ai adoré !
Danièle(avis transmis)
Contrairement au dernier livre de Martin Walser lu dans le groupe, où je n’arrêtais pas de noter des citations tellement le livre était foisonnant et bien écrit, pour ce livre-ci (Hotaru dans Le poids des secrets) pas une seule citation à se mettre sous la dent, sauf, bien sûr, l’image symbolique et fil conducteur du roman : je vais te raconter l’histoire d’une luciole tombée dans l’eau sucrée (p. 33). Pas beaucoup de trouvailles poétiques donc, mais une petite musique tout le long du roman, sur un rythme équilibré, sans rupture de style, comme un haïku. C’est une confidence à voix basse, de la grand-mère à sa petite fille, toujours sur le même rythme de phrases très simples, une confession sur un sujet tabou ou honteux. La grand mère, dans sa jeunesse, avant d’épouser l’homme qui sera son époux pour la vie, a eu un enfant d’un homme marié, et a continué, plus ou moins contre sa volonté, d’entretenir encore un certain temps des rapports avec le père de son fils. (Un peu compliqué, quand même, à la première lecture !). Personne dans la famille n’est au courant, même pas le fils en question, père de la narratrice. Autrement dit, maintenant, c’est la narratrice qui se trouve dépositaire de ce secret qui va perdurer. C’est une confidence qui arrive en fin de vie pour dissuader la petite fille de se laisser tenter par l’eau sucrée elle aussi. C’est donc plus qu’une confidence, c’est une mise en garde.... à l’usage des jeunes filles !!!
Je ne sais pas si je dois me laisser bercer par le charme de la petite musique de cette Annie Ernaux japonaise (du point de vue du style), de cette linéarité obsédante et envoûtante qui exprime une sorte de fatalité. C’est un drame familial (ou éprouvé comme tel par la grand-mère) dans le contexte de l’histoire tragique de Nagasaki, raconté tout aussi sobrement.
J'ouvre aux ¾.
Jacqueline(tranchant avec ces avis) 
Il y a quelques mois, en fait quand il a été programmé, j'ai lu la première série Le poids des secrets et la troisième, L'ombre du chardon. Cela se lit extrêmement vite et facilement. La deuxième n'était pas libre dans les bibliothèques proches : visiblement ces livres ont un grand succès. Depuis, il ne me reste pas grand chose de ce que j'avais lu et je n'ai guère trouvé le courage de le relire ou de lire la deuxième série. Pour ce qui est des thèmes, ils m'ont paru très "littérature féminine" dans le mauvais sens du terme. Je me souviens que dans le groupe, il y a longtemps, il avait été question de lire un "Harlequin'' et au fond, je m'imagine un peu les Harlequin comme cela. Parler de Nagasaki pour en faire l'occasion d'un crime parfait ou dans la troisième série faire jouer les bons sentiments avec le racisme anticoréen ou les missionnaires dévoués, parsemer les textes de termes japonais, ne suffisent pas à être à la hauteur de ce que Pearl Buck a pu faire avec la Chine ancienne. Shimazaki me paraît avoir créé une forme effectivement à part, sinon réellement originale. Les phrases sont très simples, les chapitres courts pour des livres a minima. Une narratrice (parfois un narrateur) s'exprime comme dans les "histoires vécues" que l'on trouve parfois dans la presse féminine. Le principe de la série est, un peu transposé, de celui des feuilletons, des mangas ou des bandes dessinées. Il me semble que ces petits livres sont très bien adaptés au succès commercial qui est le leur. En même temps il faut au moins un coffret complet pour un voyage en train, tant cela se lit vite ! J'ouvre un tout petit quart puisque j'ai lu deux séries…
(Voir ci-dessous une réaction à la Pearl Buck citée par Jacqueline.)   
Séverine
J'ai lu Suzuran que j'ai trouvé gnangnan : cette histoire d'amour c'est pas mon truc, je reconnais le côté Harlequin dont parle Jacqueline.
Quant au style de l'auteure, est-il simple dans le style haïku où est parce que ce n'est pas sa langue ? Car j'ai l'impression de lire un texte dont l'auteur n'écrit pas dans sa langue.
Mais mon avis a évolué en lisant le cycle Au cœur du Yamato que j'ai lu en entier sauf le 5e, Yamabuki. Si je n'avais lu que le premier livre, Suzuran, j'aurais "fermé".
J'ai eu plaisir à replonger dans cette culture. J'ai appris sur l'histoire du Japon, la Sibérie par exemple. Ma lecture est donc meilleure.
Mais quand même l'histoire d'amour de Tsukushi est cousue de fil blanc. Mais je dois dire que je me suis prise au truc. J'ouvre à moitié.
Mais quand j'ai lu le premier livre, je me suis dit c'est quoi cette blague ?
Et le style me pose question. Je ne sais pas si c'est une œuvre littéraire ou un texte pour découvrir le Japon. J'ouvre à moitié.
Mais ce sont de beaux objets avec de belles couvertures et l'évocation des saisons.
Etienne, entreet 
Ce fut donc une lecture plutôt mitigée de mon côté. Certes, je reconnais une indéniable qualité d'accroche de ses pentalogies. On retrouve avec plaisir un personnage laissé au tome précédent, une nouvelle facette apparaît… L'univers dépeint est instructif pour celui qui veut un premier contact avec la culture japonaise et les thèmes abordés témoignent d'un souci de profondeur. Mais cela n'a pas suffi pour ma part, je me suis rapidement ennuyé de la simplicité de la langue, des répétitions, d'une impression de remplissage parfois. M'est venue l'idée que Shimazaki avait construit ses personnages comme ses coffrets : élégants, épurés, gonflés de symboles, mais qu'en fin de compte ce qui reste est assez mince. Les protagonistes me semblaient, au détour d'une page, joués par des robots. Choc culturel ? Peut-être, mais l'explication régulièrement avancer serait trop simple, puisque j'adhère complètement à la narration de Yoko Ogawa ou Endo. J'ouvre et je coupe la grenade en deux ou plutôt entre ¼ et ½.

Lisa    
J'ai commencé ce matin le cycle Le poids des secrets avec Tsubaki. J'ai aussitôt eu envie de lire le suivant, j'ai mis mon manteau et je suis allée à la librairie : il ne l'avait pas. Tant pis.
Je l'ai lu très rapidement, j'ai été intéressée sans plus. C'est un thème qu'on retrouve dans la littérature, ce secret, un secret pas si terrible.

Claire
Le secret, c'est quand même la mère qui avoue à sa fille qu'elle a tué son père...
Lisa
Elle a tué son père parce qu'il a une maîtresse, pourquoi ? Si tous les enfants dont les parents ont une liaison les tuaient, il ne resterait pas grand monde... Je ne comprends pas cette histoire de secret déjà vu et revu dans les films, rien de nouveau sous le soleil.
Quant à la première partie où la grand-mère parle avec son petit-fils, leurs réflexions sur la guerre ne m'intéressaient pas du tout. Quant aux dialogues - est-ce parce que ce n'est pas sa langue ? - ils m'ont paru invraisemblables par exemple page 27, entre le fils et sa mère qui rentre chez elle :

"- Je viens d'aller chez l'avocat. Il faisait froid ce matin, je me suis mouillée.
- Je crains que tu n'attrapes froid. Je peux te faire du thé."

