Witold Gombrowicz
à Vence en 1960



Cosmos
, Folio, 224 p.
trad. du polonais Georges Sédir

Quatrième de couverture :

"Perdu, couvert de sueur, je sentais à mes pieds la terre noire et nue. Là, entre les branches, il y avait quelque chose qui dépassait, quelque chose d'autre, d'étrange, d'imprécis. Et mon compagnon aussi regardait cela.
- Un moineau.
- Ouais.
C'était un moineau. Un moineau à l'extrémité d'un fil de fer. Pendu. Avec sa petite tête inclinée et son petit bec ouvert. Il pendait à un mince fil de fer accroché à une branche. Bizarre."



Folio, 1973



Denoël, 1988
Denoël, 1966


L'édition espagnole avec un dessin de Topor (1974)

L'édition américaine Grove Press/Atlantic Monthly Press, United States (2011)

Witold Gombrowicz (1904-1969)
Cosmos (publié en 1965, traduit en français en 1966)
Il faut bien reconnaître
que l'ennui en littérature
s'intensifie de manière effrayante.

(Gombrowicz, "Écrivains d'en haut, écrivains d'en bas")

Nous avons lu ce livre en octobre 2019 (nos avis sont en cours de mise en ligne).
Le groupe breton le lit pour novembre.
Nous avions lu Ferdydurke en 1989 (mais en cette lointaine époque, nous n'avions pas de site et ne prenions même pas nos avis en note...)

Visionnage possible du film Cosmos d'Andrzej Zulawski, Léopard meilleur prix de la réalisation au Festival international du film de Locarno 2015, avec Sabine Azéma et Jean-François Balmer, adapté du livre Cosmos. Le film est visible en ligne ICI.

"UN PEU" DE DOCUMENTATION
  LE ROMAN COSMOS
    - La publication
    - Le traducteur
    - Des articles
    - Ce que dit Gombrowicz de Cosmos
    - Adaptation au cinéma et a
u théâtre
ŒUVRES DE GOMBROWICZ

    - Romans et nouvelles
    - Théâtre
    - Autres textes : essais, entretiens, articles, journal, etc.
    - Influences littéraires

VIDÉOS - RADIO - PRESSE ÉCRITE - SITES
PARCOURS
    - Enfance (1904-1910)
    - Jeunesse (1911-1928)
    - Entrée en littérature à Varsovie (1929-1939)
    - Argentine (1939-1963)
    - L'Europe (1963-1969)
MUSÉES


LE ROMAN COSMOS

La publication
- 1961 : Le roman est commencé à Buenos Aires
- 1964 de Paris à son éditeur : "Cosmos est encore à la dactylographie et il manque même la fin, car c'est à cet endroit que la maladie m'a saisi", puis : "la dactylo prend 1fr.50 par page normalisée. Le pire, c'est qu'il n'y a à Paris qu'une seule dactylo, surchargée de travail, elle ne peut donc s'engager à fournir le texte que pour la fin janvier"...
- 1965 : Cosmos est achevé en France à Vence.
-
1965 : Le roman est publié en polonais à Paris en 1965 par L’Institut littéraire, la maison d’édition des émigrés polonais de Paris.

- 1966 : La première traduction de Cosmos est celle du polonais en français, par Georges Sédir, publiée par Maurice Nadeau en 1966 dans la collection qu'il dirigeait chez Denoël, "Les Lettres nouvelles". Contrairement à ses habitudes, Witold Gombrowicz n’a apporté aucune modification à son texte à l’occasion de cette traduction. En guise de préface, il insère un extrait de son Journal...
- 1967 : Cosmos reçoit le Prix international de Littérature (Prix Formentor).
- 1969 : mort de Gombrowicz ; il ne verra pas son livre publié en Pologne.
- 1986 : Cosmos paraît en Pologne, 21 ans après sa 1ère publication en polonais à Paris.

