Goliarda SAPIENZA
L’Université de Rebibbia
trad. de l'italien Nathalie Castagné
Le Tripode, 2013
rééd. Poche, 2019 200 p.

Quatrième de couverture :

L’Université de Rebibbia est le récit du séjour que fit Goliarda Sapienza dans une prison romaine en 1980. Moment critique dans la vie de l’auteur : après s’être consacrée de 1967 à 1976 à l’écriture du monumental roman L’Art de la joie et avoir fait face à un refus général des éditeurs italiens, c’est une femme moralement épuisée qui intègre l’univers carcéral de Rebibbia, la plus grande prison de femmes du pays. Pour un vol de bijoux qu’il est difficile d’interpréter : aveu de dénuement ? Acte de désespoir ? N’importe. Comme un pied de nez fait au destin, Goliarda va transformer cette expérience de l’enfermement en un moment de liberté, une leçon de vie. Elle, l’intellectuelle, la femme mûre, redécouvre en prison – auprès de prostituées, de voleuses, de junkies et de jeunes révolutionnaires – ce qui l’a guidée et sauvée toute sa vie durant : le désir éperdu du monde.

L’Université de Rebibbia est un nouveau tour de force dans l’œuvre d’une femme au parcours décidément hors norme. Il fut immédiatement perçu comme un texte important en Italie. Publié par la prestigieuse maison d’édition Rizzoli, le livre fut accueilli avec enthousiasme par la critique et le public. On découvrait avec étonnement une écrivaine déjà âgée, partageant avec drôlerie et férocité son expérience d’une prison qui, pour reprendre ses mots, "a toujours été et sera toujours la fièvre qui révèle la maladie du corps social".

Ironie de l’histoire, L’Université de Rebibbia deviendra ainsi le premier succès de Goliarda Sapienza. Et son dernier. Malgré les bonnes ventes du livre, Rizzoli maintint son refus de publier L’Art de la joie, condamnant encore pour plusieurs années ce texte à l’obscurité d'un tiroir.

Goliarda Sapienza (1924-1996)
L'Université de Rebibbia (1983, traduction en 2019)

Nous lisons ce livre pour le 6 février 2026.

Le film a été adapté au cinéma tout récemment : Fuori de Mario Martone (2025) avec Valeria Golino dans le rôle de Goliarda Sapienza. La bande-annonce ›ici, interview du réalisateur ›là.

AUTOUR DU LIVRE

Repères biographiques
Publications de Goliarda Sapienza
La traductrice
Presse
sur L'Université de Rebibbia
Travaux universitaires

REPÈRES BIOGRAPHIQUES

UNE BIOGRAPHIE RÉCENTE

LA traductrice de Goliarda Sapienza, Nathalie Castagné,
est aussi l'auteure de la première biographie : Vies, morts et renaissances de Goliarda Sapienza (Seuil 2024, rééd. Points 2025).

UN DOCUMENTAIRE SUR ARTE

Désir et rébellion : L’Art de la joie (disponible jusqu’en 2026) de Coralie Martin, 2023, 59 min : archives inédites, intervention de l’autrice, d’Angelo Pellegrino son dernier compagnon, Frédéric Martin éditeur et Nathalie Castagné traductrice et biographe.

DES ÉMISSIONS DE RADIO retracent sa vie 
L'Art de la joie étant son livre le plus célèbre, les émissions, quand son œuvre est évoquée, se centrent souvent sur ce livre.

- Belle présentation en images en 4 minutes sur France Culture ici de sa vie et son œuvre ›ici.

- Deux épisodes d'une heure de La Compagnie des œuvres, Matthieu Garrigou-Lagrange :
1/2 : "Vie de Goliarda Sapienza", originaire de Sicile, née en 1924 et morte en 1996. Avec Nathalie Castagné, traductrice de toute l'œuvre de Goliarda Sapienza.
2/2 : "Goliarda et L'Art de la joie", refusé par les maisons d'édition du vivant de son auteur, redécouvert en France, avec Frédéric Martin, fondateur et directeur des éditions Le Tripode, pour retracer l'histoire singulière de la publication de l'Art de la joie et parler avec passion de cette fresque.

- "Retour sur l'œuvre de Goliarda Sapienza", Caroline Broué, La Grande Table d'été, 9 juin 2015, 30 min, avec Nathalie Castagné, traductrice et Frédéric Martin éditeur.

- Et si vous préférez France Inter, écoutez Zoé Varier, L'heure des rêveurs, 5 juin 2015, avec Nathalie Castagné, 52 min.

- Encore et toujours France Culture : "Goliarda Sapienza (1924-1996), la Madone indocile", Julie Navarre, Toute une vie, 13 février 2021, avec Angelo Maria Pellegrino, écrivain, comédien, dernier compagnon de Goliarda Sapienza, auteur de Goliarda Sapienza, telle que je l'ai connue (Le Tripode, 2015), avec Nathalie Castagné, traductrice, Frédéric Martin, directeur des éditions Le Tripode, Florence Lorrain, libraire à L'Art de la joie - nom choisi en référence à l'ouvrage de Goliarda Sapienza, 58 min.