Ça manque de naturel, j'étais morte de rire.
Mais ça se lit facilement, avec des phrases courtes, on peut penser à Yoshimura, non mais rien à voir, je préfère de loin Yoshimura. J'ouvre à moitié parce que dès que j'avais fini j'avais envie de lire le second. Je ne sais pas ce qui m'en restera, si j'en garderai grand-chose.
Monique L 
J'ai dévoré ces 5 petits livres.
Bien que le procédé ne soit pas nouveau, j'ai apprécié que la même tranche de vie nous soit racontée successivement par les divers protagonistes et à des époques différentes. La manière dont l'auteur dévoile petit à petit les différents secrets qui touchent tous les personnages, chacun en détenant et en confiant un petit fragment m'a plu.
La façon dont les destins et les révélations s'entremêlent est intéressante. Un bémol : je me demande s'il est plausible que l'on ne reconnaisse pas une personne que l'on a fréquemment rencontrée quelques 10 ans après ?
Un roman tout en nuances qui conte les drames d'une famille en parallèle des grands drames de l'Histoire : le tremblement de terre de 1923 à Tokyo, la guerre, la déportation, la bombe de Nagasaki.
J'ai apprécié que ce regard soit sans complaisance pour le Japon en notant ses exactions commises en Asie, notamment à Nankin.
J'ai découvert une société aux codes plus rigides que je ne le savais et surtout l'exclusion des coréens et sans doute de tout étranger.
Les personnages sont attachants et ont beaucoup de pudeur.
Le style est simple avec des phrases courtes. L'écriture délicate, lumineuse, parfois poétique, s'accorde bien à la sobriété japonaise. Une écriture juste mais qui ne porte pas de jugement.
C'est sobre et pudique, tout est en retenue, en touches subtiles. Je ne me suis pas sentie voyeuriste mais en empathie avec les différents narrateurs.
Les titres des 5 fascicules sont eux-mêmes dépaysants et symboliques. J'ai préféré le premier et le quatrième :
   Tsubaki (Camélia), raconté par Yukiko
   Hamaguri (coquillage), raconté par Yukio
   Tsubame (hirondelle), raconté par Mariko
   Wasurenagusa (myosotis), raconté par Kenji
   Hotaru (luciole) raconté par Tsubaki petite-fille de Mariko.

Ce fut une lecture très agréable, mais que m'en restera-t-il si ce n'est une ambiance ? J'ouvre à ½.

Rozenn
J'ai dévoré ça comme une série, j'ai adoré. J'en ai lu 10 d'affilée, donc 2 × 5 livres. C'était magnifique de lire des petits livres aussi jolis et pas sur Kindle comme je lis d'habitude.
Après le premier, j'étais très déçue et il ne faut vraiment pas s'en tenir à un seul. Surtout que le premier du Poids des secrets commence par un long truc historique un peu long et après c'est trop léger, les personnages sont simplement esquissés et ils n'ont pas le temps d'exister : ils arrivent à exister par le croisement et l'effet kaléidoscope des différents livres.
Je crois vraiment qu'il faut continuer à en lire un deuxième, Lisa.

Lisa
OK, en plus ça se lit vite.
Rozenn
Ça se lit très vite.
Quant au style, oui, ça se lit vite, c'est simple, facile, avec quelque chose d'un peu trop systématique, comme les couvertures, comme le choix d'un symbole pour chaque livre.
J'ai eu l'impression d'apprendre beaucoup sur l'histoire du Japon, de vivre dans un univers complètement différent : je crevais d'envie d'aller acheter de la bouffe japonaise, mais je ne sors pas de chez moi, bon mais ce soir je crois que je vais craquer.
J'ai trouvé très intéressants les rapports familiaux et hiérarchiques, tout est très codé, tout doit être respectueux et forcément on arrive aux mensonges, c'est inéluctable.
Avant de lire L'ombre du chardon, j'aurais voulu voir avec
Suzuran ce que ça donne si elle fait un roman, est-ce que les personnages ont plus d'existence ?

Séverine
Mais il est de la taille des autres, c'est que, comme c'est le dernier, il n'est pas encore en poche et semble plus gros.

Rozenn
Là il n'y a de nuances que dans le décalage, pas à l'intérieur du personnage, c'est la limite que je pense.

Ceci dit, je ne boude pas mon plaisir et je l'ouvre en TRÈS grand.

Françoise
Je n'avais pas du tout compris qu'il y avait des séries... Katell m'avait prêté Tsubaki. Puis j'ai pioché dans ce que Claire avait envoyé, j'ai pris au hasard.

Claire
Je les avais numérotés...

Françoise
Ftttt, ça m'est passé au dessus de la tête.
Avec le premier que j'ai lu, je n'ai pas imaginé qu'il y avait une suite : le demi-frère caché, l'assassinat du père par sa fille..., encore que on ne sait pas vraiment si elle l'a empoisonné.

Rozenn
Tu le sauras si tu lis la suite !

Monique L
Faut lire les autres, Françoise !

Claire
Tu te réjouiras qu'il soit tué !
Françoise
J'ai donc lu Azami, puis Hôzuki : je n'y ai rien lu concernant la Corée, la Sibérie.
Le style est très simple, très tac-tac-tac. C'est au présent, à la première personne, très factuel comme récit : je fais ci, lalali lalala. Comme Séverine, je me demande s'il s'agit d'un style maîtrisé, voulu ou pas. Certaines expressions interrogent, mais c'est sans doute du français canadien ; ça ne m'a pas outre mesure gênée.
Heureusement, ce sont des récits courts, sinon je pense que ce style (?) m'aurait lassée.
Hôzuki m'a semblé la suite d'Azami avec l'entraîneuse qui a ouvert une librairie et qui a un enfant sourd-muet qu'elle a trouvé et qui rencontre la mère biologique, ce qui m'a paru totalement invraisemblable. À moins qu'on considère que c'est un conte.
La lecture est agréable, ça se lit bien, c'est court. Mais je n'ai pas trouvé qu'on pénétrait vraiment ni dans la culture japonaise ni dans l'histoire du Japon, sauf avec le bombardement de Nagasaki.
J'ouvre à moitié. Ça se lit bien, mais cela ne me donne pas envie d'en dire plus, je rejoins Lisa, ça m'a suffi.
Monique S
J'ai commencé par deux livres du premier groupe "Le Poids des secrets".
   Tsubaki raconte l'histoire d'une grand-mère survivante à l'explosion de Nagasaki et qui cache un lourd secret, car son père n'est pas mort ce matin-là de la bombe comme on le supposait, mais de son parricide à elle, par vengeance. Ce livre m'a semblé un exposé un peu trop pédagogique et un peu simple des faits historiques autour de la bombe. Longtemps, les Japonais n'ont pas pu parler de leur version des choses, ni des souffrances vécues par la bombe. Les Américains ont occupé le Japon durant dix ans et interdisaient toute expression dans la presse, ou les livres sur le ressenti japonais, leur instillant dans la tête l'idée qu'ils étaient "coupables", "mauvais", et devaient taire cette terrible "humiliation" méritée. Je pense que les premiers Japonais à oser déterrer les non-dits ont été ceux qui vivaient à l'étranger...
   J'ai lu ensuite Tsubame, où une vieille femme cache ses origines coréennes, après avoir été nationalisée japonaise comme orpheline de guerre. Jusqu'à sa mort, elle ne dira rien, même à son mari et à ses enfants. Mais dans ses derniers jours, elle retrace l'histoire des Coréens au Japon dont personne n'avait intérêt à parler, ni les Japonais ni les Américains. Même impression d'un livre un peu pédagogique, doucettement engagé.

Et puis j'ai lu deux livres du dernier cycle L'ombre du chardon, et j'ai beaucoup aimé. Shimazaki délaisse l'Histoire, et s'attache à décrire les ressorts des relations humaines, et de la psychologie. C'est un changement de regard total aussi par rapport à la culture japonaise ; on n'est plus dans ce qui rattache le groupe social, les conventions. Mais certains personnages approfondissent leur individualité, développent un chemin personnel, au risque de laisser sur le bas-côté d'autres personnes de la famille et du groupe, qui n'ont pas compris que les états d'esprit ont changé, et qui restent empêtrés dans les rôles conventionnels qui n'ont plus leur place.
   J'ai aimé Suisen, où un homme narcissique et manipulateur considère sa femme, ses collègues, ses enfants, ses maîtresses, comme de simples objets à sa disposition, pour le mettre en valeur. Au fur et à mesure du livre, sans qu'il ne se rende compte (ni nous lecteurs d'ailleurs), toutes les personnes qui l'entourent évoluent, prennent conscience de leur exploitation, et prennent de la distance en le laissant seul sur le carreau. On explique, on comprend son comportement, ses blocages, sur des bases d'analyse psychologique. Mais aucune "convention" ne tient plus, chacun est responsable de ses actes, de ses choix ; et chacun est libre, contrairement au passé.
   Mon livre préféré est Hôzuki. J'ai beaucoup aimé l'esquisse de cette femme libre, qui ne veut pas se marier, ne veut pas dépendre d'un homme, ne veut pas d'enfants, se cultive autant qu'elle peut, devient libraire réputée, et travaille comme entraîneuse pour élever un enfant "trouvé". On est hors conventions, mais aussi hors bons sentiments. On surfe sur la ligne déontologique ténue entre liberté et transgression... (n'a-t-elle pas volé cet enfant ?)

