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Quatrième de couverture : Révoltés de voir le somptueux désert de l'Ouest défiguré par les grandes firmes industrielles, quatre insoumis décident d'entrer en lutte contre la "Machine". Un vétéran du Vietnam accroc à la bière et aux armes à feu, un chirurgien incendiaire entre deux âges, sa superbe maîtresse et un mormon nostalgique et polygame commencent à détruire ponts, routes et voies ferrées qui balafrent le désert. Armés de simples clefs à molette - et de dynamite - nos héros écologistes vont devoir affronter les représentants de l'ordre et de la morale lancés à leur poursuite. Commence alors une longue traque dans le désert. Dénonciation cinglante du monde industriel moderne, hommage appuyé à la nature sauvage et hymne à la désobéissance civile, ce livre subversif à la verve tragi-comique sans égale est le grand roman épique de l'Ouest américain. Ce classique, vendu à des millions d'exemplaires depuis sa parution au milieu des années 70, est devenu la bible d'une écologie militante et toujours pacifique... ou presque.
Quatrième de couverture : Révoltés de voir le somptueux désert de lOuest défiguré par les industriels, quatre insoumis décident dentrer en lutte contre la Machine. Un vétéran du Vietnam accro à la bière et aux armes à feu, un chirurgien incendiaire entre deux âges, sa superbe maîtresse et un mormon nostalgique et polygame commencent à détruire ponts, routes et voies ferrées qui balafrent le désert. Armés de simples clefs à molette et de quelques bâtons de dynamite , ils doivent affronter les représentants de lordre et de la morale lancés à leur poursuite. Commence alors une longue traque dans le désert.
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Edward ABBEY (1927-1989)
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Les
8 cotes d'amour du groupe breton |
Marie-Odile![]()
J'ai apprécié ce roman loufoque qui sort des sentiers battus
de la littérature pour nous balader sur des chemins rocailleux,
rocheux, abrupts, vertigineux et enivrants, mais "nom de Dieu"
que tout cela est fatigant, suant, éreintant, pour le lecteur presque
autant que pour les quatre personnages, invraisemblablement endurants,
je veux citer en premier Seldom Seen Smith, ses femmes, ses pastèques
et son invraisemblable connaissance du terrain, Doc Sarvis, sa trousse
médicale, ses faiblesses, son éthique et sa "générosité",
Hayduke, son audace et sa ténacité de tête brûlée
amochée par le Vietnam, son jusqu'au-boutisme de l'extrême
extrême et enfin Bonnie, pas si nunuche, faussement naïve,
courageuse, libre, qui n'a pas froid aux yeux dans ce monde de brutes
et cet univers hostile. Des types, tous différents, tous semblables,
tous attachants, partageant les mêmes convictions, que je ne suis
pas loin de partager aussi, la même haine des clôtures, des
barrages, des panneaux publicitaires, des panneaux publicitaires surtout,
et des ponts. Tout ceci sous la plume d'un auteur qui balance à
son lecteur, et donc à moi, merci ! de quoi rire souvent (mulot
dans la cafetière), réfléchir parfois (l'unanimité,
la majorité, la minorité, les limites, la solitude, la non
ou pas non-violence, la liberté...), s'amuser (drôles de
dialogues où des "je t'aime" peuvent arriver aux
moments les plus improbables), s'impressionner (paysages grandioses, fleuves,
canyons). Tout cela, à grand renfort d'un vocabulaire incroyable,
qu'il s'agisse de mécanique (envie de sauter des pages parfois,
mais j'ai résisté) de botanique (émerveillement devant
cette connaissance du végétal dont chaque brin d'herbe est
nommé par son petit nom), de géographie (innombrables points
cardinaux, noms de lieux où j'ai été baladée
sans carte, ni boussole !).
