Ourika
de Madame de DURAS
, p
résentation de Benedetta Craveri, trad. de l'italien Isabel Violante, GF Flammarion, 128 p.

Quatrième de couverture
 : Amie de Chateaubriand et de Mme de Staël, Claire de Duras fut le premier écrivain à donner sa voix à une femme de couleur victime des préjugés raciaux. Ourika (1823) retrace l’histoire saisissante d’une jeune Sénégalaise : ramenée en France à la veille de la Révolution pour être offerte à la princesse de Beauvau, qui l’élève comme sa fille, elle découvre en grandissant que l’éducation, la morale, la religion ne suffisent pas à rendre les individus égaux. Goethe avait été bouleversé par ce roman. Si, deux siècles après sa parution, il continue de nous émouvoir, c’est, comme le suggère l’écrivain britannique John Fowles, parce qu’il "touche vraiment un des points les plus profonds de l’art, le désespoir de ne jamais atteindre la liberté dans un milieu déterminé et déterminant. Voilà pourquoi Ourika d’un côté plonge ses racines dans le XVIIe siècle français, chez Racine, La Rochefoucauld, Mme de La Fayette, tandis que de l’autre côté il regarde vers Sartre et Camus. C’est l’examen clinique d’une outsider, de l’éternel étranger dans la société humaine".

(Duchesse) Claire de Duras (1777-1828)
Ourika (1824)
Nous lisons ce livre pour le 2 décembre 2022 et le groupe de Tenerife pour le 13 décembre.

QUELQUES REPÈRES BIOGRAPHIQUES

Elle est l'auteure de trois romans sur l'inégalité, se révélant dans les situations amoureuses : inégalité noirs-blancs, inégalité sociale, impuissance. Est-elle une autrice militante intersectionnelle d'aujourd'hui ? Euh... Claire Louisa Rose Bonne, duchesse de Duras, née Claire de Coëtnempren de Kersaint, est née en 1777 à Brest et morte en 1828 à Nice.

Qui connut des produits dérivés de son livre Ourika, tant le succès fut grand, avec des éditions pirates à l'étranger ? La duchesse de Duras !

Avec Papa et Maman
Elle était comme Germaine Necker (Madame de Staël) la fille d'un homme intelligent et libéral, Guy de Coëtnempren, comte de Kersaint et contre-amiral. Il avait épousé, suite à une mission en Martinique une riche Créole, Claire Louise Françoise de Paul d'Alesso d'Eragny, cousine germaine du gouverneur des îles du Vent : un mariage convenu, un couple peu harmonieux ; la Révolution permit le divorce en 1792. Peu après, l'amiral de Kersaint, qui appartenait à cette noblesse avancée caractéristique du XVIIIe siècle et n'avait pas hésité à soutenir la cause de la Révolution, et qui, en tant que député girondin opposé à la condamnation de Louis XVI, avait renoncé volontairement à son immunité parlementaire, fut guillotiné.
Claire a quinze ans, sort à peine de deux ans au couvent du Panthémont rue de Grenelle où sont placées les filles de la haute société et elle est quasiment chef de famille : sa mère n'a jamais eu la moindre initiative et il s'agit d'aller récupérer à la Martinique les biens de l'amiral.
Les voilà en 1794 aux Etats-Unis où Claire retrouve son amie de couvent, Anne de La Tour du Pin, devenue fermière, qui marque à ses armes ses mottes de beurre, se lie d'amitié avec les Indiens.... (voir Les Mémoires de la marquise de La Tour du Pin). On comprend qu'une telle jeunesse ait rendu Claire de Kersaint assez peu conformiste...
Après leur séjour à Philadelphie puis à la Martinique, et une fois les questions de fortune réglées (en possession d'une fortune considérable léguée par un parent établi aux Colonies), mère et fille reviennent en Europe et séjournent à Londres où sont volontairement réfugiés nombre de nobles soucieux d'éviter la répression s'exerçant en France.

Une fois mariée
À Londres, elle rencontre en 1795, à 18 ans donc, Amédée-Bretagne-Malo de Durfort, duc de Duras, qu'elle épousera deux ans plus tard. Elle est mère aussitôt, de Félicie en 1797 et de Clara en 1799. Ils acquièrent le château d'Ussé en Touraine, où à leur retour en France en 1808 ils séjourneront jusqu'en 1815.
Son mari sera admis à la cour de Louis XVIII et la renommée, dans le Paris post-révolutionnaire, de son salon, fera de la maison des Duras un des centres de la vie littéraire parisienne, que ce soit au 22 rue de Varenne, ou aux Tuileries. Ils acquièrent un pied-à-terre en région... : le château d'Ussé.
L'amitié de Chateaubriand lui ouvrira les milieux littéraires.

Les langues parlées par Madame de Duras
Claire de Duras appartient à une génération où l’on étudie l’anglais, l’italien, le latin : elle parle donc anglais (d'où le vers en exergue de Byron dans Ourika), lit l’italien dans le texte, traduit des textes latins...
Sa fille cadette parlera elle, allemand : bien qu’élevée par une bonne anglaise et habituée par sa mère à pratiquer tous les jours la langue de son pays de naissance, elle s’intéressera davantage à la langue et à la littérature d’outre-Rhin... Humboldt, pour compléter ses connaissances lui fera parvenir les "plus jolies éditions d’auteurs allemands", que son frère Guillaume, le grand philologue, aura choisies lui-même. Quand Goethe écrit à Mme de Duras, il sait que c'est sa fille qui lui traduira sa lettre écrite en allemand. Madame de Duras s’était passionnée pour Werther, mais en traduction.

