Quatrième de couverture :

« Marie-Claire. Une enfance de bergère orpheline, en Sologne, au début de la IIIº République… Le petit peuple prend la parole, servi par la sincérité, la simplicité de l‘auteur. Une émotion inoubliable.

L’Atelier de Marie-Claire. En 1920, dix ans après le triomphe de Marie-Claire, Marguerite Audoux donnait une suite à son roman. L’Atelier de Marie-Claire dépeint la vie quotidienne de la bergère solognote, devenue adolescente et montée à Paris pour apprendre le métier de couturière. La solitude, la misère, le mal y sont évoqués avec la même bouleversante économie de moyens que dans Marie-Claire. Marguerite Audoux prend, ici, la parole au nom du prolétariat des villes, après l’avoir prise au nom de celui des campagnes. La guerre de 1914-1918 ayant changé les mentalités et la mode s’étant détournée de l’auteur, ce deuxième roman n’obtint pas le succès du premier. On sait, aujourd’hui, que « l’Atelier de Marie-Claire » est un chef-d’œuvre au même titre que Marie-Claire, et qu’il en est indissociable. »


 

Marguerite Audoux
Marie-Claire
(1910)
suivi de
L'atelier de Marie-Claire (1920)

En présence du biographe de Marguerite Audoux, Bernard-Marie Garreau.

Nous lisons ce livre pour le 8 décembre 2017.
C'est une relecture pour quelques-uns car nous avions lu Marie-Claire 15 ans auparavant...

Documentation sur Marguerite Audoux
- Le prix Femina
- La biliothèque Marguerite Audoux
- Le parcours étonnant de Marguerite Audoux
- Le magazine Marie Claire
- Le musée Marguerite Audoux
- Le prix Marguerite Audoux
- Aujourd'hui, Marguerite Audoux n'est plus lue
- Les biographies
- Bernard-Marie Garreau, le spécialiste : livres, articles
- D'autres voix sur Marguerite Audoux
- Le "Groupe de Carnetin"
- Sur la littérature "prolétarienne"
- La liste complète des écrits publiés de Marguerite Audoux

Marguerite Audoux, simple ouvrière, ancienne bergère, reçoit le Prix Femina en 1910. Même le New York Times en parle..., voyez cet article "Sewing woman, nearly blind, wins prize for novel" du 1er janvier 1911. 100 000 exemplaires vendus l'année du prix !

Le prix Femina
Il est créé en 1904 par vingt-deux collaboratrices du magazine La Vie heureuse, afin de constituer une contre-proposition au prix Goncourt qui consacrait de facto des hommes. Le jury est exclusivement féminin. Anna de Noailles en fut la première présidente, y siégeaient Lucie Delarue-Mardrus, Séverine et d'autres "femmes de lettres".

La bibliothèque Marguerite Audoux
Il existe à Paris une bibliothèque municipale Marguerite Audoux, au nom choisi en raison du fait que le 3e arrondissement où elle se trouve était un quartier ouvrier, avec des ateliers comme celui où Marguerite Audoux a travaillé.

Le parcours étonnant de Marguerite Audoux (1863-1937)
- En deux pages, on découvre de manière synthétique "Le destin peu commun de l'auteur de Marie-Claire" (Les Cahiers de la rue Ventura, n° 35, mars 2017).
- A la bibliothèque citée, une excellente biographie en quelques pages illustrées y est disponible : Marguerite Audoux orpheline, bergère, couturière et romancière.

Le magazine Marie Claire
Fondé en 1937 par Jean Prouvost, grand patron de presse, dont le nom (sans trait d'union) vient du roman :
- voici la couverture du premier numéro 1er mars 1937
- et un bilan pour les 50 ans du Marie Claire nouvelle formule créée en 1954 : "Marie Claire, un demi-siècle engagé", Catherine Mallaval, Libération, 17 septembre 2004.

Le musée Marguerite Audoux
Ouvert depuis 2015, le musée de Sainte-Montaine (village où Marguerite Audoux fut bergère), est consacré à Marguerite Audoux. Il présente la romancière à travers son œuvre, ses amitiés littéraires (Alain-Fournier, André Gide, Octave Mirbeau, Maurice Genevoix…) et son attachement à la Sologne. Une collection composée de ses objets personnels jalonne le parcours : meubles de Francis Jourdain, livres, correspondance, manuscrits originaux, accessoires d’écriture, tableaux, photos, etc.

