

Elias CANETTI, La
langue sauvée, trad. de l'allemand Bernard Kreiss, Albin
Michel, 364 p.
Quatrième de couverture : La langue sauvée
constitue le premier volet de l'autobiographie d'Elias Canetti, prix Nobel
de littérature. L'intellectuel, l'homme de toutes les tentatives,
revient pour la première fois sur sa propre vie et parle de son
enfance en Bulgarie, en Angleterre, en Autriche et en Suisse. L'origine
espagnole de sa famille, le caractère quasi oriental de ce confluent
de langues et de races qu'est la petite ville bulgare où il est
né, le mode de vie patriarcal sous la houlette d'un grand-père
tout-puissant qui s'inscrit encore dans la tradition des juifs séfarades
d'origine espagnole, le déclenchement de la Première Guerre
mondiale vécu dans la Vienne impériale, les années
de guerre et d'immédiat après-guerre... tout cela constitue
la riche toile de fond qui nourrit les observations de l'enfant.
Mais au-delà, c'est l'éducation sentimentale et l'intensité
des premières révélations sur le cur humain
qui nous retiennent. Car tout ici parle au cur : l'amour du père
dont la mort prématurée délivre à l'enfant
sa propre crainte de la mort ; le rapport à la mère qui
lui ouvre les portes du vaste monde de la langue et de la littérature
; les premières inimitiés et toutes les petites expériences
quotidiennes déterminantes ; et, enfin, l'écroulement nécessaire
de l'enfance.
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Elias Canetti (1905-1994, prix Nobel en 1981)
La langue sauvée (1977)
Nous lisons ce livre pour le 13 mars
2026 et le groupe breton pour le 13 février.
Nous avions lu Le Flambeau dans l'oreille
en 1989. Le site n'existait pas encore et nous ne prenions même
pas de notes. Savions-nous même lire à l'époque ?...
LES UVRES de CANETTI
Canetti est l'auteur dun unique
roman, Auto-da-fé (Die Blendung, 1935), considéré
comme lun des grands romans de son époque, et d'un essai
majeur : Masse et puissance (Masse und Macht, 1960), vaste réflexion
sur les comportements collectifs.
Il écrit également des pièces de théâtre,
des aphorismes, une autobiographie en quatre volumes...
Roman
- Auto-da-fé
(1935, date de publication), trad. Paule Arhex,
Gallimard, 1968 ; rééd. L'Imaginaire, 1991
Essais
- Masse
et Puissance (1960), trad.
Robert Rovini, Gallimard, 1966 ; rééd. Tel, 1986.
- Le
Territoire de l'homme : réflexions 1942-1972, trad. Armel
Guerne, Albin Michel, 1978.
- La
conscience des mots (1975),
trad. Roger Lewinter, Albin Michel,
1984.
- Le
témoin auriculaire (1974),
trad. Jean-Claude Hemery, Albin Michel, 1985.
- Le
collier de mouches (1992),
trad. Walter Weideli, Albin Michel, 1995.
- Le
cur secret de l'horloge (1987),
trad. Walter Weideli,
Albin Michel, 1989 ; Le cur secret de l'horloge, Le Livre
de Poche, 1998.
- Notes
de Hampstead (1994),
trad. Walter Weideli, Albin Michel, 1997.
- Le
livre contre la mort (posthume) Albin Michel, 2018 ; Le
livre contre la mort, Livre de poche, 2019.
Journal, notes et réflexions
- Les
voix de Marrakech (1968),
trad. Françoise Ponthier, Albin Michel, 1980 ;
Les
Voix de Marrakech, Livre de poche, 1986.
Correspondances
- L'autre
procès : lettres de Kafka à Félicie (1969),
trad. Lily Jumel, 1972.
- Amant
sans adresse ; correspondance 1942-1992, Elias Canetti, Marie-louise
Von Motesiczky, Nicole Taubes, trad. Nicole Taubes, Albin Michel, 2013.
- Lettres
à Georges, trad. Claire de Oliveira, Albin Michel, 2009.
