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Quatrième de couverture : LUniversité de Rebibbia est le récit du séjour que fit Goliarda Sapienza dans une prison romaine en 1980. Moment critique dans la vie de lauteur : après sêtre consacrée de 1967 à 1976 à lécriture du monumental roman LArt de la joie et avoir fait face à un refus général des éditeurs italiens, cest une femme moralement épuisée qui intègre lunivers carcéral de Rebibbia, la plus grande prison de femmes du pays. Pour un vol de bijoux quil est difficile dinterpréter : aveu de dénuement ? Acte de désespoir ? Nimporte. Comme un pied de nez fait au destin, Goliarda va transformer cette expérience de lenfermement en un moment de liberté, une leçon de vie. Elle, lintellectuelle, la femme mûre, redécouvre en prison auprès de prostituées, de voleuses, de junkies et de jeunes révolutionnaires ce qui la guidée et sauvée toute sa vie durant : le désir éperdu du monde. LUniversité de Rebibbia est un nouveau tour de force dans luvre dune femme au parcours décidément hors norme. Il fut immédiatement perçu comme un texte important en Italie. Publié par la prestigieuse maison dédition Rizzoli, le livre fut accueilli avec enthousiasme par la critique et le public. On découvrait avec étonnement une écrivaine déjà âgée, partageant avec drôlerie et férocité son expérience dune prison qui, pour reprendre ses mots, "a toujours été et sera toujours la fièvre qui révèle la maladie du corps social". Ironie de lhistoire, LUniversité de Rebibbia deviendra ainsi le premier succès de Goliarda Sapienza. Et son dernier. Malgré les bonnes ventes du livre, Rizzoli maintint son refus de publier LArt de la joie, condamnant encore pour plusieurs années ce texte à lobscurité d'un tiroir. |
Goliarda Sapienza (1924-1996)
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Repères
biographiques |
UNE BIOGRAPHIE RÉCENTE
LA traductrice de Goliarda Sapienza, Nathalie Castagné, est
aussi l'auteure de la première biographie : Vies,
morts et renaissances de Goliarda Sapienza (Seuil 2024, rééd.
Points 2025).
UN DOCUMENTAIRE SUR ARTE
Désir et rébellion : LArt de la joie (disponible jusquen 2026) de Coralie Martin, 2023, 59 min : archives inédites, intervention de lautrice, dAngelo Pellegrino son dernier compagnon, Frédéric Martin éditeur et Nathalie Castagné traductrice et biographe.
DES ÉMISSIONS
DE RADIO retracent sa vie
L'Art de la joie étant son livre le plus célèbre,
les émissions, quand son uvre est évoquée,
se centrent souvent sur ce livre.
- Belle présentation en images en 4 minutes sur France Culture
ici de sa vie et son uvre ici.
- Deux épisodes d'une heure de La Compagnie des uvres,
Matthieu Garrigou-Lagrange :
1/2
: "Vie de Goliarda Sapienza", originaire de Sicile, née
en 1924 et morte en 1996. Avec Nathalie Castagné, traductrice de
toute l'uvre de Goliarda Sapienza.
2/2 : "Goliarda et L'Art de la joie", refusé
par les maisons d'édition du vivant de son auteur, redécouvert
en France, avec Frédéric Martin, fondateur et directeur
des éditions Le Tripode, pour retracer l'histoire singulière
de la publication de l'Art de la joie et parler avec passion de
cette fresque.
- "Retour
sur l'uvre de Goliarda Sapienza", Caroline Broué,
La Grande Table d'été, 9 juin 2015, 30 min, avec Nathalie
Castagné, traductrice et Frédéric Martin éditeur.
- Et si vous préférez France Inter, écoutez
Zoé Varier, L'heure
des rêveurs, 5 juin 2015, avec Nathalie Castagné,
52 min.