Pour conclure :
   Il y a toujours dans les livres de Shimazaki : du secret, de fausses apparences, un silence concerté du groupe, jusqu'à l'explosion finale des ressentiments.
   Ce qui est particulier aussi dans ses livres, c'est qu'on retrouve des personnages principaux ou lointains, comme en ombre chinoise, d'un récit à l'autre. Copie peut-être sur la mode des sagas et séries du cinéma ? Cela donne en tout cas l'impression d'un monde "petit", d'une île ? où tout le monde retrouve tout le monde.
   Shimazaki dépeint très bien ses personnages, au scalpel, sans sentimentalité. Ses récits sont très travaillés, tous les détails s'agglomèrent au fil du livre, rien n'est superflu. Le personnage du narcissique Gorô dans Suisen, par exemple, est digne d'un Caractère de la Bruyère.
   J'ouvre aux¾. Lecture plaisante ; je suis contente d'avoir découvert cette auteure, mais je ne sais pas si j'aurais envie de relire ces livres dans dix ans, vingt ans ; on surfe peut-être sur des partis-pris à la mode du moment, faits pour plaire. Je ne pense pas être en face d'une écriture et d'un univers personnel de grand créateur.
Catherine, entreet 
J'ai lu les trois premiers du premier cycle. Je suis restée sur ma faim après le premier livre : cela me paraissait un peu simple, des phrases courtes tout le monde l'a dit, des personnages ébauchés, pas approfondis. J'ai lu le deuxième et le troisième et, certes, le procédé (changement de narrateur) est connu, mais il donne de l'intérêt à l'histoire vue par d'autres personnages.
J'ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture. Je vais finir cette série. Monique et Françoise m'ont donné envie de lire le cycle 3 où il semble que les personnages prennent plus d'épaisseur.
Par petites touches, on apprend des choses sur le Japon : à propos de l'occupation en Manchourie et sur la Corée, on ne connaît pas forcément.
On est frappé par les rapports dans les familles fondés sur une économie de la relation. L'écriture le rend assez bien.
J'ai eu un plaisir de lecture. C'est vrai qu'il y a un effet de mode avec le procédé, mais c'est intéressant. J'ai lu peu d'auteurs japonais et j'étais contente de lire ça : c'est une lecture de vacances et j'avais justement quelques jours de vacances. En en lisant d'autres, je pense que je prendrai sans doute plus d'intérêt à l'ensemble. J'ouvre entre moitié et ¾, plus proche de la moitié et peut-être plus après...
Renée
Comme Lisa avec le premier livre, j'ai ressenti quelque chose d'assez addictif, je n'avais qu'une envie en lire d'autres en lire d'autres, mais en effet ça ne laisse pas trace indélébile. J'en ai lu une dizaine, mais dans le désordre, car j'ai emprunté à la médiathèque de Narbonne ceux qui s'y trouvaient ; ensuite, comme l'auteure me plaisait, j'en ai fait des cadeaux pour Noël que je lisais avant de faire le paquet cadeau…
J'ai trouvé poétiques des phrases très simples, par exemple, suspendant le temps : "Elle coupe le bout d'un rameau avec des ciseaux ; je suis des yeux le mouvement de ses mains".
J'ai été touchée par la cérémonie du thé dont j'ignorais tout et d'apprendre que des gens vivent de ça m'a semblé extraordinaire.
Elle décrit les traditions familiales et de l'entreprise et la modernité avec les jeunes qui veulent se libérer.
À propos du bébé trouvé dans une consigne, j'ai pensé à un livre que j'ai adoré Les Bébés de la consigne automatique : très fort, très violent. Je ne sais pas s'il y a un autre pays où l'on abandonne les bébés dans une consigne automatique.

Claire
C'est pratique.

Etienne
On les déposait dans les églises chez nous.

Monique
Quand j'ai travaillé dans l'aide sociale à l'enfance à Paris, on trouvait des bébés dans des sacs plastiques Monoprix dans le caniveau

Renée
Les plus vivaces survivaient. Je crois que j'en ai trop lu. Comme Séverine qui a commencé par Suzuran, moi j'ai fini par celui-là, que j'ai trouvé ridicule.

Séverine
Aaaahhhh !

Renée
Absolument ridicule. Très manichéen, avec deux sœurs dont une dévoreuse d'hommes, ça ne tient pas debout, c'est cucul la praline au possible, j'ai détesté ce livre. C'est dommage parce que j'avais bien aimé tout le reste.
Ce qui m'a beaucoup plus intéressée, c'est notamment la pression de l'entreprise sur la vie des gens, quelque chose qu'on ne connaît pas à ce point en France.
J'ouvre ¾ si ce n'est pas en entier, car j'ai eu beaucoup de plaisir. C'est vrai qu'il y a un peu un système ; je trouve que l'auteure est une coquine, parce qu'elle a des ficelles qu'elle reprend ; Suzuran m'a fait voir les défauts des autres ; par exemple, elle aime bien répéter, ça fait des lignes... Mais j'ai presque atteint l'overdose.

Françoise
À propos de la cérémonie du thé, je vous invite à voir le film magnifique Dans un jardin qu'on dirait éternel, où on découvre cette cérémonie, c'est une merveille (plusieurs acquiescent - à louer sur Arte pour 4,99€).

Renée
J'ai été étonnée d'apprendre qu'on ne prend que deux gorgées, une telle cérémonie pour deux gorgées !...
Muriel 
Je suis là surtout pour écouter les avis des autres car j'ai lu des livres, quatre je crois, il y a plusieurs mois. J'ai été malade et j'ai perdu la boule, ce qui fait que je m'en souviens encore moins.
Mais j'ai été très accrochée par le style. S'il est vrai que c'est toujours sujet-verbe-complément et que j'ai attribué ça au fait que c'est une Japonaise qui écrit en français, j'ai trouvé ça très accrocheur. C'est une lecture qui m'a beaucoup plu, qui m'a intéressée, je ne pouvais plus lâcher les livres, tant pour le style que pour les personnages. Je n'en dirai pas plus car je ne m'en souviens pas très bien, me rappelant juste mon intérêt pour ce que j'ai lu. J'ouvre donc aux ¾.