Le traducteur, un personnage romanesque
- Georges Sédir était traducteur de Gombrowicz, Milosz, Bruno Schulz (dont nous avons lu Les Boutiques de cannelle). Il était aussi poète, romancier, essayiste, critique littéraire ET diplomate. Georges Sédir, pseudonyme de Georges Sidre (1927-2005), fit des études de langues (en parla jusqu'à neuf), puis entra par concours au quai d'Orsay. Il occupa de nombreux postes diplomatiques en Pologne (il devient attaché d'ambassade à Varsovie, derrière le rideau de fer, juste après la guerre), au Vietnam, en Thaïlande, au Luxembourg, au Brésil et en Birmanie où il fut ambassadeur (1987-90) en pleine guerre civile, gardant son franc-parler et affichant son opposition au régime, diplomate atypique, le seul parler couramment le pali, la langue sacrée du bouddhisme.
- A propos de la traduction, évoquons les aventures du roman Ferdydurke vers l'espagnol, d'abord traduit à peu près par l'auteur en espagnol, puis amélioré dans un café par des Sud-Américains, jusqu'à une dizaine certains jours raconte Gombrowicz ; puis traduit vers le français à partir de cette version espagnole avec l'aide d'un professeur de l'Alliance française de Buenos Aires pour aboutir à ce qui deviendra la première édition française de Ferdydurke publiée par Maurice Nadeau en 1958 (voir les relations de Nadeau avec Gombrowicz ICI).

Des articles (réception de l'époque, 53 ans avant que nous le lisions...)
- "L'homme par le bas", Madeleine Chapsal, L'Express, 2 mai 1966
- "A l'enseigne de l'oiseau pendu", Hubert Juin, Les Lettres françaises, 19 mai 1966
- "Cosmos, de Witold Gombrowicz", Jacqueline Piatier, Le Monde, 27 août 1966.

Ce que dit Gombrowicz de Cosmos
• Paraît en 1968 un livre d'entretiens avec Dominique De Roux. Un chapitre est consacré au roman Cosmos, À LIRE ICI. Les questions ne ménagent pas l'auteur, par exemple :
- C'est un livre austère, vous vous y amusez beaucoup moins que dans vos autres œuvres ?
- Vous ne paraissez pas tellement sûr que les lecteurs assimilent pleinement Cosmos ?
- Est-ce que ce n'est pas de votre attitude ambivalente envers la Forme, que découlent les opinions contradictoires sur Cosmos ? Il faut avouer que vous vous débrouillez toujours pour naviguer entre deux eaux...
• Dans un dialogue avec François Bondy, Gombrowicz parle de la forme dans Cosmos : À LIRE ICI.

Adaptation au cinéma

Joris Mathieu a monté Cosmos en 2013 =>
au Théâtre Montfort avec sa Compagnie Haut et Court. Voir :
- présentation filmée
- dossier de présentation
.................................
<=Cosmos d'Andrzej Zulawski, Léopard meilleur prix de la réalisation au Festival international du film de Locarno 2015, avec Sabine Azéma et Jean-François Balmer.

Adaptation au théâtre
Voir la bande annonce
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Précisons que d'autres œuvres ont été adaptées au cinéma, voire à l'opéra : Ferdydurke, La Pornographie, Opérette et Yvonne, princesse de Bourgogne.

ŒUVRES DE GOMBROWICZ

Romans et nouvelles
- 1933 : Mémoires du temps de l'immaturité, contes (non traduits).
- 1937 : Ferdydurke, trad. Brone, Julliard, 1958 ; trad. Georges Sédir, Christian Bourgois, 1973.
- 1939 : Les Envoûtés, trad. Kinga Fiatkowska-Callebat, Albert Mailles et Hélène Wlodarczyk, présentation de Rita Gombrowicz.
- 1953 : Trans-Atlantique, trad. Constantin Jelenski et Geneviève Serreau.
- 1957 : Bakakaï, trad. Allan Kosko et Georges Sédir - Le Festin chez la comtesse Fritouille et autres nouvelles, extraites de Bakakaï.
- 1960 : La Pornographie, trad. Georges Lisowski.
- 1964 : Cosmos, trad. Georges Sédir. Il obtient le Prix international de littérature en 1967 par 12 voix contre 9 à Mishima ; créé en 1960 par des éditeurs de différents pays, il est décerné par un jury de critiques appartenant aux pays représentés ; lauréats précédents : Beckett, Borges, Uwe Johnson, Carlo Gadda, Nathalie Sarraute, Saül Bellow.
Sous le titre Moi et mon double, sont réunis les romans Bakakaï, Ferdydurke, Les Envoûtés, Trans-Atlantique, La Pornographie, Cosmos, Gallimard, coll. "Quarto", 1996 ; rééd. en 2018 par Gallimard sous le titre
Contes et romans, comprenant "Moi et ma Pologne" extraits de Souvenirs de Pologne, Bakakaï, Ferdydurke, Les Envoûtés, Trans-Atlantique, La Pornographie, Cosmos.

