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Quatrième de couverture : Révoltés de voir le somptueux désert de l'Ouest défiguré par les grandes firmes industrielles, quatre insoumis décident d'entrer en lutte contre la "Machine". Un vétéran du Vietnam accroc à la bière et aux armes à feu, un chirurgien incendiaire entre deux âges, sa superbe maîtresse et un mormon nostalgique et polygame commencent à détruire ponts, routes et voies ferrées qui balafrent le désert. Armés de simples clefs à molette - et de dynamite - nos héros écologistes vont devoir affronter les représentants de l'ordre et de la morale lancés à leur poursuite. Commence alors une longue traque dans le désert. Dénonciation cinglante du monde industriel moderne, hommage appuyé à la nature sauvage et hymne à la désobéissance civile, ce livre subversif à la verve tragi-comique sans égale est le grand roman épique de l'Ouest américain. Ce classique, vendu à des millions d'exemplaires depuis sa parution au milieu des années 70, est devenu la bible d'une écologie militante et toujours pacifique... ou presque.
Quatrième de couverture : Révoltés de voir le somptueux désert de lOuest défiguré par les industriels, quatre insoumis décident dentrer en lutte contre la Machine. Un vétéran du Vietnam accro à la bière et aux armes à feu, un chirurgien incendiaire entre deux âges, sa superbe maîtresse et un mormon nostalgique et polygame commencent à détruire ponts, routes et voies ferrées qui balafrent le désert. Armés de simples clefs à molette et de quelques bâtons de dynamite , ils doivent affronter les représentants de lordre et de la morale lancés à leur poursuite. Commence alors une longue traque dans le désert. |
Edward ABBEY (1927-1989)
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Les
8 cotes d'amour du groupe breton ............................................................ ...................................... 1. Danièle : je n'ai pas eu le temps de lire le livre, qui semble pourtant sortir de l'ordinaire 2. Sabine : je ferai faux bond pour Le gang de la clé à molette, je me suis plongée dans La maison vide de Laurent Mauvignier, grande maison de 700 pages... 3. Mégane : je n'ai pas encore ouvert le bouquin, je n'ai bêtement pas lu dans l'ordre et j'ai dû commencer par la fin (je suis au taquet sur Missa sine nomine et Brooklyn). 4. Brigitte : je n'ai presque pas avancé dans la lecture du Gang de la clé à molette, je ne serai donc pas à l'écran ce soir, désolée. 5. Jean : je ne serai finalement pas présent ce soir pour Abbey malheureusement, car je dois faire un passage sur LCI (pas pour parler littérature malheureusement, mais budget de l'État...). 6. Manuel : je
n'ai lu que 100 pages et pour l'instant ça me plaît
car cela me rappelle un voyage justement dans ce coin-là. |
Renée
(avis
transmis)
J'ai très péniblement lu un tiers du livre. Je n'arrivais
pas à m'attacher à ce fumeur écolo qui jette les
mégots allumés par la fenêtre et les canettes de bière
idem.
Puis j'ai réfléchi : pourquoi je m'impose cette lecture
qui m'agace ? Parce que j'ai toujours fini un livre commencé
? Il est temps de me révolter. À partir d'aujourd'hui je
ne lirai plus que par plaisir.
Je consulterai vos avis pour essayer de comprendre
ce qui vous a plu dans ce roman. Je le ferme en entier avec un cadenas
pour être sûre de ne plus le rouvrir par erreur.
Monique L![]()
C'est une fiction hilarante, insolente et extravagante. C'est aussi un
roman engagé qui nous invite à réfléchir sur
les enjeux environnementaux et sociaux de notre époque. C'est rythmé
et plein d'humour.
Les grandes étendues de l'Utah, sa faune et sa flore sont admirablement
décrites.
Les personnages de ce road trip sont attachants, irrésistibles.
