Joyce en 2015

par Alex Ehrenzweig

Les 15 nouvelles
(certains titres varient selon les traductions) :
1. Les sœurs
2. Une rencontre
3. Arabie
4. Eveline
5. Après la course
6. Deux galants / Les deux galants
7. La pension de famille
8. Un petit nuage
9. Contreparties / Correspondances
10. Cendres / Argile
11. Pénible Incident / Un cas douloureux / Une douloureuse affaire
12. On se réunira le 6 octobre / Ivy Day dans la salle des commissions
13. Une mère
14. La grâce / De par la grâce
15. Les morts

GF-Flammarion, traduction et présentation de Benoît Tadié, 1994

« Le temps pressait mais elle restait assise à la fenêtre, la tête appuyée au rideau, respirant l'odeur de cretonne poussiéreuse. Tout au fond de l'allée elle entendait un orgue de Barbarie. C'était un air qu'elle connaissait. Etrange qu'il revienne précisément ce soir-là lui rappeler la promesse qu'elle avait faite à sa mère, cette promesse de tenir la maison aussi longtemps qu'elle le pourrait. Elle se souvint de la nuit d'agonie de sa mère ; elle se trouvait une fois de plus dans la pièce sombre et mal aérée de l'autre côté de l'entrée et elle entendait au-dehors un mélancolique air d'Italie. On avait ordonné au joueur d'orgue de s'en aller en lui donnant une pièce de six pence. Son père était revenu l'air bravache dans la chambre de la malade :
-Fichus Italiens ! Venir jusqu'ici !
Tandis qu'elle songeait la vision pitoyable de l'existence menée par sa mère l'envoûtait jusqu'au plus profond d'elle-même – cette existence faite de sacrifices ordinaires s'achevant en démence finale. Elle fut prise d'un tremblement en entendant à nouveau la voix de sa mère qui ne cessait de répéter avec une folie insistante :
- Derevaun Seraun ! Derevaun Seraun ! »


Folio, traduction de 1974 Jacques Aubert, préface de Valery Larbaud

« Après la publication en 1907 de poésies de jeunesse, James Joyce publie en 1914 un recueil de nouvelles commencé dès 1902. Il s'agit de Dublinois. Quelle surprise pour les lecteurs de découvrir ces quinze nouvelles, si sages, si classiques, si claires.
Dans ce livre, Joyce décrit, avec un sens profond de l'observation, les mœurs de la bourgeoisie irlandaise, l'atmosphère trouble et le destin tragique de la société de l'époque. Les thèmes favoris de Joyce, l'enfance, l'adolescence, la maturité, la vie publique sont ici incarnés par divers types d'habitants de Dublin, "ce cher et malpropre Dublin" que Joyce aimait tant. 
»


Coll. "Du monde entier",
Pléiade
, trad. Jacques Aubert, 1974, préface de Valery Larbaud

« Ceux qui venaient de recevoir, en lisant Ulysse, le choc de la révélation d'une œuvre géniale demeurèrent stupéfaits à la lecture de ces quinze nouvelles, si sages, si classiques, si claires. Ce n'était point encore "le flux de la conscience" mais l'exploration intérieure de thèmes et de personnages chers à Joyce, en un livre qui résume les stades de la vie individuelle et collective de la cité de Dublin : l'enfance, l'adolescence, la maturité et la vie publique. Joyce mit plus de sept ans (de 1907 à 1914) pour convaincre les censeurs anglais que les précisions sexuelles d'"Une rencontre" et des "Deux galants", ou que l'hommage à Parnell dans "On se réunira le 6 octobre", étaient des audaces légitimes, que contre-balancent d'ailleurs dans "Les Morts", ou même dans un récit tout simple comme "Eveline", la puissance transmutatrice du regard et le don vertigineux de soi, qui sont la marque du poète. Nul ne lira sans gratitude la préface de Valery Larbaud, chef-d'œuvre de finesse et de lucidité prophétique. »