La littérature
Claire de Duras ne comptait pas faire carrière dans la littérature et c’est à contrecœur qu’elle céda aux pressions de Chateaubriand et publia anonymement, en 1823, Ourika, un des trois brefs romans qu’elle avait écrits alors qu’elle s’était retirée à la campagne lors d’une maladie contractée vers 1820.
Les deux autres sont Édouard, écrit en 1825 et Olivier ou le Secret, écrit en 1822, mais publié seulement en 1971 !
En outre, elle compila Les Pensées de Louis XIV, extraites de ses ouvrages et de ses lettres manuscrites, publiées en 1827.
Les Mémoires de Sophie et Amélie et Pauline furent publiés en 2011.
Le Moine du Saint-Bernard
reste inédit.

Le contexte "noir" d'Ourika
Voici les premiers mots d'Ourika : "Je fus rapportée du Sénégal, à l'âge de deux ans, par M. le chevalier de B."
L'esclavage, supprimé par la Convention, est rétabli en 1802. La traite est interdite par Napoléon en 1815, mais l'esclavage ne sera définitivement aboli qu'en 1848. L’esclavage étant interdit sur le territoire français, une mode étrange se répandit dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle.
Ainsi, en 1785
le chevalier de Boufflers, gouverneur du Sénégal, fit don à Delphine, future marquise de Custine, et Elzéar de Sabran, son frère, futur comte (emprisonné en 1812 à Vincennes après que sa correspondance avec Madame de Staël eut été détournée et lue...), d'un enfant noir qu'ils appelèrent Vendredi. La duchesse d'Orléans reçoit une petite fille. Le chevalier expédie à sa tante, Marie-Charlotte de Rohan-Chabot, épouse du maréchal de Beauvau-Craon, qui n’avait pas d’enfant, une petite fille, Ourika, qui mourut à 16 ans et dont elle parle dans ses Mémoires de façon émouvante ; le maréchal, alors âgé de 65 ans, et son épouse, au lieu de la destiner à la domesticité, la firent élever comme la fille qu’ils n’avaient pas eue, dans le somptueux hôtel de Beauvau qui abrite depuis 1861, sur la place du même nom, à Paris, le ministère de l’Intérieur, qui gère les questions d'immigration...
En 1787, le chevalier offre à la reine Marie-Antoinette Jean Amilcar ; lorsque Marie-Antoinette sera emprisonnée en 1792, elle continuera à se préoccuper du sort de son protégé depuis sa prison...
Bien plus tard, Chateaubriand a lui-même reçu un petit négrillon, nommé Morgan, de son ami Drovetti, consul général de France à Alexandrie. Morgan vit dans l’entourage de Chateaubriand et celui-ci demande en 1826, à l’auteur d’Ourika : "Voulez-vous servir de marraine à Morgan ? Je serai le parrain". Mme de Duras accepte et lui annonce que l'archevêque de Paris fera le baptême...

On pourra lire avec intérêt voire stupéfaction "Des Européens au marché aux esclaves : stade suprême de l’exotisme ? Égypte, première moitié du XIXe siècle", Roger Botte, Journal des africanistes, 2016.

Le succès d'Ourika
7000 exemplaires d'Ourika s'envolent, sans compter les éditions pirates, les traductions et les contrefaçons belges !
Ce phénomène exceptionnel, affirme Marie-Bénédicte Diethem dans son introduction à Ourika, doit être replacé dans le contexte du temps où le tirage d'un roman dépasse rarement 1500 exemplaires (ce fut le cas de textes de Balzac, Stendhal, Dumas).
Le succès est tel que les produits dérivés se multiplient : on vend au magasin les Trois-Sultanes rue Vivienne des rubans à l'Ourika. Les femmes portent des blouses à l'Ourika, une des couleurs les plus en vogue, une sorte de gris foncé, est l'"Ourika", on fabrique des pendules et des vases à l'Ourika dont l'un subsiste encore au château d'Ussé (voir ci-dessous).

LES TEXTES DE CLAIRE DE DURAS

Publications
Ourika
, Ladvocat,
1824, en ligne sur gallica (voir ci-dessous les nombreuses éditions, antérieures car privées, et ultérieures) ou wikisource
Édouard, Ladvocat, 1825, puis 1879 (sur gallica) et enfin un siècle plus tard : Édouard, Mercure de France, 1983, en ligne sur wikisource et gutenberg
Pensées de Louis XIV, extraites de ses ouvrages et de ses lettres manuscrites, Firmin Didot, 1827.


