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Quatrième
de couverture :
Misanthrope de pure race, myope légendaire,
roué compilateur de guides touristiques, mais apôtre intransigeant
dOvide et de lhexamètre latin, lex-professeur
Herman Mussert séveille un beau jour avec la sensation
de nêtre plus. Et comme sil lui était permis
de retourner une dernière fois le sablier du temps, le voilà
qui sinterroge sur son aventure, et nous confesse à quelles
amours défuntes la conduit son goût immodéré
pour les langues mortes. Sous nos yeux débute alors son ultime
voyage
Cest avec une gaieté irrésistible que
Cees Nooteboom appareille pour lau-delà, en compagnie de
ce nouveau Socrate qui, enfin, se voit mourir de sa belle mort. Sur léternelle
sagesse des Métamorphoses, sur les mystères cosmiques
ou les éblouissements métaphysiques, le romancier improvise
une méditation au ton inimitable. Couvertures néerlandaises de Het
Volgende Verhaal : En option : Quatrième
de couverture :
Peu de chose, sans doute, rapproche le rituel de la messe et celui de
la cérémonie du thé. Pourtant, lun comme lautre
vont marquer de leur empreinte Inni Wintrop. Ce dilettante sceptique coulerait
à Amsterdam des jours heureux, sil nétait maladivement
sensible à la fuite du temps et à lomniprésence
de la mort. Inni, cependant, aime trop la vie pour ne pas conclure avec
elle les compromis que requiert la société.
|
Cees Nooteboom (1933-2026)
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Nos
15 réactions |
Sabine (ronchonnerie transmise
de Nîmes)
J'ai laissé tomber la lecture de Cees machin chose.
Claire
Pourquoi l'as-tu laissé tomber ?
Sabine
Ça m'a gonflée.
Françoise (ronchonnerie
professionnelle parisienne)
Encore un livre qui m'est tombé des mains...
Claire
Tu as abandonné tout de suite ? En cours ?
Françoise
À la page 40.
Rozenn (pas ronchonne, mais)
Je n'ai pas fini le livre.
J'avais adoré le début.
Je pense que les voisins ont la même vue sur moi que les siens sur
le narrateur.
Et j'ai aimé le flou de son réveil.
Et puis son histoire d'amour m'a ennuyée.
Et je n'ai pas continué.
Mégane![]()
"Je n'ai jamais éprouvé
un intérêt exagéré pour ma personne, ce qui
ne veut pas dire pour autant que j'aie jamais pu cesser sur commande et
au moment voulu de réfléchir à moi-même, malheureusement" :
sur cet incipit, le ton est donné. Le style (et la traduction)
sont magnifiques, à la fois souples et ciselés.
Misanthrope et érudit, Herman m'a fait penser à un
savant mélange entre le Peter Kien d'Auto-da-fé
de Canetti et le professeur R. de D. de La
confusion des sentiments de Zweig.
Quant à son voyage, il m'a évoqué l'allégorie
de la mort en bateau dans Scoop
de Woody Allen - elle-même allégorie impertinente de la traversée
du Styx.
Un roman court mais percutant, l'histoire d'un homme qui se rejette physiquement
au point de se retrancher du monde pour ne devenir que pur esprit et pure
érudition, mais qui au seuil de la mort se rappelle la seule histoire
d'amour (monodirectionnelle) qu'il ait vécue.
Quelques petites citations pour terminer :
"Mon appartement est
bourré de livres qui tolèrent ma présence parmi eux."
"Il paraît que
je me comporte comme un érudit anglais du siècle dernier,
j'ai élu domicile dans un vieux Chesterfield dont les entrailles
en débandade sont masquées aux regards par un tapis persan
encore plus vieux, étendu sur le siège : c'est là
que je lis, sous un grand lampadaire à abat-jour posé près
de la fenêtre."
"Une manière
ou une autre de voir le temps, dis-je. Einstein en a fait de la mélasse
et Dali l'a ramolli avec ses montres."
Renée
(avis
transmis de Narbonne)
J'ai beaucoup aimé ce livre car il rejoint un peu mes obsessions
: la conscience que la vie est absurde et que les seuls moyens de la supporter
sont l'amour (en général) et l'art.
Dans ce livre, l'amour est absent, sauf un peu au début, mais il
finit mal. L'art en revanche est omniprésent et ces passionnés
de gravures anciennes me parlent sur tous les plans.
Mais mon intellect proche du zéro
absolu (-273 quand même !) ne me permet pas d'ajouter grand-chose,
si ce n'est que pour moi c'est un livre important que je relirai. Ouvert
en grand.
"On ne peut trouver de vrai beauté qu'à ce que l'on
connaît bien" : comme c'est juste !
Christelle
(avis
transmis)
J'ai découvert avec plaisir Cees Nooteboom dans L'histoire suivante.
Ce récit est court, mais l'enchaînement fluide et rapide
des scènes dans la seconde partie, donne de l'épaisseur
au livre.
J'ai beaucoup aimé les premières pages où Nooteboom
introduit rapidement l'étrangeté de l'état du narrateur.
La partie suivante qui retrace ses souvenirs de sa vie de professeur de
lycée et de ses amours est drôle et tourne parfois à
la farce, façon David Lodge, avec
toutefois un humour plus fin. L'autodérision permanente du narrateur
rend sa personne ridicule, mais sa passion pour les lettres classiques
et les métamorphoses en particulier contrebalance cette image,
en faisant un portrait cocasse. J'ai eu l'impression que Nooteboom nous
met en position de voyeur et de juge à la fin de sa vie.
Mais finalement, c'est le ton et l'écriture de la seconde partie
que j'ai le plus appréciés. J'ai trouvé l'écriture
vraiment jolie, l'atmosphère poétique et l'enchaînement
des histoires font ressentir le mouvement de ce bateau. On peut penser
que l'imagination de Mussert est inspirée à la fois par
les récits de mythologie antique et par les croyances des cultures
décrites dans ses guides de voyage. La forme de dialogue, avec
un interlocuteur non défini mais qui semble proche, finit par créer
à Mussert une vie relationnelle et donne un but à son existence
auparavant solitaire. J'ai aimé la profondeur que Nooteboom apporte
au cours de son livre.
J'ouvre aux ¾.
Manuel
(avis
transmis de Madère)
L'histoire suivante : J'aurais pu trouver ce texte, bourré
de références, prétentieux, mais ça n'a pas
été le cas bien au contraire. Cees Noteboom m'a donné
envie de découvrir les classiques grecs et latins. Les scènes
où Herman Mussert imite le lever et le coucher du soleil sont très
drôles ! Elles sont un prétexte à faire vivre les
uvres de Horace, Ovide ou Platon. Lisbonne et son atmosphère
est décrite avec justesse tout comme les rares passages de Washington
DC ou l'accostage au Brésil et la remontée de l'Amazone
(j'ai pensé aux films de Herzog : Aguirre
ou la colère de Dieu et Fitzcarraldo).
Est-ce que le Dr Strabon serait le double de Cees Nooteboom ? Faut-il
voir dans le passage du prêtre "serpillière" qui
est épuisé de donner la confession à Milan p. 88
une charge contre la religion catholique ? Ça ne manque pas de
piquant pour un prêtre en route pour l'au-delà. J'ai été
totalement convaincu par le projet littéraire. C'est un très
beau texte !
