Olga Tokarczuk en 2017

Libretto, 288  p.
trad. Margot Carlier

Les trois premiers chapitres
en ligne ICI

Quatrième de couverture : Janina Doucheyko vit seule dans un petit hameau au cœur des Sudètes. Ingénieur à la retraite, elle se passionne pour la nature, l’astrologie et l’œuvre de William Blake. Un matin, elle retrouve un de ses voisins mort dans sa cuisine, étouffé par un petit os.
C’est le début d’une longue série de crimes mystérieux sur les lieux desquels on retrouve des traces animales. La police enquête. Les victimes avaient toutes pour la chasse une passion dévorante. Quand Janina Doucheyko s’efforce d’exposer sa théorie sur la question, tout le monde la prend pour une folle... Car comment imaginer qu’il puisse s’agir d’une vengeance des animaux ?


éd. Noir sur Blanc, 2012, 304 p.
également en version numérique

Quatrième de couverture : Il y a un vieux remède contre les cauchemars qui hantent les nuits, c’est de les raconter à haute voix au-dessus de la cuvette des W.-C., puis de tirer la chasse.
Après le grand succès des Pérégrins, Olga Tokarczuk nous offre un roman superbe et engagé, où le règne animal laisse libre cours à sa colère. Voici l’histoire de Janina Doucheyko, une ingénieure en retraite qui enseigne l’anglais dans une petite école et s’occupe, hors saison, des résidences secondaires de son hameau. Elle se passionne pour l’astrologie et pour l’œuvre de William Blake, dont elle essaie d’appliquer les idées à la réalité contemporaine. Aussi, lorsqu’une série de meurtres étranges frappe son village et les environs, au cœur des Sudètes, y voit-elle le juste châtiment d’une population méchante et insatiable.
La police enquête. Règlement de comptes entre demi-mafieux ? Les victimes avaient toutes pour la chasse une passion dévorante. Quand Janina Doucheyko s’efforce d’exposer sa théorie — dans laquelle entrent la course des astres, les vieilles légendes et son amour inconditionnel de la nature —, tout le monde la prend pour une folle. Mais bientôt, les traces retrouvées sur les lieux des crimes laisseront penser que les meurtriers pourraient être… des animaux !

Olga Tokarczuk (né en 1962, prix Nobel 2018)
Sur les ossements des morts (2009)
(les trois premiers chapitres en ligne ICI).

Nous lisons ce livre pour le 5 juin 2020.
Le groupe breton le lira pour le 18 juin.

DES INFOS sur l'auteure et son œuvre
Radio-télé : des émissions passionnantes
Les éditrices d'Olga Tokarczuk
La traductrice
Les œuvres d'Olga Tokarczuk traduites
Des articles : critiques de livres, interviews, portraits
Son écriture : références, narration, images, selon l'auteure elle-même
Le prix Nobel
Des repères biographiques : parcours, potins

RADIO-TÉLÉ : des entretiens passionnants

- France Culture "Ressouder le monde : entretien avec la prix Nobel de littérature Olga Tokarczuk", par Christine Lecerf, 19 novembre 2019, 35 min
- France Inter, L'Heure bleue, par Laure Adler, 27 novembre 2019, 54 min
- Arte, 28 minutes, avec Elisabeth Quin, 27 novembre 2019 : biographie, interview, point de vue sur la politique, sa coiffure...
- Intéressante, mais moins percutante, l'émission sur Europe 1 La voix est livre, Nicolas Carreau, 1er décembre 2019, première partie de l'émission de 47 min avec Olga Tokarczuk
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  LES ÉDITRICES françaises d'Olga Tokarczuk
Zofia Bobowicz a publié son premier livre traduit en France
Née en Pologne en 1937, elle a créé la première collection en France de littératures d’Europe de l’Est aux Éditions des Autres à Paris. Elle a été ensuite directrice littéraire chez Robert Laffont où elle a élargi la collection "Pavillons" à la littérature de l’Europe centrale (voir interview). Elle rejoint en 2004 les éditions Noir sur Blanc et décide de revenir en Pologne en 2009. Elle est également traductrice. Elle est l'auteure de De Laffont à Vivendi : mon histoire vécue de l'édition française.
20 ans avant le prix Nobel, alors qu'Olga Tokarczuk était inconnue du public français, une émission de France Culture, Panorama, 17 avril 1998, était consacrée à son troisième livre, Dieu, le temps, les hommes et les anges. Parmi les invités de cette émission, son éditrice Zofia Bobowicz revenait sur les débuts de l'écrivaine : “Elle s’est imposée dès son premier livre en Pologne. Depuis elle a recueilli quelques prix prestigieux et maintenant les ventes suivent. La Pologne en est très fière… elle peut l’être ! C’est vraiment un talent authentique, inespéré et très universel." Une critique de l'émission s'enthousiasmait : "C’est un livre qui m’a donné un plaisir de lecture totalement jouissif, que j’ai rarement eu dans ma vie, surtout quand j’étais jeune et adolescente. J’ai l’impression que ce livre pose toutes les questions… j’ai vraiment du mal à lui trouver un défaut. Il y a une espèce de fraîcheur de l’enfance, de naïveté, de mysticisme".
Vera Michalski a publié 4 romans d'Olga Tokarczuk.
Fondée en 1987 en Suisse, par Jan Michalski et Vera Michalski-Hoffmann, couple aux origines suisses, polonaises, russes et autrichiennes, Noir sur Blanc était à l'origine spécialisée dans l'édition en français de textes polonais et russes, par la suite ouverte à d'autres littératures, notamment balkaniques.
Depuis 1990, la maison existe également à Varsovie, sous la direction de la sœur de Jan Michalski, Anna Zaremba-Michalska avec la vocation de traduire la littérature mondiale en polonais. L'originalité de l'édition est donc de publier en deux langues : français et polonais.
En 1990, elle s'installe également à Paris et reprend un an plus tard la Librairie polonaise de Paris boulevard Saint-Germain.