Le prix Marguerite Audoux
François Escoube crée le prix Marguerite Audoux en 1997 ((dernier prix décerné en 2013) ainsi qu'un prix Marguerite-Audoux des collèges que décernent les collégiens du Cher (département d’origine de Marguerite Audoux), à l'instar des membres du jury du prix national, à un ouvrage de littérature de jeunesse récemment publié et dont le thème ou l'univers rejoignent ceux de Marguerite Audoux. Ont fait partie du jury du prix national : Marie Desplechin, Pierrette Fleutiaux, Anne-Marie Garat, Benoîte Groult, Marc Lambron et Bernard-Marie Garreau.

Aujourd'hui, Marguerite Audoux n'est plus lue
Il faut remonter dans le temps pour trouver des articles dans la presse, au moment où Grasset réédite dans la collection "Cahiers rouges" Marie-Claire et L'Atelier de Marie-Claire :
- "Don Quichotte : les malheurs de Cousette", Gérard Meudal, Libération, 24 novembre 1987.
- "Marguerite Audoux, la magicienne : entre Colette et le Douanier Rousseau, une romancière à redécouvrir", Le Monde, 15 janvier 1988.
-
Un sursaut en 2013... : Marguerite Audoux gagne une notice dans un ouvrage de référence (sous le parrainage de l'Unesco) en trois tomes, Le Dictionnaire universel des créatrices, dir. Béatrice Didier, Antoinette Fouque, Mireille Calle-Gruber, éditions des femmes-Antoinette Fouque, 2013. Il est à remarquer que la notice est rédigée par Audrey Lasserre, auteure d’une thèse : Histoire d’une littérature en mouvement : textes, écrivaines et collectifs éditoriaux du Mouvement de libération des femmes en France (1970-1981) soutenue en 2014.

Les biographies
Elles sont en nombre réduit :
- en 1942, Georges Reyer publie Un cœur pur : Marguerite Audoux, Grasset, avec des lettres inédites de Marguerite Audoux, Octave Mirbeau et Alain Fournier
- en 1954 : Louis Lanoizelée, Marguerite Audoux : sa vie, son œuvre, Plaisir du bibliophile.
Le premier était pétainiste, le deuxième communiste, ce qui n'est pas indifférent pour leur portrait de Marguerite Audoux.
- en 1991 : Bernard-Marie Garreau, Marguerite Audoux : la couturière des lettres, Tallandier. Cette biographie sera suivie d'une thèse, d'articles, conférences, etc.

Bernard-Marie Garreau, le spécialiste
Sa fiche wikipédia non dénuée d'humour permet d'en savoir plus sur son parcours. Pour ce qui nous intéresse, il a d'abord écrit la biographie de Marguerite Audoux, avant de soutenir sa thèse sur l'écrivaine et lui consacrer de nombreux articles, des conférences en France et à l'étranger : il en est le spécialiste incontesté. Mais Marguerite Audoux est en lien avec tout un "vivier" littéraire : Gide, Alain Fournier, Octave Mirbeau, Romain Rolland..., comme le montrent ses articles.
Des livres
- Marguerite Audoux : la couturière des lettres
, éd. Tallandier, 1991. Prix de l'essai de la SGDL (Société des gens de lettres).
- La Famille de Marguerite Audoux, thèse pour le doctorat, deux tomes, Presses du Septentrion, Lille, 1996. Prix du Conseil Général du Cher.
- Marguerite Audoux, la famille réinventée, INDIGO & Côté-femmes éditions, 1997.
- Le terroir de Marguerite Audoux (dir.), Actes du colloque à l'université d'Orléans du 30 octobre 2004, L'Harmattan, 2005. Introduction de Bernard-Marie Garreau.
De nombreux articles

- "Caractère et fonction de l'écriture autobiographique dans Marie-Claire de Marguerite Audoux", Revue des lettres et de traduction, Kaslik (Liban), n° 7, 2001.
- "La correspondance de Marguerite Audoux : un vivier d'amitiés littéraires", Ami(e)s et amitié(s) dans les littératures en langues romanes, Mélanges de littérature offerts à Czeslaw Grzesiak, Études réunies et présentées par Renata Jakubczuk, Presses de l'Université Marie-Curie de Lublin (Pologne), 2017.
- "La correspondance Marguerite Audoux-André Gide", Correspondance et magistère : la relation maître disciple dans les lettres, Centre des correspondances et journaux intimes des XIXe XXe siècles, CNRS, UMR 6533, Brest, Cahier n° 2, 1999.
- "Présence de Charles-Louis Philippe dans les correspondances alduciennes", Une petite ville : trois grands hommes, 2000, Actes du colloque de Cérilly des 15 et 16 mai 1999.
- "Octave Mirbeau et Marguerite Audoux : convergences thématiques et idéologiques", Cahiers Octave Mirbeau, n° 4, 1997.
- "La rencontre de Marie-Claire et de Meaulnes", Mystères d'Alain-Fournier, Librairie Nizet, 1999, Actes du colloque de Cerisy-la-Salle sur "Les Mystères d'Alain Fournier" (25-31 août 1996).