- Encore et toujours France Culture : "Goliarda
Sapienza (1924-1996), la Madone indocile", Julie Navarre, Toute
une vie, 13 février 2021, avec Angelo Maria Pellegrino, écrivain,
comédien, dernier compagnon de Goliarda Sapienza, auteur de Goliarda
Sapienza, telle que je l'ai connue (Le Tripode, 2015), avec Nathalie
Castagné, traductrice, Frédéric Martin, directeur
des éditions Le Tripode, Florence Lorrain, libraire à L'Art
de la joie - nom choisi en référence à l'ouvrage
de Goliarda Sapienza, 58 min.
- "Ascension
sociale : tout un roman 2/3 : LArt de la joie de Goliarda
Sapienza, itinéraire d'une stratège", Tiphaine
de Rocquigny, Entendez-vous l'éco ?, 1er février,
2023, 59 min.
- "Livres
cultes : travailler un chef-d'uvre, LArt de la joie
de Goliarda Sapienza", Marie Richeux, Le Book Club, 26
février 2024, 59 min.
DES ARTICLES MONTRENT SON IMPORTANCE
- "Enquête : Goliarda Sapienza,
un modèle d'émancipation pour les féministes",
Lucas Minisini, M Le Magazine du Monde, 8 octobre 2022.
- "Sapienza,
princesse hérétique", René de Ceccatty,
Le Monde, 16 septembre 2005 : en souvenir de sa
visite dans notre groupe.
BIOGRAPHIE DÉTAILLÉE
Goliarda Sapienza (1924-1996) est née en Sicile de parents militants
socialistes antifascistes cultivés.
Très engagée elle-même, elle aimera des hommes et
des femmes.
Une biographie détaillée termine son livre Moi,
Jean Gabin (ainsi que le livre de son dernier compagnon qui lui
est consacré : Goliarda
Sapienza, telle que je l'ai connue), reproduite en grande partie
ci-dessous.
Les origines
- 1880 : naissance de Maria Giudice, mère
de Goliarda.
- 1884 : naissance de Giuseppe Sapienza, père de Goliarda.
- 1902-1905 : début de l'activité syndicale et journalistique
de Maria Giudice. Inscription au Parti Socialiste. Première arrestation.
Maria rencontre l'anarchiste Carlo Civardi puis se réfugie en Suisse
pour échapper à la prison. Rencontre Angelica
Balabanoff, Lénine et Mussolini.
- 1904-1913 : naissance des sept enfants de Maria Giudice et Carlo Civardi,
en union libre. La famille, qui vit dans un grand dénuement, s'installe
à Milan en 1910. Maria, institutrice, est licenciée pour
conduite immorale.
- 1911 : Giuseppe Sapienza devient secrétaire de la Chambre du
Travail de Catane.
- 1916 : Maria Giudice devient la première femme à occuper
le poste de secrétaire de la Chambre du Travail de Turin. L'année
suivante, elle est nommée secrétaire de la Fédération
Socialiste de la province de Turin et devient rédactrice en chef
de l'hebdomadaire socialiste Il grido del popolo (Le Cri du peuple),
auquel collaborera Antonio
Gramsci.
- 1918-1920 : Maria Giudice est condamnée à trois ans de
prison pour avoir incité les ouvriers d'une manufacture d'armes
à abandonner le travail. Libérée l'année suivante,
elle rencontre le futur père de Goliarda, Giuseppe Sapienza, lors
d'une manifestation et s'établit avec lui à Catane à
partir de 1920. Avec eux vivent six enfants de Maria et trois enfants
de Giuseppe.
- 1920-1922 : Maria milite en Sicile pour une gestion communautaire des
terres et la création d'un minimum salarial. Elle et Giuseppe dirigent
la Chambre du Travail de Catane et le journal Unione, dont les
locaux sont incendiés à deux reprises par les fascistes.
Ces derniers tentent aussi de les assassiner. En 1921, un des fils de
Giuseppe est retrouvé noyé : on ignore si cet assassinat
est l'uvre de la mafia ou des fascistes. En 1921 naît la première
fille de Maria et Giuseppe, Goliarda. L'enfant meurt au bout de quelques
jours.