En 1998, elle entre au capital des éditions Phébus et acquiert les éditions Buchet-Chastel en 2000.
Jan Michalski qui décède en 2002 et Vera Michalski voulaient établir "une passerelle entre l'Est et l'Ouest, convaincus qu'une Europe digne de ce nom est celle où les peuples partagent les richesses de leur culture".
Milliardaire, mécène, Vera Michalski est un personnage de roman, voir ICI. Elle dirige le groupe éditorial Libella. Un film de 2013 lui est consacré. Voir enfin, pour les 30 ans de l'édition : "Noir sur blanc : à l'est toujours du nouveau", par Nicolas Weill, Le Monde, 4 mai 2017

LA TRADUCTRICE

Les 8 livres d'Olga Tokarczuk disponibles en française ont été traduits par 4 traducteurs différents, tous de double culture. La traductrice du livre que nous lisons, Margot Carlier, en a traduit trois, successivement :
- 2012 : Sur les ossements des morts, éd. Noir sur blanc
- 2016 : Les enfants verts, éd. La Contre Allée
- 2018 : Une âme égarée, éd. Format.
Margot Carlier a fait ses études de linguistique et littérature comparée à la Sorbonne et à l'Université de Varsovie.
Elle a une triple activité : enseignement de la langue et la civilisation polonaise à l'université Jules-Verne à Amiens, conseillère littéraire aux éditions Actes Sud et, donc, traductrice. En 2009, elle a reçu le Prix Amphi pour la traduction de Gottland de Mariusz Szczygie (Actes Sud).
Une interview présente son parcours et sa conception de la traduction : "Quelques mots avec : Margot Carlier, traductrice du polonais", Passage à l'Est !, 30 septembre 2014

Elle est traduite aussi bien en chinois qu'en catalan. Voici une photo avec quelques-uns de ses traducteurs : Lennart Ilke + Jan Henrik Swahn (suédois), Tatiana Izotova (russe), Antonia Lloyd-Jones (anglais) près d'Olga Tokarczuk au centre, auteure de la traduction que nous lisons, Margot Carlier (français), Petr Vidlak (tchèque), Greet Pauwelijn (néerlandais), Maryna Szoda (biélorusse), Olga Baginska-Shinzato (portugais), 13 décembre 2019

  LES ŒUVRES d'Olga Tokarczuk traduites
(avec la date de la première publication)

- 1987 : Nouvelle non publiée, L'armoire, trad. Marlena Wilczak, publiée sur le site Le Grand Continent
- 1996
(en Pologne) : Dieu, le temps, les hommes et les anges, trad. Christophe Glogowski, Robert Laffont, 1998 ; Pavillons poche, 2019
- 1998 : Maison de jour, maison de nuit, trad. Christophe Glogowski, Robert Laffont, coll. "Pavillons. Domaine de l'Est", 2001
- 2004 : Récits ultimes, trad. Grazyna Erhard, éd. Noir sur blanc, Lausanne, 2007
- 2007 : Les Pérégrins, trad. Grazyna Ehrard, éd. Noir sur blanc, 2010. Prix Nike en 2008 (prix Goncourt polonais). Man Booker International Prize en 2018.
- 2009 : Sur les ossements des morts, trad. Margot Carlier, éd. Noir sur blanc, Lausanne, 2012 ; Libretto poche, 2014
- 2014 : Les Livres de Jacob, trad. Maryla Laurent,
éd. Noir et Blanc, 2018. Prix Nike en 2015. Un livre de deux kilos dont les 1040 pages sont numérotées à l'envers dans le style des livres hébreux.
- 2015 : Les enfants verts, trad. Margot Carlier, éd. La Contre Allée, Lille, 2016
- 2017 : Une âme égarée, trad. Margot Carlier, ill. Janna Concejo, 50 p. (album), éd. Format, 2018. Voir sur le site de l'illustratrice
.
Prix : Bologna Ragazzi Award

Voir le détail de chaque œuvre avec la présentation de l'éditeur ICI

2017 : Olga Tokarczuk est aussi co-auteure du scénario du film Pokot (en anglais Spoor) réalisé par Agnieszka Holland et inspiré du roman que nous lisons (Sur les ossements des morts). Bande-annonce ICI.
La réalisatrice dit qu'elle et Tokarczuk avaient été étiquetées "targowiczanin" en Pologne, un terme de l'ère communiste signifiant traître. Elle ajoute qu'"un journaliste de l'agence de presse polonaise a écrit que nous avions réalisé un film profondément anti-chrétien qui faisait la promotion de l'éco-terrorisme. Nous avons lu cela avec une certaine satisfaction et nous envisageons de le mettre sur les affiches promotionnelles, car cela encouragera les gens qui autrement n'auraient pas pris la peine de venir le voir"... (The Guardian, 2017)
Le film a emporté l'ours d'argent au Festival international du film de Berlin et a représenté la Pologne dans la course à l'Oscar du meilleur film étranger.