- "Ascension sociale : tout un roman 2/3 : L’Art de la joie de Goliarda Sapienza, itinéraire d'une stratège", Tiphaine de Rocquigny, Entendez-vous l'éco ?, 1er février, 2023, 59 min.

- "Livres cultes : travailler un chef-d'œuvre, L’Art de la joie de Goliarda Sapienza", Marie Richeux, Le Book Club, 26 février 2024, 59 min.

DES ARTICLES MONTRENT SON IMPORTANCE
- "Enquête : Goliarda Sapienza, un modèle d'émancipation pour les féministes", Lucas Minisini, M Le Magazine du Monde, 8 octobre 2022.

- "Sapienza, princesse hérétique", René de Ceccatty, Le Monde, 16 septembre 2005 : en souvenir de sa visite dans notre groupe.

BIOGRAPHIE DÉTAILLÉE
Goliarda Sapienza (1924-1996) est née en Sicile de parents militants socialistes antifascistes cultivés.
Très engagée elle-même, elle aimera des hommes et des femmes.
Une biographie détaillée termine son livre Moi, Jean Gabin (ainsi que le livre de son dernier compagnon qui lui est consacré : Goliarda Sapienza, telle que je l'ai connue), reproduite en grande partie ci-dessous.

Les origines
- 1880 : naissance de Maria Giudice, mère de Goliarda.
- 1884 : naissance de Giuseppe Sapienza, père de Goliarda.
- 1902-1905 : début de l'activité syndicale et journalistique de Maria Giudice. Inscription au Parti Socialiste. Première arrestation. Maria rencontre l'anarchiste Carlo Civardi puis se réfugie en Suisse pour échapper à la prison. Rencontre Angelica Balabanoff, Lénine et Mussolini.
- 1904-1913 : naissance des sept enfants de Maria Giudice et Carlo Civardi, en union libre. La famille, qui vit dans un grand dénuement, s'installe à Milan en 1910. Maria, institutrice, est licenciée pour conduite immorale.
- 1911 : Giuseppe Sapienza devient secrétaire de la Chambre du Travail de Catane.
- 1916 : Maria Giudice devient la première femme à occuper le poste de secrétaire de la Chambre du Travail de Turin. L'année suivante, elle est nommée secrétaire de la Fédération Socialiste de la province de Turin et devient rédactrice en chef de l'hebdomadaire socialiste Il grido del popolo (Le Cri du peuple), auquel collaborera Antonio Gramsci.
- 1918-1920 : Maria Giudice est condamnée à trois ans de prison pour avoir incité les ouvriers d'une manufacture d'armes à abandonner le travail. Libérée l'année suivante, elle rencontre le futur père de Goliarda, Giuseppe Sapienza, lors d'une manifestation et s'établit avec lui à Catane à partir de 1920. Avec eux vivent six enfants de Maria et trois enfants de Giuseppe.
- 1920-1922 : Maria milite en Sicile pour une gestion communautaire des terres et la création d'un minimum salarial. Elle et Giuseppe dirigent la Chambre du Travail de Catane et le journal Unione, dont les locaux sont incendiés à deux reprises par les fascistes. Ces derniers tentent aussi de les assassiner. En 1921, un des fils de Giuseppe est retrouvé noyé : on ignore si cet assassinat est l'œuvre de la mafia ou des fascistes. En 1921 naît la première fille de Maria et Giuseppe, Goliarda. L'enfant meurt au bout de quelques jours.

L'enfance
- 1924 : Goliarda Sapienza naît à Catane, dans une famille recomposée, comportant 10 enfants.
- 1925-1928 : rupture de l'équilibre familial. Trois enfants de la famille meurent dramatiquement : l'une d'une pleurite, après une nuit passée dans une rizière pour échapper aux milices, l'autre retrouvé pendu en prison, ainsi que le dernier né de la famille. En outre, Giuseppe Sapienza s'est épris de la fille de sa femme, Olga, qui a 15 ans ; sa sœur Licia décide de quitter Catane avec elle ; Maria accompagne ses deux filles à Stradella pour les aider à s'installer. Quelques années plus tôt, il y avait déjà eu un précédent incestueux entre Giuseppe et une autre fille de Maria, lorsqu'elle était encore adolescente.
- 1933 : la famille Sapienza-Giudice déménage dans la Civita ; ce quartier populaire de Catane rassemble artisans de toutes sortes et prostituées.
- 1938 : à 14 ans, Goliarda quitte définitivement l'école, tandis que sa mère montre les premiers signes d'un effondrement psychique.