Rituels
: Comme pour L'histoire suivante, le récit est bien construit
et m'a tenu en haleine ! Il y a beaucoup de passages qui sont des fulgurances,
des merveilles qui décrivent soit des rites (p. 74), soit
des lieux. Tout comme Lisbonne, j'ai adoré les descriptions d'Amsterdam.
À chaque page, je me suis régalé des descriptions
et des anecdotes. Ici encore le narrateur est assez critique sur la religion
et ça me plaît : "jusqu'à
sa douzième année, il n'avait guère reçu d'éducation
religieuse et cette mortifiante graine, dont la prolifération anarchique
pouvait étouffer d'autres gens leur vie durant avait été,
chez lui, semée trop tard pour prendre vraiment racine."
(p. 73)
Cees Noteboom décrit chaque uvre : la gravure de Baldini,
l'estampe japonaise et la céramique Raku, avec beauté et
plein de pertinence
J'aurais aimé le suivre comme guide.
J'aime sa critique sur les amateurs d'art d'aujourd'hui (p. 189).
Les pièces authentiques sont achetées pas des gens en toc.
Ahahaha !
Ces deux livres me laissent dans un état étrange : difficile
de mettre des mots sur ce qu'ils provoquent, tant ils foisonnent de références,
de couches, d'échos. Il faut tout de même être "en
forme" tant la mort est présente. Mais c'est peut-être
ça, leur force. D'autre part, Cees Noteboom, a nourri mes réflexions
sur l'art et comment appréhender une uvre d'art dont on ne
connaît pas forcément les codes (p. 192.) Philippe Noble
a, je pense, bien traduit la prose de Noteboom : j'ai adoré sa
traduction ! Enfin Lisbonne et Amsterdam cessent d'être des villes,
elles deviennent des protagonistes, aussi complexes que les personnages
eux-mêmes.
J'ouvre ces deux livres en grand car j'aurai plaisir à les partager.
Claire
(en
direct dans une ambiance ce soir-là caniculaire => fenêtres
ouvertes sur le rugissement urbain, on hurle pour se faire entendre...)
Je souhaite commencer, ce que je ne fais jamais d'habitude, par incertitude
de mon avis - incertitude justement encore pire que d'habitude...
J'ai lu les deux livres et ai eu une impression commune : d'abord,
deux semaines après les avoir lus, j'ai entièrement oublié
le contenu (j'ai dû refeuilleter pour ce soir) ; ensuite, dans les
deux, il y a des aspects qui m'ont énormément plu et d'autres
qui m'ont mortellement ennuyée, notamment par manque de compréhension
de l'ensemble du livre : grosso modo, je ne vois pas de quoi il s'agit
dans ces deux livres, quel est le fameux "projet de l'auteur"...
Ainsi, L'histoire suivante m'a d'abord captivée, parce que
le livre m'obligeait à une lecture très lente, du fait de
phrases chargées de sens, surprenantes, drôles aussi, avec
des formules ("Les dieux
peuvent décider de leurs métamorphoses, les hommes ne font
que les subir"), une syntaxe de la restriction (pas mal
ma formule, non ?) : ne fût-ce que, si du moins, à
tout le moins..., un sens de la dérision délectable
(la scène érotique des lunettes désérotisantes
m'a beaucoup plu p. 32) ; j'ai beaucoup aimé la relation du
narrateur avec Maria, la façon dont elle le traite, même
si hélas ça se termine mal. Le personnage érudit
et auteur de guides grand public avait aussi tout pour me plaire ;
la scène de la mort de Socrate racontée aux élèves
vaut la peine et je vibre aussi pour sa chouchoute surdouée, Lisa
d'India. Mais j'avais l'impression de m'intéresser à ce
qui n'était pas le cur du livre. Au fur et à mesure
que le livre avance, je ne suis plus, sur le bateau je suis larguée,
bref, si j'ai lu ce livre court jusqu'au bout, c'est sans plus de conviction
: je me fiche qu'il se réveille au Portugal et de ce qu'il fait
sur le bateau avec ce groupe mystérieux. Je ne sais même
pas comment ça finit, est-ce que ça finit d'ailleurs.
Quant à Rituels, j'ai trouvé le personnage plus flou,
moins vivant, que dans L'histoire suivante. Il est vrai qu'il est
à dessein flou, il rencontre une fille, il rencontre un mec, il
se passe quelques trucs, comme l'enterrement d'un pigeon, il retrouve
un oncle, les histoires de famille me barbent un peu. On fait du tourisme
humain avec divers personnages, et le personnage le plus important est
sans doute celui qui fricote avec le bouddhisme et les pots sacrés,
d'où le titre, mais bon.
Il y a eu de bons moments dans ces livres, mais où ça va
tout ça, hein ? Heureusement, la finesse des avis qui vont venir
vont m'éclairer. Je ne sais pas encore comment j'ouvre, je vais
me laisser influencer.
(Après la séance) L'Esprit du Groupe, soufflant à
des altitudes inaccessibles pour moi, a permis, comme prévu, au
vermisseau que je suis de saisir tout ce qui m'avait échappé :
merci ! Je reste cependant au ras du bitume et j'ouvre ¼,
tout en étant contente bien sûr d'avoir voyagé avec
Cees...
Monique![]()
Je ne sais comment classer ce texte qui mélange philosophie, mythes
anciens, citations littéraires, voyages. Malgré l'érudition
de l'auteur qui transparaît tout au long du récit, sa lecture
est très facile, toutes les citations ou évocations n'étant
jamais appuyées. C'est un récit contemplatif, une méditation
sur l'histoire personnelle de l'auteur tout en y intégrant le présent.
L'auteur y fait preuve de cynisme et d'un sens de la dérision réjouissant.
J'ai beaucoup aimé le passage sur Lisbonne que j'ai trouvé
très évocateur de cette ville que j'apprécie beaucoup.
C'est une suggestion plus qu'une réflexion sur le passage du temps,
sur la mémoire, sur la nature éphémère de
la vie, sur les complexités de l'amour
C'est ce qui m'a le
plus intéressée dans cette lecture et c'est ce qui m'en
restera.
La construction du récit est souvent curieuse. Par exemple dans
la deuxième partie, nous apprenons par étapes discontinues
qui sont les compagnons de voyage du narrateur : le nombre de personnes
par sexe et âge, puis le nom de ces personnes et plus loin des caractéristiques
individuelles.
La langue est riche, recherchée, pleine d'érudition, mais
dépourvu de sensations et d'émotions.
Je dois reconnaître avoir dû arrêter plusieurs fois
ma lecture car ressentant une sorte de morosité, de somnolence
ou d'ennui.
Cette lecture a été une expérience très particulière
et déconcertante que j'ai appréciée. Mes impressions
sont difficiles à décrire, car du domaine de la sensibilité
et non de la raison. C'est un livre d'atmosphère. J'ouvre aux ¾.
J'ai commencé et presque achevé la lecture de Rituels.
J'y trouve le même style, la même érudition, des fulgurances,
mais encore plus de longueurs qui ont entraîné un état
de somnolence, donc des arrêts de lecture que j'ai toujours repris
sans effort. Les personnages sont toujours aussi désabusés
J'y ai apprécié des réflexions intéressantes
autour de l'art, des piques au sujet de la religion.