C'est un quatuor improbable d'utopistes déjantés. Ils sont
très différents et très typés ce qui permet
des dialogues truculents, des réflexions et des débats d'idées
intéressants, des propos féministes. Leur point commun est
leur détermination à lutter contre les grandes firmes industrielles
qui défigurent le désert et ils se promettent de rester
ensemble malgré leurs personnalités, leurs histoires et
leurs convictions différentes.
On est plongé dans une série d'actions haletantes, de rebondissements
inattendus et de moments d'introspection profonde.
Ce qui m'a intéressée, c'est de voir comment un groupe de
personnalités aussi diverses peut fonctionner, devenir complices
tout en partageant des insultes et des vannes mais en réussissant
à faire des choix difficiles. Il y a là :
- Hayduke, un vétéran du Vietnam, inventif, marginal, accroc
à la bière et aux armes à feu, incarne l'esprit rebelle
et la détermination du groupe
- Dos Sarvis finance le gang et en est le cerveau ; il élabore
des plans stratégiques
- Bonnie Abbzug, femme sexy, forte, féministe et indépendante
joue un rôle crucial dans les opérations en apportant son
courage et sa détermination
- Seldom Seen Smith apporte sa connaissance du désert et sa connexion
avec la nature.
L'histoire monte en puissance au fil de la rencontre, du débat
d'idées (plutôt que de détruire, ralentir l'avancement
et empêcher de construire), du passage aux premiers actes timides,
de la confiance qui s'installe, du durcissement des actions, des risques
Et des réactions de leurs poursuivants excédés qui
déclenchent une véritable traque dans le désert.
Tout n'est pas crédible mais j'y ai cru, comme les exploits de
Hayduke qui se sort des situations les plus improbables et surtout son
retour à la fin sont sans doute un peu exagérés,
mais...
Je ne me suis pas ennuyée une seconde. J'ai aimé le ton,
c'est bourré d'humour, de complicité, d'actions et de réflexions.
J'y ai vu une réflexion sur la place de l'homme dans la nature
et une dénonciation des ravages du progrès qui s'opposent
à la préservation de la nature et au respect des écosystèmes.
Cela invite à réfléchir sur les enjeux environnementaux
et sociaux de notre époque, sur notre rapport à la nature,
sur notre responsabilité envers les générations futures
et sur les compromis que nous sommes prêts à faire pour préserver
notre planète. C'est assez adroit pour nous faire ressentir la
révolte. Cela ne m'a pas convertie pour autant à accepter
les actions radicales.
J'ouvre aux ¾.
Etienne entre
et![]()
J'ai d'abord lu Désert
solitaire, livre autobiographique concernant la vie de Ranger
de l'auteur, et j'ai bien apprécié. J'étais donc
curieux de ce livre de fiction et surtout avec les dessins de Crumb. Ce
qui est commun est un humour féroce qui vire au nihilisme, et le
monde en prend pour son grade : j'ai reconnu tout de suite.
Les quatre personnages sont bien campés, des Pieds nickelés.
Quand ils se rencontrent, il y a un excès de descriptions géographiques
; le décor est très bien décrit, mais avec un excès
d'informations qui anesthésie. C'est un défaut présent
dans Désert solitaire.
Les dialogues sont loufoques, non crédibles.
J'ai décroché dans des passages assez longs : qui trop embrasse,
mal étreint.
Il y a aussi quelque chose de malaisant - d'ailleurs Elisabeth Quin évoque
la façon dont il décrit le personnage féminin -
à la Audiard, ultra stéréotypé : avec son
cerveau reptilien, il s'agit pour elle de se reproduire avec le guerrier
le plus puissant. Pourtant, Abbey était très doux, attentionné,
mais avec une vision des femmes !...
J'ai fini le livre, c'est sympa avec ces rebondissements. Mais j'ai un
peu de mal à comprendre. J'ai une sympathie naturelle pour la défense
de la nature et ce débat violence/ non-violence est un débat
sans fin très intéressant, emblématique de cette
époque.
Mais j'ai trouvé l'ensemble mal écrit, relevant d'une histoire
pour enfants. Et le côté nature writing est indigeste.