Lenteur et longueur des interminables préparatifs, des courses
poursuites tout aussi interminables, en jeep, pick-up ou à pied
dans l'invraisemblables traque finale notamment, gestes mille fois répétés
("ils enfilèrent leurs sacs à dos" combien
de fois ?), inventaires répétés aussi, ont failli
avoir raison de ma patience, mais j'ai surmonté tout cela jusqu'à
la dernière page, m'appuyant sur mon endurance de lecteur masochiste
et mon indulgente sympathie pour l'auteur.
Je reconnais qu'une quantité de détails ont retenu mon intérêt
et soutenu mon plaisir. Présence presque réconfortante des
oiseaux, jamais loin, jamais oubliés : bruants, rouge-queue, héron,
grives, geais etc. témoins involontaires, silencieux, indifférents,
des scènes les plus rudes. Sensibilité au vivant, à
l'arbre qui "une fois arraché met plusieurs jours à
mourir". Jeux avec les mots : "les déserts parlent
plusieurs langues dont certaines sont fourchues". Humour au ras
de la roche : "péniscopal" pour épiscopal.
Clin d'il : le ranger Edwin Abbot = Edward
Abbey. Mise en évidence de l'absurde
: "construire toute nouvelle centrale pour alimenter une centrale
qui se trouvait être la même centrale que celle qui alimentait
la construction d'une centrale". Voilà entre autres et
en vrac ce qui me reste de ce roman foutraque.
J'ouvre aux ¾.
Brigitte![]()
Si lire c'est s'évader, rire et réfléchir c'est réussi.
Grand ouvert pour ce livre paru il y a cinquante ans, écrit par
Edwards Abbey. Je pense retrouver Abbey dans l'un des personnages : militant
écologiste amoureux visionnaire des grands espaces américains.
Auteur qui m'était inconnu. Il questionne sur la prise de conscience
écologique en l'occurrence par les Américains. Thème
aujourd'hui encore aujourd'hui cur de l'actualité et sans
doute encore plus questionné sous le règne de Trump, climato
sceptique. On peut aussi retrouver ces personnages dans des actions de
militants en France.
Je ne m'arrête pas à quelques invraisemblances et j'ai lu
ce livre comme je me serais installée devant un bon film d'aventures
rocambolesques dans un cinéma en plein air du sud-ouest américain
surplombant le Grand Canyon (paysages grandioses, colorés, magiques
qui lors d'un voyage m'ont fascinée et que je retrouve si bien
décrits dans le livre sans oublier la faune et la flore), le soda
( et non la bière comme les quatre héros) et le paquet de
pop-corn à la main, prête à sourire, à rire,
à militer avec ces quatre héros destructeurs.
J'ai aimé leur rencontre improbable dans l'Utah pour défendre
les paysages magiques du Grand Canyon et l'eau du Colorado. C'est la rencontre
de quatre autochtones hors normes, pacifiques dans l'âme. Les panneaux
publicitaires en bois sont remplacés par de l'acier ! Où
est le problème ? Le gang de la clé à molette prend
vie et se déchaîne contre le béton, contre les machines
qui défigurent ces paysages merveilleux.
Peu de choses arrêtent Bonnie, femme émancipée bien
sympathique et ses trois comparses si différents : le mormon, l'ancien
du Vietnam, le docteur (étrange conception de la médecine
et de la chirurgie !). Ils sont tour à tour à la limite
du délire
Ils apprennent à se connaître et à
tirer intelligemment partie des atouts de chacun. Pour moi une question
se profile : est-ce possible d'être à 100% écolo ?...
Combien de canettes souillent le sol qu'ils ont arpenté
Je
pourrais revenir sur leurs repas et leurs véhicules... Au-delà
de ces dernières remarques je pense que la démonstration
de l'auteur est réussie et tous les quatre sont des écologistes
convaincus et convaincants. Beau résumé de Doc : "Regarde-moi
tous ces types qui roulent sur leurs roues de caoutchouc dans leurs engins
entropiques de deux tonnes, à polluer l'air qu'on respire, à
violer la terre pour offrir un tour gratis à leurs gros culs d'américains
avachie. Six pour cent de la population mondiale engloutissent quarante
pour cent du pétrole brut de la planète"
.