Publications posthumes

Réflexions et prières inédites, Débécourt, 1839 (sur gallica), puis Hachette-BNF, 2022
Olivier ou le Secret, Éditions José Corti, 1971
Le sujet de ce roman (l'impuissance) - aurait servi de modèle à l’Armance de Stendhal sur gallica
Mémoires de Sophie suivi de Amélie et Pauline : romans d’émigration, éditions Manucius, 2011, présentation et notes Marie-Bénédicte Diethelm.
Mémoires de Sophie avait été auparavant partiellement publié par Agénor Bardoux dans sa biographie de Claire de Duras, La Duchesse de Duras, Calmann Lévy, 1898, en ligne sur gallica.


Œuvre inédite

Le Moine du Saint-Bernard (évoqué dans une lettre à Rosalie Constant, datée du 15 mai 1824).

Correspondance
L'amante et l'amie : lettres inédites 1804-1828, François-René De Chateaubriand, Delphine De Custine, Claire De Duras, édition de Bernard Degout et Marie-Bénédicte Diethelm, préface de Marc Fumaroli, Gallimard "Collection Blanche", 2017.

DIFFERENTES EDITIONS D'Ourika

Les éditions d'Ourika sont nombreuses - un "best seller sous Louis XVIII", dira Lucien Scheler dans Le Bulletin du bibliophile, 1988.

Au XIXe siècle

• 1823, à l'Imprimerie royale

• 1823 sur gallica ; édition reprise par Hachette-BNF

• 1824, chez Ladvocat, sur gallica

<=Édition originale ayant appartenu à Pierre Bergé
, hors commerce, tirée à une quarantaine d'exemplaires non mis dans le commerce. Élégante impression sur papier vélin, exécutée par l'Imprimerie royale qui n'avait encore jamais publié de romans. Dans une lettre à Rosalie de Constant, Madame de Duras évoque l'édition comme un “tirage d'essai” limité à 30 exemplaires réservés à ses amis : demi-percaline marbrée à la Bradel, dos orné de filets dorés, pièce de titre de veau rouge (reliure de la seconde moitié du XIXe siècle).

• 1824 : d'autres éditions
- traduit (de façon pirate) à Londres aux éd. Longman, Hurst, Rees, Orme, Brown, and Green, sous le nom d'auteure de Claire Louise Rose Bonne de Coëtnempren de Kersaint ; voir le livre en ligne ici ou sur le site Gutenberg
- édition pirate belge, Imprimerie P.J. Voglet à Bruxelles
- mise en vente d'une édition russe par un libraire de Saint-Petersbourg avec l'appui de Ladvocat
- publié en français à Berlin par la Librairie de Duncker et Humblot ; voir le livre en ligne ici (l'éditeur existe toujours)
- traduit à Paris par Ozama d'Esménard en espagnol, Imprimerie de Bobée.

• 1824 : plusieurs imitations du roman sont portées à la scène :
- Ourika ou la Négresse, drame en un acte, par Ferdinand de Villeneuve et Charles Dupeuty, représentée au théâtre du Gymnase le 25 mars 1824 en ligne ici
- Ourika ou l'orpheline africaine, drame en un acte, par Frédéric de Courcy et Jean-Toussaint Merle, joué au théâtre de la Porte Saint-Martin le 3 avril 1824, en ligne ici
- Ourika ou la petite négresse de Carmouche et Mélesville au Théâtre des Variétés
- Alexandre Duval, auteur dramatique qui fréquentait le salon de Mme de Duras, qui deviendra directeur du théâtre de l'Odéon, en écrit une adaptation, mais qui reste dans ses cartons.

• 1824 : publication de La nouvelle Ourika ou les avantages de l'éducation, Mme M.-A. Dudon, Libraires Ponthieu et Martinet : Ourika n'est pas de couleur noire dans ce roman, en ligne gallica ; édition reprise par Hachette-BNF, tome 1 et tome 2 ; rééd. L'Harmattan, 2021.

• 1824 : le tableau du baron Gérard est exposé au Salon, au Louvre, Ourika raconte son histoire et ses malheurs, tableau dont on perdu la trace, connu par la représentation gravée d'Alfred Johannot. Louis XVIII commande un vase représentant Ourika (voir ci-dessous).

• 1826 : déjà la troisième édition chez l'éditeur Ladvocat, sur gallica.

• 1853 : publié par Hachette dans la collection "Bibliothèque des chemins de fer", avec deux autres textes Ernestine de Marie-Jeanne Riccoboni et Caliste d'Isabelle de Charrières (publiée comme Ourika par Claudine Hermann aux éditions des Femmes) ; voir le livre de 1853 avec Ourika en ligne ici.

• 1857 : Ourika et Edouard sont publiées dans Les veillées littéraires illustrées, un choix de romans, nouvelles, poésies, pièces de théâtre etc., etc., des meilleurs écrivains anciens et modernes, orné de deux cents dessins par Edouard frère, gravés sur bois par Rouget, publié par J. Bry ainé, en ligne ici.

• 1861 avec un autre roman Edouard chez Renault et Cie, sur gallica, édition d'Ourika reprise sur wikisource.

• 1878, à la Librairie des bibliophiles, avec une notice de M. Lescure, sur gallica, et en ligne sur le site Gutenberg.