Théâtre
- 1938 : Yvonne, princesse de Bourgogne, achevée en 1935, publiée en 1938 et créée en 1957 à Varsovie.
- 1953 : Le Mariage.
- 1967 : Opérette.
Pièces regroupées en un volume en Folio, trad. Koukou Chanska, Constantin Jelenski, Georges Sédir et Geneviève Serreau, édition de Rita Gombrowicz.

Autres textes : essais, entretiens, articles, journal, etc.
- Entretiens avec Dominique de Roux, trad. Koukou Chanska et François Marié, Belfond, 1968 (entretiens écrits et non oraux), rééd. Testament : entretiens avec Dominique de Roux, Folio essais, 1996.
- Cours de philosophie en six heures un quart, 1969.
- Varia I, trad. Allan Kosko, 1995 - Varia II, trad. Christophe Jezewski, Dominique Autrand, Marie Bouvard et Constantin Jelenski, 1989 .
- La Patience du papier, trad. collective, éd. Christian Bourgois, 2019 (des critiques littéraires).
- Chroniques pour la radio : Souvenirs de Pologne, trad. Christophe Jezewski et Dominique Autrand, Christian Bourgois, 1984, et Pérégrinations argentines, trad. Allan Kosko, Christian Bourgois, 1994 (chaque texte correspond à une émission radiophonique d’une quinzaine de minutes).
- Correspondances :
Correspondance de Jean Dubuffet et Witold Gombrowicz, Gallimard, 1995 - Correspondance 1950-1969 de Jerzy Giedroyc et Witold Gombrowicz, Fayard, 2004.
- Le Journal, d'abord publié en polonais par Kultura en feuilleton,
est paru aux éditions Christian Bourgois : Journal t. 1 (1953-1956), trad. Allan Kosko, 1981 - Journal t. 2 (1957-1960), trad. Christophe Jezewski et Dominique Autrand, 1981 - Journal Paris Berlin 1963-1964, trad. Allan Kosko, 1994 - Journal Paris-Berlin - Tome III bis - 1963-1964, trad. Allan Kosko, 2004.
Et en deux tomes en Folio : tome I : 1953-1958 et tome II : 1959-1969 ("6 octobre 1962. La semaine a sept jours, qui ont fini par me lasser").
Et le journal resté secret après sa mort en 1969 : Kronos, trad. Malgorzata Smorag-Goldberg, préface de Yann Moix, introduction de Rita Gombrowicz.
- Un texte inédit de Gombrowicz : "Contre la poésie", Le Monde, 30 novembre 1981 (ce texte a son origine dans une conférence que donna Gombrowicz en 1957 dans une galerie d'art en Argentine, mais cette causerie provoqua un tel scandale qu'il dut partir par la fenêtre pour fuir la colère de ses auditeurs...).
- Pour la curiosité : ce que pense Gombrowicz d'Ulysse de Joyce (en 1937)...