- "Lecture et réécriture de Dostoïevski par Marguerite Audoux", Lectures de femmes : entre lecture et écriture, dir. Marianne Camus et Françoise Rétif, L'Har
mattan, 2002, Actes du colloque à Besançon, Université de Franche Comté, 5-6 octobre 2000.
- "Marguerite Audoux à Paris", Bulletin de la Société historique du VIe arrondissement de Paris, 1996-1997.
- "Masculin et masculinité chez Marguerite Audoux ", La Condition masculine dans la littérature française, Université d'Opole, Pologne, 2005, études rassemblées et présentées par Krystyna Modrzejewska, Actes du colloque des 13 et 14 mai 2004.
- "L'œuvre de Marguerite Audoux (1863-1937) : le transfert comme mode de transgression", La transgression dans la littérature française et francophone, études rassemblées et présentées par Anna Ledwina, Literaport (Revue annuelle de littérature francophone), n° 2, Université d'Opole, 2015.
- "Marguerite Audoux et le désir d'écriture" ("Marguerite Audoux and the desire to write"), Women seeking expression – France 1789-1914, dir. Rosemary Lloyd et Brian Nelson, Monash Romance Studies, janvier 2001, Actes du colloque tenu à Bloomington (Indiana University), 23-25 septembre 1999.

D'autres voix sur Marguerite Audoux
- Benoîte Groult (1920-2016) alors membre du jury du prix Femina et du prix Marguerite Audoux, évoque son rapport personnel à Marguerite Audoux : "Les miracles de Marguerite", avant-propos à Douce lumière de Marguerite Audoux, Buchet/Chastell, 2009.
- "Romain Rolland et Marguerite Audoux", pages inédites du Journal de Romain Rolland présentées par Bernard Duchatelet, Cahiers de Brèves, n° 34, décembre 2014 : Romain Rolland rencontre Marguerite Audoux chez Édouard Monod-Herzen en 1921, ils se rendent ensuite visite et Rolland en fait chaque fois le compte rendu dans son journal. Ce sont ces pages qui sont ici reproduites. Elles complètent un petit dossier antérieur, qui montrait que ces rencontres, ajoutées à la lecture de Marie-Claire et de L’Atelier de Marie-Claire avaient aidé le romancier dans la préparation de son roman Annette et Sylvie (tome 1 de L'âme enchantée)
- Michel Yell : vers 1900, elle rencontre Michel Yell, ami d'André Gide, qui découvre que la jeune femme écrit ses souvenirs. Il vend la mèche aux amis écrivains, intellectuels et artistes du Groupe de Carnetin, auquel elle s'est jointe. L'un d'eux, Francis Jourdain, va t
rouver Octave Mirbeau qui s'enthousiasme pour le manuscrit. Marie-Claire paraît en volume en octobre 1910 et obtient le Prix Femina en décembre. Bernard-Marie Garreau détaille le rôle de Michel Yell et sa relation à Gide : "Michel Yell, ou le traitement du mal par le mal", Dynamiques du conflit, Actes du colloque des 20, 21 et 22 novembre 2002 à Lorient du CRELL (Centre de recherche en littératures, linguistique et civilisations), dir. Bernard-Marie Garreau, Université de Bretagne-Sud, 2003.