Au XXe siècle

En France :
• 1950 : Ourika suivi de Édouard, éd. Stock, Delamain et Boutelleau, préface Jean Giraud, étude Joë Bousquet "Madame de Duras et Stendhal"

1979 : éd. des Femmes, "une édition féministe" de Claudine Herrmann, rééd. Mercure de France, 1983 • 1996 : Robert Laffont, "Bouquins", Ourika est incluse dans le volume Romans de femmes du XVIIIe siècle, édition de Raymond Trousson
Dans le monde anglo-saxon :
1993 : University of Exeter Press, Angleterre, présentation de Roger Little, édition bilingue augmentée en 1998

• 1995 : Ourika: The Original French Text, New York, MLA Texts and Translations

• 1995 : Ourika: An English Translation, trad. de John Fowles, New York, MLA Texts and Translations

Au XXIe siècle

• 2006, éd. Bleu autour, préface Christiane Chaulet Achour

• 2010, éd. GF Flammarion, dossier de Benedetta Craveri, trad. Isabel Violante

 

• 2010, Gallimard Folio classique, avec deux autres romans, Édouard et Olivier ou le Secret, édition Marie-Bénédicte Diethelm, préface Marc Fumaroli

• 2013, éd. Hachette-BNF : Ourika et Édouard

tome 1

tome 2

Trois éditions scolaires en France :
2010 : Gallimard, "Folioplus classiques", dossier Virginie Belzgaou
2019 : Hatier, dossier de Nathalie Laurent

 

 

• 2022 : Gallimard, "Folio+Lycée", dossier de Rachel Boucobza


Aux USA
2009
: Approaches to Teaching Duras’s Ourika, Mary Ellen Birkett, Christopher Rivers, New York: Modern Language Association of America

AU THEÂTRE

Peu après la publication d'Ourika

Comme signalé ci-dessus, le succès incroyable du roman vit fleurir en 1824 de nombreuses adaptations d'Ourika pour les théâtres de la capitale, dont trois sont rééditées dans Les Ourika du boulevard, Sylvie Chalaye, L'Harmattan, 2003.

Contrairement au roman, ces trois pièces furent accueillies "par des bâillements et des sifflets". Aux yeux des spectateurs parisiens de l'époque, la sémillante Ourika était beaucoup trop éloignée de l'image avilissante du "bon-nègre" pour plaire. Contrairement au roman qui permet "de se faire illusion en lisant", disait la presse, grimer nos jolies actrices en négresse nuit à leur réputation car "la couleur noire ne plaît pas au théâtre".

Récemment

- En 2011 : Ourika, Théâtre de la Tempête, mise en scène Philippe Adrien. Extrait sur youTube
- En 2016 : création au Théâtre de Nesle, Paris 8e, d'Ourika d'hier à aujourd'hui, mise en scène Elisabeth Tamaris. Jouée en mai 2022 au Théâtre Darius Milhaud, Paris 19e.

NAME DROPPING

Ses copines
- Anne de La Tour du Pin, connue au couvent
- Joséphine de Damas, marquise de Sainte-Maure, autre amie de couvent
- Rosalie de Constant, cousine de Benjamin Constant
- Anne-Sophie Swetchine, d’origine russe, amie de Joseph de Maistre, qui tient un salon 71 rue Dominique
- Germaine de Staël : aaaah, quelle femme !

Les participants au salon de Madame de Duras
- Des écrivains ou philosophes : Chateaubriand, Madame de Staël, Benjamin Constant, Lamartine, Joseph de Maistre, le vicomte de Bonald, le marquis de Custine...
- Des savants : Humboldt, particulièrement fidèle, Arago, Cuvier, dont la duchesse suit les cours au Collège de France, l'astronome Arago, le sinologue Abel de Rémusat,...
- Des puissants :
le duc de Richelieu, le maréchal Soult, le duc de Raguse, le comte Molé, Talleyrand...
- Des personnalités étrangères fréquentent le salon de Claire de Duras lors de leurs séjours à Paris : le duc de Wellington (le vainqueur de Waterloo), le chevalier Stuart ambassadeur d'Angleterre, le comte Pozzo di Borgo ambassadeur de Russie...

Ce qu'ils disent d'elle

Chateaubriand, le premier lecteur d'Ourika :

"En lisant les premières pages, j'ai pleuré".
"Je suis tout ému d'Ourika".

Chateaubriand dira de Madame de Duras, dans Les Mémoires d’outre-tombe, qu’elle était dotée “d’un esprit qui réunissait quelque chose de la force de la pensée de Mme de Staël à la grâce du talent de Mme de La Fayette”.

Sainte-Beuve lui consacrera une étude en 1855 dans Portraits de femmes (rééd. par les Classiques Garnier, 2014) :

"En 1820 seulement, ayant un soir raconté avec détail l’anecdote réelle d’une jeune négresse élevée chez la maréchale de Beauveau, ses amis, charmés de ce récit (car elle excellait à raconter), lui dirent : 'Mais pourquoi n’écririez-vous pas cette histoire ?' Le lendemain, dans la matinée, la moitié de la nouvelle était écrite. Édouard vient ensuite ; puis deux ou trois autres petits romans non publiés, mais qui le seront avant peu, nous avons lieu de le croire. Elle s’efforçait ainsi de se distraire des souffrances du corps en peignant celles de l’âme ; elle répandait en même temps sur chacune de ces pages tendres un reflet des hautes consolations vers lesquelles, chaque jour, dans le secret de son cœur elle s’acheminait."