L'enfance
- 1924 : Goliarda Sapienza naît à Catane, dans une
famille recomposée, comportant 10 enfants.
- 1925-1928 : rupture de l'équilibre familial. Trois enfants de
la famille meurent dramatiquement : l'une d'une pleurite, après
une nuit passée dans une rizière pour échapper aux
milices, l'autre retrouvé pendu en prison, ainsi que le dernier
né de la famille. En outre, Giuseppe Sapienza s'est épris
de la fille de sa femme, Olga, qui a 15 ans ; sa sur Licia décide
de quitter Catane avec elle ; Maria accompagne ses deux filles à
Stradella pour les aider à s'installer. Quelques années
plus tôt, il y avait déjà eu un précédent
incestueux entre Giuseppe et une autre fille de Maria, lorsqu'elle était
encore adolescente.
- 1933 : la famille Sapienza-Giudice déménage dans la Civita
; ce quartier populaire de Catane rassemble artisans de toutes sortes
et prostituées.
- 1938 : à 14 ans, Goliarda quitte définitivement l'école,
tandis que sa mère montre les premiers signes d'un effondrement
psychique.
Les premières années à Rome
-
1940 : à 16 ans, Goliarda commence à travailler pour une
compagnie de théâtre sicilienne et
prépare l'examen d'admission à l'Académie
nationale d'art dramatique de Rome. L'année suivante, elle
obtient une bourse d'études qui lui permet de suivre les cours
de l'école. Sa mère s'établit à Rome avec
elle.
- 1942 : arrestation de Giuseppe Sapienza, détenu pendant trois
mois à la prison de Catane.
- 1942-44 : Goliarda monte sur scène, notamment dans des pièces
de Pirandello, mais interrompt ses études quand l'Italie signe
un armistice avec les alliés : c'est le début de l'occupation
allemande de l'Italie et de la résistance antifasciste. Giuseppe
Sapienza s'établit à Rome et crée les brigades Vespri.
Goliarda en fait partie sous un faux nom. Recherchée par la police
allemande, elle se réfugie dans un couvent. C'est un des moments
les plus difficiles de la vie de Goliarda, éprouvée par
la guerre, la persécution nazie, la faim et une violente crise
de tuberculose. La santé mentale de sa mère s'est aussi
aggravée, elle est hospitalisée dans un asile psychiatrique.
La guerre finie, Goliarda retourne à l'Accademia. Mais elle
prend part aux manifestations des étudiants et abandonne finalement
ses études.
- 1945-52 : Goliarda se consacre au théâtre. Elle fonde en
1945, avec Silverio Blasi et Mario Landi, la compagnie de théâtre
d'avant-garde T45 (le théâtre 1945), puis entre en
1946 dans la Compagnia del piccolo teatro d'arte. En 1948, elle
rencontre le futur réalisateur Francesco
(ou Citto) Maselli - début d'une liaison qui durera 18 ans.
En 1950, elle fonde avec Silverio Blasi la Compagnia du teatrino Pirandello.
En 1951, elle connaît le succès pour son rôle dans
Vêtir
ceux qui sont nus de Pirandello.
- 1949 : son père Giuseppe Sapienza meurt à Palerme.
- 1953 : sa mère Maria Giudice meurt à Rome des suites d'une
bronchite. Umberto Terracini, ancien président de l'Assemblée
Constituante, Sandro Pertini et Giuseppe Saragat, futurs présidents
de la République Italienne, assistent à sa veillée
funèbre - c'est dire la figure importante qu'elle fut.
- 1953-1955 : Goliarda et Citto reçoivent souvent des amis intellectuels
et cinéastes. Goliarda se rapproche de Luchino Visconti, qui la
fait jouer dans Medea au Théâtre Manzoni à
Milan puis, en 1954, dans Senso.
Goliarda rencontre l'actrice Haya
Harareet : elles deviennent amies intimes.