Le Groupe de Carnetin
Le "Groupe de Carnetin" – nom du village de Seine-et-Marne où ils louent collectivement une maison de campagne de 1904 à 1907 et se réunissent chaque dimanche – comportent les membres suivants : , Charles Chanvin (poète et avocat), Marcel Ray (universitaire), Régis Gignoux (journaliste), Michel Yell (ami de Gide, qui publiera deux romans, Cauet et Le Déserteur, chez Gallimard), Léon-Paul Fargue (poète et écrivain, auteur de Le Piéton de Paris), Charles-Louis Philippe (à l'initiative de La Nouvelle Revue française et l'auteur de Bubu de Montparnasse, réédité comme Marie-Claire dans "Les Cahiers rouges" en 2005), Francis Jourdain (un artiste-peintre, designer et dessinateur), Léon Werth, qui était romancier, essayiste, critique d'art et journaliste français (une quinzaine de livres disponibles aujourd'hui chez Viviane Hamy), et aussi libertaire, antimilitariste, anticolonialiste. Il était familier des peintres Vlaminck, Pierre Bonnard, Francis Jourdain et Paul Signac, ami d'Octave Mirbeau et de Saint-Exupéry. Le nom de Léon Werth apparaît en préambule du Petit Prince qu'Antoine de Saint-Exupéry lui a dédié.
" À Léon Werth.
Je demande pardon aux enfants d'avoir dédié ce livre à une grande personne. J'ai une excuse sérieuse : cette grande personne est le meilleur ami que j'ai au monde. J'ai une autre excuse : cette grande personne peut tout comprendre, même les livres pour enfants. J'ai une troisième excuse : cette grande personne habite la France où elle a faim et froid. Elle a besoin d'être consolée. Si toutes ces excuses ne suffisent pas, je veux bien dédier ce livre à l'enfant qu'a été autrefois cette grande personne. Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants. (Mais peu d'entre elles s'en souviennent.) Je corrige donc ma dédicace :
À Léon Werth quand il était petit garçon
".

Sur la littérature "prolétarienne"
Marguerite Audoux, du fait de son parcours, de son origine, y est associée :
- "La voix de l'en-bas", Paul Morelle, Le Monde, 13 décembre 1974.
- "La couturière et le prolétaire", Alfred Eibel, Le Quotidien de Paris, 12 février 1992 (sur les biographies de Marguerite Audoux et Henri Poulaille).
- Marguerite Audoux a-t-elle pu écrire seule ? "Les collaborateurs de Marguerite Audoux", Gabriel Reuillard, Le Monde, 21 mai 1955.

La liste complète des écrits publiés de Marguerite Audoux
Tous les liens ci-dessous donnent accès aux textes de Marguerite Audoux sur Wikisource.
Romans
- Marie-Claire, Fasquelle, 1910.
- L'Atelier de Marie-Claire, Fasquelle, 1920.
- De la ville au moulin, Fasquelle, 1926 (préface de BM Garreau dans la réédition Marivole, 2014).
- Douce Lumière, Grasset, 1937 (préface de BM Garreau, "Le douloureux testament de Marguerite Audoux", et avant-propos de Benoîte Groult, "Les miracles de Marguerite", dans la réédition Buchet/Chastell de 2009).
Contes, nouvelles
- "Le Chaland de la Reine", Le Matin, 28 décembre 1908.
- "Fin Moka", Floréal, 17 janvier 1920.
- "La Fiancée",
Supplément littéraire du Figaro, n° 17, 24 avril 1909.
- Valserine et autres nouvelles, Chapman & Hall, limited, 1912.
- La Fiancée, Flammarion, 1932.

Poèmes
- Trois poèmes en prose, La Phalange, 20 mars 1911.

Articles
- "Souvenirs" (consacrés à Charles-Louis Philippe), La NRF, 15 février 1910.

- "Charles-Louis Philippe à Paris", Le Travail, 24 décembre 1910, puis Les Marges, janvier 1911.
- "Portrait-Octave Mirbeau", Les Cahiers d'aujourd'hui n° 1, octobre 1912.
- "Portraits-Les Frères Karamazov", Les Cahiers d'aujourd'hui, n° 2, octobre 1912.
- "Le Suicide" (ébauche), Les Cahiers d'aujourd'hui, n° 5, juin 1913.
- "Antonin Dusserre", Le Temps, 4 mai 1917.
- "Ce que je sais de lui" (consacré à Octave Mirbeau), Les Cahiers d'aujourd'hui, n° 9, juin 1922.
- "Lointains souvenirs", Le Soir, mars 1926.



 

 

Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :

à la folie, beaucoup, moyennement, un peu, pas du tout


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Le texte de Marie-Claire est accessible ICI en pdf (Bibliothèque électronique du Québec) où (aux éditions Fasquelle de 1911) ou encore à lire en ligne sur Wikisource.
L'atelier de Marie-Claire est accessible en pdf ICI