Les premières années à Rome
-
1940 : à 16 ans, Goliarda commence à travailler pour une compagnie de théâtre sicilienne et prépare l'examen d'admission à l'Académie nationale d'art dramatique de Rome. L'année suivante, elle obtient une bourse d'études qui lui permet de suivre les cours de l'école. Sa mère s'établit à Rome avec elle.
- 1942 : arrestation de Giuseppe Sapienza, détenu pendant trois mois à la prison de Catane.
- 1942-44 : Goliarda monte sur scène, notamment dans des pièces de Pirandello, mais interrompt ses études quand l'Italie signe un armistice avec les alliés : c'est le début de l'occupation allemande de l'Italie et de la résistance antifasciste. Giuseppe Sapienza s'établit à Rome et crée les brigades Vespri. Goliarda en fait partie sous un faux nom. Recherchée par la police allemande, elle se réfugie dans un couvent. C'est un des moments les plus difficiles de la vie de Goliarda, éprouvée par la guerre, la persécution nazie, la faim et une violente crise de tuberculose. La santé mentale de sa mère s'est aussi aggravée, elle est hospitalisée dans un asile psychiatrique. La guerre finie, Goliarda retourne à l'Accademia. Mais elle prend part aux manifestations des étudiants et abandonne finalement ses études.
- 1945-52 : Goliarda se consacre au théâtre. Elle fonde en 1945, avec Silverio Blasi et Mario Landi, la compagnie de théâtre d'avant-garde T45 (le théâtre 1945), puis entre en 1946 dans la Compagnia del piccolo teatro d'arte. En 1948, elle rencontre le futur réalisateur Francesco (ou Citto) Maselli - début d'une liaison qui durera 18 ans. En 1950, elle fonde avec Silverio Blasi la Compagnia du teatrino Pirandello. En 1951, elle connaît le succès pour son rôle dans Vêtir ceux qui sont nus de Pirandello.
- 1949 : son père Giuseppe Sapienza meurt à Palerme.
- 1953 : sa mère Maria Giudice meurt à Rome des suites d'une bronchite. Umberto Terracini, ancien président de l'Assemblée Constituante, Sandro Pertini et Giuseppe Saragat, futurs présidents de la République Italienne, assistent à sa veillée funèbre - c'est dire la figure importante qu'elle fut.
- 1953-1955 : Goliarda et Citto reçoivent souvent des amis intellectuels et cinéastes. Goliarda se rapproche de Luchino Visconti, qui la fait jouer dans Medea au Théâtre Manzoni à Milan puis, en 1954, dans Senso. Goliarda rencontre l'actrice Haya Harareet : elles deviennent amies intimes.
- 1956 : ébranlement idéologique suite à la révélation des crimes staliniens. Ses crises d'angoisse se multiplient. Elle commence à écrire des poèmes (qui seront plus tard rassemblés dans le recueil Ancestrale).
- 1957 : Goliarda travaille, en tant qu'assistante, sur le film Nuits blanches de Luchino Visconti.


L'écriture

- 1958 : nouvelle crise de Goliarda, qui décide de s'éloigner du cinéma et du théâtre pour se consacrer à l'écriture.
- 1960 : retour exceptionnel au théâtre avec la pièce Liolà de Pirandello dans une mise en scène de Silverio Blasi.
- 1962 : première tentative de suicide. Goliarda est hospitalisée dans un asile psychiatrique où elle subit une série d'électrochocs. Un jeune analyste, Ignazio Majore, entreprend avec elle, à sa sortie de l'hôpital, une thérapie psychanalytique quotidienne à domicile.
- 1963 : Goliarda commence un cycle de textes autobiographiques qui, jusqu'en 1968, l'amène à interroger les faits marquants de son existence : Lettre ouverte, Le fil de midi, Les certitudes du doute.
- 1964 : suite à une crise professionnelle, sans doute liée à la relation amoureuse qu'il a nouée avec Goliarda et brusquement interrompue, Ignazio Majore abandonne son métier et ses patients. Goliarda fait une deuxième tentative de suicide et reste dans le coma durant plusieurs jours.
- 1965 : Goliarda se sépare de Citto Maselli. Durant deux ans, sur le conseil de Ignazio Majore, elle vit en compagnie d'une infirmière.
- 1967-1969 : publications successives de Lettre ouverte et de Le fil de midi aux éditions Garzanti. Goliarda se lance de façon intensive dans l'écriture de L'Art de la joie.
- 1975 : Goliarda rencontre Angelo Pellegrino, avec qui elle travaillera sur ses œuvres jusqu'à la fin de sa vie.

On a vécu ensemble pendant vingt et un ans, avec des hauts et des bas, comme dans tous les couples. C'est peut-être présomptueux de ma part, mais on s'est rencontrés sur tous les plans, bien que j'eusse vingt ans de moins qu'elle. Au début, l'Art de la joie nous a liés. Le roman était pratiquement fini, mais il nécessitait un grand travail d'editing ­ que j'ai fait. En réalité, j'étais comme à l'école. Goliarda m'a tout appris, à lire, à écrire, à voir le monde. Elle avait une énorme connaissance de la littérature anglaise, française, européenne. En 1978, on a commencé à proposer le roman aux éditeurs et les refus se sont accumulés. On l'a ressenti comme un avortement de notre collaboration, le refus d'un fils.