C'est sympa et maladroit. J'ouvre entre ¼ et ½.
Richard
(qui,
depuis plus de 10 ans qu'il participe au groupe n'a JAMAIS ouvert un livre
en entier, donc ¾, c'est la pâmoison !)
Pour une fois je ne serai pas très négatif. J'ai assez aimé
la construction. Même si c'est spoilé au début.
J'ai beaucoup aimé le mélange activité intense, alternant
avec calme et discussion.
Par contre, bien que ce soit facile à lire, il y a des expressions
américaines que je ne comprends pas.
J'ai trouvé que dans chaque passage il y a trop de détails.
Ça pourrait se lire comme un document, mais c'est trop long pour
de la fiction et ce n'était pas nécessaire. Il y a des contradictions
entre documentaire illustré ou roman plein de faits réels.
Je ne savais pas ce que je lisais : un documentaire ou une fiction.
Les quatre personnages agissent de façon américaine :
ils sont contre les actions qui détruisent "leur" nature
et qui élèvent des bufs, mais eux ils roulent sur
les routes ainsi créées et mangent la viande des bufs
tués : contradiction. Ces quatre personnages, on ne peut pas ne
pas les aimer et sentir une certaine sympathie pour eux, surtout quand
ils rencontrent leur fin presque tragique. J'ouvre ¾.
Claire entre
et![]()
Avant la lecture, j'étais en bonne condition : Etienne avait tilté
pour cet auteur, et j'étais d'emblée acquise par l'enthousiasme
d'Elisabeth Quin et poussée par les avis des Bretons l'an dernier,
très majoritairement positifs.
J'ai apprécié la présence d'images - cartes, dessins,
photos -, la préface sympa, le style et l'humour immédiats.
Avec des descriptions marrantes (Smith avait "un
nez en bec d'oiseau, la pomme d'Adam proéminente, des oreilles
en anses d'amphore, une tignasse en nid de rat délavée par
le soleil"), des dialogues amusants, comme celui des deux
amants :
"- Épouse-moi,
dit-il.
- Pour quoi faire ?
- Je n'en sais rien. J'aime les cérémonies.
- Pourquoi gâcher une relation si parfaitement correcte ? (
)
- M'aimeras-tu encore quand je serai un vieux gros chauve impuissant ?
- Tu es déjà vieux, gros, chauve et impuissant.
- Mais je suis riche. N'oublie pas ça. M'aimerais-tu quand même
si j'étais pauvre ?
- Ça m'étonnerait." Ça sent la BD.
J'apprécie aussi la comparaison savoureuse pour les premiers ébats
: "Abbzug et Hayduke,
enfin seuls, se télescopèrent l'un l'autre comme des wagons
de fret s'accouplant dans une gare de triage."
Des jeux de mots paraissent bien traduits : "Ces
imperceptibles mais irréfragables picotements des poils de l'aine
qui sont le prélude garanti à l'amour. Ce mélange
de vénérien et de vénération ne saurait exprimer
autre chose" (pour "Venereal
as a valentine, it could have no other meaning.")
Alors qu'un aspect macho avait été signalé, je n'ai
pas suivi cette dénonciation : on est en 1975, et malgré
l'ambiance mec, je lis :
"Pas de foutue gonzesse.
C'est
un boulot d'hommes.
- Arrête de parler comme un porc".
Abbzug crève l'écran et alors ? (À quand un
film ?).
Je n'ai pas craché sur les mots sortant de l'ordinaire : pondéreux,
se déhaler...
Et ai apprécié le suspense effectif quand un personnage
est poursuivi, chapitre 24.
Hélas, hélas..., il y a plus de 500 pages, et, surtout,
ces qualités relevées ici et là ont fort à
faire avec le fond du livre. L'exergue
qui en principe annonce la couleur thématique : je n'ai rien compris.