Dans la conférence de presse, la réalisatrice qui doit maintes fois répondre à la question du genre du film, indéfinissable..., finit par dire que c'est "un thriller anarcho-féministe, avec une touche d'humour noir"...
Interview ICI ("Vous ne pouvez pas le comprendre entièrement. C’est la raison pour laquelle je l’ai réalisé. J’ai observé différentes réactions à Spoor : certaines personnes éclataient de rire alors que d’autres étaient complètement silencieuses, comme s’ils assistaient à des funérailles"...)

DES ARTICLES : critiques de livres, interviews, portraits

Trois articles d'Olga Tokarczuk
- "Le doigt de Staline", Études, n° 7-8, 2002
- "Partir", Assises Internationales du Roman, éd. Christian Bourgois, 2011
- "Trahisons de la noblesse polonaise", Libération, 19 décembre 2012
Sur le roman Maison de jour, maison de nuit
- "Chambre d'autres", par Eric Loret, Libération, 1er mars 2001
- "La mort, entre rêve et réalité", par Raphaëlle Rérolle, Le Monde, 30 mars 2001
Sur le roman Récits ultimes
- "Nous, les mortels", par Thierry Cecille, Le Matricule des Anges, n°88, novembre 2007
Sur le roman Les Pérégrins
- "Olga Tokarczuk par sa traductrice", Grazyna Erhard, Le Matricule des anges, n° 116, septembre 2010, article repris aux Assises Internationales du roman 2011 à la Villa Gillet
- "La vérité se cache dans les aéroports", par Astrid De Larminat, Le Figaro, 18 novembre 2010
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"Olga Tokarczuk, romancière globe-trotter", par Catherine Simon, Le Monde, 18 novembre 2010
- "Miscellanées polonaises", par Bernard Quiriny, Le Magazine littéraire, n° 503, décembre 2010
Sur le roman Sur les ossements des morts, articles de quotidiens et de blogs
- "Le polar zoologique d'Olga Tokarczuk", par Baptiste Liger, L'Express, 20 septembre 2012
- "Biche, os ma biche", par Éric Loret, Libération, 10 octobre 2012
- "Sur les ossements des morts, Olga Tokarczuk", Anne Morin, La Cause littéraire, 17 novembre 2012
- "Sur les ossements des morts" d'Olga Tokarczuk", par Isabelle Rüf, Le Temps, 26 décembre 2014
- "Olga Tokarczuk, Prix Nobel 2018. Une pestiférée, par Christophe Prevost, Blog Mediapart, 21 mars 2020
- "Sur les ossements des morts d’Olga Tokarczuk", par Anne Veslin-Gourdain, Textualités, 9 janvier 2020
- Blog d'Ellettres, 11 février 2020
- Blog La Lettre, 6 janvier 2016
- Blog Bouquivore, 22 mars 2020
Sur le roman Les Livres de Jacob
- "L'épopée messiannique d'Olga Tokarczuk", par Nicolas Weill, Le Monde, 19 septembre 2018
- Olga Tokarczuk : "Le roman a le pouvoir d'amener le lecteur à une sorte de transe", propos recueillis par Nicolas Weill, Le Monde, 19 septembre 2018
- "Un grand roman d'aventures messianiques", par Jean-Yves Potel, En attendant Nadeau, 20 novembre 2018
Sur l'auteure et son œuvre une fois le Nobel attribué
- "Prix Nobel de littérature : Olga Tokarczuk, Polonaise cent frontières", par Olivier Lamm, Libération, 10 octobre 2019
- Présentation et bibliographie sélective, BNF, octobre 2019
- "Olga Tokarczuk, une littérature toujours en mouvement", L'Obs avec AFP, 10 octobre 2019
- REPORTAGE : "Chez Olga Tokarczuk, prix Nobel de littérature", par Marie Chaudey, en Pologne, La Vie, 10 octobre 2019
- INTERVIEW : "Je crois dans le pouvoir de l'obsession", par John Freeman, poète, Libération, 14 octobre 2019
- "Olga Tokarczuk, Prix Nobel 2018 : le savoir mystique", par Eugénie Bourlet, Le Magazine littéraire, 26 octobre 2019
- PORTRAIT : "Olga Tokarczuk, chair et tendre", par Justine Salvestroni, Libération, 18 novembre 2019
- Olga Tokarczuk : "La littérature est toujours excentrique", par Valérie Marin La Meslée, Le Point, 25 novembre 2019
- Olga Tokarczuk, Prix Nobel de littérature 2018 : "Le roman englobe toutes les expériences", propos recueillis par Nicolas Weill, Le Monde, le 28 novembre 2019
- "Olga Tokarczuk, de Dieu, le temps, les hommes et les anges au Prix Nobel", par Bénédicte Williams, Le Courrier d'Europe centrale, 10 décembre 2019.
 