Comment travaillait-elle ?
Avec beaucoup de méthode. Elle concevait l'écriture comme une recherche scientifique et, pour une entreprise comme l'Art de la joie, il en fallait, de l'application. Elle écrivait tous les jours sauf le dimanche, le matin jusqu'à deux heures. À la main, avec un Bic à pointe noire, sur des feuilles de papier extra-strong, qu'elle pliait en deux. L'écriture était fine et la longueur des lignes très irrégulière, comme un électrocardiogramme. Trois demi-feuilles, c'était sa mesure quotidienne. L'après-midi venait une jeune amie, à qui elle lisait ce qu'elle avait écrit, puis elle sortait en ville.

Que représentait l'Art de la joie pour elle ?
C'est son seul roman non directement autobiographique. Évidemment, il contient une infinité de renvois à sa vie et sa famille légendaire (extrait de "Légataire universel", par Jean-Baptiste Marougiu, Libération, 6 octobre 2005).

- 1978 : le couple fait un voyage en Transsibérien, traverse la Russie et la Chine pendant deux mois, ayant confirmation que ce qui se racontait sur le bloc communiste, en particulier en Russie, ne correspond pas à la réalité.
- 1979 : Goliarda et Angelo se marient. Le manuscrit de L'Art de la joie, achevé, qu'ils ont transmis avant de partir en voyage est refusé par la plupart des maisons d'édition italiennes. Sandro Pertini, ancien ami de sa mère et désormais président de la République Italienne, intervient discrètement auprès des éditions Feltrinelli. En vain.
- 1980 : Goliarda connaît une nouvelle crise morale. Arrêtée suite à un vol de bijoux dans l'appartement d'une amie, elle est détenue à la prison de femmes de Rebibbia. Elle y rencontre Roberta avec qui à la sortie de prison elle aura une relation amoureuse.
- 1983 : L’Université de Rebibbia paraît aux éditions Rizzoli. Le livre est un succès. Mais Rizzoli se refuse toujours à publier L'Art de la joie.
- 1984 : Goliarda achève l'écriture du roman Rendez-vous à Positano, non publié de son vivant.
- 1987 : Les certitudes du doute paraît aux éditions Pellicano Libri.
- 1994 : une première partie de L'Art de la joie paraît aux éditions Stampa alternativa.
- 1996 : Goliarda Sapienza meurt dans sa maison après une chute dans l'escalier.
- 1998 : l'édition du texte intégral de L'Art de la joie est établie par Angelo Pellegrino et paraît de façon posthume. Le texte passe inaperçu.
- 2002 : toujours grâce aux efforts d'Angelo Pellegrino, le recueil Destino coatto ("Destin contraint", non traduit) est publié aux éditions Empiria.
- 2005 : parution en France de L'Art de la joie, aux éditions Viviane Hamy. L'importance de cette œuvre est subitement reconnue et donne lieu à un extraordinaire succès autant critique que public.
- 2006 : en Italie, la redécouverte de Goliarda Sapienza met à jour plusieurs textes inédits importants. Les prestigieuses éditions Einaudi (que nous avons fréquentée avec Natalia Ginzburg) annoncent officiellement qu'elles s'engagent dans la parution des œuvres complètes de l'auteur (équivalant à La Pléiade en France).
- 2007 : Gaeta, ville où Goliarda est enterrée, décide d'élever une stèle funéraire en son honneur où est gravée l'inscription : À LA MÉMOIRE D'UNE VOIX LIBRE. En 2020, une place Goliarda Sapienza y est consacrée à la poésie
- 2012 : plaque située Via Pistone 20, Catane, lieu de naissance de G. Sapienza, offerte par la Società italiana delle letterate.

DES IMAGES
Goliarda avec ses parents :

Des portraits divers :



Quelques images filmées de Goliarda
(en italien) :
- de 1970 : un extrait du film Lettera aperta a un giornale della sera de Francesco Maselli, un de ses compagnons pendant 17 ans, qui retrace les débats politiques d'un groupe d'intellectuels engagé contre la guerre du Vietnam, mais tiraillé entre l'envie de se rendre sur place et la peur de quitter leur vie. Goliarda Sapienza y apparaît dans le rôle d'un personnage qui porte aussi son prénom. La musique du film est de Giovanna Marini.
- de 1984 : interviewée à la télévision par Enzo Biagi à propos de son séjour à la prison de Rebibbia, suite à la publication en 1983 de son livre L’Université de Rebibbia. Elle parle de ses rencontres avec des personnes pleines de fantaisie, de chants et de désirs, dans un endroit qui est une sorte de monde en miniature, un village.

PUBLICATIONS de Goliarda Sapienza en français

Deux livres ont été publiés par Viviane Hamy en 2005 et 2008, tous les autres ont été publiés aux éditions Le Tripode, qui ont également réédités les deux premiers, soit 11 livres actuellement. Le directeur Frédéric Martin est souvent présent dans les émissions consacrées à Sapienza, exprimant sa passion pour l'autrice.