Ça bouge beaucoup et je ne
vois pas où : il me manque
des cartes d'ensemble. Et surtout, sur le fond, l'éco-terrorisme,
j'ai été atterrée par cette violence, cette jouissance
de la destruction et de la violence : "il
se leva, machine vibrant entre ses mains, assoiffé de destruction"
; "il avait aussi appris,
comme les autres, à apprécier l'art de la destruction méthodique,
radicale".
Outre cette violence grossière, je ne vois aucunement un objectif
sincère de réflexion écologique. Je vois du blabla,
du genre : " Bonnie
avait en tête l'amour, le paysage et une cabane dans les pins ;
Hayduke, romantique et rêveur lui aussi, pensait surtout à
des engins masochistes, à de l'acier qui souffre, du fer soumis
à des épreuves peu naturelles, aux multiples avatars de
ce qu'il appelait la "destruction créative". D'une manière
ou d'une autre, ils allaient ralentir - sinon stopper - le progrès
de la Technocratie, la croissance de la Croissance, la dissémination
de cette idéologie de cellule cancéreuse."
S'y ajoutent des aspects puérils ; le médecin refuse le
vandalisme, certes, mais pour quels motifs ? "-
C'est du vandalisme, dit Doc. Je suis contre le vandalisme. Lacérer
des sièges, c'est petit-bourgeois."
Un sentiment d'absurdité domine : par exemple est évoquée
la destruction du travail du géomètre "annihilant
en un jour l'uvre patiente et experte d'une équipe de quatre
géomètres pendant un mois".
J'ai trouvé grotesque l'épisode où le docteur va
soigner Lévesque. La psychologie de Georges qui suite à
la guerre du Vietnam veut vivre en autarcie ne m'a pas convaincue.
Et que c'est long, ça n'en finit plus leur bricolage technique.
Et les poursuites n'en finissent plus, en particulier au chapitre 25.
Quel dommage de n'avoir pas la première
traduction qui avait désherbé à grands coups
de serpe tout ce qui était casse-pieds...
Certes le livre est original, et je suis contente de le connaitre, mais
mon plaisir a été limité, limitation assortie de
colère écologique vis-à-vis du livre. J'ouvre entre
¼ et ½ (quand même !) et je ne vois pas à qui
le conseiller.
Catherine![]()
Je n'avais pas très envie de le lire, en raison du titre et après
en avoir parcouru quelques lignes ; je suis restée au final
sur ma réserve en le lisant.
Pourtant, il y a des choses que j'ai aimées : j'ai assez aimé
les 100 premières pages, j'ai aimé les dessins qui font
un peu roman graphique, l'originalité et l'actualité du
sujet, le côté branquignol et l'humour, les descriptions
des personnages, celle de Seldom Smith en particulier, que Claire a lue
et que j'avais notée aussi.
J'ai surtout aimé (et c'est qui m'a retenue de laisser tomber le
livre en cours de route) les descriptions de ces paysages somptueux. Elles
sont assez longues et détaillées, peut-être un peu
trop, mais elles sont très visuelles et m'ont transportée
là-bas (peut-être plus facilement parce que je les ai vues
et que j'y ai passé du temps). On comprend mieux pourquoi les personnages
y sont tellement attachés et veulent les préserver par tous
les moyens des destruction en cours : les routes, les ponts, le lac
Powell, l'assèchement du Colorado, le surtourisme et l'extraction
minière.
J'ai été gênée par la façon dont ils
parlent des Indiens (avec également un court passage sur les Japonais),
c'est un discours carrément raciste.
Les personnages m'ont paru aussi très caricaturaux. La seule femme,
Bonnie, a certes une maîtrise de littérature, mais on insiste
surtout sur son physique, c'est une bombe évidemment, et les trois
hommes bavent devant elle. Et de qui tombe-t-elle amoureuse ? Du vétéran
viril bien sûr, sexiste, incapable d'aligner trois mots sans jurer.
On est en plein dans le cliché. Ça m'a franchement énervée.
Il y a de l'action, au début je me suis laissé prendre,
mais j'ai été lassée très vite, c'est très
répétitif et ça devient vite ennuyeux, pour moi ;
il y a 300 pages de trop : plus ramassé, cela aurait mieux tenu
la route.
