Cees NOOTEBOOM, L'histoire suivante, trad. du néerlandais Philippe Noble, Folio, 2000, 144 p.

Quatrième de couverture : Misanthrope de pure race, myope légendaire, roué compilateur de guides touristiques, mais apôtre intransigeant d’Ovide et de l’hexamètre latin, l’ex-professeur Herman Mussert s’éveille un beau jour avec la sensation… de n’être plus. Et comme s’il lui était permis de retourner une dernière fois le sablier du temps, le voilà qui s’interroge sur son aventure, et nous confesse à quelles amours défuntes l’a conduit son goût immodéré pour les langues mortes. Sous nos yeux débute alors son ultime voyage… C’est avec une gaieté irrésistible que Cees Nooteboom appareille pour l’au-delà, en compagnie de ce nouveau Socrate qui, enfin, se voit mourir de sa belle mort. Sur l’éternelle sagesse des Métamorphoses, sur les mystères cosmiques ou les éblouissements métaphysiques, le romancier improvise une méditation au ton inimitable.
Actes Sud, 1991

Couvertures néerlandaises de Het Volgende Verhaal :

En option :
Rituels
, trad. du néerlandais Philippe Noble, Folio, 2006, 272 p.

Quatrième de couverture : Peu de chose, sans doute, rapproche le rituel de la messe et celui de la cérémonie du thé. Pourtant, l’un comme l’autre vont marquer de leur empreinte Inni Wintrop. Ce dilettante sceptique coulerait à Amsterdam des jours heureux, s’il n’était maladivement sensible à la fuite du temps et à l’omniprésence de la mort. Inni, cependant, aime trop la vie pour ne pas conclure avec elle les compromis que requiert la société.
Ce n’est pas le cas des deux êtres dont la rencontre bouleversera son existence. Le premier, Arnold Taads, est un misanthrope qui impose à ses jours le carcan d’une discipline de fer. Le second, Philip Taads, fils d’Arnold, qu’Inni rencontre vingt ans plus tard, en 1973, a en commun avec lui le goût de la solitude et de la méditation.
Les deux Taads refusent le monde tel qu’il est, et le monde les éliminera tragiquement. Mais Inni, sous son masque ironique, n’est-il pas leur frère jumeau ?
L’art, l’amour, les religions, le suicide – peu de livres ont l’art d’aborder des sujets aussi graves avec autant de légèreté, d’élégance et d’humour. Poète de la décadence souriante, Nooteboom nous offre ici, avec la délicatesse de trait d’un maître japonais, une chatoyante "peinture du monde flottant".


Calmann-Lévy, 1985
rééd. Seuil, 1994

Cees Nooteboom (1933-2026)
L'histoire suivante (publié et traduit en 1991)
En option :
Rituels (publié en 1980, traduit en 1985)
Nous lisons ce(s) livre(s) pour le 29 mai 2026.
Nous avions lu
Le chant de l’être et du paraître en 1999.

Avons-nous lu des écrivains néerlandais depuis bientôt 40 ans que le groupe existe ? C'est lamentable, deux seulement : Anna Enquist et, donc, Cees Nooteboom.
DES INFOS AUTOUR DU LIVRE
Livres : romans, poésie, récits de voyage, essais...
Un traducteur exceptionnel
Repères biographiques
Radio, vidéo, articles
L'histoire suivante : conception et destin du livre