- 1956 : ébranlement idéologique suite à la révélation
des crimes staliniens. Ses crises d'angoisse se multiplient. Elle commence
à écrire des poèmes (qui seront plus tard rassemblés
dans le recueil Ancestrale).
- 1957 : Goliarda travaille, en tant qu'assistante, sur le film Nuits
blanches de Luchino Visconti.
L'écriture
- 1958 : nouvelle crise de Goliarda, qui décide de s'éloigner
du cinéma et du théâtre pour se consacrer à
l'écriture.
- 1960 : retour exceptionnel au théâtre avec la pièce
Liolà de Pirandello dans une mise en scène de
Silverio
Blasi.
- 1962 : première tentative de suicide. Goliarda est hospitalisée
dans un asile psychiatrique où elle subit une série d'électrochocs.
Un jeune analyste, Ignazio
Majore, entreprend avec elle, à sa sortie de l'hôpital,
une thérapie psychanalytique quotidienne à domicile.
- 1963 : Goliarda commence un cycle de textes autobiographiques qui, jusqu'en
1968, l'amène à interroger les faits marquants de son existence
: Lettre
ouverte, Le
fil de midi, Les
certitudes du doute.
- 1964 : suite à une crise professionnelle, sans doute liée
à la relation amoureuse qu'il a nouée avec Goliarda et brusquement
interrompue, Ignazio Majore abandonne son métier et ses patients.
Goliarda fait une deuxième tentative de suicide et reste dans le
coma durant plusieurs jours.
- 1965 : Goliarda se sépare de Citto
Maselli. Durant deux ans, sur le conseil de Ignazio Majore, elle vit
en compagnie d'une infirmière.
- 1967-1969 : publications successives de Lettre
ouverte et de Le
fil de midi aux éditions Garzanti. Goliarda se lance de
façon intensive dans l'écriture de L'Art de la joie.
- 1975 : Goliarda rencontre Angelo Pellegrino, avec qui elle travaillera
sur ses uvres jusqu'à la fin de sa vie.
|
On a vécu ensemble pendant vingt et un ans,
avec des hauts et des bas, comme dans tous les couples. C'est peut-être
présomptueux de ma part, mais on s'est rencontrés
sur tous les plans, bien que j'eusse vingt ans de moins qu'elle.
Au début, l'Art de la joie nous a liés. Le
roman était pratiquement fini, mais il nécessitait
un grand travail d'editing que j'ai fait. En réalité,
j'étais comme à l'école. Goliarda m'a tout
appris, à lire, à écrire, à voir le
monde. Elle avait une énorme connaissance de la littérature
anglaise, française, européenne. En 1978, on a commencé
à proposer le roman aux éditeurs et les refus se sont
accumulés. On l'a ressenti comme un avortement de notre collaboration,
le refus d'un fils. |
- 1978 : le couple fait un voyage en Transsibérien,
traverse la Russie et la Chine pendant deux mois, ayant confirmation que
ce qui se racontait sur le bloc communiste, en particulier en Russie,
ne correspond pas à la réalité.
- 1979 : Goliarda et Angelo se marient. Le manuscrit de L'Art de la
joie, achevé, qu'ils ont transmis avant de partir en voyage
est refusé par la plupart des maisons d'édition italiennes.
Sandro
Pertini, ancien ami de sa mère et désormais président
de la République Italienne, intervient discrètement auprès
des éditions Feltrinelli. En vain.
- 1980 : Goliarda connaît une nouvelle crise
morale. Arrêtée suite à un vol de bijoux dans l'appartement
d'une amie, elle est détenue à la prison de femmes de Rebibbia.
Elle y rencontre Roberta avec qui à la sortie de prison elle aura
une relation amoureuse.
- 1983 : LUniversité
de Rebibbia paraît aux éditions
Rizzoli. Le livre est un succès. Mais Rizzoli se refuse toujours
à publier L'Art de la joie.