Ces quatre mercenaires courageux, plus nature que nature, usant volontiers
d'un langage populaire voir un peu "vert" ont un humour grinçant
pour mieux parler d'un sujet grave. Habile tactique de l'auteur pour captiver
le lecteur et l'engager à se positionner ?
Ils ont des valeurs. La violence contre un homme et faire couler du sang
les repoussent. Ces quatre personnages ont quelque chose en plus
un
grain de folie qui entraîne le lecteur et je ne peux qu'adhérer
à leur désobéissance civique. Au fil des pages la
limite entre leurs actions et ce qui est légal s'effacent jusqu'à
ce qu'ils soient rattrapés. Je m'attache aux personnages et je
vis pleinement la traque, ce qu'ils appellent "la battue aux lapins"
eux étant les lapins. Ils savent à quelle sauce ils vont
être mangés. Je trouve la chute très morale mais ça
ne me déplaît pas !
Annie![]()
Découvrant cet auteur dont j'avais vaguement entendu parler mais
sans aller au-delà, j'ai commencé par chercher quelques
renseignements sur lui, sur sa carrière, ses activités et
son visage ; il me semblait important de voir si l'allure était
en rapport avec les textes !
À la lecture de ce livre, j'ai pensé qu'il pouvait être
autobiographique, ayant été Ranger lui-même ; je lui
donne le rôle de George, évidemment. Peut-être le choix
des dessins dans l'édition lue est fait pour guider le lecteur
dans ce sens, outre donner au livre soit un look de roman graphique, soit
un livre de littérature de jeunesse.
Pour commencer, j'ai trouvé très intéressante et
touchante la préface de Robert Redford. Et puis c'est quand même
Robert Redford, alors on est curieux !!!
Je suis très facilement entrée dans l'histoire de ces personnages
que l'on comprend vite être des activistes radicaux, des idéalistes,
des écologistes vengeurs, des anarchistes, des empêcheurs
de tourner en rond. J'ai beaucoup ri au début, avec le langage
très cru, les expressions... Un monde de testostérone et
de bière ! J'ai aimé accompagner ce groupe de déjantés
dans leurs délires et dans leurs croisades contre le progrès
qui abîme tout, qui détruit la nature et ce qu'ils ont connu
avant.
J'ai aimé les silences et les dialogues percutants, les gens qui
se comprennent sans se parler, leur complicité rapide.
Je me suis surprise à les encourager, à avoir peur pour
eux, à espérer que ça marche à chaque destruction.
On vit les événements comme ils se présentent et
même si parfois c'est vraiment tiré par les cheveux, je me
suis laissé embarquer. Tout y est : les odeurs (corporelles et
autres), la saleté, la poussière, la boue, la crasse. La
présence d'une femme dans le groupe m'a semblé intéressante
pour que ce ne soit pas trop macho, même si on a droit à
des répliques très limite sur les femmes. Ces insoumis sont
également des amoureux farouches de la nature et j'ai trouvé
intéressant que l'auteur leur fasse dire les noms de plantes locales
(en latin s'il vous plaît) pour montrer qu'ils ne sont pas que des
brutes épaisses ! Et puis les descriptions des paysages !
Magnifiques, envoûtantes, attirantes, juste merveilleuses !
J'ai trouvé un peu longs les préparatifs répétés
avant chaque intervention (c'est le bémol que je mets à
ce roman). J'ai été très prise par la traque de la
fin et le côté de l'histoire américaine du "je
fais la loi moi-même" (western, mise à prix...)
Je n'ai pas forcément envie de lire d'autres livres de cet auteur
que j'imagine dans le même registre, mais j'ai aimé cette
découverte.
J'ouvre aux trois quarts.
Chantal![]()
Avec ce livre, j'ai fait un beau voyage, chaotique certes, long parfois,
pénible parfois. Mais ce voyage, je l'ai fait par étapes,
pour ne pas le finir trop vite..., j'en avais besoin.