J'ouvre aussi aux ¾.
Jacqueline![]()
Je suis un peu fatiguée
par cette fin d'année et je passerais volontiers tout mon temps
allongée avec un bon bouquin
Celui-ci a été
une expérience curieuse de lecture : je lisais un morceau, c'était
accrocheur, je me trouvais des points communs avec ce narrateur enseignant
sans illusions (ni sur lui ni sur sa place dans le monde actuel). Son
récit ne manquait pas d'humour, mais mon attention restait flottante.
J'étais plongée dans un monde pas très rationnel,
qui s'apparente un peu au rêve avec des détails très
précis, bien vus et des personnages à l'identité
un peu floue, bref, une atmosphère onirique. Très rapidement,
je m'endormais, non pas parce que cela m'ennuyait, mais pour me livrer
à mes propres rêves. Je me réveillais pour reprendre
ma lecture, à peu près là où je l'avais abandonnée
et me rendormais un peu plus loin. Cela ne m'aidait pas à trouver
une cohérence au récit. Mais, j'ai aimé me promener
à Lisbonne et sur l'Amazone. J'ai continué comme ça
jusqu'à la fin, décidée à l'ouvrir à
moitié pour faire la part entre mon réel intérêt
et les absences répétées que mon corps avait manifestées.
Puis je l'ai relu : je me suis rendu compte que j'avais loupé plein
de trucs. L'ensemble a, alors, pris une cohérence. Déjà,
l'histoire entre les quatre principaux protagonistes est devenue une histoire
romanesque, y compris avec l'énigme que laisse pour le lecteur,
comme pour le narrateur, la lettre déchirée de Lisa. On
n'en saura pas plus, non plus, sur les raisons réelles pour lesquelles
Arendt Herst a agressé le narrateur avant de prendre la fuite en
entraînant Lisa. Et Lisa reste la seule de tous ces morts dont on
n'aura jamais le récit
Alors, roman métaphysique comme semble l'indiquer la citation d'Adorno
en incipit ? En tout cas, roman bien construit ! Jolie mise en scène
des côtés dérisoires et aléatoires de la vie.
J'ai quand même eu un peu de mal à reconstituer le récit
Je n'ai pas eu l'impression d'apprendre grand-chose sur l'évolution,
la vie au sens biologique ou sur notre place dans l'univers. C'était
pourtant bien amené par les différents personnages et leurs
échanges ! Est-ce que ça rend philosophique par rapport
à la mort ?
J'avais envie de lire autre chose de cet auteur ; j'avais zappé
qu'il y avait cet autre livre, Rituels, au programme en option !
Après ma relecture, je continue à n'ouvrir qu'à moitié
même si le côté romanesque qui m'avait échappé
m'a finalement bien plu...
Fanny![]()
Je suis très proche de Claire car je n'ai rien compris. J'ai vu
que ça parle de la mort. Qu'il se réveille ailleurs ? Je
n'ai pas de problème, je suis séduite par l'idée.
Mais j'ai à peu près tout oublié.
Le
style érudit d'accord, mais il y a des limites, c'est abscons,
par exemple p. 66 : "Nous
sommes des épigones, nos vies nt abandonné l'ordre du mythe
pour celui de la psychologie. Et nous savons toujours tout, nous formons
notre propre chur monophonique." Et c'est pas le
pire !... Le style est pédant avec des termes techniques juxtaposés,
pas très accessible. Et p. 55 où il faut voir de l'érotisme
: "Et toi, tu voudrais
une crémation ? demandai-je. La question fait son effet dans n'importe
quelle société. Le corps de l'interpellé se trouve
alors ravalé au rang de matière à éliminer
à un moment donné, ce qui ne manque pas de piquant, notamment
dans les situations érotiques." Ah bon c'est érotique
?
Mais je suis allée jusqu'au bout. Je retiens, de manière
terre à terre, la relation avec la collègue, l'humour, le
combat de coqs, et quand il est myope dans le noir...
Comment ça finit ? La phrase de fin : "Et
c'est alors que je lui racontai, que je racontai L'HISTOIRE SUIVANTE".
Bon il y a une boucle. Mais je me suis perdue.
Et Rituels
, je n'ai pas eu envie.
Car il ne m'en reste rien, je suis passée à côté,
je ferme.
J'ai lu l'histoire
du livre, suivie de quelques critiques où je me retrouve :
le roman demeure "un
jeu arbitraire et artificiel avec les mystères les plus profonds
de l'existence" ; "le
niveau visé est affiché avec une telle ostentation que l'auteur,
au final, n'y parvient pas".
Peut-être je n'ai pas lu au bon moment, mais je n'ai pas envie de
faire l'effort de comprendre plus et je suis déjà passé
à... l'histoire suivante
Thomas
et
![]()
Ayant
appris par l'intermédiaire de mon partenaire de crime habituel
(https://www.parislibrairies.fr/)
que le livre du programme n'était disponible que dans 4 librairies
parisiennes, j'étais bien décidé à faire l'impasse.
Quand un ouvrage ne se trouve plus que dans de poussiéreuses malles
d'antiquaire, c'est rarement bon signe ! En plus, si la littérature
néerlandaise est à l'image de leur gastronomie, je préférais
ne pas trop m'en approcher... Mais pour ne pas trop encourir non plus
le déplaisir du groupe, en guise de bonne volonté, j'ai
quand même lu Le chant de l'être et du paraître
que Claire avait envoyé sous format électronique. Vu sa
taille, le coût de l'effort à consentir me paraissait tout
à fait raisonnable... Et, finalement, j'ai regretté que
ce soit si court ! Cette mise en abyme de l'écriture, légère,
drôle, peuplée de références - que je comprenais,
cette fois-là ! - avec en plus un passage en Italie...
Que demander de plus ?
Alors, je me suis emballé, et je me suis attaqué à
Rituels, qui m'a un peu déçu, puis à L'histoire
suivante, espérant retrouver le plaisir de ma première
lecture... Las, la pente était clairement devenue descendante !
Alors, certes, ces deux-là ont encore leur lot de bonnes trouvailles
(la "boucle" de L'histoire suivante, notamment), de phrases
lumineuses et de traits d'humour bien décochés. Mais ça
devenait très décousu, avec, entre ces bons moments, trop
de passages qui m'ont paru beaucoup plus communs ou ennuyeux. Les réflexions
métaphysiques stériles et un peu pédantes - il
faut dire que je sortais de 600 pages d'overdose du Livre
de l'intranquillité de Pessoa, et que je n'avais surtout
pas envie de le retrouver de sitôt... - ces histoires d'amour
ou de "dragouille" - le terme est de Claire, mais je le garde
- entre prof et élève, toutes ces jeunes femmes qui se jettent
sur le narrateur de Rituels de manière totalement désordonnée
et sans la moindre trace de logique, les passages pas toujours franchement
accessibles sur la philosophie antique...
Cela reste assez agréable quand même, au moins par moments,
donc j'ouvre à moitié, mais c'est assez loin du Chant
de l'être et du paraître, qui mérite bien, lui,
un ¾ !
Brigitte
(à
l'écran)
Je croyais ne pas connaître cet écrivain. Les archives de
Voix au chapitre m'ont démentie. Nous avions lu il y a fort
longtemps Le
chant de lêtre et du paraître, que j'avais beaucoup
aimé, mais que j'avais totalement oublié.
