Anna Enquist
(Lettres du monde, 2016)
Quatrième de couverture
 :

"Au printemps 1775, Elizabeth Cook, trente-quatre ans, seule depuis trois ans, attend le retour de son célèbre époux, James Cook, qui effectue son second voyage exploratoire.
Alors qu’elle se prépare à l’accueillir, qu’elle imagine une vie nouvelle, la reconstruction d’une relation conjugale et familiale authentique, l’angoisse l’étreint. Déroulant le fil de sa mémoire, Elizabeth revisite ses longues années de solitude, ses difficultés, ses douleurs, ses drames vécus dans le secret – et s’interroge sur la possibilité de recréer un lien si ténu.
James Cook revient enfin, mais la mer l’attire plus que tout, et il ne pense bientôt qu’à repartir…
Très ancré dans la réalité, très documenté sur la société londonienne du XVIIIe siècle, ce roman historique somptueux propose un magnifi que portrait de femme, véritable personnage de fiction à l’incroyable
destin.
Poète, nouvelliste et romancière, Anna Enquist, qui vit aux Pays-Bas, fut psychiatre avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Son oeuvre est publiée en France par Actes Sud.
"

Les premières pages : ICI

Anna Enquist
Le retour (2005)

Nous avons lu ce livre pour le 9 novembre 2018.
Nos avis sont en cours de mise en ligne.

Voici des repères sur le parcours d'Anna Enquist et ses œuvres, des articles et interviews, ainsi que des infos sur James Cook, celui qui ne revient pas...

LE PARCOURS DE L'AUTEURE

- Née en 1945 à Amsterdam. Son père est professeur de physique.
- Études de piano au conservatoire et études de psychologie clinique.
- À partir de 1976, elle mène une double carrière de pianiste concertiste et de psychanalyste (elle a longtemps exercé comme thérapeute en milieu hospitalier). Elle-même fait le lien entre la psychanalyse et la poésie : dans les deux, dit-elle, il s'agit de trouver un équilibre entre l'analyse et les sentiments. Elle raconte comme l'écriture a commencé (et continué) :

"Je n'avais jamais pensé écrire. J'étais pianiste. Mais j'ai dû refermer mon piano par manque de temps et parce qu'il m'était impossible de maintenir mon niveau technique - à l'époque, j'avais deux jeunes enfants et j'étais membre de l'Institut néerlandais de psychanalyse. Cela m'a tellement déprimée que, la nuit, j'étais incapable de dormir. Alors je me suis mise à griffonner. Des mots qui ressemblaient à de la poésie. Et qui ont trouvé un éditeur… Aujourd'hui, j'ai repris la musique et ces trois activités – écriture, psychanalyse, piano – se nourrissent l'une de l'autre. Toutes reposent sur l'art de mettre du sens sur ce qu'on entend. Évidemment, la musique (rythmes, consonances…) influence ma poésie. Mais ma prose aussi en est saturée. J'ai construit plusieurs romans selon la structure d'œuvres musicales. Quant à la psychanalyse, elle m'aide à donner corps à mes personnages, à leur forger un passé crédible. Mais il arrive qu'elle me lasse un peu. Je laisse alors mes créatures agir à leur guise même si c'est contraire à leur personnalité." (entretien avec Florence Noiville, Le Monde, 24 mai 2018)

Elle abandonne le piano en 1987 pour se consacrer à l'écriture et publie un premier recueil de poésie en 1991. Ce n'est qu'en 1994, à 49 ans, qu'elle publie son premier roman traduit en France, Le chef-d'œuvre.

Elle a deux enfants avec le violoncelliste suédois Bengt Widlund. En 2001, sa fille meurt accidentellement : la perte de l'enfant est un des thèmes de Quatuor, où les personnages principaux ont perdu leurs deux fils dans un accident de voiture ; ce roman évoque la manière dont chacun des deux vit le deuil, ainsi que l'effet qu'un tel drame provoque dans leurs relations amicales et professionnelles. Le Retour est dédié à Wouter, fils de Anna Enquist.
- La musique classique traverse ses romans. Le secret raconte l'histoire d'une pianiste qui a vu sa carrière s'arrêter brutalement en raison d'une maladie ; des années plus tard, elle se remet au piano et, sur fond du Concerto italien de Bach, affronte à nouveau son passé : "Dans la musique, il n'est pas question de guerre. La musique est au dessus de tout". Contrepoint évoque la relecture d'une vie au fur et à mesure que la narratrice apprend les Variations Goldberg. Quatuor a pour personnages principaux quatre amis musiciens et leur vieux professeur, ancien virtuose désormais à la retraite : le quatuor interprète, au fil du roman, des pièces de Dvorák, Mozart et Schubert.
- Le passage du temps est un autre thème récurrent : les héroïnes de Contrepoint et Le secret partent à la rencontre de leur passé, entre affrontement et recherche de paix. Le vieux professeur de Quatuor regrette sa gloire passée et s'emmure chez lui, écrasé par une peur à l'encontre du monde extérieur et de toute nouveauté.