J'ouvre un quart pour l'actualité du sujet, l'humour et les paysages.
Je me suis demandé si c'était bien un livre pour le groupe
lecture. Peut-être Désert
solitaire m'aurait-il davantage plu.
Jacqueline![]()
J'ai
eu assez de mal à rentrer dedans. Il y avait une carte au début,
je suis allée voir sur Internet : des images à couper le
souffle ! Mais je crois que, sans ces images, les descriptions du
livre ne m'auraient pas permis de voir toute la beauté de ce désert.
Depuis la parution du roman, le lac s'est un peu asséché,
mais la marina est toujours là et je comprends qu'on ait envie
de la faire sauter !
Le début avec l'inauguration du pont : un morceau de bravoure !
J'ai pensé aux comices agricoles de Flaubert dans Madame Bovary.
Autrefois on le lisait à l'école, privé du récit
parallèle de l'entrevue amoureuse d'Emma ! Dans ce prologue,
j'ai tiqué au regard ironique sur les Indiens se gavant de nourriture
industrielle en écoutant de la musique country tonitruante. Plus
tard, je n'ai pas aimé non plus les propos méprisants des
héros (par exemple p. 102, Abbzug débarquant à
l'aéroport : "c'est
épouvantablement moche ce coin ! Qui vit ici ? - Les Indiens.
- Trop bien pour eux !") Aucun des protagonistes n'a l'air
d'hésiter à leur faire porter le chapeau des destructions.
Il est vrai que plus tard p. 274, le docteur pense aux ravages créés
par les compagnies avec la complicité du gouvernement et cite,
parmi d'autres, "la
destruction des peuplements indiens, des pâturages indiens, des
sites sacrés et des cimetières indiens"
Après le prologue, chaque chapitre présente un des personnages,
mais je n'arrivais guère à m'y intéresser
Je
ne marchais pas. L'humour potache me rappelait Trois
hommes dans un bateau.
J'ai apprécié le chapitre "Duologues" où
l'on voit leur communauté se former, malgré les doutes et
les réticences des uns et des autres. Puis, l'atmosphère
de solidarité entre ces hurluberlus dans un environnement sauvage,
leur truculence, me rappelait La
vierge froide et autres racontars de Riel, sauf que j'avais adoré
! Là, je pensais vraiment que je n'irai pas jusqu'au bout
Je m'étonnais des descriptions des engins qui les humanisent presque
au moment de leur destruction
Je voyais de l'ironie dans le sort
qui faisait surgir un conducteur inattendu au train automatique, finalement
sauvé par les hésitations d'Abbzug à appuyer sur
le détonateur, alors qu'elle ignore la nouvelle situation
Au chapitre suivant, le suspense autour de la fouille du véhicule
par le ranger, comme son dénouement, m'a rappelé un épisode
du polar Fantasia
chez les Ploucs
(anar et dans mon lointain souvenir, beaucoup mieux !)... J'ai trouvé
intéressantes les précisions sur le rôle des compagnies
dans le désert. Mais, ce qu'ils font, à quoi ça rime
? Juste le panache ! J'ai adoré le borgne sur le cheval, tel un
Deus ex machina...
À peu près, à partir de là, en cessant de
prendre le livre au sérieux, en le lisant comme une espèce
d'Arsène
Lupin, gentleman cambrioleur (je ne l'ai jamais lu !) plein
de suspense et de rebondissements bien construits, je me suis prise au
jeu et j'y ai pris plaisir. Quand je serai un peu trop fatiguée
pour lire autre chose, je lirais bien Le
retour du gang [Tête sidérée de Catherine]
plutôt qu'un polar
Je me suis doutée que Hayduke allait resurgir et je suis ravie
que le gang ait trouvé des émules
Quant au débat
idéologique, autour de leurs actions ou autour de la destruction
des machines, c'est autre chose
J'ouvre aux ¾ pour l'aspect roman d'aventures qui m'a finalement
happée.