De très nombreuses ŒUVRES TRADUITES de genres très variés

Romans et nouvelles
- Le chevalier est mort, trad. Louis Fessard, Denoël, 1967 ; rééd. Le chevalier est mort, nouvelle trad. Christian Marcipont, M. Sell-Calmann-Lévy, 1996.
- Mokusei ! Une histoire d'amour, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 1987 ; rééd. Folio, 2000.
- Le Chant de l'être et du paraître, roman, trad. Philippe Noble et Anne Wyvekens, Actes Sud, 1988 ; rééd. Folio, 2000.
- L'histoire suivante, roman, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 1991 ; rééd. Folio, 2000.
- Philippe et les autres, trad. Philippe Noble, Calmann-Lévy, 1992 ; rééd. Points, 1995 ; rééd. Folio, 2006.
- Rituels, trad. Philippe Noble, Calmann-Lévy, 1985 ; rééd. Points, 1994 ; rééd. Folio, 2006.
- Autoportrait d'un autre - Rêves de l'île et de la ville d'antan, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 1994.
- Dans les montagnes des Pays-Bas, roman, trad. Philippe Noble, Calmann-Levy, 1988 ; rééd. Dans les montagnes des Pays-Bas, Actes Sud, 1994.
- Le jour des morts, roman, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 2001 ; rééd. Folio, 2006.
- Le matelot sans lèvres : histoires tropicales, nouvelles, trad. Daniel Cunin, préface Philippe Noble, postface de l'auteur, Nantes, le Passeur-Cecofop, 2002 ; rééd. Folio, 2005.
- Perdu le paradis, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 2006.
- La nuit viennent les renards, nouvelles, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 2011.


Poésie

- Le visage de l'œil, trad. Philippe Noble, avec des contributions de Bernard de Coen, Pierre Gallissaires, Jan H. Mysjkin et al., Actes Sud, 2016.
- L'œil du moine, suivi de Adieu, trad. Philippe Noble ; dessins de Max Neumann. Actes Sud, 2021.

Récits et voyages
- Le Bouddha derrière la palissade : un voyage à Bangkok, récit, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 1989.
- Une année allemande : chroniques berlinoises 1989-1990, trad. sous la direction de Philippe Noble, Actes Sud, 1990.
- Désir d'Espagne : mes détours vers Santiago, trad. Anne-Marie de Both-Diez, Actes Sud, 1993.
Le labyrinthe du pèlerin : mes chemins de Compostelle, trad. Anne-Marie de Both-Diez et Philippe Noble, Actes Sud, 2004. Nouvelle édition augmentée de Désir d'Espagne, 1993, avec des photographies et trois récits supplémentaires.
- L'enlèvement d'Europe, trad. Philippe Noble et Isabelle Rosselin, Calmann-Lévy, 1994.
- Du printemps, la rosée, souvenirs de voyages en Extrême-Orient, trad. Anne-Marie de Both-Diez, Actes Sud, 1995.
- Hôtel Nomade, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 2003.
- Un art du voyage, Cees Nooteboom et Eddy Posthuma de Boer, trad. Philippe Noble et Anne-Marie de Both, Actes Sud, 2006.
- Pluie rouge, récits, trad. Philippe Noble, dessins Jan Vanriet, Actes Sud, 2008.
- Tumbas : tombes de poètes et de penseurs, avec des photographies de Simone Sassen, trad. Annie Kroon, Actes Sud, 2009.
- 533 : le livre des jours, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 2019.
- Venise : le lion, la ville et l'eau, photographies de Simone Sassen, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 2020.


Essais et écrits sur l'art
- Zurbarân & Cees Nooteboom : XVIIe siècle, trad. Anne Champonnois, Charenton, Flohic, 1992.
- Zurbaran : œuvres choisies, 1625-1664, trad. Philippe Noble, Hazan, 2011.
- Lettres à Poséidon, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 2013.
- Un sombre pressentiment : à la rencontre de Hieronymus Bosch, trad. Philippe Noble, Phébus, 2016.
- Dans les arbres fleurissent des pierres : le monde imaginaire de Giuseppe Penone, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 2025p.

Anthologies
- J'avais bien mille vies et je n'en ai pris qu'une, textes choisis et présentés par Rüdiger Safranski, trad. de l'allemand et du néerlandais Philippe Noble, Actes Sud, 2016.


UN TRADUCTEUR EXCEPTIONNEL

Traducteur d'une vingtaine de livres de Cees Nooteboom, Philippe Noble est l'un des traducteurs et médiateurs culturels les plus importants entre les Pays Bas et la France, jouant un rôle décisif dans la diffusion de la littérature néerlandaise contemporaine auprès du public francophone.