Mais, nous dit Sainte-Beuve :

"on lui en voulait en certains cercles fanatiques pour l’éclat de son salon, pour ses opinions libérales, pour l’espèce de gens, disait-on, qu’elle voyait : ses amis recevaient quelques fois d’odieuses lettres anonymes" (parmi de nombreux portraits littéraires, Madame de Duras, Revue des Deux Mondes, 2e quinzaine, juin 1834)

Balzac dans Illusions perdues (Un grand homme de province à Paris) met en scène devant Madame de Bargeton qui joue un rôle déterminant dans le destin de Lucien de Rubempré, la marquise d'Esnard qui invite ainsi le poète Canalis :

"Hé ! bien, faites-moi le plaisir de venir dîner lundi chez moi avec monsieur de Rubempré, vous causerez plus à l'aise qu'ici des affaires littéraires ; je tâcherai de racoler quelques-uns des tyrans de la littérature et les célébrités qui la protègent, l'auteur d'Ourika et quelques jeunes poètes bien pensants."

Victor Hugo dans Les Misérables, tome 1, situe l'époque :

"L'émotion parisienne la plus récente était le crime de Dautun qui avait jeté la tête de son frère dans le bassin du Marché-aux-Fleurs. On commençait à faire au ministère de la marine une enquête sur cette fatale frégate de la Méduse qui devait couvrir de honte Chaumareix et de gloire Géricault. Le colonel Selves allait en Égypte pour y devenir Soliman pacha. Le palais des Thermes, rue de la Harpe, servait de boutique à un tonnelier. On voyait encore sur la plate-forme de la tour octogone de l'hôtel de Cluny la petite logette en planches qui avait servi d'observatoire à Messier, astronome de la marine sous Louis XVI. La duchesse de Duras lisait à trois ou quatre amis, dans son boudoir meublé d'X en satin bleu ciel, Ourika inédite."

Trois ou quatre amis ? Plutôt quinze à trente "bienheureux du Paradis" (Le Frondeur, 30 janvier 1826, précise Marie-Bénédicte Diethelm dans son introduction à Ourika)

Stendhal qui rend compte dans New Monthly Magazine de publications étrangères, chronique longuement Ourika dès juin 1824 :

"L'auteur en est la duchesse de Duras. Et pour un premier essai dans la profession, elle a fait preuve de beaucoup de savoir-faire pour préparer les moyens de son succès (...) dans l'ensemble, pour un premier essai, et celui d'une duchesse, c'est un ouvrage qui lui fait honneur."

En 1826, Stendhal expose à Mérimée les difficultés du roman qu'il projettte sur l'impuissance (Armance) dont le thème lui est inspiré par ce qu'il sait du roman non publié de Mme de Duras Olivier et le secret et dont provisoirement il nomme le héros Olivier...

Toujours cette année-là, Stendhal s'inquiète :

"la duchesse de Duras, dont le talent est si célèbre, est en ce moment dangereusement malade. […] La duchesse est l’auteur de quelques très jolis romans, dans lesquels elle a peint les impossibilités de l’amour, si je puis m’exprimer ainsi. Ourika ne peut pas se marier avec son amant parce qu’elle est de couleur, et Édouard ne peut pas devenir le mari de la duchesse de Nevers parce qu’il n’est pas noble. La duchesse de Duras a lu à quelques intimes un roman intitulé Olivier que l’on dit supérieur à ses premiers ouvrages, mais qui n’a point été imprimé". (Chronique publiée en décembre 1826 dans La Revue britannique)

En 1828, Stendhal rend compte de la disparition de Claire de Duras :

"la perte de la duchesse de Duras, qui mourut à Nice voici quelques mois, est un événement profondément déploré dans le grand monde de Paris […]. C’était une femme d’un talent supérieur […]. Mme de Duras a peint les tableaux les plus touchants de l’amour en lutte contre les difficultés et les malheurs. Comme si elle voulait démontrer que 'le chemin de l’amour véritable n’est jamais facile', elle a pris pour thème de ses romans les obstacles insurmontables qui menacent le bonheur des amoureux" (dans une chronique du 20 avril 1828).

George Ticknor, un Américain qui rédigea ses Mémoires, donne un aperçu du salon de Claire de Duras :

"ardente, enthousiaste, extraordinairement instruite, bien que toujours simple et sans prétention, elle ne pouvait parler sans captiver tous ses auditeurs, même les plus célèbres […]. C’était surtout dans les petites réunions intimes qu’on pouvait juger le charme magique de sa parole. Un soir qu’elle n’avait à sa table que sa plus jeune fille, M. de Humboldt et moi, je fus littéralement soulevé en l’écoutant" (cité par Georges-François Pottier, "Des femmes à l’honneur : Claire de Duras (1777-1828), écrivaine", 2014).