Enchantée dès le prologue par la cérémonie
de l'inauguration du pont de Glenn Canyon : paysages, personnages, discours
interminables, décrits dans les moindres détails, l'apothéose
finale avec le feu d'artifice suivi d'une explosion du pont, celui-ci
plongeant dans le fleuve Colorado en pièces détachée...
waouh !
J'aime la présentation des quatre personnages, tous un peu (beaucoup)
barjos, mais si attachants, qui donnent envie de prendre une tronçonneuse
et de les suivre.
J'ai adhéré tout de suite à leur théorie de
la "destruction créatrice" : détruire les "outils"
du capitalisme lui-même destructeur des hommes et de la nature.
Leur contrat : détruire sans tuer d'humains. Très actuel
: les défenseurs d'autoroutes inutiles, L214, José Bové
et le MacDo, les Bretons pas en reste... : antenne de Roc Tredudon, portiques
des bonnets rouges...
Le talent d'Édouard Abbey : manier sans cesse l'humour pour faire
passer son message. On rit, on sourit, sans arrêt, mais jamais on
ne perd de vue cette Nature, sa beauté sauvage, en train de se
faire massacrer, violer.
Il a une tendresse pour ses quatre déjantés (dont il fait
partie ?), leur amitié, leur solidarité sans faille,
même lorsqu'ils ne sont pas d'accord...
Et dans cet activisme forcené, les uns déterminés
à tout détruire pour le bien de l'économie, les autres
tout aussi déterminés à lutter contre eux pour le
bien de l'humanité .... Dans cette lutte terrible, toujours il
nous montre la Nature : les oiseaux et leurs chants, les arbres et les
plantes qu'il prend soin de nommer en latin, et le vautour très
haut dans le ciel qui revient régulièrement, regarde toute
cette agitation, philosophe : "agitez-vous,
détruisez tout, vous vous détruisez vous-même,
la terre restera elle"...
Les détails, avec vocabulaire précis, longs, répétitifs,
pourraient lasser, mais non. Le lecteur est là, avec les quatre
zozos, avec la chaleur, la faim, la soif, les menaces, mais il faut tout
prévoir, tout calculer, les tronçonneuses, le sirop de sucre,
anticiper chaque mouvement des poursuivants... Le lecteur ne lâche
pas, il est heureux avec eux du "travail accompli" !
De plus, j'ai dû étudier les murs des mormons (les
jack-mormons, les sous-vêtements sacrés... hi hi hi) réviser
les luttes anglaises du 19e siècle, les nudités, les champignons
de la fièvre du désert... et contempler sur les photos internet
ces paysages sublimes du Colorado peu à peu vidé de son
eau par les activités humaines.
La traque finale m'a fatiguée, comme elle les a épuisés
eux, mais je suis restée, attendant sans y croire un miracle pour
Hayduke : ? Mais si ! Miracle certes convenu, mais j'ai aimé qu'il
soit vivant et fasse sauter avec un comparse, le pont de Glenn Canyon
(cf. le prologue).
J'enlève donc toute réserve et j'ouvre en grand, pour le
message et pour le plaisir de lecture.
Edith
et![]()
J'ai eu la tentation d'illustrer le fameux livre de P. Bayard dont le
titre est Comment
parler d'un livre que l'on n'a pas lu ? et de m'en arrêter
là, et la tentation d'en rester à ce niveau fut (très,
très) forte ! Là aurait été ma participation
! Mais VAC oblige !... Alors !
Avant de commencer le livre, j'ai regardé le
film réalisé par Elisabeth Quint et à la suite,
écouté l'interview
de cette même journaliste interrogée par un historien, et
enfin j'ai lu les notes - envoyées
par Claire - des éditions précédentes et leurs restructurations
Le raccourcir ? Dommage pour un uvre aussi étrange par la
complexité des descriptions ; celle de l'amour des espaces californiens
aussi bien décrits (mais peu envie de m'y engager) et la volonté
d'amuser en riant. J'en ai été heureuse et merci Voix au
chapitre et Philippe, pour cet effort réel pour traverser les "états"
ceux des personnages et ceux des USA.