Enseignant à l'Université Paris IV (1979-1992), il a formé plusieurs générations d'étudiants en langue et littérature néerlandaises.

Il a été directeur de l'Institut français d'Amsterdam, acteur clé de la diplomatie culturelle, et directeur de la collection "Lettres néerlandaises" chez Actes Sud (1987-2026), collection de référence qui a permis l'introduction en France de nombreux auteurs néerlandais majeurs. Il se présente ainsi :

"Je suis né en France en 1949, sans aucun lien familial ou culturel avec le monde néerlandophone ; c’est un amour de vacances qui m’a fait découvrir les Pays-Bas en 1970. J’ai fait des études de lettres classiques (langues et littératures grecque, latine et française), puis à partir de 1971-1972, de néerlandais à Paris et à Amsterdam. J’ai enseigné le néerlandais à la Sorbonne de 1979 à 1992, puis travaillé pour le ministère français des Affaires étrangères, comme directeur de centre culturel (à Amsterdam puis à Vienne), conseiller culturel, ou responsable d’un réseau de coopération universitaire entre la France et les Pays-Bas.
À côté de ces métiers variés, j’ai traduit 63 titres du néerlandais en français (et deux en sens inverse) depuis 1980. Dans les années 1980, j’ai commencé à traduire des auteurs néerlandais pour les éditions du Seuil (Etty Hillesum) ou Calmann-Lévy (Cees Nooteboom, Harry Mulisch, J. Bernlef, Anne Frank). Au total, je n’ai guère traduit qu’une vingtaine d’auteurs – Nooteboom qui se taille la part du lion, Stefan Hertmans, Multatuli, David Van Reybrouck, Arnon Grunberg… – mais j’ai touché à tous les genres, roman, essai, poésie ou même théâtre, à l’exception de la littérature de jeunesse.
"

Deux entretiens très intéressants :
-"Le traducteur est un "chercheur" d’un genre particulier", entretien avec Philippe Noble, par Olivier Sécardin, Relief (revue de littérature française scientifique internationale consacrée aux études littéraires et culturelles), juillet 2021.
- Sur le site Les Plats Pays : "Passage de flambeau pour Lettres néerlandaises : Philippe Noble et Guillaume Deneufbourg en conversation", 25 mars 2026.


REPÈRES BIOGRAPHIQUES de Cees Nooteboom

Enfance et jeunesse
- Naissance en 1933 de Cornelis Johannes Jacobus Maria (dit Cees) Nooteboom à La Haye, aux Pays-Bas.
- Enfance difficile : ses parents divorcent quand il est très jeune et il perd son père à la suite d'un bombardement, en mars 1945. Envoyé d'un établissement catholique à un autre, il finit par être renvoyé, sans diplôme, mais ayant appris le grec et le latin.
- En 1954, il met un carnet dans sa poche et part en auto-stop pour découvrir l'Europe, puis le monde qu'il n'a eu de cesse d'arpenter depuis, tout en écrivant, romans, poésie, récits, articles et essais.

Écrire
- 1955 : premier roman publié, Philippe et les autres. Ce texte romantique, apprécié par la critique, est le récit du périple d'un jeune homme parti en stop à travers l'Europe.
- 1963 : deuxième roman Le chevalier est mort, plus "expérimental".
- Dans les années 1960 et 1970, il se tourne vers les reportages et les récits de voyage, en publiant dans la presse, notamment dans la revue Avenue. Comme reporter, il est présent à des moments marquants de l'histoire, à Budapest lors de l'invasion russe en 1956, à Paris en mai 1968 ou à Berlin lors de la chute du mur en 1989, comme on peut lire dans Une année allemande (1990).
- 1980 : il revient au roman en publiant Rituels qui le fait connaître auprès du grand public et à l'étranger. Le Chant de l'être et du paraître (1981), L'histoire suivante (1991) et Le jour des morts (1998) consolident cette renommée internationale, alors que les relations avec la critique néerlandaise sont plus difficiles.
- Récompensé par de grands prix littéraires, dont le Prix P.C. Hooft (2005), le Prix des Lettres néerlandaises (2009), le Prix de l'État autrichien pour la littérature européenne (2003) et le Prix Formentor (2020), il lui a manqué le Prix Nobel de littérature, pour lequel il a été pressenti à plusieurs reprises.

