Extrait du site du Figaro

Quatrième de couverture : « Après la mort de sa mère, Yazid, le narrateur, décide de retourner rue Darwin dans le quartier Belcourt, à Alger. "Le temps de déterrer les morts et de les regarder en face" est venu.
Une figure domine cette histoire : celle de Lalla Sadia, dite Djéda, toute-puissante grand-mère dont la fortune s’est bâtie à partir du bordel jouxtant la maison familiale. C’est là que Yazid a été élevé, avant de partir pour Alger. L’histoire de cette famille hors norme traverse la grande histoire tourmentée de l’Algérie, des années cinquante à aujourd’hui.

Encore une fois, Boualem Sansal nous emporte dans un récit truculent et rageur. Les héros y sont les Algériens, déchirés entre leur patrie et une France avec qui les comptes n’ont toujours pas été soldés. Il parvient à introduire tendresse et humour jusque dans la description de la corruption, du grouillement de la misère, de la tristesse qui s’étend… »


 

Boualem SANSAL
Rue Darwin

Nous lisons ce livre pour le 24 février 2017.
Et le groupe breton pour le 9 mars.


Repères bio et bibliographiques
Écrivain algérien d'expression française, outre des nouvelles, des ouvrages techniques chez divers éditeurs, il a publié aux éditions Gallimard des romans et des essais. Censuré dans son pays d'origine à cause de sa position très critique envers le pouvoir en place, il habite néanmoins toujours en Algérie.

Romans
- 1999 : Le Serment des barbares
- 2000 : L'Enfant fou de l'arbre creux
- 2003 : Dis-moi le paradis
- 2005 : Harraga
- 2008 : Le Village de l'Allemand ou Le journal des frères Schiller
- 2011 : Rue Darwin
- 2015 : 2084 : la fin du monde. Grand prix du roman de l'Académie française 2015

Essais
- 2006 : Po
ste restante : Alger : lettre de colère et d'espoir à mes compatriotes
- 2007 : Petit éloge de la mémoire : quatre mille et une années de nostalgie
- 2013 : Gouverner au nom d'Allah : islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe

Parcours en lien avec ses livres
- Né en 1949 dans un petit village algérien.
- Formation d'ingénieur à l'École nationale polytechnique d'Alger et doctorat d'économie.
- Enseignant, consultant, chef d'entreprise et haut fonctionnaire au ministère algérien de l'Industrie. Il sera limogé en 2003 pour ses prises de position critiques contre le pouvoir en place particulièrement contre l'arabisation de l'enseignement.
- En 1999, il publie son premier roman, Le Serment des barbares, qui reçoit le prix du premier roman et le prix Tropiques ; succès de librairie, invitations en France ou en Allemagne.
- Son troisième roman, Dis-moi le paradis, publié en France en 2003, est une description de l'Algérie post-colonisation, à travers les portraits de personnages que rencontre le personnage principal lors de son voyage à travers ce pays. Le ton est très critique envers le pouvoir algérien (se moquant de Boumediene, critiquant ouvertement la corruption, l'incapacité à gérer les suites de l'indépendance et attaquant parfois violemment les islamistes). Ce livre est l'une des raisons qui ont conduit le pouvoir à limoger l'auteur de son poste de haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie algérien.
- En 2003, Boualem Sansal est rescapé du séisme meurtrier qui a touché sa région à Boumerdès. Après avoir été porté disparu pendant un certain temps, il est retrouvé grâce à un appel lancé par la télévision algérienne.
- En 2005, s'inspirant de son histoire personnelle, il écrit Harraga (Harraga qui signifie "brûleur de route", surnom que l'on donne à ceux qui partent d'Algérie, souvent en radeau dans des conditions dramatiques, pour tenter de passer en Espagne). Pour la première fois, les personnages principaux sont deux femmes : une médecin pédiatre qui vit dans la misère à Alger recueille une jeune femme enceinte. Là aussi, le ton est très critique envers le pouvoir algérien : l'argent du pétrole coule à flots, mais accaparé par une minorité de dirigeants, le peuple est dans la misère et les jeunes vont tenter leur chance ailleurs.
- Son livre Poste restante : Alger : lettre de colère et d'espoir à mes compatriotes, publié en 2006, est resté censuré dans son pays. Après la sortie de ce pamphlet, il est menacé et insulté, mais il décide de rester en Algérie. Sorti l'année suivante, Petit éloge de la mémoire : quatre mille et une années de nostalgie, est un récit épique de l'aventure berbère.
- Boualem Sansal est lauréat du grand prix RTL-Lire 2008 pour son roman Le Village de l'Allemand ou Le journal des frères Schiller, censuré en Algérie, car il fait le parallèle entre islamisme et nazisme. Le livre raconte l'histoire du SS Hans Schiller, qui fuit en Égypte après la défaite allemande, et se retrouve ensuite à aider l'armée de libération algérienne, pour finalement devenir un héros de guerre et se retirer dans un petit village perdu.
- En 2007, il reçoit le prix Édouard-Glissant, destiné à honorer une œuvre artistique marquante de notre temps selon les valeurs poétiques et politiques du philosophe et écrivain Édouard Glissant (réflexion sur le métissage et toutes les formes d’émancipation, celle des imaginaires, des langues et des cultures).
- En 2011, il remporte le prix de la paix des libraires allemands, pour la manière dont il "critique ouvertement la situation politique et sociale de son pays". En mars 2008, il choisit de se rendre au Salon du livre de Paris, malgré la polémique soulevée dans le monde arabe quant au choix d'Israël comme invité d'honneur et l'appel au boycott venant des pays arabes et de certains intellectuels. Il s'en explique par la formule : "Je fais de la littérature, pas la guerre", et en ajoutant "La littérature n'est pas juive arabe ou américaine, elle raconte des histoires qui s'adressent à tout le monde." Ce choix aggrave sa situation en Algérie.
- En 2011, il publie un nouveau roman, celui que nous avons choisi de lire, Rue Darwin, l'histoire d'une famille prise dans la guerre d'Algérie. C'est un livre très personnel, écrit trois mois après la mort de sa mère. Le personnage de Yaz ressemble beaucoup à Boualem Sansal ; par ailleurs, la rue Darwin est une rue où l'auteur a vécu dans son enfance, à cent mètres de la maison d'Albert Camus.
Connu pour ses propos critiques envers toute forme de religion, et l'islam en particulier, il dit dans une interview au sujet de ce livre : "La religion me paraît très dangereuse par son côté brutal, totalitaire. L'islam est devenu une loi terrifiante, qui n'édicte que des interdits, bannit le doute, et dont les zélateurs sont de plus en plus violents. Il faudrait qu'il retrouve sa spiritualité, sa force première. Il faut libérer, décoloniser, socialiser l'islam." ("Il faut libérer l'islam", entretien avec Marianne Payot, L'Express, 24 août 2011)
- En mai 2012, il participe à la troisième édition du Festival international des écrivains à Jérusalem, suscitant de nombreuses critiques dans le monde arabe. En juin 2012, il reçoit le prix du Roman arabe pour son livre Rue Darwin, avec l'opposition des ambassadeurs arabes qui financent le prix. En octobre 2012, Boualem Sansal et l'écrivain israélien David Grossman, avec le soutien du Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe, ont lancé "L’appel de Strasbourg pour la paix" dans le cadre du premier Forum mondial de la démocratie organisé par le Conseil de l’Europe ; près de 200 écrivains venant de cinq continents ont depuis signé cet appel, et se sont déclarés prêts à s’engager pour faire progresser la paix et la démocratie partout dans le monde.
- En 2013, l'Académie française lui décerne le grand prix de la francophonie, destiné à “couronner l’œuvre d’une personne physique francophone qui, dans son pays ou à l’échelle internationale, aura contribué de façon éminente au maintien et à l’illustration de la langue française”.
- En 2015, il obtient le Grand prix du roman de l'Académie française pour son roman 2084 : la fin du monde. Ce roman de science-fiction crée un monde fondé sur l'amnésie et la soumission à un dieu unique. Inspiré de 1984 d'Orwell, le pouvoir religieux extrémiste a lancé une nouvelle langue, l'abilang.
- Il met régulièrement en garde contre la progression de l'islamisme, particulièrement en France ; à la fondation Varenne, le 13 décembre 2016, il déclare que les Algériens sont "inquiets parce qu’ils constatent jour après jour, mois après mois, année après année, que la France ne sait toujours pas se déterminer par rapport à l’islamisme : est-ce du lard, est-ce du mouton, est-ce de la religion, est-ce de l’hérésie ? Nommer ces choses, elle ne sait pas, c’est un souci. Pendant ce temps, le boa constrictor islamiste a largement eu le temps de bien s’entortiller, il va tout bientôt l’étouffer pour de bon."
- Sa dernière prise de position dans Le Monde en janvier 2017 : "La radicalisation doit être traitée comme un enjeu euroméditerranéen".

 

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