J'ai enfin commencé le livre avec des "arrêts d'agacement"
liés au style et aux modes d'expressions des héros tout
en reconnaissant, sans l'apprécier, l'intérêt de ce
"manifeste" écologique et de sa forme humoristique. Cela
m'a fait me souvenir des Pieds Nickelés, bande illustrée
des années 50 et 60 : trois gaillards un peu ingénieux,
caricaturés, sans trop de scrupule et qui se jetaient dans des
actions périlleuses, un tantinet malhonnêtes. J'en ai été
friande.
À propos de l'objet livre, je n'aime pas sa couverture "cow-boy"
; le titre "accrocheur" m'amuse - certes - mais que c'est long
ces 630 pages pour en relater leur cavale ! Ce titre avec "la clé
à molette" pourrait même être un signe de reconnaissance
pour des adeptes de luttes au nom de l'écologie : récemment
les informations nous rapportent (reportage à l'appui) que jeter
de la soupe sur les uvres d'art du musée ou se loger dans
des arbres pour protester à la construction d'une route non "indispensable"
peuvent amener le grand public à la réflexion autour de
la cause défendue. J'ai relevé des passages bien analysés
truculents et véhéments, concernant le bien-fondé
de la lutte contre les destructeurs (voir ici
les passages).
J'ai été bluffée par les descriptions minutieuses
et vraisemblablement réelles des diverses actions de sabotage (rasantes
là aussi pour moi), je suis peu bricoleuse et encore moins technicienne.
Les dialogues nombreux m'ont souvent insupportée même si,
parfois, j'ai souri. Je n'aime pas les livres dialogués et j'ai
tendance (et ce fut le cas ici) à les lire "en diagonale".
Des invraisemblances aussi (mais c'est du roman me dis-je) qui se retrouvent
presque à chaque épisode du roman. La poursuite de leurs
justiciers leur rendant la tâche de plus en plus difficile culmine
en invraisemblance dans le chapitre "Au bord du dédale Fin
de poursuite" p. 397.
Néanmoins je dois reconnaitre que j'étais intriguée
et curieuse de savoir comment le héros (un des quatre) allait pouvoir
se tirer d'affaire. Cette remarque s'applique à chaque chapitre
racontant minutieusement un nouvel exploit technique, une action grandiose
et bruyante et polluante aussi me dis-je : ingénieux Edward Abbey
! Il semble - cet Edward - bien connaître les outils dont il arme
ses héros ! Chapeau ! mais ce n'est pas suffisant pour
moi pour éprouver du plaisir de lecture.
Le personnage de Bonnie seule femme m'a-t-elle été sympathique
? Pas vraiment, elle est délurée certes, mais conventionnelle
: femme coquette, amoureuse, et parfois coquine, fidèle au groupe
et fidèle à son homme. J'ai admiré sa résistance
à la fatigue, la soif et la faim ! Mais, je n'y crois pas !
Tout aussi improbables sont les traits de caractère des autres
complices, ils résistent à tout dans des pires conditions.
La bière étant leur carburant et l'élément
qui se veut humoristique par la répétition : ainsi le nombre
de bouteilles de bière pour évaluer une distance franchie
ou à franchir aurait pu me dérider, mais je résiste
encore à une lecture sereine.
Reste le chapitre final et la réapparition de Hayduke laissé
pour mort quelques chapitres précédents. Quel être
génial ! Quel sang-froid !
Je sais que l'auteur a écrit une suite de deux autres tomes, cet
happy-end d'Edward Abbey afin de "ressusciter" son héros,
ainsi fait notre écrivain national A. Dumas avec les trois Mousquetaires
et la suite de leurs aventures : 20 ans après. Je n'achèterai
pas les suites, mais je suis heureuse d'avoir participer - bien qu'en
renâclant souvent - et en voulant, à plusieurs reprises laisser
choir le récit, heureuse donc d'avoir participer à la joyeuse
découverte de ce roman.