Facettes de le l'auteur et de l'œuvre
Le voyage est pour Nooteboom une "forme concentrée de l'écriture". Tant dans le voyage que dans son écriture, le regard a une place importante : il n'est pas étonnant qu'il publie des récits avec des photographes, principalement Eddy Posthuma de Boer et son épouse Simone Sassen ; avec elle, il compose Tumbas (2007) et Saigoku (2013, non traduit en français), témoignage de leur pèlerinage aux temples de Kyoto.

Son regard regard curieux et précis inspire ses écrits sur l'art (notamment sur Jérôme Bosch ou Giuseppe Penone), ses récits de voyage, par exemple son portrait de la ville dans Venise : le lion, la ville et l'eau (2020), dans ses romans et nouvelles, ainsi que dans ce livre hybride 533 : le livre des jours (2016).

Le thème du regard résonne aussi dans les titres des recueils de poèmes L'œil du moine (2016) et Le visage de l'œil. Nooteboom est plus connu comme écrivain-voyageur, mais il a publié de nombreux recueils de poésie dès les années 1950. Sa poésie, à la langue lapidaire, s'inscrit dans les mêmes thématiques qui parcourent toute son œuvre : le temps qui passe, la mort, les tensions entre différentes manières d'être au monde.
(Ces repères biographiques viennent d'un hommage de la BNF en 2026 juste après sa mort.)

Les potins
Trois relations importantes connues :
- Fanny Lichtveld, première épouse (mariage en 1957, séparation en 1964) : elle est la fille du propriétaire du bateau sur lequel il s’était embarqué comme matelot — épisode qui appartient à sa légende personnelle de voyageur.
- Liesbeth List, chanteuse et actrice néerlandaise, sa compagne après son divorce. Ils voyagent ensemble en Asie (Indonésie, Japon, Malaisie, Birmanie), voyages qui nourrissent plusieurs de ses récits.
- Simone Sassen, photographe, sa dernière compagne puis épouse : ils s’installent à Minorque, où ils vivront plus de cinquante ans de 1971 jusqu’à sa mort en 2026. Ils collaborent aussi artistiquement : Tumbas (2007), Saigoku (2013). Dans ses dernières années, alors qu’il souffrait de Parkinson, les articles soulignent la présence très attentive et protectrice de Simone Sassen.


RADIO, VIDÉO, ARTICLES

Radio
- "Cees Nooteboom", Isabelle Isidori, Affinités électives, France Culture, 9 avril 2009, 60 min.
- "Cees Nooteboom, bientôt Nobel ?", Caroline Broué, La Grande table, France Culture, 6 juin 2016, 29 min.
- "Cees Nooteboom : "J'ai toujours eu l'impression qu'avec la guerre, ma jeunesse a disparu", Laure Adler, Hors-champs, France Culture, 17 juin 2016, 44 min.
-
"Le témoin du vendredi : Cees Nooteboom en Europe", Jean Lebrun, La Marche de l'histoire, France Inter, 2 mai 2019, 28 min.
- "Éloge du temps végétal", Manou Farine, La Compagnie des poètes, France Culture, avec Cees Nooteboom, Marc Jeanson et Philippe Noble, 10 mai 2019, 58 min.
- "Enfant du monde, Cees Nooteboom", Laure Adler, L'Heure bleue, France Inter, 23 mai 2019, 42 min.