Thomas![]()
Pour ce qui est de la forme : au début, j'ai trouvé ça
bien écrit, parfois presque trop bien écrit même au
début, mais très vite l'écriture devient fluide et
plutôt agréable. Comme beaucoup d'autres ici, j'ai parfois
frôlé l'overdose de détails (géographiques,
chimiques et machiniques), dans un récit qui m'a, par moments,
paru bien long. Heureusement les dialogues apportent quelques respirations
bienvenues, et l'action, assez trépidante dans la seconde partie,
est divertissante... Même si certains épisodes manquent quelque
peu de crédibilité (le coup de la jeep en rappel, le rapprochement
Hayduke/Bonnie, la scène assez ridicule où le premier nommé
arrive à s'en sortir face à deux gardes descendus de leur
hélico et ayant réussi à prendre la seconde en otage,
sans même parler, évidemment, de la fin...). Mais, globalement,
ce n'est pas si mal.
Pour ce qui est du fond, maintenant. J'ai d'abord cru, à la lecture
de l'avertissement précédant la lecture, que c'était
réel, et que l'auteur allait présenter les personnages,
avec leurs qualités, leurs défauts et leurs contradictions
à manière de Capote dans De
Sang-froid.
Hélas, on est bien loin de cette objectivité, et j'ai été
bien embêté par ce personnage d'Hayduke que l'auteur tente
(avec pas mal de succès) de rendre sympathique. Pourtant, il symbolise
pour moi une Amérique qui se regarde le nombril, sans prendre aucun
recul. Il semble s'agir pour lui d'une croisière personnelle, où
il détruit avant tout pour son plaisir personnel, sans prendre
beaucoup le temps de réfléchir. Il n'a aucun souci à
envoyer ses innombrables canettes de bière polluer le paysage,
ne supporte pas qu'on lui fasse la moindre remarque à ce sujet,
s'insurge de toute industrie (souvent à raison, certes), mais est
visiblement très heureux de disposer de sa collection d'armes,
de rouler partout avec sa jeep (qui consomme un pétrole sans doute
extrait en tout respect de la nature...), d'avoir accès à
la société de consommation quand cela l'arrange (l'industrie
de la bière n'est pourtant pas sans impact environnemental !)
et semble nourrir une haine inexpliquée envers les Rangers qui
sont pourtant là pour défendre la nature. Ses compagnons
ne font guère mieux, se contentant d'arguments idéologiques
bien peu développés, alors que la question est des plus
intéressantes. Et eux aussi prennent l'avion sans souci, crament
ce qui les amuse sans sembler réaliser ce que ces combustions peuvent
aussi avoir de toxique... Le seul à avoir une ébauche de
réflexion explicitée me semble être le Doc', faisant
le lien entre les pathologies qu'il observe et l'exploitation de la nature,
mais cela reste très embryonnaire. C'était pourtant avant
tout cet aspect-là qui m'attirait le plus dans ce livre, qui me
laisse donc fort déçu. Au final, j'ouvre au ¼.
Fanny
J'ai bien aimé le profil de ces personnages atypiques et hauts
en couleur : je les ai trouvés tout en sensibilité, malgré
les apparences qu'ils donnent parfois. Les illustrations donnent un vrai
cachet, j'aurais aimé en voir davantage.
Le fond est intéressant : jusqu'où aller pour défendre
ses valeurs ?
J'ai trouvé que le style donne une apparence de légèreté,
mais les enjeux moraux, écologiques et sociaux sont sérieux.
J'ai aussi aimé les récits fantasques de cette bande de
Pieds Nickelés, par exemple la tractopelle qu'ils ne savent pas
arrêter.
J'ai aimé aussi les dialogues qui sont faits de mots simples, parfois
argotiques et également de vocabulaire technique précis,
voire érudit. Cela correspond bien je trouve au profil des personnages.
Oui mais, je me suis très vite lassée du récit de
leurs péripéties, avec une impression de recommencement
et un ennui à la lecture ; c'est peut-être lié à
un manque d'implication de ma part dans les enjeux écologiques.
