Extrait de Startribune


Trad. Jacques Tournier, Livre de poche 1976 ; rééd. Grasset 1996 ; Grasset, Cahiers rouges, 2007 ; rééd. Livre de poche 2007 ; rééd. Livre de poche 2013 :

Trad. Jean-François Merle, Pocket 2013 :

Trad. Michel Viel, L'Âge d'homme, Lausanne, 1991 :

Trad. Julie Wolkenstein P.O.L 2011, Garnier Flammarion 2012 : 

Trad. Philippe Jaworski, 2012, La Pléiade et Folio 2012 n° 5338 et 2014 tirage limité sous étui :

Trad. Michel Laporte, Livre de poche 2014 :

Trad. Éric Coutelle, édition uniquement numérique Galand (Amazon) 2014 :

Les premières éditions de la traduction de Victor Llona en ligne : 1926 éd. S. Kra ; 1946 éd. Le Sagittaire :

Francis Scott Fitzgerald (1896-1940)
Gatsby le Magnifique
(1925)

Nous avons lu ce livre pour le 18 mai 2018 (nos avis sont en cours de mise en ligne).

Après (ou avant) la lecture du livre, quelques compléments concernant :
- les œuvres de Fitzgerald
- des repères biographiques incluant les publications
- les 8 traductions de Gatsby
-
les films adaptés de Gatsby

LES ŒUVRES DE FITZGERALD

L'écrivain est surtout connu pour ses romans (tous les 5 en poche) :
-
1920 : L'Envers du paradis
- 1922 : Beaux et Damnés
- 1925 : Gatsby le Magnifique
- 1934 : Tendre est la nuit
- 1941 : Le Dernier Nabab (inachevé)

Fitzgerald a également écrit des pièces de théâtre et des essais, de la poésie, ainsi que de nombreuses nouvelles, dont voici quelques recueils parus en poche :
- La Fêlure et autres nouvelles
- Je me tuerais pour vous
- Contes de l'âge du jazz et Les enfants du jazz
-
Un diamant gros comme le Ritz
- Fragments de Paradis
-
Entre trois et quatre

17 interviews sont recueillies dans Des livres et une Rolls. Il liste dans un entretien, alors qu'il a un peu plus de 30 ans, les livres qui l'ont marqué par périodes de deux ans :
- à 14 ans, The Varmint d'Owen Johnson
- à 16 ans, Le Maître de la terre de Robert Hugh Benson
- à 18 ans, Le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde
- à 20 ans, L'Impasse
de Compton Mackenzie
- à 22 ans, Tono-Bungay de H. G. Wells
- à 24 ans, Généalogie de la morale de Friedrich Nietzsche
- à 26 ans, Les Frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski
- à 28 ans, Mémoires de Ludendorff
- à 30 ans, Le Déclin de l'Occident de Oswald Spengler.