Influences littéraires
"Quelles sont les œuvres littéraires qui ont exercé sur vous la plus grande influence ?
- Parmi les écrivains polonais : Mickiewicz, Pasek (ses Mémoires)
- Écrivains français : Montaigne, Rabelais, Alfred Jarry ; les Surréalistes (indirectement plutôt comme atmosphère)
- Écrivains anglais : Shakespeare, le Pickwick Club de Dickens
- Écrivain russe : Dostoïevski
- Écrivains allemands : Gœthe, Thomas Mann.
- Ajoutez encore quelques auteurs classiques comme Cervantès et quelques philosophes, au sens artistique du terme, comme Schopenhauer et Nietzche qui ont influencé surtout mon style." (Entretiens avec Dominique de Roux, 1968)

VIDÉOS
- Witold Gombrowicz et la célébrité, INA, 12 octobre 1969, 2 min 08.
- Witold Gombrowicz dans la collection "Un siècle d'écrivains", film de Andrzej Wolski, 2000, 52 min (INA, 3,50€ la location).

RADIO
- Entretiens avec Witold Gombrowicz avec Gilbert-Maurice Duprez, enregistrés en 1967, 1ère diffusion en 1970 - 1/5 39 min (l'entretien proprement dit commence à la 7e minute) -
2/5 19 min - 3/5 20 min - 4/5 20 min - 5/5 20 min.
- Nuits magnétiques, par Didier Cahen, 1ère diffusion en 1984, avec Jorge Lavelli, Marcelin Pleynet, Michel Bernard, Severo Sarduy, Rita Gombrowicz et Konstanty A. JelenskiFrance Culture, 1h30.
- Une vie une œuvre, par Christine Lecerf, 1ère diffusion en 2007, France Culture, 59 min
(le ministre de l'éducation nationale polonais vient de retirer les livres de Gombrowicz des programmes scolaires...).

PRESSE ÉCRITE
- Gombrowicz, Cahiers de L'Herne, dir. Constantin Jelenski et Dominique de Roux, 1971.
- Rencontres avec Gombrowicz, un savoureux article d'Ernesto Sabato (dont nous avons lu Le Tunnel), trad. Michel Bibard, Le Monde, 27 juillet 1979.
- Le Magazine littéraire, dossier de 50 pages sur Witold Gombrowicz, n° 287, avril 1991.
- Un entretien avec Rita Gombrowicz, propos recueillis par Marion Van Renterghem, Le Monde, 9 décembre 1995 ("Depuis la disparition, en 1969, de Witold Gombrowicz, avec qui vous avez vécu pendant les cinq dernières années de sa vie, vous êtes devenue à la fois la gardienne et l'otage de son œuvre"...).
- Rita Gombrowicz : "Witold pouvait jouer des tours pendables", Philippe Lançon, Libération, 26 avril 2019.

SITES
Sites de référence (d'une grande richesse) dont les contenus appartiennent à Rita Gombrowicz : witoldgombrowicz.eu/ et witoldgombrowicz.com

PARCOURS
(Cliquez sur les liens pour voir des images sur les sites dont les contenus appartiennent à l'épouse de Gombrowicz.)
ENFANCE (1904-1910)
- 1904 : Naissance de Witold Marian Gombrowicz dans une famille de la noblesse terrienne, à 200 km de Varsovie. Son père est d'origine lituanienne, sa mère fille de propriétaires terriens de la Pologne centrale.
- Deux frères, une sœur. Il est élevé dans la religion catholique, par des gouvernantes française et suisse allemande qui lui apprennent leur langue : "En ces temps proustiens, il y avait abondance de domestiques, la gouvernante française s'occupait des enfants et le rôle de ma mère se bornait à donner des ordres au cuisinier ou au jardinier. (...) À mes moments de liberté, j'aime lire Spencer et Fichte, affirmait-elle en toute sincérité, bien que les œuvres de ces philosophes encombrassent les rayons inférieurs de la bibliothèque où ils resplendissaient de leurs pages non coupées." (Entretiens avec Dominique de Roux).