J'ai commencé L'histoire suivante en admirant le style,
l'intelligence, l'érudition de l'auteur, mais sans réellement
comprendre de quoi il s'agissait. Cette lecture était pour moi,
comme une poignée d'eau !!
Au fur et à mesure, j'ai commencé à me repérer
un peu parmi les personnages, un prof de latin, très apprécié
de ses élèves, d'autres profs qui assistent aux cours
les uns des autres. Une histoire d'amour esquissée, une bagarre,
un voyage.
Quelques phrases qui donnent à penser :
"On sait bien que la
conversation consiste essentiellement en choses qu'on ne dit pas"
(p. 66)
Ou encore le passage où le personnage est réfléchi
par une forêt de miroirs (p.
71).
C'est seulement en terminant ma lecture que j'ai compris que le sujet
est la Mort : en effet, les cours où le professeur racontait le
suicide forcé de Socrate, dont les élèves sortaient
bouleversés ; ou encore le long voyage en bateau de Belem au Portugal
à Belem en Amazonie, où s'ouvre devant le navire l'entrée
du fleuve alors qu'il laisse derrière lui les deux traces blanches
de son sillage ; ou encore le récit par chacun des voyageurs du
drame qui l'a emporté ; pour se terminer dans l'attente de l'histoire
suivante...
Comment aborder un sujet si grave et si difficile ? L'auteur l'aborde
de face sans faux-fuyant ; ce sujet terrifiant, à la fois banal
et unique dans la vie de chacun de nous, mérite d'être traité
de cette façon. Cees Nooteboom a relevé le défi avec
brio. L'écriture est de grande qualité. J'ouvre en grand.
Jérémy entre
et
![]()
Avant
la lecture : Je n'avais jamais entendu parler de cet auteur avant
de lire cette année sa nécro.
J'ai galéré pour trouver le livre dans les librairies et
même dans les bibliothèques on ne le trouvait guère,
mais bon ce n'est pas pour moi un point négatif l'idée de
niche
Mais en général quand un auteur meurt, il est
réédité, pas là ! Ou en tout cas par pour
l'instant... Est-ce un signe ?
J'ai fini par trouver Rituels et L'histoire suivante : je
n'avais pas d'a priori, mais j'avais quand même plutôt envie
de m'y atteler. Je ne me souviens plus du tout de ce qu'elle racontait
mais la nécro du Monde m'avait plutôt donné
envie. Et puis je n'avais jamais lu d'auteur néerlandais. J'ai
lu Rituels mais pas encore L'histoire suivante.
Après la lecture : J'ai eu du mal à rentrer dedans.
Je me suis beaucoup assoupi. Est-ce l'effet du livre ou de la chaleur
accablante ? Certainement les deux. Je l'ai lu en pointillés et
en grande partie aujourd'hui.
C'est un livre d'atmosphère, nébuleux, inclassable, comme
dit Brigitte. Un livre déconcertant, un peu comme le
Suzanne Jacob que Fanny nous avait fait lire.
Au début, j'ai pensé à L'insoutenable,
légèreté de l'être
de Kundera : l'histoire d'amour et le fait qu'elle soit très libre,
comme chez lui, la manière dont l'intériorité des
personnages est décrite, le fait que les personnages ne semblent
parfois pas avoir réellement de substance mais servent plutôt
de réceptacles à des idées, des concepts, des "thèses",
le fait que leur relation et ce qui s'y joue soient décrits de
manière psychanalytique par le narrateur sans que les personnages
n'échangent ou presque. Inni m'a fait penser au personnage de Tomas
: "la vie entière
d'Inni tournerait autour des femmes : il rechercherait la même extase
auprès des passantes, des amies, des prostituées, des inconnues"
(p. 143).
Mais la dissolution de ce mariage est une fausse piste. Pour moi le "thème"
du livre est : comment être au monde quand on n'est pas de ce monde
? Quand on en rejette les (fausses) valeurs, la marche, le "projet"
? Comment l'habiter quand on ne sait pas ce qu'on y fait et qu'on aurait
préféré ne pas y être ? Nooteboom nous
propose trois archétypes de ces inadaptés pathologiques
: Arnold Taads le misanthrope, Philip le bouddhiste/mystique/fou (?) et
enfin Inni le dilettante/paumé/nihiliste. Le problème, c'est
que c'est un livre à thèse, et qu'on voit un peu trop les
coutures. Kundera aussi a des "thèses", des idées
à faire passer, mais il ne donne plus de chair à ses personnages,
on s'attache à eux, ils nous agacent, il y a une véritable
intrigue, des péripéties. Là, rien de tout ça.
Ces personnages et ce qui leur arrive m'est complètement égal.
Ils sont théoriques.
Par ailleurs, c'est lourd et pesant. C'est à peu près aussi
réjouissant que du Cioran. Je ne suis pas un thuriféraire
de la littérature "good vibes", mais là le livre
n'est pas à mettre entre toutes les mains, et notamment entre celles
de ceux qui pourraient se reconnaître dans ses principaux personnages... !
Sans compter que certains passages, comme la controverse théologique
entre le camérier et Arnold sur l'existence de Dieu, le cours d'Arnold
sur l'existentialisme sartrien ou ceux des antiquaires sur Baldini ou
les Raku, sont particulièrement fastidieux, pour ne pas dire indigestes.
Malgré tout, il faut bien reconnaître qu'il y a des fulgurances,
de belles trouvailles d'écrivains, et des passages qui donnent
à penser. Quelques exemples :
- "à chaque nouveau
cliché qu'il prenait d'elle, c'était un peu de cendre d'Inni
qui se dissolvait dans l'air d'Amsterdam, le nouvel amour était
le crématorium de l'ancien"
- "La montagne, c'est
la majesté de Dieu sur terre."
- "Il mangeait comme
il marchait, hâtivement, avec des gestes mécaniques : il
engrangeait du fourrage."
- "cet après-midi-là
il avait découvert [
] qu'il peut exister entre les êtres
une distance traduisant une altérité si radicale que le
témoin de leurs rapports pense périr de mélancolie."
- "Qui refuse de choisir
périra dans les marécages. Négligence, attention
défaillante, manque de connaissances solides, c'est le côté
fangeux du dilettantisme. La seconde moitié du XXème siècle.
Des chances accrues pour tous. De plus en plus de gens en savent de moins
en moins long sur de plus en plus de sujets. Étalement du savoir
sur la plus grande surface possible." Ce passage m'a fait
penser à un échange entre Charles et le médecin dans
Sarah
et le lieutenant français,
dans lequel le médecin tient le discours inverse et regrette au
contraire que nous soyons rentrés dans une période de spécialistes.
Plusieurs passages qui décrivent bien l'état d'errance dans
lequel se trouve Inni :
-"sa vie se composait
d'évènements qui ne répondaient à aucune conception
d'ensemble, à aucune idée directrice. Il y manquait le fil
conducteur d'une carrière, d'une ambition. Il se contentait d'exister,
fils sans père et père sans fils, et il lui arrivait des
choses."
- "toutes ses rencontres
se déroulaient comme en un film ; lui-même était dans
la salle et suivait attentivement l'action [
] mais il était
incapable d'y prendre part et en dépit de sa sympathie pour le
comédien il demeurait spectateur."