QUELQUES REPÈRES BIOGRAPHIQUES

- 1896 : Francis Scott Fitzgerald naît dans le Minnesota, dans une famille de la petite bourgeoisie
- 1913 : entre à la célèbre université de Princeton. Frustré de n'être ni athlétique, ni brillant, ni riche, il écrit et néglige ses études au profit de la poésie ; il quitte Princeton sans en être diplômé.
- 1917 : il s'engage dans l'armée.
- 1918 : il rencontre la belle et excentrique Zelda Sayre.
- 1920 : publie L'Envers du paradis, roman qui connaît un énorme succès et qui fait de son auteur le représentant de la génération de l'Ère du Jazz (il écrira les nouvelles Les enfants du jazz).Comme nombre de leurs compatriotes, Fitzgerald et son épouse décident de tirer profit du dollar fort et émigrent en France, à Paris et sur la Côte d'Azur. Fitzgerald fera partie de la Génération perdue (Gertrude Stein est l'auteur de cette expression forgée par pour décrire un groupe d'auteurs américains expatriés à Paris durant l'entre-deux-guerres ; Hemingway l'évoque dans Paris est une fête. Durant ces années 1920, la librairie Shakespeare and company, ouverte rue de l'Odéon par Sylvia Beach sert de point de ralliement...). Pour Fitzgerald, ce sont des a
nnées de beuveries, d'argent facile.
- 1922 : Beaux et Damnés, portrait de l'élite new-yorkaise aux débuts de l'Ère du Jazz, largement inspiré de la propre vie de Fitzgerald et de son mariage avec Zelda.
- 1925 : Gatsby le Magnifique, écrit en France et dont Fitzgerald fait lire le manuscrit à Ernest Hemingway à la terrasse de La Closerie des Lilas...
- 1924 : aventure de Zelda avec Édouard Jozan, aviateur français rencontré sur la Riviera, après laquelle Francis Scott devient invivable. Les efforts soutenus de Zelda pour atteindre la célébrité (peinture, danse, littérature) se révèlent vains, et ce sera diagnostiquée schizophrénie apparaît.
- 1926 : Scott est appelé à Hollywood et Zelda commence à perdre la tête : elle entend désormais parler les fleurs, et son mari entamera une tournée des cliniques psychiatriques (Suisse, USA), une situation qui rend les dernières années de l'écrivain aussi coûteuses que déprimantes.
- 1932 : Zelda publie Accordez-moi cette valse, son seul roman, en partie autobiographique. Scott est furieux, lui reproche d'utiliser les mêmes souvenirs sur lesquels il travaille à l'écriture de Tendre est la nuit depuis des années ; il force Zelda à récrire son roman, afin d'enlever les passages qu'il évoque lui-même dans son livre... et elle accepte.
- 1934 : en dépit de son propre alcoolisme, les dépressions et les soucis financiers (évoqués dans le recueil de nouvelles La Fêlure), Scott Fitzgerald parvient toutefois, au bout de neuf ans, à écrire Tendre est la nuit.
- 1940 : Fitzgerald meurt à 44 ans à Hollywood d'une crise cardiaque alors qu'il exerce la profession de scénariste qu'il déteste. Il laisse Le Dernier Nabab inachevé.
- 1948 : mort de sa femme dans l'incendie qui ravage le sanatorium d'Asheville, où elle est internée.

LES 8 TRADUCTIONS DE GATSBY

C'est le troisième roman de l'écrivain américain. Publié en 1925 aux États-Unis, il a été traduit en français à partir de 1926 sous ce titre, Gatsby le Magnifique (The Great Gatsby). Trois traductions récentes choisissent pour titre Gatsby.

Gatsby le magnifique, traduction de :
- Victor Llona : 1ère version 1926, éd. S. Kra en ligne ; 2e version, 1946, éd. Grasset et Le Sagittaire ; rééd. Livre de Poche, 1962
- Jacques Tournier : Livre de poche 1976 ; rééd. Grasset 1996 ; Grasset, Cahiers rouges, 2007 ; rééd. Livre de poche 2013
- Michel Viel : 1991, Lausanne, L'Âge d'homme.

Gatsby, traduction de :
- Julie Wolkenstein : P.O.L 2011, Garnier Flammarion 2012
- Philippe Jaworski : La Pléiade 2012, Gallimard Folio 2012 n° 5338 et Folio 2014 tirage limité sous étui
- Jean-François Merle : Pocket 2013.

Gatsby le magnifique, traduction de :
- Michel Laporte : Livre de poche 2014
- Éric Coutelle : édition uniquement numérique Galand (Amazon) 2014.

Voici comment sont traduites les deux premières phrases du roman :

« In my younger and more vulnerable years my father gave me some advice that I've been turning over in my mind ever since. "Whenever you feel like criticizing any one," he told me, "just remember that all the people in this world haven't had the advantages that you've had." »

- 1926 (trad. Victor Llona) :
« Quand j'étais plus jeune, ce qui veut dire plus vulnérable, mon père me donna un conseil que je ne cesse de retourner dans mon esprit :
"Quand tu auras envie de critiquer quelqu'un, songe que tout le monde n'a pas joui des mêmes avantages que toi."
 »
- 1990 (trad. Jacques Tournier) :
« Dès mon âge le plus tendre et le plus facile à influencer, mon père m'a donné un certain conseil que je n'ai jamais oublié.
"Chaque fois que tu te prépares à critiquer quelqu'un, m'a-t-il dit, souviens-toi qu'en venant sur terre tout le monde n'a pas eu droit aux mêmes avantages que toi." »