Humboldt à propos de Claire de Duras :

"vous parler de ce qui vous est ravi, de celle qui faisait le plus bel ornement de la France, dont la bienveillance de caractère égalait pour le moins l’élévation du plus noble talent, ce n’est pas vous rappeler la douleur dans une calamité si grande, c’est un besoin de l’âme de s’occuper sans cesse de ce qui a fait le bonheur de notre vie […]. Je serais le dernier des hommes si je ne lui conservais un culte dans mon cœur". (lettre à la duchesse de Rauzan, le 19 février 1828)

Lorsque, à la fin de l’année 1823, Madame de Duras fait paraître Ourika, la sensation est générale en France et en Europe. En 1825, la publication d’Édouard, le deuxième roman de la duchesse, rencontre également un succès international.
La cour de Prusse est enthousiaste. La princesse Louise Radziwill, née Louise de Prusse, écrit à Humboldt pour le remercier de lui avoir fait découvrir les ouvrages de Madame de Duras. Le roi Frédéric-Guillaume III, porte aux nues Madame de Duras dont il est un grand lecteur. À Paris, il se rend volontiers dans le salon de la duchesse, rue de Varenne, en compagnie de ses fils et de ses neveux.
Le baron James de Rothschild, qui est originaire de Francfort, déclare que Madame de Duras est une femme de génie...

Et puis Goethe, dont la réaction à la cour de Weimar est rapportée par Humboldt dans une lettre à la duchesse :

"J’entre chez Goethe. “Je sais, me dit-il, que vous connaissez la Duchesse de Duras, l’auteur d’Ourika et d’Édouard. Que vous êtes heureux ! Elle m’a fait cependant bien du mal. À mon âge, il ne faut pas se laisser émouvoir à ce point. Parlez-lui de mon admiration : remerciez sa fille de ce qu’elle chérit notre langue et Schiller, Votre ami et le mien.” Puis, à la Cour, on m’a raconté qu’un autre roman (de Walter Scott) ayant été placé sur sa table, il le fît ôter avec ces mots : “qu’en trois mois on n’ose me placer un livre là où se trouve Ourika wo Ourika liegt”. / Je ne vis que de Votre gloire."

Madame de Duras transmettra à Goethe un exemplaire magnifiquement relié d’Ourika. Goethe en remercie la duchesse par une lettre en 1827. Il lui dit entre autres que ses "ouvrages si pleins d’esprit et de goût, si profondément sentis, sont au nombre des fleurs les plus belles et les plus gracieuses dans le jardin de la vie."

Il dit aussi : "Il est un point sur lequel toutes les belles âmes sympathisent entre elles : c’est en voyant l’esprit né libre et le cœur avec ses inspirations se heurter aux barrières étroites que leur oppose le monde extérieur, et leur élan arrêté par des obstacles qui réagissent dans tous les sens.
C’est sous ce point de vue que je trouve une haute signification dans le charmant livre d’
Ourika, que j’aime depuis longtemps, et que son extérieur élégant rend maintenant encore bien plus précieux pour moi. Ce n’est pas le tableau d’une âme humaine luttant contre des usages consacrés par le temps, ou d’autres empêchements conventionnels, c’est le combat de deux natures opposées. Une séparation, établie par le créateur lui-même, on veut la franchir et la faire disparaître ; et un être aimant et digne d’être aimé périt dans cet effort. Tout ce qu’une position élevée peut y ajouter de difficultés n’est pas d’une haute importance ; dans la position sociale la plus simple, le mal est aussi radical, et ses funestes résultats sont aussi inévitables."

DES IMAGES


Au château d'Ussé, deux cèdres offerts par Chateaubriand à Madame de Duras

Le peintre François Gérard (1770-1837) avait alors une grande renommée, non seulement française, mais aussi européenne : surnommé "le peintre des rois, le roi des peintres", il fut en effet le portraitiste de toutes les familles souveraines européennes... (Il avait un atelier au Louvre, comme le stipula le ministère de l'Intérieur). Il avait des relations suivies avec Humboldt et Mme de Duras. On lit ici sur gallica certaines de leurs lettres.

Deux images en témoignent, illustrant Ourika : un vase et une gravure. La duchesse de Duras confiera au baron François Gérard :

"En vérité je me sens, depuis ce matin, un peu d'orgueil d'être l'auteur d'Ourika. M. de Duras, qui est venu chez moi en rentrant, partage mon admiration pour votre charmante composition. Je voudrais bien, monsieur, que vous n'eussiez pas d'engagement à dîner pour après-demain dimanche, et que vous puissiez venir recevoir de nouveaux remerciements et l'assurance qu'on sent dans cette maison tout le prix du petit chef-d'œuvre que vous y avez placé. Malheureusement vous n'aurez pas M. de Humboldt. M. de Chateaubriand me l'a pris."

ou encore :

"Vous croyez bien, monsieur, que je ne pense qu'à ma chère Ourika. Je suis dans un grand embarras ; je voudrais bien faire faire la vignette, je voudrais bien ne pas me détacher du tableau. Serez-vous assez bon pour me donner quelques renseignements sur les meilleurs graveurs de ce genre ? J'avais pensé à envoyer le tableau en Angleterre, mais s'il est possible de trouver ici un artiste aussi habile dans ce genre, je le préférerais ; ce que je veux avant tout, c'est que la vignette ne soit pas indigne de votre charmant ouvrage, et c'est beaucoup demander."