- "à la différence
du plus grand nombre, il ne s'était pas laissé convertir
par les journaux, la télévision [
] à l'idée
que ce monde était "malgré tout" acceptable, du
seul fait de son existence. Il ne l'était pas et ne le serait jamais."
Et puis cette scène très drôle, la seule du livre
il me semble, de la circoncision sous anesthésie locale : "Une
aiguille, du fil : on s'apprêtait à repriser une chaussette,
on la recousait, on refermait la souris pour toujours, on ficelait une
paupiette de souris !".
Bref, je suis content d'avoir découvert cette voix singulière,
mais ce que j'ai lu et ce que vous en avez dit ne m'a pas donné
de poursuivre mon histoire avec Nooteboom en lisant son Histoire suivante.
Je l'ouvre entre ¼ et ½. Je pense qu'il ne m'en restera
assez vite qu'une impression et que je ne le recommanderai à personne.
Enfin, la phrase (ou plutôt le passage) que je retiendrai du livre
: "il considérait
la vie comme un club un peu bizarre dont il était devenu membre
par hasard et dont on pouvait être radié sans explications.
Il avait déjà résolu de quitter ce club dès
que la réunion deviendrait trop ennuyeuse."
(p. 16)
Catherine entre
et
Je ne connaissais pas cet auteur, j'ai commencé par Rituels.
J'étais mitigée à la fin. Je rejoins assez Jérémy,
c'est une ambiance plus qu'une histoire. J'ai bien aimé l'écriture.
Il y a des réflexions qui m'ont intéressée sur la
perte, la mort, la religion, on retrouve certains des thèmes dans
l'autre livre, et ces trois personnages qui n'ont pas trouvé leur
place : le dilettante, Philip qui vit dans sa chambre et est obsédé
par un bol raku et se tue quand il l'a obtenu, Arnold, encore plus misanthrope,
qui skie et passe sa vie cloîtré, lui aussi, avec une obsession
du temps. C'est très particulier, il n'y a pas vraiment de fil
et j'ai trouvé les personnages assez artificiels, je n'ai pas vraiment
n'accroché, on n'y croit pas je trouve. Ce qui concerne le Japon
n'est pas inintéressant, il y a des réflexions sur l'art
et le marché de l'art qui m'ont plu et beaucoup de phrases (que
je n'ai pas notées), de moments qui m'ont interpellée. Quelqu'un
a parlé de fulgurances et c'est tout à fait ça.
J'ai aimé le début de L'histoire suivante, les premières
pages : je me suis laissé embarquer par l'histoire, cet homme qui
se réveille dans une autre ville, un autre pays. Je n'ai pas ressenti
de problème de cohérence. Le narrateur se demande s'il est
mort et on se le demande aussi, on n'est pas sûr, ce qui donne du
charme à l'histoire pour moi ; le mot mort est quand même
répété 5 fois en 3 pages... On ne le saura vraiment
qu'avec la deuxième partie. Parce qu'ensuite on est à Lisbonne,
plongé dans ses souvenirs et surtout celui de son unique histoire
d'amour avec une prof de bio, sa collègue. Cette histoire m'a plutôt
laissée indifférente, à part la scène d'amour
pendant laquelle, privé de ses lunettes, il ne voit qu'"une
masse rosâtre, agrémentée, çà et là,
d'une excroissance farfelue ou d'une tache plus sombre".
J'aime, en revanche, ce qu'il décrit de Lisbonne. J'ai trouvé
le personnage du narrateur attachant, Socrate, ce prof de lettres anciennes
un peu fou, et passionné par l'antiquité, les métamorphoses
d'Ovide et les vers latins, qui mime devant ses élèves
la mort de Socrate, la course folle et la chute de Phaéton, la
mer déchaînée entourant la terre plate. J'ai plutôt
aimé tout ce qu'il raconte sur Antiquité, les citations,
je n'ai pas trouvé ça si pédant que ça (bien
que n'ayant jamais entendu parler de Théophraste évidemment),
il y en a un peu trop mais ça ne m'a pas gênée.
J'ai moins accroché avec la deuxième partie : le voyage
en bateau, très allégorique, et la traversée vers
le Brésil (sauf la description de l'arrivée en Amazonie),
avec un groupe hétéroclite de voyageurs dont on comprend
petit à petit qu'ils sont tous morts aussi ; par moments on ne
voit plus certaines parties de leur corps puis ils redeviennent normaux...
C'est un peu appuyé pour être sûr que le lecteur comprenne
bien, ça m'a même fait penser à du Marc Lévy
(Et si
c'était vrai), en mieux quand même. Chaque personnage
raconte sa mort, lui le dernier, ses compagnons de voyage ont disparu,
et on comprend alors à qui il s'adresse. La boucle est assez sympa,
c'est bien fait. Ça m'a paru au final être un exercice de
style assez brillant. Je suis restée un peu sur ma faim.
J'ai aimé l'écriture, la traduction m'a paru très
bonne, et j'ai aimé l'humour, beaucoup moins présent dans
Rituels.
J'ouvre l'ensemble moitié plus, entre ½ et ¾, plus
proche de la moitié.
Nous parcourons les références jugées prétentieuses ou pas
D'abord,
quelques antiquailleries
L'Antiquité, d'accord, mais c'est vaste l'Antiquité... :
si on se réfère aux limites habituelles, cela va du IVe
millénaire av. J.-C. (invention de l'écriture, vers 3300
av. J.-C.) jusqu'en 476 ap. J.-C.
Voici dans l'ordre croissant, les uvres et auteurs cités
:
- Phédon
de Platon, vers 360 av. J.-C. : ce dialogue se tient le dernier jour de
Socrate.
- Dans Rituels, le narrateur a un pseudo d'auteur de guides, Dr
Strabon, qui renvoie au géographe et historien Strabon
(68 av. J.-C. - 23 ap. J.-C.).
- Caractères
de Théophraste, philosophe péripatéticien (=de l'école
philosophique fondée par Aristote en 335 av. J.-C. au Lycée
d'Athènes) : écrits vers 319 av. J.-C.
- Métamorphoses
d'Ovide : publiées entre 2 et 8 apr. J.-C., qu'on pourrait lire
si ce n'était pas si gros, si long, si..
- Les Histoires
de Tacite : publiées entre 106 et 109.
- Dionysiaques
de Nonnos : écrits entre 450 et 470 ; Nonnos de Panopolis est un
poète grec né en Égypte.
De la période de la Renaissance
- Est évoqué un madrigal de Sigismondo
D'India, compositeur italien (1582-1628), contemporain de Monteverdi.
Catherine trouve ça très beau.
- Est mentionné Giorgio Vasari : "Inni avait lu Vasari",
phrase qu'on ne comprend pas si on ne connaît pas la célébrité
de Vies des peintres,
sculpteurs et architectes : Giorgio Vasari
(1511-1574) est un peintre, architecte et écrivain toscan dont
le recueil biographique est considéré comme une des publications
fondatrices de l'histoire de l'art. Dix tomes en ligne ici
; publiés en Grasset, coll. Cahiers rouges, en deux
tomes.