  SON ÉCRITURE : références, narration, images...
Le livre qui a changé ma vie
J'ai d'abord lu Au-delà du principe du plaisir de Freud en tant que jeune fille, et cela m'a aidée à comprendre qu'il existe des milliers de façons possibles d'interpréter notre expérience, que tout a un sens et que l'interprétation est la clé à la réalité. Ce fut la première étape pour devenir écrivain.
L'auteur qui a influencé mon écriture
Je pense qu'en Pologne, de nombreux écrivains donneraient la même réponse : Bruno Schulz, dont les histoires très belles, sensibles et significatives ont élevé la langue polonaise à un niveau complètement différent. Je l'aime mais je le déteste aussi parce qu'il n'y a aucun moyen de rivaliser avec lui. C'est le génie de la langue polonaise.
Le livre qui m'a fait rire
J'ai trouvé Le cornet acoustique de Leonora Carrington vraiment drôle. C'est un roman plein d'esprit et un peu fou avec un narrateur pas fiable de 92 ans et il a influencé mon roman Sur les ossements des morts. Je l'ai lu à l'époque communiste et cela me fait réaliser à quel point nous avons eu de la chance à cette époque d'avoir autant de littérature traduite en polonais.
Le livre que j'ai le plus honte de ne pas avoir lu
Les Anneaux de Saturne est l'un des deux livres de WG Sebald que j'ai encore sur ma liste. (The Guardian, août 2018)
Peut-on qualifier votre style de "réalisme fantastique" ?
J’ignore si cette formule convient, mais nous vivons à une époque où une redéfinition du "réalisme"dans la littérature et dans l’art en général s’impose. Comment reformuler le réalisme ? Dans Les Livres de Jakob, j’ai tenté une expérience avec ce que j’ai nommé un narrateur à la "quatrième personne" – Ienta [la grand-mère agonisante qui, tout au long du livre, suit les événements d’en haut, sur le mode d’une expérience de sortie du corps], un personnage qui ignore le temps, dont le point de vue est celui tantôt de la grenouille, tantôt de l’oiseau. Il s’agit d’un narrateur qui outrepasse la perspective de l’auteur comme celle des personnages et projette un regard cosmique sur l’action. (Le Monde, 2019, ainsi que les questions suivantes)
Quelle "musique" différente la littérature est-européenne fait-elle entendre ?
Quand on examine la littérature centreuropéenne – ce terme me tient à cœur –, on est frappé d’y voir le monde représenté comme une réalité mouvante, aux frontières floues, instables. Du fait de notre histoire compliquée, tout peut changer, tout peut arriver. La limite entre le réel et l’imaginaire ne se dessine pas aussi nettement qu’il y paraît. Le grotesque, l’ironie ou la poésie nous paraissent plus appropriés pour peindre le monde que le roman réaliste. Czeslaw Milosz [1911-2004, poète, Prix Nobel de littérature 1980] a, à ce sujet, une phrase terrible en affirmant qu’un seul vers vaut des milliers de pages en prose. Un propos qui a le don de m’agacer prodigieusement !
Est-ce la menace lancinante de ce chaos que reflète votre écriture en fragments ?
"La narration linéaire et classique m’a toujours rendue méfiante. Pour moi, elle ne permet pas d’accéder au vrai. Je recours à l’écriture fragmentaire depuis Maison de jour, maison de nuit [Robert Laffont, 2001] qui, effectivement, se présente comme une mosaïque, un patchwork. Mais c’est seulement dans Les Pérégrins [Noir sur blanc, 2010] que j’ai approfondi ma réflexion sur ce mode d’écriture. Le roman moderne exige un récit qui corresponde à notre expérience d’un monde morcelé, zébré, où l’on zappe…
Comment, à partir de cette réalité éclatée, retrouver un sens unique ? A travers ce que je nomme "roman-constellation", à l’image d’un homme regardant le ciel étoilé depuis sa terrasse. Nous voyons un chaos d’étoiles disposées à l’aventure, tandis que notre intel­ligence s’efforce, elle, d’y percevoir des ensembles, des structures dotées de sens auxquelles on associe même une mythologie.
Quel rapport à la langue entretenez-vous ?
J’ai renoncé délibérément à la travailler depuis que j’ai commencé à être écrivaine. Je préfère créer des images. La langue n’est pour moi qu’un outil pour y parvenir. Voilà pourquoi la mienne est transparente. Je me souviens de l’époque où je préparais la première version de Dieu, le temps, les hommes et les anges [Robert Laffont, 1998]. Mon obsession était d’atteindre à la plus extrême simplicité. A chaque fois que je trouvais une subordonnée, je l’éliminais afin que la langue devienne invisible pour le lecteur."
Discours du prix Nobel : le genre littéraire
"Un bon livre n'a pas besoin de défendre son affiliation générique. La division en genres est le résultat de la commercialisation de la littérature dans son ensemble et du fait qu'elle est traitée comme un produit à vendre avec toute la philosophie de l'image de marque et du ciblage."