- 1967 (date de publication en Italie) : Lettre ouverte
- 1969 :
Le fil de midi, Viviane Hamy, 2008 : ce volume rassemble les deux ouvrages autobiographiques précédents de G. Sapienza Le fil de midi et Lettre ouverte, réédités séparément par Le Tripode : Lettre ouverte, 2021 ; rééd. Poche, 2025 ; et Le Fil de midi, 2022 ; rééd. Poche, 2023.
- 1983 : L’Université de Rebibbia, Le Tripode, 2013 ; rééd. Poche, 2019.
- 1987 : Les certitudes du doute, Le Tripode, 2015 ; rééd. Poche, 2020.
- 1998 : L'Art de la joie, Viviane Hamy, 2005 ; réédition Le Tripode, 2015 ; rééd. Poche, 2016.
- 2002 : Destins piégés, Le Tripode, 2023, récits.
- 2010 : Moi, Jean Gabin, Le Tripode, 2012 ; rééd. Poche, 2017.
- 2013 : Ancestrale, Le Tripode, 2021, poésie.
- 2015 : Rendez-vous à Positano, Le Tripode, 2017 ; rééd. Poche, 2018.

Trois ouvrages publiés d'abord en France, toujours par Le Tripode :
- Goliarda Sapienza, telle que je l'ai connue : témoignage, d'Angelo Maria Pellegrino, son dernier compagnon pendant 21 ans, 2015, 64 p.
- Carnets, 2019.

- Miroirs du temps, 2024, correspondances.

Cinq livres constituent un ensemble autobiographique : Lettre ouverte, Le Fil de midi, L'Université de Rebibbia, Les certitudes du doute et Moi, Jean Gabin.

LA TRADUCTRICE

Une traductrice de l'œuvre entière, devenue biographe
Nathalie Castagné a traduit la totalité de l'œuvre de Goliarda Sapienza. Elle est également l'autrice de Sebastian ou la perdition et de Perséphone (tous deux publiés à La Différence, sous le pseudonyme d’Eilahtan), et de L’harmonica de cristal (Seuil). Elle a traduit une quarantaine d’ouvrages en italien dont Pasolini, Lampedusa et Umberto Saba, Dario Bellezza, Elisabetta Rasy, Giorgio Vigolo. Voir ›ici une présentation sur un site professionnel.

Elle est aussi l'auteure de la première biographie : Vies, morts et renaissances de Goliarda Sapienza (Seuil 2024, rééd. Points 2025).

Dans une interview qui mérite d'être reproduite ci-dessous, elle raconte en 2015 l'histoire de la traduction de L'Art de la joie en France.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs en quelques lignes ?
Méditerranéenne, mais liée à l’Europe centrale (ma mère était polonaise), j’ai eu le sentiment de trouver pleinement ma terre en me mettant à chanter, vers dix ans. Ma première passion a ainsi été pour le chant lyrique, que l’écriture a fini par supplanter, après des années de division entre ces deux chemins, l’un et l’autre nécessaires et vitaux. J’avais fait entretemps un peu de philosophie et beaucoup de séjours en Italie, qui ont commencé à m’en apprendre la langue, déjà pratiquée, parmi d’autres, dans le chant.

Vous êtes à la fois écrivain et traductrice, par quoi avez-vous commencé ? Est-ce la traduction qui vous a poussée vers l’écriture ou l’inverse… ?
J’ai commencé par l’écriture, plus de quinze ans avant de faire la moindre traduction (autre que scolaire…). Traduire a été pour moi le fruit du hasard, puis a plus ou moins relevé du mariage de raison, à l’exception de quelques grandes aventures comme L’Art de la joie.

Les textes que vous traduisez sont-ils toujours une demande d’éditeurs ?
Oui, à l’exception d’un autre livre qui me semblait lui aussi m’être en quelque sorte destiné, La Virgilia, de Giorgio Vigolo. Pour celui-là, finalement publié aux éditions de La Différence en 2013, j’ai cherché un éditeur pendant bien deux ans. Mais dans des cas de moindre nécessité intérieure, j’ai le plus grand mal (et même une véritable incapacité) à me proposer.

En tant que traductrice êtes-vous avant tout rattachée à des maisons d’éditions ou à des écrivains ?
Ni aux uns ni aux autres ; mais la seule fois où il m’a fallu choisir – pour Goliarda Sapienza justement -, c’est l’écrivain qui l’a emporté.

Comment avez-vous découvert Goliarda Sapienza ? L’Art de la joie est-il le premier texte que vous avez lu d’elle ?
Oui, L’Art de la joie est le texte par lequel j’ai découvert Goliarda Sapienza. Voici comment les choses se sont passées : à la fin de 2003, on (c’est-à-dire Frédéric Martin, qui à l’époque y travaillait) m’a appelée des éditions Viviane Hamy, pour qui j’avais déjà fait quelques traductions, et quelques notes de lecture, pour me demander si je pouvais lire un livre déniché par Waltraud Schwarze, une célèbre agente allemande, livre qui avait à peu près tout contre lui (très long, passé inaperçu lors de sa publication dans son pays d’origine, œuvre d’une femme morte depuis plusieurs années), mais qui ne ressemblait à rien de connu et qui était susceptible d’intéresser Viviane. J’ai accepté et, au début janvier 2004, j’ai commencé à lire, et lu quasiment d’un trait, le roman, à la fois survoltée de découvrir quelque chose d’aussi prodigieux et inquiète à l’idée que le livre pourrait ne pas tenir la distance. Et j’ai été totalement convaincue de la nécessité de réparer l’injustice subie par ce roman en lui offrant la chance d’une nouvelle publication – fût-elle en langue et pays étrangers.