Du
XXe siècle
- Philip Taads, dans Rituels, évoque l'importance d'une
nouvelle de Kawabata, Thousand Crabes
(Mille grues, traduit Nuée
d'oiseaux blancs) ; Nuée
d'oiseaux blancs est l'un des trois romans
cités par le comité Nobel pour décerner à
Yasunari Kawabata le prix Nobel de littérature, avec Kyôto
et Pays
de neige (lu dans le groupe, ainsi que Les Belles endormies),
roman sélectionné dans la Collection
Unesco d'uvres représentatives.
- Proust figure bien évidemment, à
propos de l'antiquaire érudit : "'Bonjour,
monsieur, lui lança Bernard Roozenboom. Je ne te serre pas la main,
on est en train de me manucurer. Voici Mme Theunissen. Elle commande à
mes ongles depuis mon plus jeune âge.
- Bonjour madame', dit Inni.
La dame fit un petit salut de la tête. La dextre de Bernard reposait
comme un patient anesthésié dans la main gauche de la manucure,
sous un petit spot qui dispensait une lumière crue de salle d'opération.
Lentement, elle limait un à un les ongles roses au-dessus d'une
cuvette d'eau. Jusqu'au jour où il avait vu le portrait de Lodewijk
van Deyssel par Keses
Verwey, Inni avait toujours pensé que Bernard Roozenboom correspondait
à l'idée qu'il se faisait du baron de Charlus, encore que
cet aristocrate eût probablement peu apprécié de ressembler
à ce qu'il appelait 'un israélite'. Il est vrai que
plus personne ne savait à quoi ceux-ci ressemblaient depuis que
les journaux publiaient des photos de femmes-soldats israéliennes
à la blondeur éclatante. La prestance ducale du nez de Bernard
semblait sortie tout droit de ses dessins Renaissance, ses cheveux clairsemés
possédaient cette rousseur nordique qui s'harmonise si bien au
tweed et ses yeux bleu clair n'avaient rien des étincelantes cerises
noires de l'auteur de la Recherche du temps perdu ou plutôt,
selon une prononciation qu'il affectionnait, 'perda'. Et puis,
hormis Proust lui-même et ses lecteurs, personne n'avait jamais
vu le baron, si tant est qu'il fût possible de voir une créature
de papier. Quoi qu'il en soit, si quelqu'un travaillait assidûment
son futur personnage de vieillard venimeux - Charlus et Van Deyssel, chacun
à sa manière, en avaient offert de beaux exemples - c'était
bien Bernard. Scepticisme, arrogance, distance hautaine,
tout conspirait dans ce visage à rendre plus blessants encore les
aphorismes mordants dont il gratifiait amis et ennemis, et cette qualité
d'insolence se trouvait encore accrue par l'indépendance financière,
une intelligence aiguë, une vaste culture et un célibat endurci.
Les costumes qu'il faisait tailler à Londres masquaient non sans
peine une silhouette massive et quelque peu rustique ; toute sa personne
répandait - selon sa propre expression - une odeur provocante de
passé." (p. 169)
- Petit couplet féministe dans
Rituels, qu'il faut replacer à l'époque de la publication
(1980 aux Pays-Bas) : "Les
femmes dominaient le monde, parce qu'elles en avaient la gestion quotidienne.
Jamais Inni n'aurait le sentiment de 'prendre', de 'conquérir'
une femme, autant d'éléments d'une terminologie stupide
inventée pour masquer la vérité : l'on se livrait
- lui se livrait, en tout cas - aux femmes avec un abandon total, source
de perpétuels malentendus. Si le monde était une énigme,
les femmes incarnaient la force qui maintenait en mouvement ce mystère
palpitant, elles seules en détenaient les arcanes. Si peu qu'il
y eut à comprendre au monde, on n'y accédait que par les
femmes. Les amitiés masculines pouvaient aller très loin,
elles s'arrêtaient toujours à la face rationnelle des choses ;
certaines femmes possédaient aussi cette rationalité, mais
elle leur était donnée en sus. Les femmes étaient
plus vraies, plus directes que le langage, elles étaient des médiatrices.
Il lui semblait que les femmes lui permettaient d'avoir part lui-même
à la féminité - autant qu'il était en son
pouvoir - et qu'il n'eût pu survivre sans cette possibilité.
Non qu'il eût jamais désiré changer physiquement de
sexe : au contraire, l'idée de cette femme invisible présente
dans son corps viril lui procurait une énigmatique sensation de
duplicité. S'il méritait la qualification d''homme à
femmes', c'était au même titre qu'un personnage mythologique
peut être dit 'homme-oiseau'. Il détestait l'attitude
de la plupart des mâles à l'égard des femmes car,
même s'il agissait
comme eux, sa motivation était autre. Il savait, lui, ce qu'il
cherchait. Le sexe n'était pas la fin, mais seulement un moyen,
un délicieux moyen de transports. Les femmes, toutes les femmes,
étaient le véhicule qui vous conduisait au voisinage, sous
le rayonnement direct, du secret dont elles seules, et non les hommes,
détenaient la clé. Les hommes (mais il lui faudrait attendre
bien longtemps avant de pouvoir formuler cette vérité) vous
apprenaient de quoi était fait le monde, les femmes ce qu'il était."
(Rituels, p. 143-144)
Récits et voyages
- Le
Bouddha derrière la palissade : un voyage à Bangkok,
récit, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 1989.
- Une
année allemande : chroniques berlinoises 1989-1990, trad.
sous la direction de Philippe Noble, Actes Sud, 1990.
- Désir d'Espagne : mes détours vers Santiago, trad.
Anne-Marie de Both-Diez, Actes Sud, 1993. Le
labyrinthe du pèlerin : mes chemins de Compostelle, trad.
Anne-Marie de Both-Diez et Philippe Noble, Actes Sud, 2004. Nouvelle édition
augmentée de Désir d'Espagne, 1993, avec des photographies
et trois récits supplémentaires.
- L'enlèvement
d'Europe, trad. Philippe Noble et Isabelle Rosselin, Calmann-Lévy,
1994.
- Du
printemps, la rosée, souvenirs de voyages en Extrême-Orient,
trad. Anne-Marie de Both-Diez, Actes Sud, 1995.
- Hôtel
Nomade, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 2003.
- Un
art du voyage, Cees Nooteboom et Eddy Posthuma de Boer, trad.
Philippe Noble et Anne-Marie de Both, Actes Sud, 2006.
- Pluie
rouge, récits, trad. Philippe Noble, dessins Jan Vanriet,
Actes Sud, 2008.
- Tumbas : tombes
de poètes et de penseurs, avec des photographies de Simone
Sassen, trad. Annie Kroon, Actes Sud, 2009.
- 533 : le livre
des jours, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 2019.
- Venise : le
lion, la ville et l'eau, photographies de Simone Sassen,
trad. Philippe Noble, Actes Sud, 2020.
Essais et écrits sur l'art
- Zurbarân
& Cees Nooteboom : XVIIe siècle, trad. Anne Champonnois,
Charenton, Flohic, 1992.
- Zurbaran
: uvres choisies, 1625-1664, trad. Philippe Noble, Hazan, 2011.
- Lettres
à Poséidon, trad. Philippe Noble, Actes Sud, 2013.
- Un
sombre pressentiment : à la rencontre de Hieronymus Bosch,
trad. Philippe Noble, Phébus, 2016.