"Je n'ai jamais été particulièrement enthousiasmée par une distinction nette entre fiction et non-fiction, à moins d'entendre une telle distinction comme étant de l'ordre de l'information imposée.
Dans l'océan d'innombrables définitions de la fiction, celle que je préfère est aussi la plus ancienne, et elle vient d'Aristote. La fiction est toujours une forme de vérité."
Discours du prix Nobel : la quatrième personne
Je rêve également d'un nouveau type de narrateur - une "quatrième personne" -, qui ne soit pas seulement une construction grammaticale bien sûr, mais qui parvienne à englober la perspective de chacun des personnages, tout en ayant la capacité d'aller au-delà de l'horizon de chacun d'entre eux, qui voie plus et ait une vision plus large, et qui soit capable d'ignorer le temps. Oh oui, je pense que l'existence de ce narrateur est possible.
Discours du prix Nobel : fragments, fiction et tendresse
"Peut-être devrions-nous faire confiance aux fragments, car ce sont des fragments qui créent des constellations capables de décrire davantage, et de manière plus complexe, multidimensionnelle. Nos histoires pourraient se référer les unes aux autres de manière infinie, et leurs personnages principaux pourraient entrer en relation les uns avec les autres."

"J'écris de la fiction, mais ce n'est jamais une pure invention. Quand j'écris, je dois tout ressentir en moi. Je dois laisser tous les êtres et objets vivants qui apparaissent dans le livre me traverser, tout ce qui est humain et au-delà de l'homme, tout ce qui est vivant et non doté de vie. Je dois regarder de près chaque chose et chaque personne, avec la plus grande solennité, et les personnifier en moi, les personnaliser.

C'est à cela que me sert la tendresse - car la tendresse est l'art de personnifier, de partager des sentiments, et donc de découvrir sans cesse des similitudes. Créer des histoires signifie constamment donner vie aux choses, donner une existence à tous les petits morceaux du monde représentés par les expériences humaines, les situations que les gens ont endurées et leurs souvenirs. La tendresse personnalise tout ce à quoi elle se rapporte, permettant de lui donner une voix, de lui donner l'espace et le temps de naître et de s'exprimer."

"La littérature est construite sur la tendresse envers tout être autre que nous-mêmes. C'est le mécanisme psychologique de base du roman. Grâce à cet outil miraculeux, le moyen de communication humain le plus sophistiqué, notre expérience peut voyager dans le temps, atteindre ceux qui ne sont pas encore nés, mais qui se tourneront un jour vers ce que nous avons écrit, les histoires que nous avons racontées sur nous-mêmes et notre monde."


LE PRIX NOBEL

Avant le Nobel, d'autres prix ont été attribuée à O.Tokarczuk :
- 1996 : Passeport Polityka, prix remis par l'hebdomadaire Polityka.
- 1997 : prix de la Fondation Koscielski à Genève
- 2008 : Prix Nike (le Goncourt polonais) pour Les Pérégrins
- 2013 : Prix du Vilenica International Literary Festival (Slovénie)
- 2015 : Prix Nike (pour une deuxième fois) pour Les Livres de Jakób
- 2015 : Brückepreis (prix international décerné à une personne qui a contribué à mieux comprendre les peuples, décerné par la ville de Görlitz-Zgorzelec qui se trouve à la fois en Allemagne et en Pologne, et non loin de la République tchèque).
- 2018 : Prix international Man Booker pour Flights (Les Pérégrins)
- 2018 : Prix Transfuge du meilleur roman européen pour Les Livres de Jakób
- 2018 : Prix (suisse) Jan Michalski de littérature pour Les Livres de Jakób
- 2018 :
Prix de la Foire de Bologne Bologna Ragazzi Award pour Une âme égarée
- 2019 : Prix Laure-Bataillon pour Les Livres de Jakób : le prix récompense la meilleure œuvre de fiction traduite durant l'année et est attribué à l’écrivain étranger ET son traducteur en langue française, en l'occurence Maryla Laurent.
- 2018 : Prix Nobel de Littérature (décerné en 2019)

Le prix Nobel a été attribué à cinq Polonais : trois hommes puis deux femmes.
Seules quatorze femmes avaient reçu le prix Nobel de littérature depuis sa création en 1901. Olga Tokarczuk est la quinzième.
Voici les 5 prix Nobel de littérature polonais :

- 1905 : Henryk Sienkiewicz (1846-1916)
- 1924 : Wladyslaw Reymont ((1867-1925)
- 1980 : Czeslaw Milosz (1911-2004)
- 1996 : Wislawa Szymborska (1923-2012)
- 2019 : au titre de l'année 2018 (suite au scandale sexuel du prix Nobel) : Olga Tokarczuk

Avec son œuvre, l’Académie suédoise salue "une imagination narrative qui, avec une passion encyclopédique, symbolise le dépassement des frontières comme forme de vie".