Claire
Tu as vraiment perdu la boule car tu en as lu 7 que je t'ai prêtés dont un cycle entier…
Laura
Au cœur de l'œuvre "fleuve" de l'autrice, j'ai décidé de lire Azami et peut-être d'autres par la suite. Néanmoins, j'avoue que ce n'était pas un vraiment un choix… j'ai ouvert le premier Epub (merci beaucoup d'ailleurs) qui est tombé sous ma souris, et c'est tout… Donc, je n'avais aucune connaissance du sujet abordé, et je m'y suis lancée comme dans une aventure inconnue. 79 pages, j'ai été très étonnée. Comment l'autrice pouvait-elle développer un thème, une idée, ou simplement une histoire, en moins de 80 pages, et que ce texte soit considéré comme un roman ? Mais je ne connais pas les critères il est vrai. Alors je me suis lancée. Spoil : je n'ai pas aimé du tout, pour plusieurs raisons.
1) Tout le bouquin est écrit au présent. Je crois que cet argument est celui que j'appelle le plus à ma rescousse pour expliquer mon désarroi… Pourtant, c'est bien réel, je déteste les écrits au présent, je n'y trouve pas de profondeur, c'est plat, c'est sec (dit celle qui écrit cette phrase au présent… — mais moi je parle en termes de présent de vérité générale ! Bref.). Donc, avec moi, le présent, ça ne fonctionne pas… Du moins pas encore. J'ai pourtant tenté de trouver des bons côtés, parfois je trouvais des rythmes et poésies agréables. Toutefois, et voici le
2) Je me suis ennuyée. Les phrases sont terriblement courtes, et n'exposent que des descriptions de faits. Dans mon esprit, le résumé du livre pourrait être "Demain, je prends le train à 9h". J'ai vraiment été très sceptique au cours de ma lecture, ponctuée de petites grimaces ; et j'ai eu la sensation que le personnage était incapable de réflexion. À un moment, le personnage a "les yeux levés vers le ciel sans étoiles, [il est] plongé dans [ses] réflexions" (p. 10). Bien, mais encore ? J'attends ! Quelles réflexions ? Rien. Page blanche et nouveau chapitre. Shimazaki sait parfaitement me frustrer…
3) J'ai été très étonnée des rapports entre les femmes et les hommes, rapportés par l'autrice. Il est vrai qu'elle a vécu 26 ans au Japon, alors, peut-être que certains comportements sont pour elle normaux. Pourtant, le regard que le personnage porte sur les femmes était vraiment… je n'ai pas de mot. Manifestement, selon mon interprétation, aux yeux du personnage les femmes sont soit des mères soit des putes (employons le terme que Shimazaki se refuse à écrire), et il n'y a pas vraiment d'entre-deux. Sauf peut-être lors de sa liaison avec Mitsuko. Sa femme n'est plus sa femme, elle est la mère de ses enfants, et, comme il se plaît à le répéter, le couple est "sexless". Il ôte donc tout pouvoir séducteur à sa femme, il lui ôte même le pouvoir d'être une femme, sous-entendu, réelle. Mais réelle pour lui, selon sa vision. Et, ce que j'ai cru comprendre, c'est qu'une femme, selon ce qui lui apparaît comme bon ou normal, ne se maquille pas, ne s'apprête pas, est libre à tout heure de la journée ou de la nuit pour assouvir ses désirs sexuels, et elle se tait ; "Elle est bavarde ce soir" (p. 52) : j'ai trouvé que cette pensée était d'une grande violence. Pour lui, elle ne peut pas être à la fois femme et mère, et elle ne peut encore moins faire ce qui lui chante, comme planter des légumes seule à la campagne. S'il semble l'accepter ouvertement, il est assez remarquable qu'il se sente abandonné, ce qui culpabilise le rôle de la femme, qui devrait presque être doublement mère. Donc la femme est soit mère, soit pute. Et la prostituée est Mitsuko. Je fais référence au fameux passage du vol de sac à main : Mitsuko se promène en belle robe blanche, talons hauts, fume. Et, de suite "Une prostituée ? pensé-je." (p. 36). Mitsuko n'est plus la femme qu'il imaginait. Immédiatement, elle se voit dégradée, et ce n'est qu'en retrouvant une apparence prude et sage qu'elle remontera dans son estime. Bon, donc à travers ces divers exemples, j'ai essayé de mettre en avant le fait que l'autrice, en écrivant l'histoire, mettait en lumière une vision très masculiniste de la société (l'homme est celui qui est toujours déçu et abandonné, cf. le départ de Mitsuko), malgré les quelques et faibles appels féministes (une prostituée paye ses impôts comme les autres).

Claire
Tu n'aimes pas le livre parce que le personnage est vilain...

Laura
J'ai en fait une lecture un peu ambiguë : soit Shimazaki est vraiment matricée et il n'y avait aucun but à l'histoire ; soit l'autrice décide volontairement de pointer un problème de la société japonaise de notre époque. Je n'ai pas de réponse. Mais, dans tous les cas, j'ai été impressionnée par son talent à développer un personnage principal masculin.
Un quart ouvert.

Claire
Quant à la femme dont tu déplores qu'elle soit prude et sage, je te signale qu'elle va s'éclater érotiquement, mais il faut que tu attendes le tome 4 de ce cycle...

Geneviève
Je voulais sauter la séance, toujours prise par mon polar passionnant, quand cet après-midi je me suis dit ils sont courts, je vais en lire un, ce fut au hasard Tonbo : ça se lit vite et bien.
Je n'avais pas vu que c'était écrit en français et très vite j'ai repéré des problèmes de traduction, par exemple on ne dirait pas "dans un tel endroit", qui est la traductrice... j'ai alors vu que c'était écrit en français ! Le livre m'a quand même intéressée pour ce qui concerne la culture japonaise, par exemple le système de scolarité avec l'école de soir, spécifique ; le rapport au suicide aussi.
Je suis partisane des écritures plates... mais là c'est vraiment très plat.
Mais ce n'est pas inintéressant. Et si j'en lis un autre, ce serait pour la culture japonaise, étrangeté absolue pour moi, par rapport à des cultures qui m'attirent, africaine, maghrébine.
Le rapport à l'anglais aurait pu m'intéresser, avec la domination de l'anglais.
Ce fut une expérience pas désagréable, mais par une révélation.
Ce n'est pas si étrange que ce que nous avions lu d'Ogawa.
Claire(qui avait proposé cette lecture, appuyée par Katell)
Il me semble que lire un livre et un cycle complet, c'est une lecture assez différente.
Pour moi qui contrairement à vous tous ne regarde jamais de série, je reprends le mot de Renée : addictifs, tels ont été pour moi ces livres. J'ai lu tous les livres d'Aki Shimazaki... (n'en revenant pas)...
les 16 publiés...
Le plaisir vient de retrouver des constantes : dans les 16 livres on a systématiquement un narrateur à la première personne (homme, femme, enfant, vieillard, sympathique, odieux...), avec un univers japonais et son lexique à la fin, qui n'est pas le même pour chaque volume. Tout est bref : le lexique, le livre, les phrases... Et la retenue de mise, pas d'émotions exprimées, elles sont sous les mots.
La composition du cycle n'est pas une simple succession de monologues tournants et simultanés (comme dans Tandis que j'agonise de Faulkner que nous avions lu jadis), mais on voyage dans le temps ; de même, oui on est en permanence au présent que tu n'aimes pas Laura, qui fait coller au récit, mais au sein d'un même livre, on voyage dans le temps, avec des flashbacks, des enchâssement de récits, et l'enfance ou la jeunesse du personnage qui surgit à travers un personnage qui fait irruption dans le récit. Toujours dans le jeu des temps, l'âge joue : il y a souvent un enfant qui joue un rôle pour rapprocher ou éloigner les adultes et l'enfant est souvent extraordinaire ; la relation entre enfants est parfois centrale quand elle n'est pas incestueuse. De même, les plantes qui donnent leur titre aux livres sont liées aux saisons, au temps qui passe.
Ça, ce sont des ingrédients, mais le goût, c'est une tension, douce mais ferme (ce qui crée l'addiction), donnant pour moi un vrai suspense, dû à un mystère entretenu, des secrets, des révélations.
L'opposition tradition/modernité a été évoquée : on la retrouve au sujet des couples aux modalités diverses et souvent non conformistes par rapport à la tradition des mariages arrangés, bien présente : couples sexless, bisexualité, amours de jeunesse réactivées, attirances passionnelles. Il y a de nombreuses femmes fortes, non conformistes. Le rôle de la création est également fréquent, comme si elle correspondait à une émancipation, à une voie personnelle hors des sentiers battus. Ces ressorts ont contribué pour moi au plaisir, me persuadant également que l'auteure n'est pas moins libre, non conventionnelle. Certains ont soupçonné un savoir-faire commercial (une recette, à laquelle s'ajoute le coffret aguicheur) ; si Aki Shimazaki au tout début de ses publications remarquées a donné quelques interviews, elle a rapidement cessé, "à la Elena Ferrante", mettant en avant ses livres, point final ; ça n'est pas très commercial.
J'ai une deux réserves et une question : une petite réserve concernant les symboles liés aux titres - je suis d'accord avec Rozenn ou Etienne, c'est un peu too much... et une réserve qui concerne le récit sur des coïncidences (une fois ça va, mais dix foix ça peut se sentir). Et je m'interroge sur le travail avec l'éditeur : intervient-il sur la langue ou laisse-t-il ce qui peut nous paraître bizarre, limite correct ; mais je me suis laissé avoir plusieurs fois, croyant que c'était une maladresse, par exemple : il me suffoque qui est en fait une tournure transitive vieillie.

Françoise
Et peut-être du français du Québec.

Claire
J'ai aimé aussi voir l'évolution d'un cycle à l'autre : d'abord le contexte de l'Histoire, puis du monde de l'entreprise, sur lequel se tissent les relations qu'on suit, et puis on se dégage de ces contextes pour se centrer uniquement sur les relations, avec une place de plus en plus grande au rôle de la création.
Plusieurs ont dit il ne me restera pas grand chose. Pour ma part, j'ai eu un réel plaisir (qui m'oblige à ouvrir en grand...) : et s'il m'en reste rien après, et alors ?!