- 1984 : Goliarda achève l'écriture du roman Rendez-vous
à Positano, non publié de son vivant.
- 1987 : Les
certitudes du doute paraît aux éditions Pellicano
Libri.
- 1994 : une première partie de L'Art de la joie paraît
aux éditions Stampa alternativa.
- 1996 : Goliarda Sapienza meurt dans sa maison après une chute
dans l'escalier.
- 1998 : l'édition du texte intégral de L'Art de la joie
est établie par Angelo Pellegrino et paraît de façon
posthume. Le texte passe inaperçu.
- 2002 : toujours grâce aux efforts d'Angelo
Pellegrino, le recueil Destino coatto ("Destin contraint",
non traduit) est publié aux éditions Empiria.
- 2005 : parution en France de L'Art de la joie, aux éditions
Viviane Hamy. L'importance de cette uvre est subitement reconnue
et donne lieu à un extraordinaire succès autant critique
que public.
- 2006 : en Italie, la redécouverte de Goliarda
Sapienza met à jour plusieurs textes inédits importants.
Les prestigieuses éditions Einaudi (que nous avons fréquentée
avec Natalia Ginzburg) annoncent officiellement
qu'elles s'engagent dans la parution des uvres complètes
de l'auteur (équivalant à La Pléiade en France).
- 2007 : Gaeta, ville où Goliarda est enterrée, décide
d'élever une stèle funéraire en son honneur où
est gravée l'inscription : À LA MÉMOIRE D'UNE VOIX
LIBRE. En 2020, une place
Goliarda Sapienza y est consacrée à la poésie
- 2012 : plaque située Via Pistone 20, Catane, lieu de naissance
de G. Sapienza, offerte par la Società italiana delle letterate.
DES
IMAGES
Goliarda avec ses parents :
Des portraits divers :




Quelques images filmées de Goliarda
(en italien) :
- de 1970 : un extrait du
film Lettera aperta a un giornale della sera de Francesco Maselli,
un de ses compagnons pendant 17 ans, qui retrace les débats politiques
d'un groupe d'intellectuels engagé contre la guerre du Vietnam,
mais tiraillé entre l'envie de se rendre sur place et la peur de
quitter leur vie. Goliarda Sapienza y apparaît dans le rôle
d'un personnage qui porte aussi son prénom. La musique du film
est de Giovanna
Marini.
- de 1984 : interviewée
à la télévision par Enzo Biagi à propos
de son séjour à la prison de Rebibbia, suite à la
publication en 1983 de son livre LUniversité
de Rebibbia. Elle parle de ses rencontres avec des
personnes pleines de fantaisie, de chants et de désirs, dans un
endroit qui est une sorte de monde en miniature, un village.
Deux livres
ont été publiés par Viviane
Hamy en 2005 et 2008, tous les autres ont été publiés
aux éditions Le Tripode, qui ont également réédités
les deux premiers, soit 11 livres actuellement. Le directeur Frédéric
Martin est souvent présent dans les émissions consacrées
à Sapienza, exprimant sa passion pour l'autrice.
- 1967 (date de publication en Italie) : Lettre ouverte
- 1969 : Le
fil de midi, Viviane Hamy, 2008 : ce volume rassemble
les deux ouvrages autobiographiques précédents de G. Sapienza
Le fil de midi et Lettre ouverte, réédités
séparément par Le Tripode : Lettre
ouverte, 2021 ; rééd.
Poche, 2025 ; et Le
Fil de midi, 2022 ; rééd.
Poche, 2023.
- 1983 : LUniversité
de Rebibbia, Le Tripode, 2013 ; rééd.
Poche, 2019.
- 1987 : Les
certitudes du doute, Le Tripode, 2015 ; rééd.
Poche, 2020.
- 1998 : L'Art
de la joie, Viviane Hamy, 2005 ;
réédition Le Tripode, 2015 ; rééd.
Poche, 2016.
- 2002 : Destins
piégés, Le Tripode, 2023, récits.