Vidéo
- Un livre, un jour, Olivier Barrot, France 3, sur le roman Perdu le paradis, 19 octobre 2006, 2 min 28, sur le site de l'INA.
- Conférence et entretien avec Cees Nooteboom, Philippe Noble son traducteur et Margot Dijkgraaf, 6 avril 2016, BNF-Fondation Del Duca-Institut de France, en ligne sur le site de la BNF, 1 h 14 min.
- Lecture de poèmes par lui-même dans sa maison d'Amsterdam, sur le site d'Actes Sud, novembre 2021, 4 min.

Articles
Florence Noiville a fait de nombreux articles dans Le Monde sur cet auteur. Dans son livre Écrire c'est comme l'amour, rassemblant des entretiens avec de grands écrivains, pour lequel elle était venue dans le groupe en 2019, elle lui consacrait ce premier article, une rencontre : "Le magnétisme des pierres", Florence Noiville, 8 septembre 2006.

Elle signe aussi les deux premières pages d'un dossier du Monde sur la littérature néerlandophone (que nous fréquentons si peu...), 25 mai 2018
.

C'est Nils Ahl
l'auteur de l'article du Monde à l'occasion de sa mort récapitulant son parcours : "Cees Nooteboom, grand écrivain néerlandais mû par un goût insatiable pour l'ailleurs, est mort", 11 février 2026.
Le Figaro commence son article nécrologique "Mort de Cees Nooteboom, cet écrivain majeur oublié des jurés Nobel" par cette phrase : "En France, l’auteur était presque un inconnu"...

Nous constatons d'ailleurs la difficulté à trouver des échos détaillés du livre que nous lisons dans la presse française. Heureusement, voilà des infos internationales :


L'HISTOIRE SUIVANTE : conception et destin du livre

Une origine très hollandaise
Chaque année, depuis 1932, les Pays-Bas organisent la Boekenweek (la Semaine du Livre), un événement national très important : pendant une semaine, toute personne qui achète un ou des livres pour un montant déterminé reçoit gratuitement un petit livre spécialement écrit pour l’occasion par un auteur sollicité à cette fin : le Boekenweekgeschenk (“cadeau de la semaine du livre”). Le tirage est considérable, de plus de 500 000 exemplaires : le livre est publié par la Fondation pour la promotion collective du livre néerlandais (CPNB).
En 1991, l’auteur choisi fut Cees Nooteboom et le texte qu’il a écrit pour l’occasion est précisément L'Histoire suivante.
Pour info rigolote, en 2024, ce n'est pas un auteur mais six auteurs, tous de la même famille, les Chabot qui sont choisis : voici le film de 1h30 les présentant, trop drôle, le livre a de plus une couverture signée s'il vous plaît Marlene Dumas...
Bref, Cees Nooteboom est donc choisi...

La conception du livre
Il a évoqué sa création laborieuse lors de diverses interviews (dont les émissions de radio citées) : "Je n'avais toujours pas d'idée précise, même si quelque chose commençait à se dessiner. Je cherchais un lieu. Mon intuition – et je l'écoute toujours – me disait : Lisbonne. J'ai acheté quelques guides de voyage et je m'y suis rendu. J'ai arpenté la ville pendant une semaine. Je prenais des notes, je décrivais les rues, les places, les restaurants, sans vraiment savoir à quoi je m'apprêtais à répondre. C'était en juin. Le manuscrit devait être rendu en octobre. C'est là que j'ai commencé à paniquer."
Concernant le sujet du récit, l'auteur a déclaré dans une autre interview : "Pour moi, c'est simplement une histoire de mort. Un homme meurt à Amsterdam et voit sa vie défiler devant ses yeux en quelques secondes."

La publication
L'histoire suivante a été publié pour la première fois à 540 000 par la Fondation (par le CPNB). Un an plus tard, une deuxième édition a été publiée par De Arbeiderspers à Amsterdam, suivie d’une troisième en 2000. Le roman a également connu une large diffusion à l'étranger.