Comment décririez-vous Goliarda Sapienza à travers son œuvre et, par la suite, le témoignage d’Angelo Pellegrino ? Qu’est-ce qui vous a le plus touchée/marquée dans son œuvre/sa vie ?
Singulière, libre, irréductible… et parfois immensément fragile (mais jamais faible). Ce sont ces traits par lesquels je la décrirais qui m’attirent dans sa personne. Elle peut se fourvoyer, mais n’a pas de petitesse. Et son sens poétique – et cosmique – me frappe, alors qu’elle se réclame du matérialisme. De même, quelque chose de rare résulte du mélange, chez elle, de rationalité revendiquée et de passion.
Mais je ne peux oublier, dans son œuvre et sa vie, alors confondues, la façon dont elle s’est coupée de tout (tout le superflu et l’extérieur, bien sûr), dont elle a renoncé à tout, pour mener à bien l’entreprise de L’Art de la joie. Et il me faut bien dire que ce sont d’abord des pages de ce livre – sa première Partie en entier ; les retrouvailles avec Carmine, ensuite ; les toutes dernières pages du roman – qui me viennent à l’esprit si l’on me demande ce qui m’a le plus marquée de ce qu’elle a écrit. Mais peut-être aussi parce que c’est par là que je l’ai connue…
Quant à ce qui me touche le plus dans sa vie, c’est le fait qu’à cause des refus éditoriaux répétés, notamment de L’Art de la joie, elle ait quasiment cessé d’écrire, et vécu ce qui l’avait rendue justement triomphante – son accomplissement artistique le plus profond sans doute – comme la mise au monde d’un enfant mort-né.

Comment expliquez-vous l’enthousiasme que son œuvre est capable de déclencher ?
Par le fait que, loin de l’idée selon moi aberrante des “êtres de papier”, Goliarda Sapienza met sa chair et son sang dans les personnages qu’elle crée – je préfèrerais dire : qui lui viennent. Et dans ceux qu’elle ressuscite (ceux de la “vie réelle”), par l’engagement de son écriture, également. C’est du reste ce trait-là que j’aurais dû citer comme étant celui qui m’enthousiasme moi-même (mais… qui m’enthousiasme, plutôt que me marquer ou me toucher).

Comment expliquez-vous le refus des éditeurs italiens de publier L’Art de la joie pendant près de vingt ans ?
Par le scandale que la première partie quasi sadienne du roman (avec inceste, matricides, homosexualité, masturbation…) a dû inspirer, mais aussi par l’indifférence souveraine de Goliarda à ce qui se faisait, à ce qui “doit se faire”, en littérature également. Ajoutons à cela, peut-être, qu’elle était assurément ingérable, chose peu appréciable pour un éditeur… Et aussi qu’au bout d’un moment, elle-même n’y a plus cru ; ses tentatives, s’il y en avait encore, devaient être vidées d’énergie.

Comment s’est passée sa première publication en France aux éditions Viviane Hamy ?
A la suite de l’envoi de ma note de lecture, Viviane a immédiatement décidé de publier le livre. À peine la traduction terminée, la première page du roman, avec la photo de Goliarda jeune qui allait l’illustrer en couverture, a été envoyée à divers libraires, critiques, etc. Le livre entier, en épreuves, a dû aussi être envoyé à un certain nombre de gens, avec l’avance voulue pour leur donner la chance de lire quelque chose d’aussi long, avant la fournée écrasante de la rentrée littéraire, à laquelle L’Art de la joie allait participer. Bref, le feu a pris et a été entretenu sans relâche. Et au moment de la parution, le succès a été fulgurant. Il a très vite fallu faire des tirages en plus de ce qui était prévu…

Comment s’est faite la collaboration avec Le Tripode par la suite ?
Frédéric Martin, qui avait quitté les éditions Viviane Hamy, et créé sa propre maison d’édition, a pris, selon le souhait d’Angelo Pellegrino, la suite de la publication de l’œuvre de Goliarda Sapienza. Le désir d’Angelo et de Frédéric était que j’en continue la traduction, je me sentais moi-même attachée à cette œuvre et à celle qui l’avait sortie des profondeurs d’elle-même (sans parler des liens d’amitié qui s’étaient créés autour de l’aventure et de l’événement de L’Art de la joie) : et c’est ce qui l’a emporté, ainsi que je vous l’ai dit, dans une situation conflictuelle qui m’a profondément navrée, car j’étais attachée à Viviane aussi.