Plon, traduction de 1926 de Jacques-Paul Reynaud ("Les sœurs"), Hélène Du Pasquier ("Une rencontre", "Arabie", "Eveline", "Après la course", "Deux galants", Yva Fernandez (les 10 autres nouvelles)


Pocket, traduction de 1926 de
Jacques-Paul Reynaud ("Les sœurs"), Hélène Du Pasquier ("Une rencontre", "Arabie", "Eveline", "Après la course", "Deux galants", Yva Fernandez (les 10 autres nouvelles)

« Jamais peut-être l'atmosphère d'une ville n'a été mieux rendue, et dans chacune de ces nouvelles, les personnes qui connaissent Dublin retrouveront une quantité d'impressions qu'elles croyaient avoir oubliées. Mais ce n'est pas la ville qui est le personnage principal (...) ; c'est un portrait, ou un groupe, ce sont des individualités bien marquées que Joyce se plaît à faire vivre. Nous en retrouverons du reste quelques-unes, que nous reconnaîtrons, autant à leurs paroles et à leurs traits de caractère qu'à leurs noms, dans ses livres suivants.
Gens de Dublin, qui constitue une excellente introduction à l'œuvre de James Joyce (...), est, par lui-même, un des livres les plus importants de la littérature d'imagination en langue anglaise publiés depuis 1900. » Valery Larbaud


ÉDITIONS BILINGUES :

Dublinois : Les morts. Contreparties ! Dubliners : The Dead. Counterparts, introduction par Hélène Cixous, traduction de Jean-Noël Vuarnet, Aubier-Flammarion, 1974, deux nouvelles


Dubliners Gens de Dublin, traduction et présentation, Pierre Nordon, Le Livre de poche, coll. "Les langues modernes. Bilingue", six nouvelles, 1994


Un cas douloureux/A Painful Case - Les morts/The Dead, trad. et présentation Jacques Aubert, Folio "bilingue", 1995, deux nouvelles

Gens de Dublin, traduction et présentation Lionel Dahan, Pocket coll. "Langues pour tous", quatre nouvelles, 2015

James Joyce
Gens de Dublin (publié en 1914)

Nous lisons ce livre pour le 28 septembre 2018.
Le groupe breton l'aura lu pour le 20 septembre et le nouveau groupe parisien le lira pour le 12 octobre.

LES TRADUCTIONS

Trois traductions de l'ensemble du recueil sont disponibles, aucune n'étant récente :
- 1926
traduction d'Hélène Du Pasquier, Yva Fernandez, Jacques-Paul Reynaud, éd. Plon  : Gens de Dublin, préface Valery Larbaud, éd. Plon-Nourrit 1926, Plon DLI 1950, Le Livre de poche 1963 ; Pocket 1980
, rééd. 2003
- 1974 traduction de Jacques Aubert, éd. Gallimard : Gens de Dublin, coll. "Du monde entier" 1974 et "La Pléiade" 1982 ; Dublinois, "Folio" 1993
- 1994 traduction de Benoît Tadié :
Gens de Dublin, GF-Flammarion.

On trouve d'autres traductions de quelques nouvelles en éditions bilingues de Lionel Dahan, Pierre Nordon Jean-Noël Vuarnet, mais pas de l'ensemble du livre (qui forme un tout constitué par l'auteur).

Voici ICI une comparaison des trois premières phrases de la nouvelle d'où est adapté le film.

LE FILM

Le film Gens de Dublin est une adaptation de la nouvelle "Les morts".

C'est le dernier film tourné par John Huston en 1987, avant sa mort, dans lequel joue sa fille Anjelica Huston.

Le texte de la nouvelle est en ligne : ICI.

Sur le film, un bel article : "Gens de Dublin", l'adieu bouleversant de John Huston, de Franck Nouchi, Le Monde des livres, 21 juillet 2005



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nos cotes d'amour pour le livre, de l'enthousiasme au rejet :
à la folie
grand ouvert
beaucoup
¾ ouvert
moyennement
à moitié
un peu
ouvert ¼
pas du tout
fermé !

 

 

Nous écrire
Accueil | Membres | Calendrier | Nos avis | Rencontres | Sorties | Liens