Pour finir, Monique S (qui est japonophile avertie et a gagné plusieurs concours de haïkus au Japon, voir ICI les écrits de Monique) nous parle de Ryoko Sekiguchi, dont nous avions lu La voix sombre.
Elle évoque ses livres écrits en français : Nagori : la nostalgie de la saison qui vient de nous quitter et Manger fantôme, d'une auteure d'aujourd'hui plus "japonaise", au sens où elle nous introduit plus dans "une pensée japonaise qui nous échappe". Mais ce sont plus des essais littéraires que des récits.
Elle rappelle aussi le coffret de Yôko Ogawa, trouvé par hasard dans une librairie à Bruxelles, qu'elle avait fait lire au groupe lecture - avec une dimension fantastique.
Nous recensons les livres japonais que nous avons lus dans le groupe.

Auteurs japonais
Qu'avons-nous lu ?
Quand ?
Shûsaku Endô Silence janvier 2019
Saikaku Ihara
Les cinq amoureuses

mars 1994

Yashushi Inoué
Le fusil de chasse
mai 1991
Kazuo Ishiguro*
Un artiste du monde flottant
Les vestiges du jour
novembre 2004
mai 2018
Kobayashi Issa***
Journal des derniers jours de mon père juillet 2014
Yasunari Kawabata Les Belles endormies
Pays de neige
décembre 1987
octobre 2004
Abe Kobo

La Femme des sables

mars 1990
Yukio Mishima L'École de la chair
Le Pavillon d'or
et livres au choix l'été
octobre 1998
septembre 2009
Haruki Murakami Au Sud de la frontière, à l'ouest du soleil février 2005
Ryû Murakami Ecstasy juin 2004
Kenzaburô Ôé Dites-nous comment survivre à notre folie avril 2016
Yôko Ogawa La Piscine - Les Abeilles - La Grossesse novembre 2004
Julie Otsuka*
Certaines n'avaient jamais vu la mer janvier 2014
Ryoko Sekiguchi**
La voix sombre juillet 2016
Aki Shimazaki** Livres au choix janvier 2021
Junichi Tanizaki La confession impudique novembre 1991
Banana Yoshimoto
Kitchen janvier 2002
Akira Yoshimura Le convoi de l'eau juin 2012
*écrit en anglais                                    **écrit en français                            ***préfacé par Monique S

Brigitte Duzan (sinologue qui est venue plusieurs fois dans le groupe et qui suit toutes nos lectures et avis, pour se distraire de ses chinoiseries)
J'ai failli m'étrangler en lisant de la part de Jacqueline une apologie de Pearl Buck donnée en exemple pour sa peinture authentique de la Chine : rien de plus artificiellement faussement chinois que Pearl Buck !...


DES INFOS à propos d'Aki Shimazaki et ses 16 romans en 20 ans

Quelques repères biographiques
À propos de son écriture
Ses influences littéraires
Son Japon d'aujourd'hui
Presse et analyses
Ses 16 œuvres publiées


•QUELQUES REPÈRES BIOGRAPHIQUES

- Aki Shimazaki est née en 1954 au Japon à Gifu, un village montagneux. Elle est la cadette des trois sœurs et "se voit comme un mouton noir", rêvant "d'être seule et reconnue pour ce que j'étais et ce que je faisais".
- Titulaire d'un diplôme de pédagogie, elle travaille au Japon pendant 5 ans comme enseignante d'une école maternelle (ou l'équivalent au Japon) ; elle donne également des leçons de grammaire anglaise dans une école du soir.
- À 25 ans, elle demande un visa d’immigration à plusieurs pays. "C’est le Canada qui m’a choisie", dira-t-elle.
- Elle vit 11 ans au Canada anglais à Vancouver à partir de 1981 où elle travaille pour une société d'informatique, puis à Toronto, avant de s'installer à Montréal, attirée par l'"ambiance artistique", sans connaître un mot de français.
- À l'âge de 40 ans, elle commence à apprendre le français en autodidacte, puis dans une école de langue.
- Elle vit à Montréal depuis 1991, enseigne le japonais et publie depuis 1999. Shimazaki est son pseudo littéraire.
Une fois ces éléments connus, voir la présentation désopilante de l'auteure par deux booktubeuses sur leur chaîne "Personnel à tout le monde".

CE QU'AKI SHIMAZAKI DIT DE SON ÉCRITURE

Sauf précision, les citations qui suivent sont extraites de l'entretien approfondi avec Linda Amyot, "Aki Shimazaki : ce qu’on ne peut pas dire", Nuit blanche, 2007.
Aki Shimazaki a joué le jeu des médias au début de sa carrière puis les a fuis : "Beaucoup d'écrivains rêvent d'être connus. Moi, c'est le contraire. Pour moi, un écrivain, ça écrit." ("Aki Shimazaki : la méthode Shimazaki", Josée Lapointe, La Presse, 15 novembre 2015)

Quand et comment êtes-vous venue à la littérature ?

"Entre 13 et 18 ans, j'ai écrit des nouvelles pour m'amuser ou montrer à mes amies. Mes temps libres étaient consacrés à la lecture de romans et de biographies d'écrivains dont la vie était hors de l'ordinaire, comme celle d'Osamu Dazai. Après 18 ans, j'ai écrit des essais dans une revue littéraire éditée par ma sœur, celle qui m'avait donné A Little Princess. Cette revue était subventionnée par le comité départemental de l'Instruction publique.

Auriez-vous tout de même écrit dans votre langue maternelle si vous n'aviez pas choisi d'immigrer ici ?

"J'aurais certainement continué à écrire. En fait, en 1994, j'ai écrit un petit roman (feuilleton de 11 semaines) pour le journal japonais hebdomadaire de Toronto.

En vous installant au Québec, vous avez décidé d'écrire directement en français.

Je suis vraiment retombée dans mon rêve d'enfance de devenir romancière à l'époque où j'étudiais le français à Katimavik, une école pour immigrants. Notre professeur nous a fait lire le roman d'Agota Kristof, Le grand cahier (le premier volet de sa trilogie). J'ai été frappée par son histoire profonde et puissante et son écriture très simple et directe. J'ai tout de suite lu le reste de cette trilogie. Je voulais moi aussi écrire des romans en français, dans un style similaire.
J'ai alors commencé à écrire mon premier roman,
Tsubaki, dans la langue que j'étais en train d'apprendre. L'idée d'une histoire d'amour entre un demi-frère et une demi-sœur m'est venue en lisant Le troisième mensonge (le dernier volet de cette trilogie)."

"Comme j'ai commencé à écrire en même temps que j'ai commencé à apprendre le français, c'était très difficile. J'avais constamment la tête dans le dictionnaire. Mon ami me disait que mon roman serait un collage du dictionnaire. Et maintenant, écrire des romans en français, c'est ma passion." ("Du pur, du vrai Aki Shimazaki", Danielle Laurin, Le Devoir, 7 février 2009)

"Le français m'a apporté la clarté et la précision, ce qui est à l'opposé de la mentalité japonaise" ("Le français, langue d'accueil de tous les écrivains du monde", Françoise Dargent, Le Figaro, 8 janvier 2009)

Une critique disait encore tout récemment que vous écriviez "en français des romans très très japonais".

"On a raison de dire que j'écris 'en français des romans très très japonais'. J'ai vécu au Japon jusqu'à l'âge de 26 ans et je n'avais jamais été à l'étranger avant cet âge. Je suis contente de pouvoir conserver mes origines japonaises à travers mes romans. En même temps, quand j'écris un roman, ce qui est important, c'est que mon histoire touche le cœur du lecteur. Je raconte la vie d'individus, ce qui est universel. La société japonaise ou des événements historiques du Japon que j'utilise ne sont qu'une toile de fond ou bien un thème secondaire. J'ai lu une critique sur mes romans qui dit : 'C'est tragique et doux, léger et profond, universel et parfaitement japonais'. Je suis contente des mots : universel et profond."

Écrivez-vous différemment en japonais ?