Lettre ouverte et Le fil de midi, deux textes rassemblés dans Le fil de midi pour l’édition française, sont beaucoup plus morcelés, chaotiques, que ses autres récits autobiographiques. La période à laquelle ils ont été écrits (crise existentielle, psychanalyse) peuvent l’expliquer ; peut-on dire qu’ils sont le terreau, désordonné, des textes qui ont suivi (plus fluides et construits, plus distanciés aussi) ?
Je pense – comme je l’ai écrit dans la préface au volume qui les rassemble – qu’ils sont pour une part le terreau de L’Art de la joie, ce que j’ai appelé son archéologie, en revanche ils ne me semblent pas être celui des textes autobiographiques qui ont suivi, ceux d’après le roman, qui ont plutôt sans doute bénéficié de la décantation inhérente à l’énorme travail de transmutation de l’œuvre de fiction.

Peut-on dire que L’Art de la joie, seul texte fictionnel de Goliarda Sapienza, est une forme d’aboutissement de ses récits autobiographiques ?
S’il faut s’en tenir à la chronologie, on ne peut pas le dire, puisque la plupart de ces récits autobiographiques sont postérieurs à L’Art de la joie. Cet unique “vrai” roman – chargé d’éléments de la vie de Goliarda, mais les débordant et les transmuant – serait plutôt l’autre versant du premier grand projet qu’elle avait conçu, celui qui devait réunir – et qui j’espère, un jour, réunira – ses divers récits autobiographiques sous le titre d’Autobiographie des contradictions.

(Nota bene : les textes mentionnés dans cette interview ci-dessous ont par la suite été publiés).

Existe-t-il beaucoup de textes encore inédits en Italie ? En France ? (Est-ce des textes autobiographiques ? Des poèmes ?)
Il reste, inédits en France, un recueil de poèmes, Ancestrale, un recueil de courtes nouvelles, Destino coatto, le Journal, ou les Carnets, de Goliarda, publié en deux volumes en Italie (Il vizio di parlare a me stessa et La mia parte di gioia) mais qui seront peut-être rassemblés en un seul en France – c’est à cette traduction que je travaille actuellement –, un dernier roman autobiographique, mais dont le personnage central n’est pas Goliarda, Appuntamento a Positano, la correspondance et enfin le théâtre, mais pour ce dernier, j’ignore si le Tripode a l’intention de le publier.
En Italie, la correspondance va bientôt paraître, je pense. Le théâtre, je ne sais pas. Il me semble que tout le reste de l’œuvre a paru ou reparu chez Einaudi, sauf – pour l’instant en tout cas – Lettera aperta et Il filo di mezzogiorno, sans doute encore disponibles dans d’autres éditions, et qu’on ne peut donc leur “reprendre”.

(Interview de Nathalie Castagné par Pauline, site Un dernier livre avant la fin du monde, 24 décembre 2015)

- "Goliarda Sapienza (Le Fil de Midi) : entretien avec sa traductrice, Nathalie Castagné", Zoé Théval, Diacritik, 18 octobre 2022. Un entretien très approfondi sur Sapienza. Au passage... :

Le seul livre de Goiliarda qui ait eu un peu d’écho en Italie est L’Université de Rebibbia (1983) : il y avait eu le scandale du vol qu’elle avait commis mais surtout la justesse de certaines de ses analyses sur la prison a frappé, au point qu’elle a été citée dans une revue spécialisée dans les questions pénitentiaires !

- "Une icône paradoxale » : entretien avec Nathalie Castagné", Gabrielle Napoli, En attendant Nadeau, 9 juillet 2024. Extrait :

Aujourd’hui, pour une très grande partie du lectorat français, Goliarda Sapienza est devenue une sorte d’icône féministe. Que vous inspire cette réception ?
C’est à mes yeux un phénomène paradoxal. Goliarda est en effet devenue un modèle, une icône, alors qu’elle était anarchiste, ce qui ne va pas vraiment avec les icônes. Je ne sais pas si elle aurait aimé l’image qu’elle est devenue en tant qu’autrice. Elle estimait en effet qu’on n’écrit que pour quelques-uns et que c’est mieux ainsi. Elle aurait été heureuse de ce succès, bien sûr, heureuse d’être entendue enfin, mais elle savait aussi combien les malentendus sont possibles lorsque le succès est au rendez-vous, et elle se méfiait des malentendus bien qu’ayant aussi déclaré qu’elle écrivait "pour qu’on la mésentende".

Les questions d'édition : le rôle déterminant de la traduction française
- (Très intéressant) "L’Art de la joie" de Goliarda Sapienza : la traduction comme moteur de reconnaissance mondiale", Valentina Tuveri, master professionnel Monde du Livre, Université Aix-Marseille, 2016, 20 p.
- Une trahison « reconstructrice » : la réhabilitation posthume de L’Art de la joie de Goliarda Sapienza en France, Mara Capraro, Actes du colloque D'outre-tombe : vie et destin des œuvres posthumes, Université de Rouen Normandie, juin 2018, dir. Aurélien d’Avout et Alex Pepino, CÉRÉdI, 14 p.
- Les éditions Attila et l’aventure Goliarda Sapienza, rencontre avec Frédéric Martin, interview vidéo réalisée par Libfly, réseau social de lecteurs, disponible sur YouTube, 10 décembre 2012, 16 min.