- 2011 (trad. Julie Wolkenstein) :
« Quand j'étais plus jeune et plus influençable, mon père m'a donné un conseil que je n'ai cessé de méditer depuis.
"Chaque fois que tu as envie de critiquer quelqu'un, me dit-il, souviens-toi seulement que tout le monde n'a pas bénéficié des mêmes avantages que toi." »

- 2012 (trad. Philippe Jaworski) :
« Quand j'étais plus jeune et plus vulnérable, mon père, un jour, m'a donné un conseil que je n'ai pas cessé de retourner dans ma tête.
"Chaque fois que tu seras tenté de critiquer quelqu'un, m'a-t-il dit, songe d'abord que tout un chacun n'a pas eu en ce bas monde les mêmes avantages que toi." »

Voici comment est traduite la dernière phrase « So we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly into the past. »

- 1926 (trad. Victor Llona, 1re version) : « C'est ainsi que nous avançons, barques luttant contre un courant qui nous rejette sans cesse vers le passé. »
- 1946 (trad. Victor Llona, 2e version) : « Car c'est ainsi que nous allons, barques luttant contre un courant qui nous ramène sans cesse vers le passé. »
- 1990 (trad. Jacques Tournier): « Et nous luttons ainsi, barques à contre-courant, refoulés sans fin vers notre passé. »
- 2011 (trad. Julie Wolkenstein) : « C'est ainsi que nous nous débattons, comme des barques contre le courant, sans cesse repoussés vers le passé. »
- 2012 (trad. Philippe Jaworski) : « C'est ainsi que nous avançons, barques à contre-courant, sans cesse ramenés vers le passé. »

Michel Volkovitch, traducteur, estime que les traductions vieillissent inéluctablement : « Il faut en changer tous les trente ans, comme les papiers peints"... Il étudie quatre traductions (Llona, Tournier, Viel, Wolkenstein) de plusieurs autres extraits : et conclut : "Restons prudent : il est dur de juger à partir d'échantillons si brefs. Mais plus je parcours ces quatre versions, plus je suis perplexe. Aucune d'elles ne me ravit sans réserves. Chacune alterne les moments de grâce légère et (plus souvent) les passages poussifs. Viel est sans doute le plus plat, Tournier le plus pesant. Llona n'est sûrement pas le pire des quatre. Le nouveau Gatsby vaut sans doute mieux que ce que laissent voir les présents extraits, il offre le plus souvent un certain confort de lecture — à condition de passer sur ses gadgets branchouilles et de ne pas trop regarder l'original —, mais la traductrice a bien fait de le rebaptiser Gatsby tout court : il n'est guère magnifique... La nouvelle venue n'enverra pas au cimetière les trois papys qui lui ouvrirent la route. Moi qui voudrais croire à un sens de l'histoire, à un progrès de l'humanité, ou du moins de l'humanité traduisante, me voilà déçu. Chaque époque, apparemment, a ses bonnes et ses mauvaises traductions, et si, globalement, on traduit sans aucun doute mieux qu'avant, cela ne se voit pas toujours.»

LES FILMS
Gatsby a été adapté au cinéma à 4 reprises et à la télévision :

- 1926 : Gatsby le Magnifique (The Great Gatsby), réalisé par Herbert Brenon, un an après la publication du roman. 1 min : ICI
- 1949 : Le Prix du silence (The Great Gatsby), réalisé par Elliott Nugent
- 1974 : Gatsby le Magnifique (The Great Gatsby), film de Jack Clayton avec Robert Redford (144 min). Les 10 premières minutes : ICI. Oscars 1975 de la meilleure musique de film + de la meilleure création de costumes.
- 2000 : Gatsby le Magnifique, téléfilm de Robert Markowitz. 10 min 50 : ICI
- 2013 : Gatsby le Magnifique (The Great Gatsby), film de Baz Luhrmann avec Leonardo DiCaprio (143 min). Le film fait l'ouverture du Festival de Cannes 2013 hors compétition. 4 min 42 : ICI. Oscars 2014 des meilleurs décors + meilleurs costumes.

 

 

 

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