- Dans
les arbres fleurissent des pierres : le monde imaginaire de Giuseppe Penone,
trad. Philippe Noble, Actes Sud, 2025p.
Anthologies
- J'avais
bien mille vies et je n'en ai pris qu'une, textes choisis et présentés
par Rüdiger Safranski, trad. de l'allemand et du néerlandais
Philippe Noble, Actes Sud, 2016.
Traducteur d'une vingtaine de livres de Cees Nooteboom, Philippe Noble est l'un des traducteurs et médiateurs culturels les plus importants entre les Pays Bas et la France, jouant un rôle décisif dans la diffusion de la littérature néerlandaise contemporaine auprès du public francophone.
Enseignant à l'Université Paris IV (1979-1992), il a formé plusieurs générations d'étudiants en langue et littérature néerlandaises.
Il a été directeur de l'Institut français d'Amsterdam, acteur clé de la diplomatie culturelle, et directeur de la collection "Lettres néerlandaises" chez Actes Sud (1987-2026), collection de référence qui a permis l'introduction en France de nombreux auteurs néerlandais majeurs. Il se présente ainsi :
"Je suis né en France en 1949, sans aucun
lien familial ou culturel avec le monde néerlandophone ; cest
un amour de vacances qui ma fait découvrir les Pays-Bas en
1970. Jai fait des études de lettres classiques (langues
et littératures grecque, latine et française), puis à
partir de 1971-1972, de néerlandais à Paris et à
Amsterdam. Jai enseigné le néerlandais à la
Sorbonne de 1979 à 1992, puis travaillé pour le ministère
français des Affaires étrangères, comme directeur
de centre culturel (à Amsterdam puis à Vienne), conseiller
culturel, ou responsable dun réseau de coopération
universitaire entre la France et les Pays-Bas.
À côté de ces métiers variés, jai
traduit 63 titres du néerlandais en français (et deux en
sens inverse) depuis 1980. Dans les années 1980, jai commencé
à traduire des auteurs néerlandais pour les éditions
du Seuil (Etty Hillesum) ou Calmann-Lévy (Cees Nooteboom, Harry
Mulisch, J. Bernlef, Anne Frank). Au total, je nai guère
traduit quune vingtaine dauteurs Nooteboom qui se taille
la part du lion, Stefan Hertmans, Multatuli, David Van Reybrouck, Arnon
Grunberg
mais jai touché à tous les genres,
roman, essai, poésie ou même théâtre, à
lexception de la littérature de jeunesse."
Deux entretiens très intéressants :
-"Le
traducteur est un "chercheur" dun genre particulier",
entretien avec Philippe Noble, par Olivier Sécardin, Relief
(revue de littérature française scientifique internationale
consacrée aux études littéraires et culturelles),
juillet 2021.
- Sur le site Les Plats Pays : "Passage
de flambeau pour Lettres néerlandaises : Philippe Noble
et Guillaume Deneufbourg en conversation", 25 mars 2026.
Écrire
- 1955 : premier roman publié, Philippe
et les autres. Ce texte romantique, apprécié par
la critique, est le récit du périple d'un jeune homme parti
en stop à travers l'Europe.
- 1963 : deuxième roman Le
chevalier est mort, plus "expérimental".
- Dans les années 1960 et 1970, il se tourne vers les reportages
et les récits de voyage, en publiant dans la presse, notamment
dans la revue Avenue.
Comme reporter, il est présent à des moments marquants de
l'histoire, à Budapest lors de l'invasion russe en 1956, à
Paris en mai 1968 ou à Berlin lors de la chute du mur en 1989,
comme on peut lire dans Une
année allemande (1990).
- 1980 : il revient au roman en publiant Rituels qui le fait connaître
auprès du grand public et à l'étranger. Le
Chant de l'être et du paraître
(1981), L'histoire
suivante (1991) et Le
jour des morts (1998) consolident cette renommée internationale,
alors que les relations avec la critique néerlandaise sont plus
difficiles.
- Récompensé par de grands prix littéraires, dont
le Prix P.C. Hooft (2005), le Prix des Lettres néerlandaises (2009),
le Prix de l'État autrichien pour la littérature européenne
(2003) et le Prix Formentor (2020), il lui a manqué le Prix Nobel
de littérature, pour lequel il a été pressenti à
plusieurs reprises.
Facettes de l'auteur et de l'uvre
Le voyage est pour Nooteboom une "forme concentrée de l'écriture".
Tant dans le voyage que dans son écriture, le regard a une place
importante : il n'est pas étonnant qu'il publie des récits
avec des photographes, principalement Eddy
Posthuma de Boer et son épouse Simone Sassen ; avec elle, il
compose Tumbas
(2007) et Saigoku
(2013, non traduit en français), témoignage de leur pèlerinage
aux temples de Kyoto.
Son regard curieux et précis inspire ses écrits sur l'art
(notamment sur Jérôme Bosch ou Giuseppe Penone), ses récits
de voyage, par exemple son portrait de la ville dans Venise
: le lion, la ville et l'eau (2020), dans ses romans et nouvelles,
ainsi que dans ce livre hybride 533
: le livre des jours (2016).
Le thème du regard résonne aussi dans les titres des recueils
de poèmes L'il
du moine (2016) et Le
visage de l'il. Nooteboom est plus connu comme écrivain-voyageur,
mais il a publié de nombreux recueils de poésie dès
les années 1950. Sa poésie, à la langue lapidaire,
s'inscrit dans les mêmes thématiques qui parcourent toute
son uvre : le temps qui passe, la mort, les tensions entre différentes
manières d'être au monde.
(Ces repères biographiques viennent d'un hommage
de la BNF en 2026 juste après sa mort.)
Les potins
Trois relations importantes connues :
- Fanny Lichtveld, première épouse (mariage en 1957, séparation
en 1964) : elle est la fille du propriétaire du bateau sur lequel
il sétait embarqué comme matelot épisode
qui appartient à sa légende personnelle de voyageur.
- Liesbeth List, chanteuse et actrice néerlandaise, sa compagne
après son divorce. Ils voyagent ensemble en Asie (Indonésie,
Japon, Malaisie, Birmanie), voyages qui nourrissent plusieurs de ses récits.
- Simone Sassen, photographe, sa dernière compagne puis épouse :
ils sinstallent à Minorque, où ils vivront plus de
cinquante ans de 1971 jusquà sa mort en 2026. Ils collaborent
aussi artistiquement : Tumbas (2007), Saigoku (2013).
Dans ses dernières années, alors quil souffrait de
Parkinson, les articles soulignent la présence très attentive
et protectrice de Simone Sassen.
Vidéo
- Un livre, un jour, Olivier Barrot, France
3, sur le roman Perdu le paradis, 19 octobre 2006, 2 min 28, sur
le site de l'INA.
- Conférence et entretien avec Cees Nooteboom, Philippe Noble son
traducteur et Margot Dijkgraaf, 6 avril 2016, BNF-Fondation Del Duca-Institut
de France, en ligne sur
le site de la BNF, 1 h 14 min.
- Lecture de poèmes par lui-même dans sa maison d'Amsterdam,
sur le site d'Actes
Sud, novembre 2021,
4 min.