Finalement, Ourika a été finalement gravée par Tony Johannot. Théophile Gautier disait de lui :

"Tony Johannot est sans contredit le roi de l’illustration. Il y a quelques années, un roman, un poème ne pouvait paraître sans une vignette sur bois signée de lui ".

Il s'agit d'une gravure, façonnée d'après un tableau perdu du baron Gérard, premier peintre du roi. Il met en scène une scène d'Ourika où le personnage du roman, devenu nonne, raconte l'histoire de sa vie à un médecin venu veiller sur sa santé.


Gravure d'Alfred Johannot, 1824, d'après le baron François Pascal Simon Gérard,
Ourika, jeune négresse, raconte son histoire et ses malheurs
, peinture, 1823
reproduite dans Ourika, édition de Roger Little, University of Exeter Press, 1998

Louis XVIII a chargé Gérard de peindre la même scène pour le vase ci-dessous, donné à Madame de Duras et qui se trouve encore aujourd'hui au château d'Ussé, où Duras a vécu à l'époque.


Vase de Sèvres, 1823, Château d'Ussé


Gravure dessinée par Marie Marguerite Françoise Jaser, 1840
représentant Mme de Duras

BENEDETTA CRAVERI

Elle est l'auteure de la présentation très développée d'Ourika, en édition GF, publiée l'année précédente en italien en 2009, éditions Adelphi.

Professeure de littérature française à l'Université, auteure de nombreux livres, travaillant également dans la presse (radio, presse écrite).

Petite-fille du grand philosophe, historien et homme politique Benedetto Croce, mère de deux filles nées du mariage avec le critique, essayiste, scénariste Masolino d'Amico, elle épouse ensuite un diplomate français, Benoît d'Aboville et vit entre Naples, Rome et Paris.

Ses livres traduits en français :
- Madame du Deffand et son monde (préface de Marc Fumaroli), trad. Sibylle Zavriew, Seuil, coll. Points Essais, 1999, réédité par Flammarion, 2017.
- L'âge de la conversation, trad. Éliane Deschamps-Pria, Gallimard, 2002 (prix du Mémorial-grand prix littéraire d'Ajaccio, prix Saint-Simon), coll. Tel, 2005
- Marie-Antoinette et le scandale du collier, trad. Éliane Deschamps-Pria, Gallimard, coll. "Hors série Connaissance", 2008, 93 p.
- Reines et favorites : le pouvoir des femmes, trad. Éliane Deschamps-Pria, Gallimard, 2009, 484 p., Folio, 2009.
- Les derniers libertins, trad. Dominique Vittoz, Flammarion, 2016, 672 p.
- La contessa, trad. Dominique Vittoz, Flammarion, 2021 (il s'agit de Virginia Verasis, comtesse de Castiglione).

Elle a reçu de nombreux prix. Citons le Prix du Rayonnement de la langue et de la littérature françaises attribué par l'académie française en 2006 à une étrangère..., en 2017 le prix mondial Cino-Del-Duca, juste après Sylvie Germain, et avant Philippe Jaccottet, Kamel Daoud, Joyce Carol Oates, Maryse Condé, Haruki Murakami...

RENOUVEAU UNIVERSITAIRE

2010 : Historienne, Odile Métais-Thoreau publie Une femme rare : dans les pas de la duchesse de Duras, Odile Métais-Thoreau, éd. du Petit Pavé, 2010.

Les colloques témoignent de la résurrection de Claire de Duras :

2014 : Claire de Duras, née à Brest en 1777, est mise à l'honneur dans sa ville d'origine : "De la Révolution à la restauration : Claire de Duras (Brest 1777-Nice 1828), une femme de lettres et de pouvoir", colloque international, Université de Bretagne-Occidentale, 27-28 novembre 2014 (direction Eric Francalanza) Faculté des Lettres, Langues et Sciences humaines et sociales Victor-Segalen.

2015 : Un séminaire fut consacré à "Claire de Duras (1777-1828), romancière de la Restauration" à la Sorbonne le 3 avril 2015, sous la direction de Marie-Bénédicte Diethelm, dont voici ici le programme et dont on peut écouter les interventions. Si Marie-Bénédicte Diethelm est la grande prêtresse, Marc Fumaroli en est le grand prêtre... :
- Introduction par Marc Fumaroli, de l'Académie française
- Bertrand Degout (Maison de Chateaubriand-Vallée-aux-loups) : "Claire de Duras et Chateaubriand"
- Marie-Bénédicte Diethelm (Paris IV) : "Claire de Duras, écrivain majeur"
- Jean Balcou (Université de Brest) : "Claire de Duras, fiction et politique"
- Éric Francalanza (Université de Brest) : "Le mariage dans les romans achevés de Madame de Duras (Ourika, Olivier ou le Secret, Mémoires de Sophie)".

Le séminaire donne lieu à la publication des interventions suivantes dans la Revue d'histoire littéraire de la France, Presses Universitaires de France, n° 3, 2016 :
- "Avant-propos", Marc Fumaroli
- "Madame de Duras et Chateaubriand : temps cyclique et temps de la politique", Bernard Degout
- "Goethe et Claire de Duras", Marie-Bénédicte Diethelm.

DES ARTICLES

Dans la presse

- Racisme, lactification, exclusion : Ourika de Madame de Duras, 1823, Christiane Chaulet Achour, Diacritik, 6 février 2017.