"La grande question, dans tous mes livres, consiste à savoir comment on remonte la pente après un coup dur du destin, comment on repense sa vie après un deuil [Le Retour, Contrepoint] ou une enfance difficile (Le chef-d'œuvre, Le Secret). Mon prochain livre (Want de avond, "Parce que la nuit", à paraître en juin 2018 aux Pays-Bas) en est l'illustration. C'est en quelque sorte la suite de Quatuor (2016). J'essaie de voir si, entre les quatre personnes, l'amitié est "réparable", si la musique peut les aider, sinon à se "soigner", du moins à se relever. Car la pratique musicale concrète – travailler, répéter, jouer – suppose d'être entièrement absorbé" (entretien avec Florence Noiville, Le Monde, 24 mai 2018).

Elle a été poète officiel de la ville d'Amsterdam, ville près de laquelle elle vit et travaille encore aujourd'hui.

"- Vous avez occupé la fonction de "poète officiel" d'Amsterdam. Dans quelle mesure votre œuvre est-elle représentative de la littérature néerlandophone ?
- Quand on est poète de la ville, comme je l'ai été pendant deux ans, en 2014 et 2015, on doit composer un poème chaque mois à propos d'un événement ou d'un lieu qui la concerne. Par exemple, j'ai écrit des vers que vous trouverez sur des bancs près des gares de la nouvelle ligne de métro. C'était très amusant à faire.
Je ne pense pas que mon travail soit typiquement néerlandais, sauf peut-être en cela : j'aime écrire de façon concrète et concise. J'ai été influencée par des auteurs comme M. Vasalis [1909-1998], Rutger Kopland [1934-2012] ou Eva Gerlach, des écrivains qui privilégient la simplicité, la clarté. De façon générale, aux Pays-Bas, on aime l'efficacité, pas les textes fleuves. Brièveté, modestie et sens du détail sont les trois piliers de notre littérature."

Elle enregistre des poèmes avec le pianiste Ivo Jansen (6 albums parus). On peut écouter Anna Enquist lire un poème (en néerlandais), ce qui permet de découvrir la musicalité de sa langue et de sa voix.

PUBLICATIONS
Elle a publié d'abord des recueils de poèmes, non publiés en France. Quelques
poèmes traduits ont paru dans la revue Septentrion (traitant des arts, des lettres et de la culture en Flandre et aux Pays-Bas) et dans deux publications consacrées aux poètes néerlandais : l'anthologie Le Verre est un liquide lent (Farrago, 2003) et la revue Europe (n° 909-910, 2005).

Neuf romans traduits et publiés chez Actes Sud
- 1994 (aux Pays-Bas) : Le chef-d'œuvre, trad. Nadine Stabile, 1999 (en France)
- 1997 : Le Secret, trad. Micheline Goche, 2001) ; Babel, 2003
- 1999 : La Blessure, trad. Isabelle Rosselin, 2005, dix nouvelles ; Babel, 2007
- 2002 : Les Porteurs de glace, trad. Micheline Goche, 2003 ; Babel, 2007
- 2003 : Le saut, trad. Annie Kroon, 2006
- 2005 : Le Retour, trad. Isabelle Rosselin, 2007 ; Babel, 2009
- 2008 : Contrepoint, trad. Isabelle Rosselin, 2010 ; Babel, 2014
- 2011 : Les Endormeurs, trad. Arlette Ounanian, 2014 ; Babel, 2016
- 2014 : Quatuor, trad. Emmanuelle Tardif, 2016 ; Babel, 2017

PRESSE

• Sur Le Retour que nous lisons :
- "Anna Enquist : le vaste monde au microscope", Nils C. Ahl, Le Monde, 26 avril 2007
- "Elisabeth Cook, épouse de James", Rose-Marie Pagnard, Le Temps, 17 mars 2007 (quotidien suisse)
- "Entretien - Anna Enquist et la force du quotidien", Caroline Montpetit, Le Devoir, 10 novembre 2007 (quotidien québecois)
- "Le miroir secret de l'histoire: roman historique et drame familial dans l'oeuvre d'Anna Enquist", Dorian Cumps, Septentrion, n° 36/1, 2007 (revue spécialisée dans la littérature néerlandaise)
- "La société londonienne du XVIIIème dans le regard d'un couple", Jacques Guilhaumou, Revolution Française.net, septembre 2010 (article d'historien).