"Totalement. En japonais, mes phrases sont plus longues. En français, c'est beaucoup plus minimaliste." ("Aki Shimazaki : la méthode Shimazaki", La Presse, 2015)

"J'aime écrire très simplement, les phrases courtes et concentrées comme les haïkus en japonais." ("Du pur, du vrai Aki Shimazaki", Danielle Laurin, Le Devoir, 7 février 2009)

"Mon style minimaliste, simple et direct est assez éloigné de la plupart des œuvres littéraires japonaises. Les écrivains japonais écrivent de manière plus détournée. On ne dit pas les choses directement au Japon. Une écrivaine telle Yoko Ogawa, par exemple, qui a aussi un style simple et très direct, se démarque tout à fait par rapport à l'ensemble de la production littéraire nipponne."

Avant de choisir un personnage, Aki Shimazaki choisit un titre - un seul mot, en japonais, qui est souvent un nom d'objet, de plante ou de fleur :

"Je vois comment il sonne à mon oreille. Comme pour Hôzuki [le physalis] et Mitsuko, le personnage. Je médite alors sur ce que je peux faire avec les deux ensemble." ("Aki Shimazaki : la méthode Shimazaki", La Presse, 2015)

"Quel est le sens d'écrire ? Je le trouve moi-même en écrivant, car je ne connais pas la fin. Je crois que si je déterminais le sujet d'abord, ce serait moins profond, même un peu ennuyant." ("Aki Shimazaki : la méthode Shimazaki", Josée Lapointe, La Presse, 2015)

Concrètement, comment travaillez-vous ? Faites-vous plusieurs versions ? Savez-vous déjà à l'avance que votre roman fera telle ou telle longueur ?

"Je travaille généralement tous les jours, tard en fin de soirée. Parfois, j'écris une seule ligne ; d'autres fois, ça va bien et j'écris plusieurs pages. Dans l'après-midi, je vais marcher ou je vais au café ; c'est souvent à ce moment que les idées me viennent. Je fais plusieurs versions - cinq, six peut-être - avant de faire parvenir le manuscrit à mon éditeur. La première version du deuxième roman, Hamaguri, faisait plus de 200 pages. Je me suis rendu compte que je voulais y mettre trop de choses. Je l'ai donc beaucoup élagué avant de le montrer à mon éditeur. De façon naturelle, ma version la plus achevée tourne toujours entre 100 et 150 pages, pas plus."

"Quand je comprends ce que j’avais à dire, je recommence du début à la fin. Il y a vraiment beaucoup de différences entre la première et la dernière version ! Je me psychanalyse moi-même." ("Aki Shimazaki : la méthode Shimazaki", Josée Lapointe, La Presse, 2015)

"C'est toujours en terminant un roman que m'arrive l'idée pour la suite. Au bout du compte, j'ai fini avec une pentalogie, mais j'aurais pu écrire un cycle de dix romans. Je suis en train d'écrire le deuxième volet d'un nouveau cycle, débuté avec Mitsuba, mais je ne sais pas encore le nombre de romans qu'il comptera. C'est en écrivant que je le découvrirai."

Traduisez-vous vous-même vos romans en japonais ?

"Honnêtement, je pense écrire des romans seulement en français. Alors, quand une Japonaise de Tokyo, Megumi Suzuki, m'a demandé de traduire Tsubaki, j'ai accepté. Sa traduction fut excellente. Elle l'a faite de façon sérieuse, avec passion et respect. J'en étais très contente. J'apprécie beaucoup cette traductrice, qui a parfaitement respecté le style minimaliste qui est le mien en français.
Le métier de traducteur est différent de celui de l'écrivain. Si je devais traduire moi-même mon roman en japonais, je le récrirais entièrement. Quand j'écris dans ma langue maternelle, mon écriture n'est pas la même qu'en français. Mes phrases sont plus longues, mon style plus lourd
."

Vous avez reçu le prix du Gouverneur général pour Hotaru qui clôt votre premier cycle romanesque. Que représente cette consécration pour vous ?

"Ça a été un choc pour moi de recevoir ce prix. Je n'en revenais pas. Mais je vous dirais que, pour moi, la véritable consécration a été de recevoir le prix Ringuet de l'Académie des lettres du Québec. Moi, qui ne suis pas née au Québec et qui écris des romans qui se déroulent au Japon, je recevais un prix qui me reconnaissait comme faisant partie intégrante de la littérature québécoise ! Ce prix m'a vraiment beaucoup touchée."

SES INFLUENCES LITTÉRAIRES

- Frances Hodgson Burnett, auteure de La Petite Princesse, dont une statue a été placée en 1936 dans Central Park à New-York :

"Lorsque j'avais onze ans, j'ai reçu un livre en cadeau de l'une de mes sœurs aînées. Le titre était Shôkôjo (A Little Princess). C'était un roman de Frances Elisa Hodgson Burnett, une Américaine d'origine anglaise (1849-1924). Ce roman m'a tellement fascinée que depuis lors je rêvais de devenir romancière." ("Aki Shimazaki : ce qu’on ne peut pas dire", Linda Amyot, Nuit blanche, 2007).

- L'écrivaine hongroise, puis suisse, Agota Kristof, auteure de la trilogie Le Grand Cahier (1986) écrit en français qui n'est pas sa langue natale ; elle a été un modèle particulier d'inspiration et de motivation pour Aki Shimazaki :

"J'ai été fascinée par son style très simple et son histoire si profonde. À cette époque, j'avais déjà des idées pour mon roman Tsubaki. Alors j'ai décidé de l'écrire directement en français. Il m'a fallu trois ans pour l'achever." (Le Figaro, 8 janvier 2009)
"J'ai été passionnée par les romans d'Agota Kristof, mais cela ne veut pas dire que mes influences se trouvent du côté de l'Europe. Comme vous le savez, Agota Kristof est aussi une immigrante qui écrit directement en français. Sa façon de survivre à l'étranger en tant que romancière m'a influencée." ("Aki Shimazaki : ce qu’on ne peut pas dire", Linda Amyot, Nuit blanche, 2007).

- Osamu Dazai, écrivain japonais connu pour le style appelé Watakushi shishosetsu : c'est un genre littéraire japonais où le roman est centré sur la vie intérieure d'un héros souvent assimilé à l'auteur, sur le mode de la confession ; comme l'autofiction, il incorpore donc des éléments d'autobiographie ; il est souvent écrit à la première personne.

- Les haïkus : "Tous vos titres sont des éléments de la nature {Tsubaki, "camélia" ; Hamaguri, "palourde" ; Tsubame, "hirondelle" ; Wasurenagusa, "myosotis" ; Hotaru, "luciole" ; Mitsuba, "trèfle") ; ils symbolisent des nœuds essentiels de vos romans. La référence à la nature et son lien avec les étapes de la vie humaine ou les états d'âme des personnes sont très fréquents dans les haïkus. Est-ce là chez vous justement un héritage de la littérature nipponne ?

"J'aime le style du haïku, ce court poème japonais de dix-sept syllabes. Si l'on trouve chez moi un héritage de la littérature nipponne comme les haïkus, j'en serais honorée. J'ai tenté d'écrire de ces poèmes quand j'étais étudiante, mais sans grand succès. Pour moi, c'était plus difficile que d'écrire des romans." ("Aki Shimazaki : ce qu’on ne peut pas dire", Linda Amyot, Nuit blanche, 2007)

LE JAPON D'AUJOURD'HUI et AKI SHIMAZAKI

Le Japon, ancien Empire du Soleil levant, n'arrive pas à vraiment implanter la démocratie souhaitée par plusieurs personnages de vos romans ?

"On pourrait dire que la compagnie a remplacé l'Empereur et que ses employés sont les nouveaux soldats".

"Si l'on n'arrive pas encore à y implanter un esprit démocratique, malgré ces efforts, c'est à cause de la hiérarchie psychologique qui domine, depuis des siècles, dans les relations humaines de cette société. Cette hiérarchie est basée sur la pensée confucianiste : respecter les aînés, par exemple. L'ordre d'ancienneté est très important dans n'importe quel contexte. Les gens n'osent pas s'opposer à ceux qui sont en position d'autorité ou de pouvoir, que ce pouvoir soit familial, professionnel, social, politique, etc. 'Le clou qui dépasse se fait taper dessus.' Voilà le dicton qui représente le mieux la mentalité japonaise. Autrement dit, il faut être très fort pour se battre contre les injustices et il faut aussi, en conséquence, accepter de devenir ce clou."