SUR L'UNIVERSITÉ DE REBIBBIA

• Sur L'Université de Rebibbia
- Frédéric Martin présente l'ouvrage L'Université de Rebibbia, ›Librairie Mollat, 26 septembre 2013, 2 min.
– "L'Université de Rebibbia, par Goliarda Sapienza : entre quatre murs", André Clavel, L'Express, 26 septembre 2013.
- "Goliarda Sapienza, romancière à l'école de la vie dans la prison pour femmes", Florence Valdès Andino, TV Monde info, 25 octobre 2013.
- "L'Université de Rebibbia", Marine Landrot, Télérama, 26 octobre 2013.
- "Une romancière entre quatre murs", Astrid Eliard, Le Figaro Littéraire, 21 novembre 2013.
- "Comment Goliarda Sapienza fit de la prison une université", Eléonore Sulser, Bruxelles, Le Temps, 28 novembre 2013.
- "Goliarda Sapienza ou l'école de la prison", Gilles Archambault, Le Devoir, Québec, 11 janvier 2014.
- "Goliarda Sapienza et L'Université de Rebibbia", Marie Schwartz, lundimatin#242, 12 mai 2020.

• Sur une adaptation théâtrale de L'Université de Rebibbia
- "En prison avec Goliarda Sapienza", Brigitte Hernandez, Le Point, 18 novembre 2018.

- "Rebibbia d'après L'Université de Rebibbia", mise en scène de Louise Vignaud, au Théâtre de la Tempête, Journal La Terrasse, 17 décembre 2021.

Réception de l'œuvre en prison
- "La prison, lieu de l’utopie", Anne Pittleloud, Bulletin des prisons, n° 14, Lausanne, novembre 2020.

La réalité
- "Légataire universel", par Jean-Baptiste Marougiu, Libération, 6 octobre 2005. Extrait de l'interview du mari de Goliarda Sapienza :

Il y a eu ce vol de bijoux, et Goliarda fit trois mois de prison. Que s'est-il passé ?
Pour écrire son roman, Goliarda avait vendu ses tableaux, une commode sicilienne de valeur, etc. Très pauvres, on n'y arrivait plus. Une riche copine à elle lui avait prêté une misère, 300 000 lires, 150 euros actuels. Cette noble napolitaine en demanda la restitution de manière très offensante. Goliarda fut profondément blessée. Pour se venger, elle s'appropria un coffret de bijoux de la dame, qu'elle vendit à un bijoutier. Quand les bijoux furent remis en vente, le plus innocemment du monde, le scandale éclata. Personne ne voulait l'envoyer en prison, mais elle voulait absolument y aller. Elsa Morante a écrit que c'était un geste dostoïevskien, que Goliarda entendait éprouver ce qu'avait enduré sa mère. La prison de Rebibbia à la périphérie de Rome la marqua énormément : la déréliction des détenues certes, mais aussi la solidarité, la chaleur amoureuse des cellules. À la sortie, elle continua à fréquenter ses compagnes d'infortune et écrira un livre très beau, L'Università di Rebibbia, où elle avance que la vraie prison c'est dehors.

Dans le documentaire sur Arte Désir et rébellion : L’Art de la joie, on voit et entend G. Sapienza dire qu'elle y est restée un mois et demi.

Sapienza avec ses amies, anciennes détenues de Rebibbia, au Circolo Mondoperaio de Rome (Source : La Repubblica, 26 février 1983, indiquée dans Diacritica, 25 août 2024)


Il Dubbio
, 24 avril 2025


En 1984, elle est interviewée à la télévision par Enzo Biagi à propos de son séjour à la prison de Rebibbia, suite à la publication en 1983 de son livre L’Université de Rebibbia. Une séquence archive figure dans le film Fuori.

TRAVAUX UNIVERSITAIRES

Mara Capraro est la spécialiste du livre que nous lisons.

Carrément une thèse
- "È stata una lezione di letteratura". Formes et significations de la prison dans l’œuvre narrative de Goliarda Sapienza, Mara Capraro, Études italiennes, Grenoble, décembre 2023.

• Des articles
- "Les corps déviants des détenues dans L’Université de Rebibbia et Les Certitudes du doute de Goliarda Sapienza", Mara Capraro, Nouveaux cahiers de Marge, n° 4, 2021.
-
"L’écriture comme arme pour endiguer l’oubli : le corpus carcéral de Goliarda Sapienza au prisme du 'pacte avec le témoin'", Mara Capraro, revue Postures, n° 37, 2023.

• Colloque-événement
- À l’occasion du centenaire de la naissance de l’écrivaine Goliarda Sapienza, colloque international organisé par l’Université Rennes 2 et l’Université Paris Nanterre "Les mots nourrissent » Pour les cent ans de Goliarda Sapienza. Réception et analyse de l’œuvre de Goliarda Sapienza", Université Rennes 2, 21-22 mars 2024. Mara Capraro (Université de Grenoble), intitule son intervention : "Il existe un côté délinquant à l’intérieur de moi" : l’expérience carcérale de Goliarda Sapienza et la construction de la posture auctoriale et médiatique.


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