- 2010 : Moi,
Jean Gabin, Le Tripode, 2012 ; rééd.
Poche, 2017.
- 2013 : Ancestrale,
Le Tripode, 2021, poésie.
- 2015 : Rendez-vous
à Positano, Le Tripode, 2017 ; rééd.
Poche, 2018.
Trois ouvrages publiés d'abord en
France, toujours par Le Tripode :
- Goliarda
Sapienza, telle que je l'ai connue : témoignage, d'Angelo
Maria Pellegrino, son dernier compagnon pendant 21 ans, 2015, 64 p.
- Carnets,
2019.
- Miroirs
du temps, 2024, correspondances.
Cinq livres constituent un ensemble autobiographique : Lettre ouverte, Le Fil de midi, L'Université de Rebibbia, Les certitudes du doute et Moi, Jean Gabin.
Une traductrice
de l'uvre entière, devenue biographe
Nathalie Castagné a traduit la totalité
de l'uvre de Goliarda Sapienza. Elle est également l'autrice
de Sebastian ou la perdition et de Perséphone (tous
deux publiés à La Différence, sous le pseudonyme
dEilahtan), et de Lharmonica
de cristal (Seuil). Elle a traduit une quarantaine douvrages
en italien dont Pasolini, Lampedusa et Umberto Saba, Dario Bellezza, Elisabetta
Rasy, Giorgio Vigolo. Voir ici
une présentation sur un site professionnel.
Elle est aussi l'auteure de la première biographie : Vies, morts et renaissances de Goliarda Sapienza (Seuil 2024, rééd. Points 2025).
Dans une interview qui mérite d'être reproduite ci-dessous, elle raconte en 2015 l'histoire de la traduction de L'Art de la joie en France.
| Pouvez-vous vous présenter
à nos lecteurs en quelques lignes ? Méditerranéenne, mais liée à lEurope centrale (ma mère était polonaise), jai eu le sentiment de trouver pleinement ma terre en me mettant à chanter, vers dix ans. Ma première passion a ainsi été pour le chant lyrique, que lécriture a fini par supplanter, après des années de division entre ces deux chemins, lun et lautre nécessaires et vitaux. Javais fait entretemps un peu de philosophie et beaucoup de séjours en Italie, qui ont commencé à men apprendre la langue, déjà pratiquée, parmi dautres, dans le chant. Vous êtes à la fois écrivain
et traductrice, par quoi avez-vous commencé ? Est-ce
la traduction qui vous a poussée vers lécriture
ou linverse
? Les textes que vous traduisez sont-ils toujours
une demande déditeurs ? En tant que traductrice êtes-vous avant
tout rattachée à des maisons déditions
ou à des écrivains ? Comment avez-vous découvert Goliarda
Sapienza ? LArt de la joie est-il le premier texte
que vous avez lu delle ? Comment décririez-vous Goliarda Sapienza
à travers son uvre et, par la suite, le témoignage
dAngelo Pellegrino ? Quest-ce qui vous a le plus
touchée/marquée dans son uvre/sa vie ? Comment expliquez-vous lenthousiasme que
son uvre est capable de déclencher ? Comment expliquez-vous le refus des éditeurs
italiens de publier LArt de la joie pendant près
de vingt ans ? Comment sest passée sa première
publication en France aux éditions Viviane Hamy ? Comment sest faite la collaboration avec
Le Tripode par la suite ? Lettre ouverte et Le fil de midi,
deux textes rassemblés dans Le
fil de midi pour lédition
française, sont beaucoup plus morcelés, chaotiques,
que ses autres récits autobiographiques. La période
à laquelle ils ont été écrits (crise
existentielle, psychanalyse) peuvent lexpliquer ; peut-on
dire quils sont le terreau, désordonné, des
textes qui ont suivi (plus fluides et construits, plus distanciés
aussi) ? Peut-on dire que LArt
de la joie, seul texte fictionnel de Goliarda Sapienza, est