Les réactions en Pologne
- Le 10 octobre 2019, elle reçoit le Prix Nobel de littérature 2018 : elle annonce la nouvelle sur les réseaux sociaux avec deux heures d'avance sur l'annonce officielle du Comité Nobel ce qui est normalement interdit et qu'elle ignorait ; elle a présenté ses excuses, ce qui est cocasse puisqu'elle a reçu son prix avec un an de retard, en raison des polémiques qui ont secoué l’institution suédoise.
- Comme elle est considérée comme "non patriote" par le gouvernement polonais actuel, la chaîne publique d'information en continu TVP Info a mis plusieurs minutes à annoncer son nom, la désignant d'abord d'un simple "une Polonaise".
- "J'ai tenté mais je n'ai jamais réussi à en terminer un", déclare le ministre de la culture conservateur Piotr Glinski interrogé à la suite de l'annonce du Prix Nobel.
Quelques jours plus tard (seulement), il félicite Olga Tokarczuk pour son succès qui est "une preuve que la littérature polonaise est bien appréciée à travers le monde". Sur son compte twitter, il s'est aussi "engagé à achever ses lectures jamais terminées des œuvres de la lauréate du prix Nobel" .
En se référant aux déclarations malheureuses du ministre, le président du Conseil européen Donald Tusk, bête noire des conservateurs polonais, a déclaré avoir "tout lu" d'elle : "Chère Olga, félicitations les plus sincères ! Quelle joie et fierté ! Je vais m'en vanter à Bruxelles en tant que Polonais et lecteur fidèle qui a tout lu, du début jusqu'à la fin", a twitté M. Tusk.
Interrogée sur cette situation anecdotique, Olga Tokarczuk a estimé qu'"il y a des lecteurs pour qui cela [ses écrits] peut bien s'avérer ennuyeux et ne pas convenir à leur tempérament".
- Le lendemain de l'annonce de son prix, Wroclaw, une grande ville de la région où vit l'écrivaine, rend les transports publics gratuits aux usagers ayant sur eux un livre d'Olga Tokarczuk. La remise des prix a été retransmise en direct sur un écran de la place principale. Des lectures de ses œuvres ont été organisées dans les villes de Pologne.
- On peut entendre son discours filmé (en polonais) et le texte ici en anglais, et son discours au diner en anglais.

Olga Tokarczuk est "engagée"
- Dès l'annonce du Nobel, elle s'est inquiétée d’un impact négatif du Nobel sur Góry Literatury, le petit festival littéraire qu’elle a créé dans les montagnes : et s’il perdait son âme ?
- Elle a annoncé qu'elle utiliserait le prix en argent fourni avec le prix Nobel pour établir une fondation dédiée au soutien et à la promotion de l'art et de la culture polonaises et mondiales, des activités environnementales, etc.
- Féministe, écologiste, végétarienne, elle s'implique dans la défense des droits des femmes, des animaux, des minorités sexuelles et ethniques.
- Elle exprime ses positions critiques sur la Pologne actuelle, mais aussi sur la construction du mur entre les États-Unis et le Mexique.
- Après une interview à la télévision publique en 2015, où elle dénonce le mythe d'une Pologne tolérante et ouverte, elle reçoit des menaces de mort pour avoir "diffamé le bon nom de la Pologne et des Polonais". Pendant une semaine, l'éditeur lui envoie des gardes du corps.

- Cependant, elle ne se dit pas engagée politiquement : "Je veux séparer mon engagement politique, qui est du domaine de l’intime, comme la taille de mes sous-vêtements, de l’engagement public que je porte comme écrivaine. Je ne sais pas me servir du langage militant, de la langue simple utilisée en politique. Je me sers d’une langue propre à la littérature, qui est beaucoup plus forte, plus profonde, plus diversifiée. Je partage mes opinions avec joie dans mes livres, mes lecteurs n’ont pas de doute sur ce que je pense, ni de quel côté de la barricade je me trouve." (Portrait dans Libération en 2019)
- Mais elle ne mâche pas ses mots : "Pour quelqu’un qui, comme moi, est né dans les années 1960, assister au retour des idées nationalistes constitue un vrai choc. Tout cela semblait ne plus exister. De même pour l’antisémitisme. Je croyais le chapitre définitivement clos. Je ne soupçonnais même pas qu’il subsistait, à titre virtuel, dans la tête des gens et qu’on l’utiliserait à des fins politiques. Je constate le cynisme du gouvernement, qui n’hésite pas à puiser dans cette réserve redoutable d’énergie, uniquement dans le but de conserver le pouvoir. Le pire, ce sont les jeunes générations. Car cet état d’esprit a gagné les programmes scolaires. Les enseignants s’en inquiètent. Ils estiment que la génération qui a grandi ces dernières années est d’ores et déjà contaminée." (Le Monde en 2019)

  •DES REPÈRES BIOGRAPHIQUES : parcours, potins

- "Je ne possède pas en propre de biographie bien claire, que je pourrais raconter de façon intéressante. Je suis composée de ces personnages que j'ai sortis de ma tête, que j'ai inventés. Je suis composée d'eux tous, j'ai une biographie à plusieurs trames, énorme" (Livre Hebdo, 2019)

Sa famille, son enfance

Elle est née en 1962 en Basse-Silésie, dans le sud-ouest de la Pologne, une région de frontières (limitrophe de la Pologne, de la République tchèque et de l'Allemagne) ; sa ville natale, Sulechów, appartenait jadis à la Prusse, avant d'être intégrée en 1945 à la République populaire de Pologne (la population d'origine allemande fut alors expulsée et remplacée par des Polonais).