"Quand je rends visite à ma famille - mes trois sœurs et mon père - je n'ai pas assez de temps pour voyager et observer les changements qui ont eu lieu depuis mon départ en 1981 (se déplacer coûte très cher là-bas). C'est plutôt par des revues, des magazines et des journaux japonais que je suis au courant de l'actualité au Japon. À mon avis, pour ce qui est de la mentalité, il n'y a pas une grande différence entre les deux époques. Les gens sont toujours polis, conservateurs, conformistes... et les vieilles traditions ou coutumes jouent un grand rôle, bon gré mal gré. Par exemple, il existe encore des mariages arrangés. Qu'en penser ? Certains mariages d'amour finissent en divorce alors que des mariages arrangés durent harmonieusement. Quant aux Japonais de la nouvelle génération, il me semble qu'ils sont sans but surtout après le dégonflement de la bulle économique. Je m'inquiète pour l'avenir du Japon." ("Aki Shimazaki : ce qu’on ne peut pas dire", Linda Amyot, Nuit blanche, 2007).

"Quand j'habitais encore au Japon, je condamnais constamment la société japonaise. J'envoyais des lettres aux journaux, par exemple, pour critiquer le système scolaire. Une fois, mon opinion a suscité un certain intérêt parmi des étudiants et des professeurs. Au lapon, à cause de la hiérarchie psychologique, on est très souvent confronté à de l'injustice. Je devais me battre constamment contre des traitements injustes, venant des gens au pouvoir. J'en étais très fatiguée. Bien sûr, le fait que je vis maintenant à l'étranger me permet de regarder la société japonaise plus objectivement. Pourtant, je ne peux pas arrêter de la critiquer parce que je n'y habite plus. En même temps, n'oublions pas que l'injustice est omniprésente, dans n'importe quelle société. C'est un thème universel, comme la plupart des thèmes que j'explore dans mes romans.
En général, la plupart des Japonais sont réceptifs aux critiques négatives de leur société, provenant de qui que ce soit. À la différence des Américains, les Japonais sont curieux de savoir ce que les gens à l'étranger pensent d'eux.
Tsubaki est traduit en japonais et j'ai reçu des lettres de certains lecteurs du Japon qui me félicitaient d'avoir écrit ainsi sur les problèmes du pays durant la guerre, d'avoir abordé la question de la bombe nucléaire de la façon dont je l'ai fait."

PRESSE ET ANALYSES
Ce que dit la presse généraliste, puis place aux analyses universitaires...
sur les romans
un entretien de fond (rare car l'auteure ne se prête pas au jeu des médias)
des travaux universitaires

› Sur les romans : quelques exemples, mais les articles sont innombrables...

Sur le premier cycle
- "Tsubame" et "Wasurenagusa", Linda Amyot, Nuit blanche, 14 janvier 2003
- "Littérature : Aki Shimazaki, lauréate du Prix du gouverneur général pour son roman Hotaru", Frédérique Doyon, Le Devoir, 17 novembre 2005
- "Mitsuba" et "Zakuro", Michel Nareau, Nuit blanche, 14 décembre 2008
- "Du pur, du vrai Aki Shimazaki", Danielle Laurin, Le Devoir, 7 février 2009
- "Tsukushi : pudeur émouvante", Josée Lapointe, La Presse, 24 février 2012
- "Yamabuki : le roman le plus bouleversant de l'année", Josée Lapointe, La Presse, 16 décembre 2013
- "Azami : premier épisode du nouveau cycle romanesque d'Aki Shimazaki", Laurence Houot, France Info, 4 janvier 2015
- "Aki Shimazaki, des petits romans comme des bulles", Alice Monard, Journal du Japon, 5 février 2015
- "Azami ou ennemi : le nouveau cycle d’Aki Shimazaki", Virginie Bloch-Lainé, Libération, 19 juin 2015
-"Aki Shimazaki : la méthode Shimazaki", Josée Lapointe, La Presse, 15 novembre 2015
- "Amour maternel", Thierry Guinhut, Le Matricule des Anges, n° 174 , juin 2016
- "Suisen : cours de lucidité", Josée Lapointe, La Presse, 7 décembre 2016
- "Aki Shimazaki : Suisen", Libération, 17 mars 2017
- "Suisen d’Aki Shimazaki ou le désarroi du narcisse", Le Temps, 9 juin 2017
- "Suisen", Pierre Boivin, Nuit blanche, 22 juin 2017.
Sur Maïma
- "Maïmaï : histoires de famille", Luc Boulanger, La Presse, 14 novembre 2018
- "Maïma", Télérama, Martine Landrot, 2 avril 2019
- "L’élégance cachottière de l’escargot", Le Temps, 7 avril 2019
- "Maïma, le dernier roman d'Aki Shimazaki, reine de la "pentalogie", Laurence Houot, France Info,27 avril 2019
- "Suzuran : état contemplatif", Iris Gagnon-Paradis, La Presse, 10 octobre 2019
Sur Fuki-no-tô
- "Un univers japonais sans surprise", La Liberté, 17 juillet 2018
- "Aki Shimazaki : Fuki-no-tô, des amours emmêlées comme un champ de bambous", Laurence Houot, France Info, 26 avril 2018
- Lecture d'un extrait "Les lectures d'Alexandra Lemasson", avril 2018, 2 min 23
- "Fuki-no-tô : l'amour comme un bosquet de bambous", Laila Maalouf, La Presse, 11 octobre 2017
- Télérama, Martine Landrot, 22 mai 2018

Un entretien de fond
"Aki Shimazaki : ce qu’on ne peut pas dire", entrevue réalisée par Linda Amyot, revue québécoise Nuit blanche, n° 108, automne 2007.

Des travaux universitaires (pour des fanas qui voudraient approfondir...) :
- Un mémoire de maîtrise Poétique du secret dans la saga d’Aki Shimazaki, Marie-Hélène Lemieux, Université de Montréal, 2004
- "De la mémoire vive au dire atténué : l'écriture d'Aki Shimazaki", Lucie Lequin, revue Voix et images : littérature québecoise, volume 31, n° 1, automne 2005, "Figures et contre-figures de l'orientalisme"
- "Le fardeau des identités dans Tsubane d’Aki Shimazaki", Fred Dervin, Dialogues francophones, n°15, 2009
- Le poids des identités : mémoire et traumatisme chez Aki Shimazaki, dir. Frédéric Dervin, Editions universitaires européennes, 2010 (premier livre sur cette auteure)
- "Le mythe du bilinguisme littéraire – cas d’Aki Shimazaki", Yukiko Kano, Communication au 53e congrès annuel du Conseil International d'Etudes Francophones (CIEF) à Aix-en-Provence, le 30 mai 2011
- "L'influence des cultures chez Aki Shimazaki", Marie-Claire Pharand, Revue du Cavalier Bleu, février 2013
- Une thèse de philosophie de Ziyan YANG : Pour désorienter une autoethnographie orientale : une étude des représentations identitaires chez quatre écrivains québécois d'origine asiatique (dont Aki Shimazaki), Halifax, Dalhousie University, 2014
- Le traumatisme, la culture, et l'identité chez Aki Shimazaki : Le poids des secrets et les défauts de la société japonaise (mémoire de licence en lettres) Devon Michael John Robert Morgan, Halifax, Canada, 2014
- "Savourer le Japon d'Aki Shimazaki", Marie-Christine Lambert-Perreault, Cuizine : la revue des cultures culinaires au Canada, n°1, 2019
- "Le déchirement du 'wa' japonais : histoire (s) d'Aki Shimazaki", Peter Schulman, Chimères, revue des littératures et cultures françaises et francophones, University of Kansas, printemps 2020.

SES ŒUVRES PUBLIÉES (présentations de l'éditeur)
Premier cycle de 5 romans courts : Le poids des secrets
Tsubaki, 1999
Prix de la Société des écrivains canadiens

Quatrième de couverture : À la mort de sa mère, survivante de la bombe atomique de Nagasaki, Namiko se voit remettre deux enveloppes. La première est adressée à un oncle maternel dont elle ignorait l’existence et qu’elle est chargée de retrouver. La seconde contient une lettre en forme de confession à sa fille, sans laquelle elle n’aurait pu partir en paix. Elle y raconte son quotidien pendant la guerre, son premier amour, et révèle le secret qui l’a poussée à commettre l’indicible.