J'ai arrêté un peu avant la moitié, à force
de lire en diagonale, j'avais perdu le fil et ma lecture ne m'apportait
plus rien.
Je pense que pour moi, cela aurait mieux fonctionné sous forme
de film, voire de roman graphique.
J'ouvre ¼.
Annick L![]()
Quel choc à la lecture de ce roman décoiffant ! J'ai été
entraînée dans cette aventure rocambolesque sans reprendre
mon souffle, aux côtés de ces quatre justiciers écologistes
qui décident de mettre leur grain de sable (voir plus) dans l'engrenage
de la monstrueuse machine techno-industrielle qui colonise et détruit
la nature sauvage en exploitant ses ressources.
J'ai aimé ces passages magnifiques sur les paysages désertiques
de l'Utah et de l'Arizona, qui marquent des pauses entre les séquences
d'action et qui m'ont fait voyager. Je me suis attachée aux quatre
compères si dissemblables, mais réunis par leur projet de
combat écologique, des antihéros à la fois déterminés
dans l'action, mais conscients de la vanité de leur entreprise,
ce qui les rend touchants. De véritables Pieds nickelés
- une impression renforcée par les dessins de Crumb qui les incarnent
: Hayducke, le vétéran traumatisé du Vietnam, violent
et macho, spécialiste des techniques de sabotage ; Seldom
Seen Smith, le mormon polygame, guide expert de randonnées fluviales
et grand connaisseur du terrain ; le docteur Jarvis, un idéaliste
érudit, financeur du projet ; et son assistante-maîtresse,
Bonnie Abzugg, plutôt hippie baba cool, qui a du fil à retordre
pour défendre sa place féminine dans l'équipe.
J'ai aussi beaucoup savouré les dialogues percutants, qui servent
à multiplier les points de vue sur le pourquoi et comment de leurs
initiatives
les quatre n'étant pas toujours d'accord, loin
de là ! J'ai également été happée,
comme dans un polar, par le suspense qui entoure chacun de leurs sabotages
- en toute bonne conscience puisque leur règle de conduite était
: "pas de victime humaine" ! Certains combats, périlleux,
contre des machines sont de véritables faits d'arme. La scène
de tension maximale étant évidemment la cavale finale de
Hayducke fuyant ses poursuivants déterminés à le
mettre hors de combat.
Les seules séquences qui m'ont vraiment lassée sont les
modes d'emploi très précis, très détaillés,
pour chaque opération de sabotage ! On aurait pu s'en passer et
réduire ainsi le volume des 600 pages. J'ai aussi été
gênée par le racisme qui affleure dans certains propos concernant
les Indiens et par le rôle que l'auteur attribue à la seule
femme de la bande.
Mais je comprends que ce roman original soit devenu une uvre culte
parce qu'Edward Abbey est un écrivain de grand talent, à
la fois scénariste, dialoguiste et poète lyrique dans ses
évocations de cette nature sauvage dont il voulait préserver
la beauté. Un livre qui, de plus, fait terriblement écho
à l'actualité : "Drill, drill, drill" disait un
certain Donald Trump
Je terminerai par un hommage appuyé au travail du traducteur.
J'ouvre aux ¾.
Françoise![]()
J'ai beaucoup aimé la langue, l'écriture,
le parler truculent, les jeux de mots, les sonorités : on rigole
et je me suis beaucoup amusée. Exemples : "Smith stuck
a stick of jerky in is teeth", "wrecklamation",
"A drink a day keeps a schrink away", "Om sweet
Om", etc. Je sais que je suis bon public, les noms m'ont fait
rire : Seldom SeenSmith, Evilsizer, Glasscock, Bishop Love... Quant
au vin que boit Doc au début, j'ai vérifié :
"La
Tache" est vraiment un grand cru Romanée Conti, hyper
cher.
Je l'ai lu beaucoup comme un polar avec ses invraisemblances : comment
ils arrivent à s'en sortir (presque) à chaque fois, c'est
jouissif.