JEUNESSE (1911-1928)
- 1911 : La famille Gombrowicz s’installe à Varsovie dans un quartier élégant, près du parc de Lazienki.
- 1914 : À la déclaration de la Première Guerre mondiale, les Gombrowicz sont retenus à la campagne car la région est le théâtre d'opérations militaires.
- 1915 : Witold entre au "très aristocratique" lycée catholique Saint-Stanislas-Kostka de Varsovie. A l’adolescence, le sentiment d’étrangeté par rapport à son propre milieu grandit. La problématique infériorité/supériorité le ronge : cette expérience existentielle deviendra un des thèmes majeurs de son œuvre.
- 1923-1927 : Etudes à la faculté de droit de l'université de Varsovie ; il prétend s'être fait remplacer aux cours par son valet plus distingué que lui....
- 1928 : Son père l'envoie en France pour continuer ses études. Il s’inscrit à l’Institut des hautes études internationales à Paris mais ne fréquente pas les cours. "Certes, le visage de la Joconde est beau ! Mais quel profit en tirons-nous ? Il est beau, mais il rend affreux les visages de ses admirateurs. Sur le tableau : beauté - mais devant le tableau : snobisme, bêtises, effort hébété pour saisir quelque chose de cette beauté puisqu’on vous a informé que beauté il y a." (Souvenirs de Pologne). Il passe plusieurs mois dans les Pyrénées.

ENTRÉE EN LITTÉRATURE à Varsovie (1929-1939)
   - 1929 : A son retour en Pologne, il fait un stage comme secrétaire au tribunal de Varsovie.
- 1930 : Sa candidature rejetée au tribunal à Varsovie, il abandonne la carrière d'avocat. Il fréquente les cafés littéraires de Varsovie, dont le célèbre café Ziemianska. Jeune dandy, il séjourne à Zakopane, dans les montagnes des Tatras, lieu de villégiature des artistes et intellectuels "à la page".
- 1933 : Parution à 24 ans du recueil de contes Mémoires du temps de l'immaturité, aux éditions Roj de Varsovie. Le père de Witold décède, Witold hérite de la moitié du domaine et bénéficie d’une part des revenus provenant des immeubles de rapport. Remarqué par la presse, l’écrivain débutant commence à collaborer régulièrement comme critique littéraire à plusieurs journaux de Varsovie. Il écrit son premier drame Yvonne, princesse de Bourgogne.
- 1937 : Parution de son premier roman Ferdydurke, éd. Roj, Varsovie.
- 1938 : Publication de sa première pièce de théâtre Yvonne, princesse de Bourgogne, dans la revue Skamander de Varsovie. Voyage en Italie et en Autriche.
- 1939 : Son roman, Les Envoûtés, est publié en feuilleton dans deux journaux polonais. (L'ouvrage ne sera édité en volume qu'en 1973 et sa version complète, avec deux épisodes retrouvés, en 1990)

ARGENTINE (1939-1963)
=> Exaltation et misère de l’exil (1939-1946)
- 1939 : Invité pour une croisière inaugurant le transatlantique Chrobry, il arrive en Argentine ; pendant son bref séjour, la guerre éclate. Coupé de la Pologne, son séjour se prolongera 24 ans. Il vit ses premières années d'exil à Buenos Aires dans la misère, publiant sous pseudonyme quelques articles dans des revues.
- 1946 : Traduction collective de Ferdydurke en espagnol avec des amis au Café Rex aux éditions Argos de Buenos Aires. Il écrit une pièce, Le Mariage, puis commence un roman, Trans-Atlantique, situé à Buenos Aires.
=> Écrivain et employé (1947-1955)
- 1947 : Parution en espagnol de Ferdydurke aux éditions Argos de Buenos Aires, grâce au soutien financier de la mécène Cecilia Benedit de Debenedetti. Entre comme employé au Banco Polaco de Buenos Aires où il travaillera huit ans.
- 1948 : Le Mariage est publié en espagnol.
- 1951: Il entre en contact avec Kultura, la revue de l'Institut littéraire de Jerzy Giedroyc installé à Maisons-Laffitte, près de Paris. Il y publie une introduction et des extraits de Trans-Atlantique, puis des textes polémiques et des fragments du Journal qu'il y publiera jusqu'à sa mort. Ce foyer important de la culture polonaise en émigration deviendra le principal éditeur de son œuvre en polonais, assurant ainsi sa survie littéraire.
- 1953 : Avec son roman Trans-Atlantique et sa pièce Le Mariage, réunis en un volume, débute la collection de la "Bibliothèque de Kultura" de l'Institut Littéraire. Elle publie ensuite C. Milosz et des traductions : G. Orwell, A. Koestler, R. Aron, A. Camus, S. Weil, etc.
- 1955 : Gombrowicz quitte la banque où il aura travaillé sept ans.
=> Vers la renommée (1956-1963)
- Il vivra désormais, d'abord modestement, de ses droits d'auteur, de l'aide de quelques amis et d'une petite pension de Radio Free Europe de Munich pour laquelle il écrira des textes entre 1959 et 1961, publiés après sa mort sous le titre Souvenirs de Pologne et Pérégrinations argentines.
- 1957 : Parution en polonais du premier volume de son Journal (1953-1956), à l'Institut Littéraire, Paris. Ferdydurke, Trans-Atlantique, Le Mariage et Yvonne princesse de Bourgogne paraissent pour la première fois en Pologne depuis la guerre. L'édition augmentée des contes des Mémoires du temps de l'immaturité paraît sous le titre de Bakakaï. Le court dégel politique cessera rapidement l'année suivante, et son œuvre sera interdite jusqu'en 1986.
- 1958 : Première édition d'une œuvre de Witold Gombrowicz en Europe : Ferdydurke en français, aux éditions Julliard, dans la collection "Les Lettres nouvelles" dirigée par Maurice Nadeau. Les traductions commencent dans d'autres pays, à l'exception des pays de l'Est.
- 1960 : Publication en polonais de son roman La Pornographie aux éditions de l'Institut littéraire à Paris.
- 1962 : Publication du deuxième volume du Journal (1957-1961) aux éditions de l'Institut littéraire à Paris.
Ses amis argentins témoignent dans un long film ICI sur youtube.