une forme daboutissement de ses récits autobiographiques
? (Nota bene : les textes mentionnés dans cette interview ci-dessous ont par la suite été publiés). Existe-t-il beaucoup de textes encore inédits
en Italie ? En France ? (Est-ce des textes autobiographiques ? Des
poèmes ?) |
- "Goliarda Sapienza (Le Fil de Midi) : entretien avec sa traductrice, Nathalie Castagné", Zoé Théval, Diacritik, 18 octobre 2022. Un entretien très approfondi sur Sapienza. Au passage... :
| Le seul livre de Goiliarda qui ait eu un peu décho en Italie est LUniversité de Rebibbia (1983) : il y avait eu le scandale du vol quelle avait commis mais surtout la justesse de certaines de ses analyses sur la prison a frappé, au point quelle a été citée dans une revue spécialisée dans les questions pénitentiaires ! |
- "Une icône paradoxale » : entretien avec Nathalie Castagné", Gabrielle Napoli, En attendant Nadeau, 9 juillet 2024. Extrait :
| Aujourdhui, pour une très grande
partie du lectorat français, Goliarda Sapienza est devenue
une sorte dicône féministe. Que vous inspire cette
réception ? Cest à mes yeux un phénomène paradoxal. Goliarda est en effet devenue un modèle, une icône, alors quelle était anarchiste, ce qui ne va pas vraiment avec les icônes. Je ne sais pas si elle aurait aimé limage quelle est devenue en tant quautrice. Elle estimait en effet quon nécrit que pour quelques-uns et que cest mieux ainsi. Elle aurait été heureuse de ce succès, bien sûr, heureuse dêtre entendue enfin, mais elle savait aussi combien les malentendus sont possibles lorsque le succès est au rendez-vous, et elle se méfiait des malentendus bien quayant aussi déclaré quelle écrivait "pour quon la mésentende". |
Les questions
d'édition : le rôle déterminant de la traduction française
- (Très intéressant)
"LArt
de la joie" de Goliarda Sapienza : la traduction comme moteur
de reconnaissance mondiale", Valentina Tuveri, master professionnel
Monde du Livre, Université Aix-Marseille, 2016, 20 p.
- Une
trahison « reconstructrice » : la réhabilitation posthume
de LArt de la joie de Goliarda Sapienza en France, Mara
Capraro, Actes du colloque D'outre-tombe : vie et destin des uvres
posthumes, Université de Rouen Normandie, juin 2018, dir. Aurélien
dAvout et Alex Pepino, CÉRÉdI, 14 p.
- Les éditions
Attila et laventure Goliarda Sapienza, rencontre avec Frédéric
Martin, interview vidéo réalisée par Libfly,
réseau social de lecteurs, disponible sur YouTube, 10 décembre
2012, 16 min.
Sur
L'Université de Rebibbia
- Frédéric Martin présente
l'ouvrage L'Université de Rebibbia, Librairie
Mollat, 26 septembre 2013, 2 min.
"L'Université de
Rebibbia, par Goliarda Sapienza : entre quatre murs", André
Clavel, L'Express, 26 septembre 2013.
- "Goliarda
Sapienza, romancière à l'école de la vie dans la
prison pour femmes", Florence Valdès Andino, TV Monde
info, 25 octobre 2013.
- "L'Université de Rebibbia",
Marine Landrot, Télérama, 26 octobre 2013.
- "Une romancière
entre quatre murs", Astrid Eliard, Le Figaro Littéraire,
21 novembre 2013.
- "Comment
Goliarda Sapienza fit de la prison une université", Eléonore
Sulser, Bruxelles, Le Temps, 28 novembre 2013.
- "Goliarda Sapienza ou l'école
de la prison", Gilles Archambault, Le Devoir, Québec,
11 janvier 2014.
- "Goliarda
Sapienza et L'Université de Rebibbia", Marie Schwartz,
lundimatin#242, 12 mai 2020.