Je mettrais grand ouvert pour le documentaire (travail mâché)
et grand ouvert aussi pour l'entretien. Ouvert au ¼ pour le non-plaisir
du texte. De même ¼ pour la truculence des quatre héros
et ¾ pour la richesse de documentation de l'auteur bien que cela
m'ait été bien pesant à la lecture.
J'ai mis 12 jours pour avaler 630 pages. Heureuse de mon exploit. Il me
semble qu'imperceptiblement le ton du livre a déteint sur ma manière
d'en parler... En fait j'ai tardé à acheter le livre de
Edward Abbey, j'avais un gros a priori, je l'ai acheté peu de temps
avant une période de déplacement.
Le prologue de Robert Redfort est touchant, on connaît l'engagement
de ce dernier pour la préservation des espaces américains
et l'écologie en général. La chance qu'il s'est donné
de rencontrer l'auteur ajoute au désir de lire le roman :
aurais-je apprécié la compagnie de cet homme taciturne et
avare de mots ? "E.
Abbey était un roc. Un homme de grande passion, rempli d'amour
pour l'ordre naturel des choses. Une forme, de rage contre la mort de
la lumière" (janvier 2004, R. Redfort lui aussi
parti).
Marie Thé![]()
Voici un livre surprenant que j'ouvre à moitié.
Au début de ma lecture je traînais un peu les pieds devant
cette longue traversée du désert qui m'attendait ; et puis
je me suis trouvée entraînée dans l'aventure...
Je découvre que la vie est partout dans des lieux pourtant hostiles.
Drôle de vie parfois. Le vautour, dont la vie dépend de la
mort, mais "même
le vautour connaît l'appel du nid"... Et face aux
politiques et aux industriels tous redoutables en ces lieux, les quatre
personnages principaux, si différents les uns des autres, m'ont
fascinée par leur énergie et leur union face à l'adversité.
J'ai cependant été lassée par ces marches interminables,
de roches en roches, de murailles de pierre en canyons, lassée
parfois par ces sabotages qui se succèdent... C'est long et répétitif...
Mais quel bienfait ce livre si différent : on n'entend pas geindre,
on respire dans ces grands espaces avec ces quatre compères souvent
drôles. Humour très présent, finesse de certains propos
souvent, j'aime beaucoup Seldom Smith le mormon, ou encore Dr. Sarvis,
les Indiens, les mormons (l'évêque), etc., avec des réflexions
savoureuses à leur égard. J'apprécie moins la grossièreté
de George, ce vétéran "tête brûlée".
Histoire rocambolesque, longue traque, suspense allant crescendo, fin
paisible, j'ai aimé tout cela, même si je regrette une forme
de mea culpa... À propos de la fin, j'ajouterai que j'avais deviné
exactement ce qui s'était passé pour Hayduke.
J'oubliais l'importance de l'eau qui accompagne ce long texte, sa quête,
puis enfin le "déluge", puis ce havre de paix près
de la rivière (métaphore).
Et puis, "Loin au-delà
de ces galaxies galopantes (...) se cachait Dieu. Le vertébré
gazeux."
Philippe![]()
Comme souvent, les publications des éditions Gallmeister ont de
très belles couvertures, celle-ci est selon moi, particulièrement
réussie. La lecture du roman de Ed. Abbey a été pour
moi un vrai moment de plaisir. Je me suis senti transporté dans
le Grand Canyon américain, dans la nature sèche et désolée,
mais grandiose et hostile, avec les quatre protagonistes qui se rencontrent
fortuitement, ils font clan de circonstance, avec pour chacun une personnalité
bien particulière. Ils ne sont pas des théoriciens de la
protection de la nature. Deux d'entre eux détruisent les panneaux
publicitaires pour des raisons esthétiques pas plus. Puis ensemble,
ils vont s'attaquer à des autoroutes, des ponts, et au barrage
du lac Powell pour retrouver le lit du fleuve Colorado, comme il était
avant, sans se poser la question de l'intérêt hydro-électrique
pour l'État de l'Utah.