Autobographie
(cycle en trois volumes)
- La
langue sauvée
(1977) : histoire d'une
jeunesse 1905-1921, Albin Michel, 2005.
- Le
Flambeau dans l'oreille, 1921-1931 (1980),
trad. Michel Demet, Albin Michel, 1982.
- Jeux
de regard, 1931-1937
(1985), trad. Walter
Weideli, Albin Michel, 1987.
Complément
autobiographique
- Les
années anglaises (1989), trad.
Bernard Kreiss, Albin Michel, 2005 ; Les
années anglaises, Livre de poche, 2007.
QUELQUES REPÈRES
BIOGRAPHIQUES
Une vie européenne
- 1905 : naissance en Bulgarie,
dans une communauté séfarade multilingue. Enfance marquée
par de nombreux déplacements : Manchester, puis Vienne, où
sa mère lui transmet lallemand, qui deviendra sa langue littéraire.
- 1929 : doctorat de chimie à Vienne
- 1938 : exil en Angleterre après la montée du nazisme ;
devient citoyen britannique en 1952.
- Installé ensuite en Suisse, où il meurt en 1994 à
Zurich.
- Reçoit le prix Nobel de littérature en 1981 pour lensemble
de son uvre.
Des détails sur wikipedia.
Des repères avec des émissions :
- "Elias
Canetti, léveilleur dun passé qui parle au futur",
Catherine Paoletti, Une vie une oeuvre, 19 novembre 1998, 1h 27.
- "Nostalgie
du monde d'Elias Canetti", avec Michel Zink, auteur de On
lit mieux dans une langue qu'on sait mal, éd. Les belles
lettres, L'invité de la grande matinale, France Inter, 8
juillet 2021.
- "Elias
Canetti, la puissance des masses", Jean Lebrun, Intelligence
service, France Inter, 6 novembre 2021, 47 min.
- Elias
Canetti, Gérard Stieg, Entretiens en ligne, Fondation
Maison de l'homme, Canal U, 9 mars 2005, 1h30 (sur Auto-da-fé
principalement).
Les
potins
Une question qu'on oublie de se
poser pour les artistes : de quoi vivait-il ? Canetti vient dune
famille de grands commerçants installés à Roussé,
Manchester puis Vienne. Après la mort de son père, la famille
conserve une aisance financière suffisante pour lui permettre détudier,
voyager, écrire et fréquenter les milieux intellectuels
sans exercer de métier salarié.
Véza Canetti
(1887-1963), son épouse, écrivait sous pseudonyme pour des
journaux tels que Arbeiter-Zeitung. Elle a subvenu aux besoins
du couple, surtout dans les années viennoises. Après leur
exil en Angleterre en 1938, elle a continué à assurer une
part de leurs revenus par des travaux littéraires et des traductions.
Canetti lui-même reconnaît dans Jeux
de regard quil
lui doit sa survie matérielle et intellectuelle. Elle meurt en
1963.
La peintre Marie-Louise
von Motesiczky (1906-1996), issue dune famille très fortunée,
rencontre Canetti en 1934 : leur relation durera un demi-siècle,
jusquà la mort de Canetti. Elle eut un rôle d'amante,
de mécène, lui offrant un logement, une stabilité
matérielle, un espace de travail, un soutien affectif et financier
constant. Leur correspondance (Amant
sans adresse) montre
une relation passionnée, mais souvent déséquilibrée
: elle est dévouée, lui reste distant, exigeant, parfois
manipulateur. Marie-Louise a accepté que Canetti reste marié
avec Véza et ne vive pas avec elle. Après la mort de Véza,
leur relation devient plus visible, mais jamais officielle. Marie-Louise
reste dans lombre, par choix mais aussi par la volonté de
Canetti.
Plus accessoire : Canetti a bénéficié de bourses
décriture, de résidences et de prix littéraires
(dont le Georg-Büchner-Preis en 1972).
Ce nest quaprès le prix Nobel de littérature
en 1981 que ses droits dauteur deviennent réellement substantiels.
À ce moment-là, il a déjà 76 ans.
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