Hamaguri, 2000
Prix Ringuet de l'Académie des lettres du Québec

Quatrième de couverture : Enfant illégitime, Yukio est très attaché à une petite fille avec laquelle il joue quand elle vient au parc avec son père. Le jour où sa mère se marie, ils quittent Tokyo pour Nagasaki. Une autre vie commence, avec enfin une figure paternelle, mais Yukio reste d’un naturel solitaire. Il pense souvent à la fillette qui l’avait demandé en mariage et dont il garde un souvenir aussi doux que vague. À l’adolescence, pendant la Seconde Guerre mondiale, il tombe amoureux de sa nouvelle voisine mais ne peut oublier sa promesse d’enfant…

Tsubame, 2001

Quatrième de couverture : La jeune Yonhi vit à Tokyo avec sa mère et son oncle, venus de Corée avant sa naissance. Afin de la protéger d’émeutes contre leur communauté, à la suite du tremblement de terre qui a dévasté le Kanto en 1923, sa mère la confie à un prêtre catholique, qui la met à l’abri dans son orphelinat. Désormais cachée sous un nom japonais, coupée de son histoire familiale, Yonhi ne découvrira que des années plus tard le secret de ses racines.

Wasurenagusa, 2003
Prix littéraire Canada-Japon du Conseil des Arts du Canada

Quatrième de couverture : Héritier d’une noble famille de la cour impériale, Kenji Takahashi a divorcé, au grand dam de ses parents qui ne songent qu’à #F8FFF2le remarier à une femme de bonne lignée. Mais il est stérile et préférerait garder ce secret pour lui. Lorsqu’il tombe amoureux de Mariko, orpheline et mère célibataire, il sait que ses projets risquent de se heurter à la volonté parentale. Il puise son courage dans le souvenir de Sono, la nurse qui s’est occupée de lui et à laquelle il reste très attaché, mais qui s’est exilée en Mandchourie.

Hotaru, 2004
Prix du Gouverneur général du Canada

Quatrième de couverture : L’étudiante en archéologie Tsubaki aime tendrement sa grand-mère Mariko, à qui elle a toujours confié ses tourments intimes et amoureux. Depuis une commotion cérébrale, la vieille dame désormais veuve semble victime d’hallucinations, et ses jours sont comptés. De la confusion de ses propos se détache pourtant une histoire d’innocence abusée qui concerne la jeune fille qu’elle était.

Deuxième cycle de 5 romans courts : Au cœur du Yamato  

Mitsuba, 2006
Premier Prix de l'Algue d'Or en France

Quatrième de couverture : Le bientôt trentenaire Takashi Aoki, employé dans la compagnie d’import-export Goshima de Tokyo, est appelé à un brillant avenir professionnel. Ne manque à son bonheur qu’une épouse avec laquelle fonder une famille. Il résiste aux propositions de mariage arrangé qu’on lui présente car il est très attiré par la réceptionniste de sa société. Alors qu’il parvient à obtenir un rendez-vous avec elle, son supérieur lui annonce qu’on lui offre un poste important dans une succursale à l’étranger.

Zakuro, 2008

Quatrième de couverture : Voilà vingt-cinq ans que Bânzo Toda est porté disparu – depuis sa déportation dans un camp de travaux forcés en Sibérie, à la fin de la guerre. Sa femme, atteinte de la maladie d’Alzheimer, n’a jamais perdu l’espoir de le revoir. Quand leur fils Tsuyoshi découvre que son père vit depuis des années dans une ville toute proche, qu’il a changé de nom et s’est remarié, il veut comprendre.

Tonbo, 2010

Quatrième de couverture : Après avoir travaillé sept ans pour la grande compagnie Goshima de Tokyo, Nobu s’est trouvé contraint de démissionner. Il a alors ouvert un juku, où il donne des cours complémentaires pour collégiens. Il réalise ainsi le rêve de son père, professeur de lycée passionné par son métier, qui s’est suicidé il y a quinze ans. Un jour, l’un des anciens élèves de celui-ci le contacte et insiste pour le rencontre

Tsukushi, 2012

Quatrième de couverture : Quand, à la surprise générale, Yûko s’est fiancée avec un riche héritier, encore célibataire à trente-cinq ans, elle venait d’apprendre qu’elle était enceinte d’un autre. Son futur mari a accueilli la nouvelle avec discrétion et sérénité, et il s’est montré un père exemplaire pour la petite fille. Alors que celle-ci fête ses treize ans, Yûko découvre que leur secret parental en cache un autre, de nature à ébranler l’harmonie familiale et son bonheur conjugal…

Yamabuki, 2013
Prix littéraire de l'Asie de l'Association des écrivains de langue française (ADELF)

Quatrième de couverture : Il y a près de cinquante-six ans, Aïko s’unissait à celui dont elle était tombée amoureuse au premier regard échangé dans un train. Après un mariage raté conclu par un divorce, elle n’espérait pas vivre une histoire aussi passionnée qu’harmonieuse. Pour sa petite-nièce, qui va bientôt se marier et s’interroge sur la pérennité du lien conjugal, elle se remémore un demi-siècle d’amour profond au côté de son samurai.

Troisième cycle de 5 romans courts : L'ombre du chardon

Azami, 2014

Quatrième de couverture : Mitsuo Kawano, trentenaire, est installé dans une vie qui lui convient. Père d’un garçon et d’une fille, il s’est habitué à son couple sans surprise mais sans problème. Rédacteur culturel, il envisage de fonder sa propre revue d’histoire. Un soir qu’il accompagne dans un bar très sélect un camarade d’école primaire croisé par hasard, il est surpris d’y retrouver la belle Mitsuko, son premier amour d’enfance, qui travaille là comme entraîneuse.

Hôzuki, 2015

Quatrième de couverture : Mitsuko tient une librairie d’occasion. Elle vit au-dessus de sa boutique avec sa mère et son fils de bientôt sept ans, Tarô, un métis sourd-muet. Chaque vendredi soir, cette femme séduisante et cultivée travaille comme entraîneuse dans un bar chic où cadres, intellectuels et chefs d’entreprise apprécient sa conversation. Cette activité insolite garantit sa précieuse indépendance. Un jour, une cliente de la librairie dont la petite fille s’est spontanément liée d’amitié avec Tarô les invite chez elle.

Suisen, 2016

Quatrième de couverture : Chef d’une prospère entreprise d’importation d’alcools, mari et père de famille, Gorô est plutôt fier de lui. Ses seuls soucis concernent ses premiers cheveux gris, et l’organisation de son temps privé à partager entre épouse et maîtresses. Il accorde une grande importance à l’argent et au pouvoir, signes incontestables de réussite. Il veut pouvoir compter sur la docilité de ses femmes et prétend peser sur les choix d’études et de vie de ses enfants. Il se considère comme un modèle à suivre, mais certaines circonstances vont l’obliger à se regarder en face.

Fuki-no-tô, 2017

Quatrième de couverture : Après des années passées en ville, Atsuko s’est installée avec sa famille dans le village où elle avait fondé une petite ferme biologique. Une amie de jeunesse, brusquement perdue de vue à l’époque, resurgit dans sa vie.

Maïmaï, 2018


Quatrième de couverture :
Tarô, artiste sourd-muet et métis, vient de perdre subitement sa mère. Une jeune fille venue lui présenter ses condoléances suscite en lui un trouble profond, comme un amour naissant, comme un précieux souvenir.

Quatrième cycle (un titre publié actuellement)  

 

Suzuran, 2019

Quatrième de couverture : Anzu est céramiste. Elle habite seule avec son fils depuis son divorce et ne souhaite pas se remarier. Elle s’épanouit pleinement dans un quotidien calme rythmé par la pratique de son art. Sa douceur nature#F8FFF2lle est à l’image de sa vie, dans une petite ville au bord de la mer du Japon et au pied du mont Daisen. Sa sœur aînée, célibataire et séductrice impénitente qui vient de se fiancer, annonce qu’elle viendra de Tokyo présenter à sa famille l’heureux élu.

Des objets livres...

Cycle 1 : Le poids des secrets (coffret)

Cycle 2 : Au cœur du Yamato (coffret)

Cycle 3 : L'Ombre du chardon
 
Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :
                                        
à la folie
grand ouvert
beaucoup
¾ ouvert
moyennement
à moitié
un peu
ouvert ¼
pas du tout
fermé !

 

 

 

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