"Hayduke était
un saboteur qui bouillait de colère plus qu'il ne pétillait
d'esprit.", "Mon
job, c'est de sauver la putain de nature sauvage." : il
y a beaucoup de Ed. Abbey, dont le surnom était Cactus Ed, dans
ce personnage de Hayduke. Il prônait la désobéissance
civile, sans violence, en poursuivant l'uvre du philosophe et naturaliste
Henry David
Thoreau (1817-1862). J'ai retrouvé dans cette écriture
Jim Harrison, que j'affectionne particulièrement.
Je
suis surpris de voir employer l'expression "Éco-terrorisme"
(p. 62) dans un livre paru aux USA en 1975, republié en 1985. Doit-on
l'utilisation de ce terme au traducteur Jacques Maihlas ? En effet,
si l'on regarde l'évolution historique de l'usage de ce terme en
français, il est nul jusqu'en 1990, et pour prendre en exemple
le journal Le Monde, un premier usage éphémère
en 2007, et une utilisation régulière à partir de
2017.
Le parc national du Grand Canyon a été fondé en 1919
sur 5000 km2 et 450 km de longueur. La gorge a été creusée
par le fleuve Colorado dans le plateau du même nom et les empilements
géologiques. La profondeur moyenne de 1 500 mètres.
Le débit du fleuve est de 650m3/s. La datation au fond des gorges
est de 1,7 milliards d'années, 45 tremblements de terre ont eu
lieu au cours du XXe siècle (magnitude de 5 à 6 sur l'échelle
de Richter.)
Pendant la lecture de ce livre, j'ai fait une véritable introspection
: pourquoi avoir attendu si longtemps pour lire ce livre, que j'ai entendu
conseiller par de nombreux spécialistes de la littérature
américaine contemporaine ? Pourquoi en avoir proposé la
lecture à mes condisciples de Voix au chapitre, assortie
de l'insigne honneur d'une acceptation des instances parisiennes, je ne
pouvais plus reculer cette fois. Donc pas de quoi m'allonger sur un divan
quand même, mais selon moi, de garder ce livre grand ouvert.
| Question de Philippe aux éditions Gallmeister du 02/04/2026 |
| Bonjour, Je viens de terminer la lecture du livre de Edward ABBEY, "le gang de la clef à molette", avec beaucoup de plaisir de lecture comme souvent pour les livres édités par Gallmeister. Je souhaite obtenir une précision, sur le terme "éco-terrorisme" de la page 62, figure-t-il dans la version originale parue en 1975, et/ou dans la version de 1985. Le terme était-il présent dans la traduction de 2013 déjà ou seulement dans la traduction actuelle de 2017 de Jacques MAILHOS. En effet, l'évolution historique de l'usage du mot "éco-terrorisme" en français est introuvable avant 1990, dans le journal Le Monde, par exemple très peu employé à partir de 2007 et surtout à partir de 2017. Au total, dans le roman le terme "éco-terrorisme" est-il uniquement le fait du traducteur ? Merci de me répondre. Salutations littéraires. Philippe GUEGUIN, pour le club de lecture : Voix au chapitre groupe Bretagne (Pontivy-Vannes) |
| Réponse des éditions Gallmeister du 03/04/2026 |
|
Bonjour, |
| Guérif est un nom qui compte |
|
Benjamin
Guérif, qui a répondu à Philippe, est le fils
de François Guérif, un grand éditeur. |
|
Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme
au rejet :
|
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à
la folie
grand ouvert |
beaucoup
¾ ouvert |
moyennement
à moitié |
un
peu
ouvert ¼ |
pas
du tout
fermé ! |
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