- Histoire de Brest : "Claire de Duras, la littéraire" (1/2), "Claire de Duras, l’antiraciste" (2/2), Rédaction Côté Brest, Actu.fr, 10 et 16 novembre 2019.

- "Claire de Duras, romancière de l’altérité", Morgane Avellaneda pour la Bibliothèque nationale de France, Libération, 6e chronique "Fières de lettres", 5 novembre 2020
.

Dans les publications spécialisées

- "Madame de Duras, cette inconnue", R. Tezenas du Montcell, La Revue des deux mondes, 1er août 1968.

- "Ourika ou les couleurs de la mémoire", Anne Chamayou, maîtresse de conférences, Cahiers Saint Simon, "Des Mémoires au roman : le roman de la mémoire", n° 29, 2001.

- "La Galathée noire ou la force d’un mot : Ourika de Claire de Duras, 1823", Valérie Magdelaine-Andrianjafitrimo, Orages, n° 2, mars 2003.

- "Douceur de la vengeance : portraits masculins dans Ourika de Claire de Duras", Mary Donaldson-Evans, Itinéraires, numéro inaugural, 2008
.

- "Claire de Duras : grande dame et 'femme auteur'", Marie-Bénédicte Diethelm, La Littérature en bas-bleus : romancières sous la Restauration et la monarchie de Juillet (1815-1848), dir. Marie-Bénédicte Diethelm, Classiques Garnier, 2010, p. 239-257.

- "Des femmes à l’honneur : Claire de Duras (1777-1828), écrivaine", Georges-François Pottier, Mémoires de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Touraine, t. 27, 2014.

- "La réception des romans de Claire de Duras : un exemple de la place faite à une femme auteur dans l’histoire littéraire", Amélie Legrand, Une "période sans nom" : les années 1780-1820 et la fabrique de l’histoire littéraire, Classiques Garnier, 2016, p. 223-239.

- "Ourika de Claire de Duras (1824), un roman de la conversion à l’aube du XIXe siècle", Eric Francalanza, Revue d'histoire littéraire de la France, n° 33, 2017

- "Fiction et politique chez Madame de Duras", Jean Balcou, Revue d’Histoire littéraire de la France, n° 3, 2017.

- "Claire de Duras, Chateaubriand et l’année des quatre romans, 1822", Marie-Bénédicte Diethelm, Femmes artistes et écrivaines dans l’ombre des grands hommes, dir. Hélène Maurel-Indart, Classiques Garnier, 2019, p. 65-83.

Et pour terminer, deux mémoires récents :
- "Les personnages et leurs modèles de Prévost à Chateaubriand dans les fictions achevées de Claire De Duras", Irène-Olive Larney, mémoire de Master 2, Université de Bretagne Occidentale, 2020.
- Par une étudiante au Swarthmore College, une université réputée à 30 km de Philadelphie : "Qui est Ourika ? Méditations sur une figure littéraire et la condition de la femme noire", Abigail Ximena Young, mémoire universitaire, Département Langues et Littérature modernes, 2021.

CORRESPONDANCE

Entretemps, deux types de correspondance avec Madame de Duras sont publiées, celle avec Chateaubriand et celle avec Humboldt qui est objet d'un prix :

Lettres à Claire de Duras (1814-1828), correspondance inédite, présentée, établie et annotée par Marie-Bénédicte Diethelm, préface de Marc Fumaroli de l’Académie française, éd. Manucius, 2016.
Le Prix Sévigné avec le soutien de la Fondation La Poste a été attribué à la publication de la correspondance d'Alexandre de Humboldt à Claire de Duras. FloriLettres (revue littéraire de la Poste), n° 182, 2016, comporte les articles suivants : "Édito : Alexandre de Humboldt Lettres à Claire de Duras", "Entretien avec Marie-Bénédicte Diethelm", "Lettres choisies d'Alexandre de Humboldt", "Portrait croisé Humboldt et Claire de Duras".

• L'amante et l'amie : lettres inédites, François-René De Chateaubriand, Delphine De Custine, Claire De Duras, édition de Bernard Degout et Marie-Bénédicte Diethelm, préface de Marc Fumaroli, Gallimard "Collection Blanche", 2017.

Notons que la correspondance avec Chateaubriand intéressait depuis longtemps, comme le montre cette article ancien : "Une Amitié féminine de Chateaubriand - Madame de Duras : lettres inédites", Revue des Deux Mondes, Victor Giraud, 1909.

RADIO

Vraiment pas grand-chose à se mettre sous la dent...

Du côté des autrices : Claire de Duras, 12 mars 2020, 5 min 16, une émission de Mathilde Doiezie, en partenariat avec l'association Le Deuxième texte.

Ourika ponctue tout du long l'émission d'une série documentaire de 4 épisodes d'une heure consacrés à la naissance du racisme, intitulée "Dans l'ombre des Lumières, la construction de la race", avec Sarga Moussa, directeur de recherche CNRS, LSD, France Culture, 15 juin 2022.



Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :
                                        
à la folie
grand ouvert
beaucoup
¾ ouvert
moyennement
à moitié
un peu
ouvert ¼
pas du tout
fermé !

 

 

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