Sur
une adaptation théâtrale de L'Université de Rebibbia
- "En
prison avec Goliarda Sapienza", Brigitte Hernandez, Le Point,
18 novembre 2018.
- "Rebibbia
d'après L'Université de Rebibbia", mise
en scène de Louise Vignaud, au Théâtre de la Tempête,
Journal La Terrasse, 17 décembre 2021.
Réception
de l'uvre en prison
- "La
prison, lieu de lutopie", Anne Pittleloud, Bulletin
des prisons, n° 14, Lausanne, novembre 2020.
La
réalité
- "Légataire
universel", par Jean-Baptiste Marougiu, Libération,
6 octobre 2005. Extrait de l'interview du mari de Goliarda Sapienza :
| Il y a eu ce vol de bijoux, et Goliarda fit trois
mois de prison. Que s'est-il passé ? Pour écrire son roman, Goliarda avait vendu ses tableaux, une commode sicilienne de valeur, etc. Très pauvres, on n'y arrivait plus. Une riche copine à elle lui avait prêté une misère, 300 000 lires, 150 euros actuels. Cette noble napolitaine en demanda la restitution de manière très offensante. Goliarda fut profondément blessée. Pour se venger, elle s'appropria un coffret de bijoux de la dame, qu'elle vendit à un bijoutier. Quand les bijoux furent remis en vente, le plus innocemment du monde, le scandale éclata. Personne ne voulait l'envoyer en prison, mais elle voulait absolument y aller. Elsa Morante a écrit que c'était un geste dostoïevskien, que Goliarda entendait éprouver ce qu'avait enduré sa mère. La prison de Rebibbia à la périphérie de Rome la marqua énormément : la déréliction des détenues certes, mais aussi la solidarité, la chaleur amoureuse des cellules. À la sortie, elle continua à fréquenter ses compagnes d'infortune et écrira un livre très beau, L'Università di Rebibbia, où elle avance que la vraie prison c'est dehors. |
Dans le documentaire sur Arte Désir
et rébellion : LArt de la joie, on voit et
entend G. Sapienza dire qu'elle y est restée un mois et demi.

Sapienza avec ses amies, anciennes détenues de Rebibbia, au Circolo
Mondoperaio de Rome (Source : La Repubblica, 26 février 1983, indiquée
dans Diacritica,
25 août 2024)

Il Dubbio, 24 avril 2025
En 1984, elle est interviewée
à la télévision par Enzo Biagi à propos
de son séjour à la prison de Rebibbia, suite à la
publication en 1983 de son livre LUniversité
de Rebibbia. Une séquence
archive figure dans le film Fuori.
Mara Capraro est la spécialiste du livre que nous lisons.
Carrément une thèse
- "È stata una
lezione di letteratura". Formes et significations de la prison dans
luvre narrative de Goliarda Sapienza, Mara Capraro,
Études italiennes, Grenoble, décembre 2023.
Des articles
- "Les
corps déviants des détenues dans LUniversité
de Rebibbia et Les Certitudes du doute de Goliarda Sapienza",
Mara Capraro, Nouveaux cahiers de Marge, n° 4, 2021.
- "Lécriture
comme arme pour endiguer loubli : le corpus carcéral de Goliarda
Sapienza au prisme du 'pacte avec le témoin'", Mara Capraro,
revue Postures, n° 37, 2023.
Colloque-événement
- À loccasion du centenaire de la naissance de lécrivaine
Goliarda Sapienza, colloque international organisé par lUniversité
Rennes 2 et lUniversité Paris Nanterre "Les
mots nourrissent » Pour les cent ans de Goliarda Sapienza. Réception
et analyse de luvre de Goliarda Sapienza", Université
Rennes 2, 21-22 mars 2024. Mara Capraro (Université de Grenoble),
intitule son intervention : "Il existe un côté délinquant
à lintérieur de moi" : lexpérience
carcérale de Goliarda Sapienza et la construction de la posture
auctoriale et médiatique.
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Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme
au rejet :
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