Mais les descriptions quant aux préparations, c'est trop long,
trop technique. Quand il descend sa jeep en rappel ! Je n'ai pas compris
comment il décroche le câble [Thomas explique à
Françoise], alors que le genévrier n'est pas si costaud,
et il est toujours là. Bon c'est du roman. J'ai adoré cette
scène. Et Doc, quand à vélo il se débrouille
pour que le camion qu'il a incité à le poursuivre rentre
dans un billboard, j'ai kiffé.
Les points négatifs je les ai déjà soulignés
: beaucoup de répétitions, des longueurs ; plus ramassé
ça aurait été mieux.
Mais les descriptions de paysage avec les oiseaux, j'ai aimé. C'est
chouette, mais c'est trop long.
Pour moi le plus gros point négatif, c'est leur racisme vis-à-vis
des Indiens. Mais je ne trouve pas que ce soit misogyne, Abbzug est une
femme libre, elle fait ce qu'elle veut et ne se laisse pas faire.
Par rapport aux années 70 où j'étais aux États-Unis,
je n'ai pas été dépaysée. J'ouvre aux 3/4
avec mes points négatifs : les Indiens et les longueurs.
Sur France Culture : "Edward Abbey, défendre la nature à coups de clef à molette !", avec Élisabeth Quin, Xavier Mauduit, Le Cours de l'histoire, 4 décembre 2025, 58 min.
Sur Arte :
- Edward
Abbey, naturellement subversif !, documentaire de Jeremy Frey
et Élisabeth Quin, produit par KM prod et ARTE France, visible
sur arte.tv jusqu'au 2 novembre 2026, 53 min.
- Pour les pressés en 2 min 50, sur "ce putain de bouquin"
: la reco d'Élisabeth Quin : 28
min sur Youtube.
Découvrez l'histoire de la traduction et donc de l'édition du livre, d'abord tronquée, puis intégrale.
Lisez l'interview du traducteur Jacques Mailhos.
Vous pensiez que cela lui avait échappé ? François Busnel chronique le livre dans La P'tite Librairie.
Vous n'y croyez pas ? Une librairie à Marmande s'appelle Le Gang de la clé à molette. Elle apparaît la semaine même où nous nous retrouvons pour ce livre dans l'émission La Grande Librairie du 16 septembre 2026...
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Question
de Philippe du groupe breton Voix au chapitre
aux éditions Gallmeister du 02/04/2026 |
| Bonjour, Je viens de terminer la lecture du livre de Edward ABBEY, Le gang de la clef à molette, avec beaucoup de plaisir de lecture comme souvent pour les livres édités par Gallmeister. Je souhaite obtenir une précision, sur le terme "éco-terrorisme" de la page 62, figure-t-il dans la version originale parue en 1975, et/ou dans la version de 1985. Le terme était-il présent dans la traduction de 2013 déjà ou seulement dans la traduction actuelle de 2017 de Jacques MAILHOS. En effet, l'évolution historique de l'usage du mot "éco-terrorisme" en français est introuvable avant 1990, dans le journal Le Monde, par exemple très peu employé à partir de 2007 et surtout à partir de 2017. Au total, dans le roman le terme "éco-terrorisme" est-il uniquement le fait du traducteur ? Merci de me répondre. Salutations littéraires. Philippe GUEGUIN, pour le club de lecture : Voix au chapitre groupe Bretagne (Pontivy-Vannes) |
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Réponse
des éditions Gallmeister du 03/04/2026
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Bonjour, |
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Guérif
est un nom qui compte
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Benjamin Guérif, qui a répondu à
Philippe - le lendemain de son message et après avoir
consulté le traducteur ! -, est le fils de François
Guérif, un grand éditeur. |
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Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme
au rejet :
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à
la folie
grand ouvert |
beaucoup
¾ ouvert |
moyennement
à moitié |
un
peu
ouvert ¼ |
pas
du tout
fermé ! |
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