Articles
Florence Noiville a fait de nombreux articles
dans Le Monde sur cet auteur. Dans son
livre Écrire c'est comme l'amour,
rassemblant des entretiens avec de grands écrivains, pour
lequel elle était venue dans le groupe en 2019, elle lui consacrait
ce premier article, une rencontre : "Le
magnétisme des pierres", Florence Noiville, 8 septembre
2006.
Elle signe aussi les deux premières pages d'un dossier du Monde
sur la littérature
néerlandophone (que nous fréquentons si peu...), 25
mai 2018.
C'est Nils Ahl
l'auteur de l'article du
Monde à l'occasion
de sa mort récapitulant son parcours
: "Cees Nooteboom, grand écrivain
néerlandais mû par un goût insatiable pour l'ailleurs,
est mort", 11 février 2026.
Le Figaro commence son article nécrologique "Mort
de Cees Nooteboom, cet écrivain majeur oublié des jurés
Nobel" par cette phrase : "En France, lauteur
était presque un inconnu"...
Nous constatons d'ailleurs la difficulté à trouver des échos
détaillés du livre que nous lisons dans la presse française.
Heureusement, voilà des infos internationales :
Une origine très hollandaise
Chaque année, depuis 1932, les Pays-Bas organisent la Boekenweek
(la Semaine du Livre), un événement national très
important : pendant une semaine, toute personne qui achète un ou
des livres pour un montant déterminé reçoit gratuitement
un petit livre spécialement écrit pour loccasion par
un auteur sollicité à cette fin : le Boekenweekgeschenk
(cadeau de la semaine du livre). Le tirage est considérable,
de plus de 500 000 exemplaires : le livre est publié par la Fondation
pour la promotion collective du livre néerlandais (CPNB).
En 1991, lauteur choisi fut Cees Nooteboom et le texte quil
a écrit pour loccasion est précisément L'Histoire
suivante.
Pour info rigolote, en 2024, ce n'est pas un auteur mais six auteurs,
tous de la même famille, les Chabot
qui sont choisis : voici le film
de 1h30 les présentant, trop drôle, le livre a de plus une
couverture signée s'il vous plaît Marlene
Dumas...
Bref, Cees Nooteboom est donc choisi...
La conception du livre
Il a évoqué sa création laborieuse
lors de diverses interviews (dont les émissions de radio citées)
: "Je n'avais toujours pas d'idée précise, même
si quelque chose commençait à se dessiner. Je cherchais
un lieu. Mon intuition et je l'écoute toujours me
disait : Lisbonne. J'ai acheté quelques guides de voyage et
je m'y suis rendu. J'ai arpenté la ville pendant une semaine. Je
prenais des notes, je décrivais les rues, les places, les restaurants,
sans vraiment savoir à quoi je m'apprêtais à répondre.
C'était en juin. Le manuscrit devait être rendu en octobre.
C'est là que j'ai commencé à paniquer."
Concernant le sujet du récit, l'auteur a déclaré
dans une autre interview : "Pour moi, c'est simplement une histoire
de mort. Un homme meurt à Amsterdam et voit sa vie défiler
devant ses yeux en quelques secondes."
La publication
L'histoire suivante a été
publié pour la première fois à 540 000 par la
Fondation (par le CPNB). Un an plus tard, une deuxième édition
a été publiée par De Arbeiderspers à
Amsterdam, suivie dune troisième en 2000. Le roman a également
connu une large diffusion à l'étranger.
Les réactions
Het volgende verhaal (L'histoire suivante)
a d'abord bénéficié d'une attention considérable
dans la presse néerlandophone, offert à l'occasion de la
Semaine du livre, et - étonnant ! - le jugement de plusieurs
critiques de renom s'est révélé résolument
négatif. Ensuite, l'ouvrage en traduction a fait l'objet de nombreux
débats dans la presse internationale, témoignant d'une admiration
quasi unanime. Voyons de plus près.
À en juger par les premières critiques dans la presse néerlandaise,
on peinerait à comprendre un tel engouement. Dans les articles
franchement négatifs (de grands critiques, parus dans les équivalents
de Le Monde, Libération, Les Échos, Le Figaro,
L'Obs, Le Point, Marianne), le caractère
prétendument prétentieux de l'ouvrage est la principale
cible : Reinjan Mulder dans pour le NRC Handelsblad, par exemple,
reconnaît que le livre gagne en profondeur à la seconde lecture.
Carel Peeters dans Vrij Nederland : "Tout ce qu'écrit
Nooteboom est d'une élégance, d'une érudition, d'une
originalité et d'un mystère remarquables, mais je ne parviens
pas à m'intéresser véritablement au protagoniste
de L'histoire suivante. Il agit et pense, c'est tout ; cela me laisse
de marbre. De ce fait, je ne souhaite pas non plus me pencher sur les
subtilités de son histoire." Pour Arnold Heumakers de
De Volkskrant, le roman demeure "un jeu arbitraire et artificiel
avec les mystères les plus profonds de l'existence". Selon
lui, l'histoire prend un tournant "kitsch chic" en raison de
l'abondance de symboles et d'allusions antiques ; il estime que "le
niveau visé est affiché avec une telle ostentation
que l'auteur, au final, n'y parvient pas". Le critique du NRC-Handelsblad
doit "réprimer l'envie de refermer le livre définitivement"
pendant sa lecture. À l'inverse, plusieurs
critiques élogieuses paraissent dans Trouw, Utrechts
Nieuwsblad et Nederlands Dagblad (équivalents de La Croix,
Ouest France, Le Parisien, Réforme, Le Monde Idées)
Inge van den Blink, par exemple, qualifie le récit de "merveilleusement
beau", "subtil" et "ingénieux".
Selon Hans Werkman, le livre recèle d'innombrables passages sublimes,
même s'il le juge trop difficile à offrir pour la Semaine
du livre. T. van Deel, quant à lui, parle d'"un des meilleurs
cadeaux imaginables pour la Semaine du livre" (tout ceci figure
dans un article sur la réception du livre par Ton Brouwers, septembre
2007, sur
le site DNBL).
En Allemagne, il devient un best-seller, notamment grâce
à la critique très positive dans l'émission télévisée
Das literarische
Quartett (octobre 1991 : le lendemain, le livre est épuisé
dans toute l'Allemagne). D'innombrables éditions ont été
publiées dans ce pays, et le livre a suscité un intérêt
plus général pour l'uvre de Nooteboom.
L'histoire suivante est l'ouvrage le plus traduit de l'auteur et figure
parmi les uvres littéraires néerlandaises les plus
traduites.
Ce roman a été récompensé à plusieurs
reprises par des prix littéraire : prix
Aristeion de littérature européenne en 1993 (entre nos
fréquentations : Echenoz, Herta Müller, Ruschdie, Tabucchi...),
puis, un an plus tard, le plus petit prix Dick Martens de la ville belge
Alost, puis en 1994 le prix
littéraire Grinzane-Cavour de la province de Turin (entre nos
amis Thomas Bernhard, Nadine Gordimer, Nathalie Sarraute, Vargas Lhosa,
Jorge Amado, Kadaré, Lioudmila Oulitskaïa...)
Voici quand même un article universitaire assez récent et
prise de tête : "L'impuissance
à jamais bouger de nouveau" : Mort, (im)mobilité
et voyage cognitif dans L'histoire suivante (1991) de Cees Nooteboom",
Thomas Pierrart, Astrolabe, n° 51, décembre 2020.
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Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme
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