Des entretiens :
- Anna Enquist, écrivaine : “Parfois je suis la caméra, parfois je suis dans le cœur des personnages", propos recueillis par Christine Ferniot, Télérama, 10 avril 2016
- Anna Enquist : "Aux Pays-Bas, on aime la brièveté et le sens du détail", propos recueillis par Florence Noiville, Le Monde, 24 mai 2018
- Vidéo : Anna Enquist dialogue avec Florence Noiville, Comédie du livre, 26 mai 2018

• Et replaçons Anna Enquist dans le contexte de la littérature néerlandaise dont nous ne connaissons pas grand chose : "Pays-Bas, Belgique : haut la littérature !", Florence Noiville, Le Monde, 23 mai 2018

JAMES COOK, L'UN DES TROIS GRANDS EXPLORATEURS

- En 1766, Louis-Antoine de Bougainville quitte le port de Brest pour un voyage autour du monde à bord de la frégate La Boudeuse.
- En 1768, James Cook part à la découverte du Pacifique à bord de L’Endeavour.
- En 1785, Jean-François de La Pérouse quitte à son tour le port de Brest aux commandes de La Boussole en direction du Pacifique.
Sur chacun de ces bâtiments, est constituée une équipe de scientifiques ayant tous la charge d’œuvrer dans leurs domaines de compétences respectifs :
- Philibert de Commerson, naturaliste, accompagne Bougainville
- Sydney Parkinson et William Hodges, peintres, accompagnent Cook
- Prévost le jeune, dessinateur de botanique, assiste l’expédition La Pérouse.

James Cook (né en 1728, mort en 1779à 50 ans)
Après son service dans la marine marchande britannique, il intègre en 1755 la marine royale britannique au cours de la guerre de Sept Ans. Pendant le siège de Québec, il se consacre à la cartographie de l’embouchure du fleuve Saint-Laurent, ce qui permet au général James Wolfe de mener une attaque décisive.

Portrait de James Cook par Nathaniel Dance-Holland (National Maritime Museum) évoqué dans Le Retour p. 276

Le jeune James Cook attire ainsi l’attention de l’Amirauté et de la Royal Society à un instant crucial de sa carrière personnelle et de la direction des expéditions britanniques outre-mer.
Il est alors nommé commandant de L'Endeavour pour la première de ses trois expéditions dans le Pacifique, en 1766.
Il s'ensuit deux autres expéditions établissant les premières cartes précises de nombreuses îles et côtes. Il est le premier  :
- à débarquer sur la côte Est de l’Australie, en Nouvelle-Calédonie, aux îles Sandwich du Sud et à Hawaï
- à faire le tour de l'Antarctique et à cartographier Terre-Neuve et la Nouvelle-Zélande.
Cook meurt à Hawaï en 1779 durant une querelle contre des indigènes, alors qu’il commande sa troisième expédition en quête du passage du Nord-Ouest.

Itinéraires des voyages du capitaine James Cook.
Le premier voyage est en rouge, le deuxième en vert et le troisième en bleu.
La route de l'équipage de Cook après sa mort est représentée par une ligne bleue en pointillés
.

Films ou documentaires sur James Cook (en ligne) :
- Sur Arte : une mini-série australo-allemande (4 × 90 min), Capitaine James Cook, de Laurence Gordon Clark, 1987 : épisode 1 (où on voit l'entrevue entre Cook, sa femme et le roi narrée dans le roman), épisode 2, épisode 3, épisode 4
- Sur Arte :  "James Cook, explorateur du Pacifique", de Wayne Fimeri, une sorte d'enquête guidée par Vanessa Collingridge, auteure d'une solide biographie du voyageur, 2007 (1h41)
- Sur Planète+ Thalassa : "James Cook, La naissance d’un explorateur", BBC, 2016 (59 min).

À la radio
- France Inter : 2000 ans d'histoire de Patrice Gélinet avec Robert Kopp, 3 décembre 2004 (26 min)
- France Culture : "Capitaine James Cook : un mousse devenu explorateur", La marche des sciences d'Aurélie Luneau, avec Philippe Laudenbach, Thierry Wirth et Jean-Michel Barrault à l’occasion de l’exposition "James Cook et la découverte du Pacifique" présentée au Musée historique de Berne 20 janvier 2011 (57 min)
- Europe 1 : Au cœur de l'histoire de Franck Ferrand avec l'historien Patrick Villiers, 9 novembre 2015 (50 min)

Journaux des explorateurs
- Denis a trouvé une traduction des principaux extraits du journal du troisième voyage du Capitaine Cook, avec à la fin le récit de sa mort en 1779 extrait du journal du Capitaine King : ICI
- Denis signale que dans Le Voyage autour du monde, Bougainville raconte leur arrivée à Tahiti en 1768 (un an avant James Cook), quand ils se voient entourés de "nymphes" dont la plupart étaient nues, "car les hommes et les vieilles qui les accompagnaient leur avaient ôté le pagne dont ordinairement elles s’enveloppent". Le problème du capitaine est clairement exposé : "Comment retenir au travail, au milieu d’un spectacle pareil, quatre cents Français, jeunes, marins, et qui depuis six mois n’avaient point vu de femmes ?" (en ligne )...

 

Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :

à la folie, beaucoup, moyennement, un peu, pas du tout

 

 

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