Son père, né en 1935 en Galicie orientale (maintenant l'Ukraine), a fait partie de la génération des "déplacés" avec ses grands-parents, en 1945 : comme des milliers de migrants expulsés des régions orientales du pays, cédées à l'URSS après la Seconde Guerre mondiale, ils furent transplantés sur ces terres de Basse-Silésie vidées, donc, de leur population allemande : "Mes grands-parents appartiennent à la génération qui a accumulé les nationalités. Nés sujets autrichiens, ils ont grandi dans le jeune État polonais qui venait d’être recréé. Adultes, ils sont devenus citoyens soviétiques, puis ils ont fait partie de la population du Troisième Reich. Couple ukraino-polonais, ils ont dû choisir eux-mêmes leur nationalité à la fin de la guerre. Pour finir, Polonais originaires des territoires situés à l’est du Bug [territoires annexés par l’URSS après 1945], ils sont 'rentrés dans leur patrie' et ont atterri en Basse-Silésie. Mon grand-père est mort un an après son arrivée. Ma grand-mère n’a jamais appris le polonais." ("Le doigt de Staline", Études, n° 7-8, 2002)

Cette histoire migratoire familiale, qui fut celle de toute une génération de Polonais, forge une relation singulière à l'espace qu'Olga Tokarczuk résume par ces mots : "nous ne faisons que passer ; d’autres hommes habitaient ici avant nous, et après nous il y en aura d’autres. Et aussi une relation particulière au temps : 'Le passé est aussi nébuleux que l’avenir. Notre maison est le hic et nunc.' De ce point de vue, le concept de la propriété du sol est l’idée la plus absurde que les hommes aient pu inventer."
Même le cimetière est concerné par ce passé : "Je me rappelle, lorsque ma mère, dans la seconde moitié des années soixante, perdit un enfant, qu’il parut incongru et presque humiliant de l’enterrer dans un cimetière allemand, où seules quelques rares tombes portaient des inscriptions en polonais. Cela revenait à 'l’abandonner chez des étrangers'. Est-ce à dire que mes parents, eux aussi, se tenaient toujours sur le départ, et que cette terre, vingt ans après la fin de la guerre, leur était toujours étrangère et inhospitalière ?" ("Le doigt de Staline")

Ses parents sont enseignants, sa mère est professeur de polonais, son père bibliothécaire dans l'établissement où ils travaillent : une école populaire, Université du peuple (la Klenica Uniwersytet Ludowy), installée au fin fond de la campagne, dans un "vieux château, coupé du monde", l'ancien palais de chasse du prince Radziwill :
"Nous vivions dans un palais, à Klenica, à Zielonogórskie, où je suis née et ai séjourné pendant les dix premières années de ma vie. (...) Il y avait un grand parc ici, et tout cet ancien palais allemand plein de cheminées, d'immenses miroirs, de passages mystérieux et de greniers..(S. Beres, Joy of Narration, entretien avec Olga Tokarczuk, Dykcja : Literary-Art Magazine, n° 9-10, 1998).

Une dizaine d'enseignants et une centaine d'enfants vivent ensemble, ces derniers appelant les adultes "oncle" ou "tante". Elle passe donc son enfance dans ce phalanstère étonnant, une école inspirée des principes du pédagogue danois Nikolai Grundtvig (1783-1872) et financée par l'État (communiste) polonais : "C'était une sorte de bulle dans la Pologne communiste, une expérience autorisée avec une pédagogie scandinave, basée sur l'éthique protestante, le tout destiné aux enfants de paysans alentour. J'ai eu une enfance très spéciale !" (La vie, 2019)
Ses parents sont athés et elle n'a pas eu d'éducation religieuse. A 6 ans, ils l'emmènent visiter Auschwitz, visite qui la marque et la sensibilise à l'antisémitisme qu'elle considère en Pologne comme une sorte de réaction contre sa propre identité : "Je pense que la Pologne est toujours profondément malade de la Shoah. Cette maladie ressemble à une sorte de réaction auto-immune, puisque la culture polonaise, et plus généralement la Pologne en tant que communauté, sont très fortement imprégnées par la culture, la religion et la mentalité juives. C'est peut-être un cas unique au monde". (France Culture, 2019)
Quand le pouvoir communiste décide de fermer les Universités du peuple. Olga est âgée de 10 ans : elle en parle comme de "l'expulsion du paradis". (Le Monde, 2010).
La famille retrouve une vie "normale" : les parents continuent d'enseigner, mais dans des établissements ordinaires.