Les réactions
Het volgende verhaal (L'histoire suivante) a d'abord bénéficié d'une attention considérable dans la presse néerlandophone, offert à l'occasion de la Semaine du livre, et - étonnant ! - le jugement de plusieurs critiques de renom s'est révélé résolument négatif. Ensuite, l'ouvrage en traduction a fait l'objet de nombreux débats dans la presse internationale, témoignant d'une admiration quasi unanime. Voyons de plus près.
À en juger par les premières critiques dans la presse néerlandaise, on peinerait à comprendre un tel engouement. Dans les articles franchement négatifs (de grands critiques, parus dans les équivalents de Le Monde, Libération, Les Échos, Le Figaro, L'Obs, Le Point, Marianne), le caractère prétendument prétentieux de l'ouvrage est la principale cible : Reinjan Mulder dans pour le NRC Handelsblad, par exemple, reconnaît que le livre gagne en profondeur à la seconde lecture. Carel Peeters dans Vrij Nederland : "Tout ce qu'écrit Nooteboom est d'une élégance, d'une érudition, d'une originalité et d'un mystère remarquables, mais je ne parviens pas à m'intéresser véritablement au protagoniste de L'histoire suivante. Il agit et pense, c'est tout ; cela me laisse de marbre. De ce fait, je ne souhaite pas non plus me pencher sur les subtilités de son histoire." Pour Arnold Heumakers de De Volkskrant, le roman demeure "un jeu arbitraire et artificiel avec les mystères les plus profonds de l'existence". Selon lui, l'histoire prend un tournant "kitsch chic" en raison de l'abondance de symboles et d'allusions antiques ; il estime que "le niveau visé est affiché avec une telle ostentation que l'auteur, au final, n'y parvient pas". Le critique du NRC-Handelsblad doit "réprimer l'envie de refermer le livre définitivement" pendant sa lecture. À l'inverse, plusieurs critiques élogieuses paraissent dans Trouw, Utrechts Nieuwsblad et Nederlands Dagblad (équivalents de La Croix, Ouest France, Le Parisien, Réforme, Le Monde Idées) Inge van den Blink, par exemple, qualifie le récit de "merveilleusement beau", "subtil" et "ingénieux". Selon Hans Werkman, le livre recèle d'innombrables passages sublimes, même s'il le juge trop difficile à offrir pour la Semaine du livre. T. van Deel, quant à lui, parle d'"un des meilleurs cadeaux imaginables pour la Semaine du livre" (tout ceci figure dans un article sur la réception du livre par Ton Brouwers, septembre 2007, sur le site DNBL).

En Allemagne, il devient un best-seller, notamment grâce à la critique très positive dans l'émission télévisée Das literarische Quartett (octobre 1991 : le lendemain, le livre est épuisé dans toute l'Allemagne). D'innombrables éditions ont été publiées dans ce pays, et le livre a suscité un intérêt plus général pour l'œuvre de Nooteboom.
L'histoire suivante
est l'ouvrage le plus traduit de l'auteur et figure parmi les œuvres littéraires néerlandaises les plus traduites.
Ce roman a été récompensé à plusieurs reprises par des prix littéraire : prix Aristeion de littérature européenne en 1993 (entre nos fréquentations : Echenoz, Herta Müller, Ruschdie, Tabucchi...), puis, un an plus tard, le plus petit prix Dick Martens de la ville belge Alost, puis en 1994 le prix littéraire Grinzane-Cavour de la province de Turin (entre nos amis Thomas Bernhard, Nadine Gordimer, Nathalie Sarraute, Vargas Lhosa, Jorge Amado, Kadaré, Lioudmila Oulitskaïa...)

Voici quand même un article universitaire assez récent et prise de tête : "L'impuissance à jamais bouger de nouveau" : Mort, (im)mobilité et voyage cognitif dans L'histoire suivante (1991) de Cees Nooteboom", Thomas Pierrart, Astrolabe, n° 51, décembre 2020.


Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :
                                        
à la folie
grand ouvert
beaucoup
¾ ouvert
moyennement
à moitié
un peu
ouvert ¼
pas du tout
fermé !

 

 

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