L'EUROPE (1963-1969)
=>A deux pas de la Pologne : Berlin (1963-1964)
- 1963 : Invité par la Fondation Ford à passer une année à Berlin, Gombrowicz quitte l'Argentine. Il ne retournera jamais en Amérique latine. Après Paris, il arrive à Berlin-Ouest où il séjournera un an comme invité de la Fondation Ford et du Sénat de Berlin.
- 1964 : Le Mariage mis en scène par Jorge Lavelli, récompensé par le prix des Jeunes Compagnies, est représenté au théâtre Récamier de Paris. C'est le début de la carrière de Witold Gombrowicz au théâtre. Ses pièces ne cesseront d'être jouées en Europe.
=> La France : Royaumont et Vence (1964-1969)
- Quitte Berlin-Ouest pour la France. Il est invité dans une résidence pour les écrivains à Royaumont et y rendonctre une jeune étudiante canadienne. Il s'installe à Vence avec elle et y habitera jusqu'à sa mort.
- 1966 : Publication en polonais du troisième volume du Journal (1961-1966) avec Opérette aux éditions de l'Institut littéraire, Paris.
- 1967 : Le Prix international des éditeurs (Formentor) couronne la carrière internationale de son œuvre qui connaît un nombre croissant de traductions (en français, allemand, italien, anglais, suédois, néerlandais et japonais). Publication en polonais d'Opérette aux éditions de l'Institut littéraire.
- 1968 : Publication des Entretiens avec Witold Gombrowicz, de Dominique de Roux en français aux éditions Pierre Belfond, rédigé pour l'essentiel par Witold Gombrowicz. Il épouse Rita Labrosse, sa compagne depuis cinq ans.
- 1969 : Meurt à Vence. Publication en polonais des Entretiens avec Dominique de Roux aux éditions de l'Institut littéraire, Paris. Jusqu'à l'arrêt de la collection en 2000, parmi les 512 ouvrages de l'Institut Littéraire figureront plusieurs rééditions des œuvres complètes de Witold Gombrowicz.
22 juillet (deux jours avant sa mort) : Gombrowicz regarde fasciné les premiers pas de l'homme sur la Lune à la télévision (biographie à partir du site witoldgombrowicz.com)

MUSÉES
- En France, il existe dans sa dernière demeure à Vence un "espace muséal". Voir la visite virtelle ICI
- En Pologne, le musée Gombrowicz se trouve dans le Manoir de Wsola, près de Radom.

 

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