C'est à Pouchkine et à La Fille du capitaine qu'elle doit son prénom Olga et sa sœur cadette celui de Tatiana.
Sa nounou sera allemande et elle apprendra le russe à l'école. Trois langues donc, qu'elle connaîtra dès sa jeunesse.

Sa formation
Dans la bibliothèque tenue par son père, elle a pu lire ce qu'elle voulait et y a développé son appétit littéraire.

Piotr Skowronek, un condisciple d'Olga en 1980, raconte près de 30 ans plus tard : "Olga avait une vaste bibliothèque à la maison. C'est elle qui m'a prêté 100 ans de solitude de Marquez et j'ai appris d'elle qui était Sigmund Freud".

1980-1985 : Elle commence ses études en psychologie à l'université de Varsovie alors que débutent les grèves de Solidarnosc. Elle a 18 ans. L'année suivante, le pays est soumis à la loi martiale.

Elle s'intéresse beaucoup à Carl Gustav Jung (1875-1961) dont elle dira : "Il me semblait que Jung combinait deux choses qui comptaient pour moi : la confiance en l'expérience et l'intellect et, d'autre part, ces intuitions internes puissantes sans lesquelles la vie serait difficile à avaler, comme un morceau de pain sec".

Pendant sa formation, elle s'occupe bénévolement de patients en psychiatrie, et c'est une révélation : "La plus grande découverte que j'aie faite, qui a ensuite influencé mon écriture, c'est qu'une même réalité peut être perçue de différentes façons par différentes personnes. Entre l'homme et la réalité, il y a un processus très intéressant d'interprétation. C'est là que commence la littérature." (Libération, 2019)
En 1986-1989, elle travaille à la clinique de santé mentale de Walbrzych. Puis jusqu'en 1996, comme psychothérapeute au Centre méthodologique de Walbrzych, où elle forme des enseignants selon son propre programme.

Fatiguée, proche du burn out ("Je travaillais avec l'un de mes patients et j'ai réalisé que j'étais beaucoup plus perturbé que lui."), elle prend une année sabatique, écrivant un livre qui aura du succès. Elle se consacrera ensuite à l'écrirure.

L'écrivaine
En 1979, au lycée, elle fait ses débuts avec deux nouvelles en prose "Christmas Killing a Fish" et "My Friends"
, publiées dans le magazine pour jeunes Na Przelaj sous le pseudonyme de Natasza Borodin.
Puis elle a écrit des poèmes, certains publiés dans des revues, ensuite de la prose dont elle publie des extraits. Pour publier dans un régime communiste, il faut être accepté dans une institution incontournable : en 1994, elle devient membre de l'Association des écrivains polonais, bénéficie de bourses littéraires aux États-Unis (1996) et à Berlin (2001-2002), fonde avec son mari Roman Fingas, une maison d'édition qui fonctionne quelques années (1998-2004). À partir de 1999
, elle appartient au club polonais du PEN. En 2000, elle fait ses débuts en tant que dramaturge avec Trésor. Elle est à l'origine du Festival international de nouvelles organisé depuis 2004 à Wroclaw. Elle a dirigé des ateliers à l'École littéraire et artistique de l'Université Jagellonne et, depuis 2008, des cours d'écriture créative à l'Université d'Opole. Depuis 2015, elle organise à Nowa Ruda le "Festival littéraire de la Montagne".

Son look
D'où viennent ces boucles d'oreille ?...

Après ses études, elle a travaillé, entre autres en tant que femme de chambre dans un hôtel de Londres. En 2018, recevant le Booker Prize à Londres pour Les Pérégrins, elle a souligné que les boucles d'oreilles qu'elle portait provenaient de son travail de femme de chambre... (RMF24, 2019)

Ses dreadlocks font jaser... :

Même si les dreadlocks rappellent d'emblée les rastas de Jamaïque, signalons qu'ils ont été portés dans de nombreuses cultures au cours des siècles, des anciens Égyptiens aux combattants spartiates de la Grèce antique en passant par les prêtres aztèques. Olga Tokarczuk dit que sa coiffure est en fait une plica polonica, ou "enchevêtrement polonais", qui remonte au 17e siècle. "Dans un certain sens, nous pouvons être fiers d'avoir introduit cette coiffure en Europe", a-t-elle déclaré au Guardian. "Plica polonica devrait être ajoutée à la liste de nos inventions, aux côtés du pétrole brut, du pierogi et de la vodka"...

Ses lieux actuels
Elle habite à Wroclaw mais a gardé une maison dans la région des Sudètes, au sud de Wroclaw. Elle aime cette montagne frontalière, mais a renoncé à y vivre à l'année en raison de la hauteur de la neige en hiver.

Ses mecs
Elle s'est mariée deux fois.
Elle épouse d'abord un collègue psychologue et donne naissance à un fils
qui fera des études de psychosociologie dans une université norvégienne.
Pour tout savoir sur le moment où elle apprend qu'elle a le prix Nobel, sur son couple avec son mari qui est son agent et secrétaire, lire les potins ici (très romanesques bien sûr...)

 

 

Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :
                                   
à la folie
grand ouvert
beaucoup
¾ ouvert
moyennement
à moitié
un peu
ouvert ¼
pas du tout
fermé !

 

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